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In Memoriam Kurt Lipstein (1909-2006) - autre ; n°1 ; vol.59, pg 179-182

De
4 pages
Revue internationale de droit comparé - Année 2007 - Volume 59 - Numéro 1 - Pages 179-182
4 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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R.I.D.C. 1-2007
IN MEMORIAM
Kurt LIPSTEIN (1909 - 2006)
Kurt Lipstein faisait partie de ces « juristes déracinés » évoqués par
Jack Beatson et Reinhard Zimmermann dans leur ouvrage publié en 2004
(
Jurists Uprooted, German-speaking Emigré Lawyers in Twentieth-century
Britain
) - universitaires, juges ou praticiens du droit d’origine juive et de
langue allemande, qui avaient quitté leur pays lors de la montée du nazisme
pour trouver asile en Grande-Bretagne et y recommencer une nouvelle
existence. Il en était même, semble-t-il, le dernier survivant, puisqu’aussi
bien, arrivé en Angleterre à l’âge de 24 ans, il vient juste de s’éteindre, dans
les derniers jours de 2006, au terme d’une longue et brillante carrière
poursuivie tout entière à l’Université de Cambridge. Mais ce n’est pas
seulement à cette longue fidélité qu’il doit de figurer aujourd’hui parmi les
grands juristes de notre époque : s’il demeure encore présent parmi nous,
c’est surtout par la qualité de son oeuvre et la richesse de sa personnalité.
La vocation de comparatiste de Kurt Lipstein est, en fait, bien
antérieure à son exil, puisqu’il avait commencé ses études de droit à
Grenoble avant de les terminer à Berlin, où il avait été l’élève de Martin
Wolff et d’Ernst Rabel. Mais les circonstances allaient le pousser beaucoup
plus loin dans cette voie en l’amenant à abandonner, dès 1933, sa ville
natale de Francfort-sur-le-Main pour s’installer à Cambridge comme
« étudiant-chercheur » - un statut auquel, suivant le mot de Clive Parry, il
n’a, par la suite, jamais vraiment renoncé. Ses débuts n’en auraient pas
moins été difficiles sans l’aide de plusieurs membres de la Faculté, et
notamment de H. C. Gutteridge, qui occupait alors la chaire de droit
comparé et qui le prit comme « secrétaire » personnel (puisqu’il n’y avait
pas de poste d’assistant disponible), en le rémunérant sur ses propres
deniers, avant de le faire recruter, plus tard, comme « secrétaire » du
Faculty
Board
. En 1936, il soutint une thèse de droit romain (sur le
beneficium
cedendarum actionum
) pour l’obtention du titre de Ph.D. devant un jury où
siégeait, aux côtés de Patrick Duff, H. F. Jolowicz, qui se trouvait être le