La lecture en ligne est gratuite
Télécharger

INSEE N°117-Décembre2004-2,20eurosBOURGOGNE
Conjoncture économique bourguignonne en 2004 :
reprise puis stabilisation
eDans la zone euro, la reprise économique amorcée mi-2003 a fléchi au 3 trimestre 2004,
suite notamment au ralentissement des exportations.
En France, les ventes à l’étranger de produits manufacturés, en volume, ont décéléré au cours
des trois premiers trimestres de l’année. La croissance, soutenue par la demande intérieure,
notamment la consommation et l’investissement, atteindrait 2,1 % en 2004.
En Bourgogne, depuis le début de l’année, l’activité dans l’industrie, le bâtiment, les travaux
publics a progressé. Le chômage est resté quasi stable, tout comme l’emploi.
Mais les exportations peinent à reprendre.
ans la zone euro, la reprise, sance du commerce extérieur seraitEn France, la consom-D amorcée mi-2003 et soutenue par négative. En effet, les exportations demation des ménages a
les échanges extérieurs, a marqué le produits manufacturés, en volume, ont
e soutenu la croissance décéléré au cours des trois premierspas au 3 trimestre 2004, sous l’effet
trimestres 2004 alors que les importa-d’un fléchissement des exportations.
La consommation aurait augmentéMais la bonne orientation de la de- tions se sont montrées exceptionnelle-
de 2,1 % en 2004, soit un peu plus quemande des entreprises a atténué la ment dynamiques.
le pouvoir d’achat (+ 1,6 %), malgré unfaiblesse de la consommation des mé-
contexte portant les ménages à la pru-nages. Depuis la rentrée, les enquêtes En Bourgogne,
dence. La création d’emplois reprendde conjoncture rassurent sur le carac- stabilité de l’emploimodestement (35 000 dans le secteurtère pérenne de la reprise.
et du chômagemarchand) et le taux de chômage enre-En France, après sa pause estivale,
gistre un recul très progressif, large-le PIB pourrait augmenter de 0,6 % au
e ment dû aux retraits d’activité. La En Bourgogne, fin octobre 2004,4 trimestre, ce qui porterait la croissance
reprise de l’investissement des entre-de 2004 à 2,1 % (en données corrigées le nombre de demandes d’emploi de
prises serait restée modérée (+ 2,8 %) catégorie 1* s’élève à 55 240. Depuis ledes jours ouvrables), soit la meilleure
tandis que la contribution à la crois- début de l’année 2004, il a peu évolué :performance depuis 2000.
Une croissance nationale de 2,1 % en 2004
Évolutions trimestrielles et annuelles des ressources et emplois de biens et services en volume (%)
France entière - données cvs-cjo, aux prix de 1995
Prévisions
2003 2004 2004
Moyenne Moyenneer e e e er e e e1 tri. 2 tri. 3 tri. 4 tri. 1 tri. 2 tri. 3 tri. 4 tri.
annuelle annuelle
Produit intérieur brut (PIB) (100 %) + 0,2 - 0,5 + 1,0 + 0,6 + 0,6 + 0,7 + 0,6 + 0,1 + 0,6 + 2,1
Importations (27 %) - 0,3 - 0,5 - 0,2 + 3,0 + 0,2 + 1,1 + 3,9 + 2,5 + 0,8 + 7,7
Consommation des ménages (54 %) + 0,7 - 0,3 + 0,9 + 0,4 + 1,7 + 1,0 + 0,5 - 0,1 + 0,6 + 2,1 des administrations (23 %) + 0,3 + 0,2 + 0,9 + 0,8 + 2,5 + 0,4 + 0,9 + 0,3 + 0,7 + 2,5
Investissement total (20 %) + 0,0 + 0,2 + 1,0 + 1,5 + 0,2 + 0,1 + 1,3 - 0,5 + 0,9 + 2,7
dont entreprises (12 %) - 0,8 + 0,0 + 1,4 + 1,9 - 1,6 - 0,1 + 1,3 - 1,0 + 1,2 + 2,8
Exportations (29 %) - 2,2 - 1,3 + 0,8 + 1,5 - 2,6 + 0,5 + 0,9 + 0,8 + 1,2 + 3,2
Source : INSEE - note de conjoncture nationale du 16 décembre 2004.INSEE N°117-Décembre2004-2,20eurosBOURGOGNE
- 0,3 %, en données désaisonnalisées Amélioration du moral des industriels d’avril à octobre 2004
(CVS), de fin décembre 2003 à fin Évolutions des perspectives générales de production dans l’industrie et du moral des ménages
octobre 2004 (France : - 0,1 %). Sur la solde d’opinion cvs-cjo des et des ménages (en %) - France
même période, la demande d’emploi
50
masculine a diminué (- 2,8 %), celle
40
des femmes a augmenté (+ 2,2 %),
30
sauf pour celles âgées de moins de 25 20 Industrie
ans (- 1,4 %). Le chômage des jeunes 10
s’est replié de 2,9 %. Quant au chô- 0
mage de longue durée (de plus d’un -10
er
(1)-20an), après avoir baissé au 1 trimestre
-30et s’être stabilisé au second, il a remon-
Ménages
-40té en juillet. En octobre, il est plus élevé
-50qu’en décembre 2003 de 2,4 %. Le
-60chômage d’ancienneté comprise entre
-70
deux et trois ans a enregistré la plus
1999 2000 2001 2002 2003 2004
forte hausse (+ 12,7 %). (1) La méthodologie de l'enquête auprès des ménages a changé en janvier 2004,
entraînant un changement de niveau des soldes d'opinion en novembre 2003.
e
Source : INSEE - Enquêtes de conjoncture auprès des industriels et des ménages.Au 3 trimestre 2004, les secteurs
marchands non agricoles comptaient
les créations ont fortement augmenté aude la construction (+ 1 % par rapport
erenviron 388 200 salariés. Au cours des e cours du 1 trimestre 2004 : + 14 % parau 2 trimestre).
etrois premiers trimestres 2004, l’emploi rapport au 4 trimestre 2003. Cette
salarié est resté quasi stable. Il a bais- hausse pourrait être liée à la loi pourCréations d’entreprises :sé, en données CVS, de moins de l’initiative économique, dont certaines
er0,1 % depuis le début de l’année après bon début d’année 2004 mesures n’ont été applicables qu’au 1
avoir reculé de 0,5 % sur la même janvier 2004. Après ce pic de début
période de 2003. En France, il a légè- Durant les neuf premiers mois de d’année, le nombre de créations a reculé
rement augmenté depuis le début de l’année 2004, 4 470 entreprises ont été e eaux 2 et 3 trimestres, tout en restant
2004 (+ 0,3 %). En Bourgogne, l’in- créées en Bourgogne. C’est 10 % de
supérieur à une moyenne de long terme.
dustrie a continué de perdre des em- plus que sur la même période de 2003,
plois : - 2,5 % depuis le début de 2004. performance voisine de celle enre- 2004 a profité aux cultures bourgui-
Mais les effectifs dans le tertiaire ont ergistrée France entière (+ 12 %). La gnonnes. Malgré le déficit hydrique du 1
progressé : + 0,9 %, alors que l’an pas- hausse des créations régionales a es- semestre, les récoltes, que les pluies
sé, ils diminuaient légèrement. La cons- sentiellement concerné les créations de juillet, août et octobre ont entravées,
truction a gagné des emplois : + 1,5 % pures (+ 17 %) et surtout les secteurs se sont montrées satisfaisantes par leur
depuis le début de l’année, soit un de la construction (+ 22 %) et des qualité et leur abondance. Mais les
résultat supérieur à celui de la même services (+ 14 %), notamment les rendements souvent supérieurs à lae
période de 2003. Le 3 trimestre a été aux entreprises (+ 18 %). moyenne de 1998-2002 ont fait chuter
particulièrement favorable aux effectifs Corrigées des variations saisonnières, les cours. Après l’épisode sec et canicu-
laire de 2003, les prairies ont progressi-
Chômage bourguignon quasi stable depuis septembre 2003 vement retrouvé une herbe abondante
et nutritive. Malgré la baisse de laDemandes d'emploi en fin de mois (catégorie 1*) - données CVS mensuelles
consommation, la modicité de l’offre a
Indice base 100 au 31 décembre 1998
110 entraîné une hausse de 3 % des cours
des bovins de boucherie. Ceux des jeu-
nes sont restés stables. Après100
avoir atteint des sommets en 2003, les
cours des bovins destinés à l’engraisse-
90
France ment ont baissé de 3 % et plus, en raison
de difficultés à l’export. Le marché des
80 vins reste fragile.
Bourgogne
70 Reprise de la production
industrielle
60
1999 2000 2001 2002 2003 2004
er
Au cours du 1 semestre, l’activité in-
Source : DRTEFP.
dustrielle s’est redressée, les carnets de
* Personnes à la recherche d’un emploi à temps plein et ayant travaillé moins de 78 h dans le mois. commandes se sont étoffés, l’utilisation
© INSEE Bourgogne - 2004 - Conjoncture économique en Bourgogne en 2004 2INSEE N°117-Décembre2004-2,20eurosBOURGOGNE
e
de l’outil productif a atteint un niveau Emploi bourguignon quasi stable depuis le 1 trimestre 2001
élevé. La production s’est ensuite légè- Effectifs salariés des secteurs marchands non agricoles - Bourgogne - CVS
rement repliée (juillet, octobre) pour se
erIndice base 100 au 1 trimestre 1999stabiliser, en novembre, à un niveau
120
supérieur à celui de l’an passé ; parallè-
Tertiairelement, les carnets de commandes se 115
sont un peu dégarnis. La demande inte-
e
110rindustrielle a repris au 2 trimestre, Construction
mais les commandes destinées à la
Ensemble105consommation finale et en provenance
de l’étranger ont irrégulièrement évo-
100
lué. Dans un contexte hautement
Industrieconcurrentiel, malgré le renchéris-
95
sement des matières premières, les
prix de vente ont rarement augmenté. 90
1999 2000 2001 2002 2003 2004Les investissements, qui ont repris à la
er
Source : ASSEDIC.fin du 1 semestre, ont principalement
concerné le remplacement, l’entretien
période, 6 575 logements neufs ordi-de mieux supporter la hausse desdu matériel et la recherche de gains de
carburants. Les transports ferroviaires naires ont été mis en chantier, soit uneproductivité. Pour la fin d’année, les
de marchandises se sont quant à eux progression de plus de 31 % par rap-entreprises, prudentes, tablent sur un
repliés par rapport aux trois premiers port aux dix premiers mois de 2003maintien des rythmes actuels.
trimestres de 2003 (- 7,5 %), sous (+ 16 % en France). Parallèlement,
l’effet d’une chute des expéditions. 6 290 logements neufs ordinaires ontEn 2004, malgré des signes de
Un plan fret a été mis en place pour été autorisés, soit une hausse de 7,5 %reprise, le transport de marchandises
améliorer l’organisation des trafics les sur la même période (+ 22 % enest resté exposé à une demande peu
plus pertinents. Le trafic fluvial est resté France).soutenue. Les coûts de production des
bien orienté : + 8 % sur trois trimestresentreprises de transport routier ont aug-
Dans les travaux publics également,pour l’activité cumulée des ports dementé, en partie suite à la flambée du
l’activité a été forte tout au long desChalon-sur-Saône et Mâcon.prix du pétrole, cela malgré l’apprécia-
trois premiers trimestres. Les carnetstion de l’euro face au dollar. La concur-
de commandes se sont étoffés, lesrence a souvent rendu difficile la reva- Activité forte dans le BTP
contraintes de production liée à l’in-lorisation des tarifs des prestations et
suffisance de main-d’œuvre se sontgommé les marges. Fin octobre, diver- Dans le bâtiment, durant les dix
renforcées. La profession s’oriente vrai-ses mesures réglementaires ont été premiers mois de l’année 2004, l’acti-
semblablement vers une très bon bilanprises pour permettre aux entreprises vité s’est révélée dynamique. Sur cette
2004. Cependant, certains entrepre-
neurs manquent toujours de visibilité et
En 2004, les exportations bourguignonnes craignent un fléchissement de leur acti-
peinent à reprendre vité future. La réalisation du contrat de
Exportations Bourgogne et France - Tous biens hors matériel militaire Plan État/Région s’est ralentie courant
CVS trimestrielles en valeur 2004. Avec les incertitudes quant à son
er avancement en 2005, la production desIndice base 100 au 1 trimestre 1999
140 TP restera étroitement liée aux com-
mandes en provenance des collec-
tivités locales.France130
Stabilisation des
120 exportations
Bourgogne
Pour la période allant de janvier à110
septembre 2004, les exportations - tous
biens hors matériel militaire - s’élèvent
er100 à 5,8 milliards d’euros. Au 1 trimestre,
elles ont progressé, en valeur et don-
e
nées CVS, de 3 % par rapport au 4
90
trimestre 2003, pour ensuite fléchir1999 2000 2001 2002 2003 2004
e e
légèrement aux 2 et 3 trimestres.
Source : Douanes - INSEE.
Globalement, les ventes à l’étranger ont
© INSEE Bourgogne - 2004 - Conjoncture économique en Bourgogne en 2004 3INSEE N°117-Décembre2004-2,20eurosBOURGOGNE
er
ainsi augmenté de 1,4 % sur les trois Pic de créations d’entreprises au 1 trimestre 2004
premiers trimestres. Ces résultats sont Série trimestrielle de créations CVS - Bourgogne et France
en deçà des chiffres nationaux, er
Indice base 100 au 1 trimestre 1993
eux-mêmes jugés moyens : + 4,3 % en 130
valeur. Néanmoins, sur les neuf pre-
125
miers mois de 2004, les exportations
120
bourguignonnes se sont stabilisées par France
115rapport à la même période de 2003,
110alors qu’en 2003, les exportations bais-
saient de 5,4 % par rapport à la même 105
période de 2002. Les biens intermédiai-
100
Bourgogneres, d’équipement et automobiles ont
95
progressé mais les produits agroali-
90mentaires et les biens de consom-
85mation ont reculé. Les difficultés des
exportations françaises, et bourgui- 80
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004gnonnes en particulier, tiendraient
Source : INSEE - Sirène - champ ICS (secteurs marchands de l'industrie, de la construction,moins à des raisons conjoncturelles
du commerce et des services à l'exclusion des activités financières).
(chute du dollar, hausse du pétrole,
concurrence) qu’à des causes structu- lors de la saison 2004 (mai à septem- 2004). Les effectifs salariés continue-
relles : spécialisation sectorielle et raient de croître modestement (25 000bre), a compté 1 241 000 nuitées. La
erorientation géographique peu favora- postes sur le 1 semestre) et le taux defréquentation a fléchi de plus de 6 %
bles, retard d’investissement. comparéà 2003. Les nuitées françaises chômage de s’infléchir très lentement
et étrangères ont respectivement bais- (9,7 % en juin 2005, contre 9,9 % en
L’hôtellerie de tourisme, sur les dix sé de 8 % et 6 %. octobre 2004). Face au fléchissement
premiers mois de l’année, a dénombré de la demande mondiale, les expor-
4 115 000 nuitées. La fréquentation a tations françaises n’auraient pas la pos-Début 2005 : une crois-diminué de 3 % par rapport à la même sibilité de s’améliorer. À court terme,sance de l’ordre de 2 %période de 2003, elle-même marquée l’aléa le plus susceptible d’affecter la
par une nette baisse d’activité.Le croissance réside dans l’évolution duerAu 1 semestre 2005, la croissancenombre de nuitées s’est replié tous les dollar. Le prix du pétrole pourrait égale-
française évoluerait sur un rythme an-mois, sauf en février et mai, les reculs ment jouer.
nualisé un peu inférieur à 2 %, toutles plus forts ayant lieu en juin, juillet
comme la consommation des ménages.et août. Globalement, la clientèle fran- Mélanie Bouriez
Cette dernière bénéficierait de faiblesçaise n’aréduit sa fréquentation que
trèslégèrement mais pour la clientèle gains de pouvoir d’achat apportés par
étrangère, le nombre de nuitées a chuté une légère désinflation (+ 1,7 % en
de plus de 7 %. L’hôtellerie de plein air, juin 2005, après+2,1%endécembre
Sources : données communiquées par les Directions Régionales : du Travail, de l’Emploi et
INSEE - BOURGOGNE
de la Formation Professionnelle, de l’Agriculture et de la Forêt, des Douanes et Droits Indirects,
2, rue Hoche - BP 1509
du Commerce Extérieur, de l’Équipement ; la Direction des AffairesÉconomiques et Internatio- 21035 Dijon Cedex
nales (Ministère de l’Équipement), la Délégation Régionale des ASSEDIC de Bourgogne - Tél : 03 80 40 67 67
Franche-Comté, la Banque de France, la Fédération Ré des Travaux Publics, le Comité Fax : 03 80 40 68 00
Directrice de la publication : Véronique MoyneRégional du Tourisme ; note de conjoncture nationale de l’INSEE du 16 décembre 2004.
Chef du Service Études et Diffusion :
Christian BonsacquetPOUR EN SAVOIR PLUS
Rédactrice en chef : Christine Ricci
Maquette PAO : Patricia Lallemand- Note de conjoncture - INSEE - décembre 2004.
Abonnement 2004 :- La conjoncture en Bourgogne - INSEE Bourgogne Dimensions - mensuel.
8 numéros par an + Bilan économique
- Informations Travail Emploi - DRTEFP - mensuel.
et social annuel : 22 euros abonnement France
- Évolution de l’emploi salarié - ASSEDIC Bourgogne-Franche-Comté - trimestriel.
27 euros abonnement étranger
- Tendances régionales - Banque de France - mensuel. 2,20 euros le numéro
- Conjoncture hôtellerie - Impression :AZMédia - Chenôve
Dépôt légal : à parution
Les INSEE Première, les INSEE Bourgogne Dimensions et les Notes de ISSN 1246-483 X
conjoncture figurent dès parution sur le site Internet de l’INSEE : www.insee.fr Code Sage D0411716
 INSEE 2004
© INSEE Bourgogne - 2004 - Conjoncture économique en Bourgogne en 2004 4