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Les apports de Wittgenstein à la réflexion comparatiste - article ; n°4 ; vol.57, pg 899-920

De
22 pages
Revue internationale de droit comparé - Année 2005 - Volume 57 - Numéro 4 - Pages 899-920
The study tries to demontrate the interest of the concepts built by L. Wittgenstein, with regard to a better understanding of the comparative law. The “linguistic turning”,
“anthropological” and finally “grammatical” are requested in order to give some lightings which are interesting to our legal practice. The “linguistic turning” allows to present law as real linguistic phenomenon and to consider subordinating the enforcable
norms to the rules of the language. The “anthropological turning” demonstrates that the “plays of the language” fitted to our “legal language”, understood as “language of speciality”, is based on a cultural conception of the forms of living transposed in law through of the concept of institution which is restive at a too high generalization. Finally, the “grammatical turning” justifies the presence of “a play” – and of a grammar – fitted to our practice translation and which confirms that the language is not only a system.
Cette étude tente de démontrer l’intérêt, au regard d’une meilleure compréhension du droit comparé, des concepts construits par L. Wittgenstein. Les «tournant linguistique», «anthropologique» et enfin «grammatical» sont ainsi sollicités afin d’apporter certains éclairages qui ne peuvent qu’intéresser notre pratique juridique. Le «tournant linguistique» permet de présenter le droit comme un véritable phénomène linguistique et d’envisager de subsumer les normes enforçables aux règles de langage; le «tournant anthropologique» démontre de même que les «jeux de langage» propres à notre «langage juridique» entendu comme «langue de spécialité» reposent sur une conception culturelle des formes de vie transposée en droit au travers du concept d’institution qui est rétive à une trop forte généralisation. Enfin, le «tournant grammatical» justifie la présence d’un jeu – et d’une grammaire – propre à notre
pratique de la traduction et qui confirme que le langage n’est pas seulement un système.
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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R.I.D.C. 4-2005
    LES APPORTS DE WITTGENSTEIN À LA RÉFLEXION COMPARATISTE    Pascal RICHARD       Cette étude tente de démontrer lintérêt, au regard dune meilleure compréhension du droit comparé, des concepts construits par L. Wittgenstein. Les « tournant linguistique », « anthropologique » et enfin « grammatical » sont ainsi sollicités afin dapporter certains éclairages qui ne peuvent quintéresser notre pratique juridique. Le « tournant linguistique » permet de présenter le droit comme un véritable phénomène linguistique et denvisager de subsumer les normes enforçables aux règles de langage ; le « tournant anthropologique » démontre de même que les « jeux de langage » propres à notre « langage juridique » entendu comme « langue de spécialité » reposent sur une conception culturelle des formes de vie transposée en droit au travers du concept dinstitution qui est rétive à une trop forte généralisation. Enfin, le « tournant grammatical » justifie la présence dun jeu  et dune grammaire  propre à notre pratique de la traduction et qui confirme que le langage nest pas seulement un système .  The study tries to demontrate the interest of the concepts built by L. Wittgenstein, with regard to a better understanding of the comparative law. The  linguistic turning , anthropological  and finally  grammatical  are requested in order to give some lightings which are interesting to our legal practice. The  linguistic turning  allows to present law as real linguistic phenomenon and to consider subordinating the enforcable  norms to the rules of the language. The  anthropological turning  demonstrates that the plays of the language  fitted to our  legal language , understood as  language of speciality , is based on a cultural conception of the forms of living transposed in law through of the concept of institution which is restive at a too high generalization. Finally, the  grammatical turning  justifies the presence of a play  and of a grammar  fitted to our practice translation and which confirms that the language is not only a system .                                                    Maître de conférences à la Faculté de droit de lUniversité du Sud Toulon Var. Membre du CDPC Jean Claude Escarras (UMR/CNRS n° 6201).
900 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 4-2005
« Cest ce que les êtres humains disent qui est vrai et faux ; et ils saccordent dans le langage quils utilisent. Ce nest pas un accord dans les opinions mais dans la forme de vie » L. WITTGENSTEIN, Recherches philosophiques , § 241   Luvre de Wittgenstein est riche de paradoxes et dambiguïtés. Elle nest, en ce sens, que le reflet et la traduction de la complexité inhérente au philosophe autrichien lui-même. Misanthrope, il fait pourtant lobjet par certains dun véritable culte. Créateur de deux des principales écoles de pensée du siècle précédent il sen est écarté et les a répudiées 1  Ingénieur, logicien, philosophe, enseignant, il a également été architecte, instituteur, infirmier et jardinier Si luvre est ainsi compliquée, cest que le personnage est complexe. Réputée difficile, la philosophie de Wittgenstein demeure cependant incontournable pour ceux qui cherchent à échapper aux pièges du langage et à la mythologie déposée dans ce dernier. Si le philosophe autrichien ne sest pas directement intéressé au droit, son travail peut, selon nous, éclairer utilement certaines questions propres à létude du droit et, en particulier, peut être évoqué à légard de questionnements spécifiques au droit comparé - qui nest en réalité quune anamorphose de la théorie du droit. Notre étude va ainsi tenter de démontrer lintérêt, au regard dune meilleure compréhension du droit comparé, de certains des concepts construits par lauteur autrichien. Les « tournant linguistique », « tournant anthropologique » et enfin « tournant grammatical » seront dès lors appelés à notre secours afin dapporter des éclairages qui ne peuvent quintéresser notre pratique. Le « tournant linguistique » permet ainsi de présenter le droit comme un véritable phénomène linguistique et denvisager de subsumer les normes enforçables aux règles du langage ; le « tournant anthropologique » démontre de même que les « jeux de langage » propres à notre « langage juridique » entendu comme « langue de spécialité » reposent sur une conception culturelle des formes de vie transposée en droit au travers du concept dinstitution qui est rétive à une trop forte généralisation. Enfin, le « tournant grammatical » justifie la présence dun jeu - et dune grammaire -propre à notre pratique de la traduction et qui confirme que le langage nest pas seulement un système .                                                          1 L. Wittgenstein (1889-1951) est ainsi à lorigine de la philosophie analytique anglo-saxonne et de la philosophie du langage.
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