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Anticipations des ménages et environnement économique

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Le moral des Français est fréquemment évoqué pour expliquer leur comportement de consommation, avec l'idée que ceux-ci seraient devenus plus pessimistes après 1993. À l'examen, la dégradation des anticipations est essentiellement imputable à celle de l'environnement économique, et notamment aux variations du chômage. À conditions économiques équivalentes, les anticipations sont restées analogues entre 1991 et 1995, si l'on excepte quelques périodes atypiques. En revanche, entre ménages, les disparités se sont atténuées en matière de formation des anticipations. Les plus diplômés font preuve, en fin de période, de moins d'optimisme, sans doute parce qu'ils partagent des risques accrus sur le marché du travail. Avec la récession de 1993, les jeunes ont aussi cessé d'être plus optimistes que leurs aînés en ce qui concerne leur niveau de vie futur ; mais ceci est peut-être dû au fait qu'ils sont davantage touchés par les fluctuations conjoncturelles.
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CONSOMMATION
Anticipations des ménages
et environnement économique
Stéfan Lollivier* Le moral des Français est fréquemment évoqué pour expliquer
leur comportement de consommation, avec l’idée que ceux-ci seraient
devenus plus pessimistes après 1993. À l’examen, la dégradation
des anticipations est essentiellement imputable à celle de l’environnement
économique, et notamment aux variations du chômage. À conditions économiques
équivalentes, les anticipations sont restées analogues entre 1991 et 1995,
si l’on excepte quelques périodes atypiques. En revanche, entre ménages,
les disparités se sont atténuées en matière de formation des anticipations.
Les plus diplômés font preuve, en fin de période, de moins d’optimisme,
sans doute parce qu’ils partagent des risques accrus sur le marché du travail.
Avec la récession de 1993, les jeunes ont aussi cessé d’être plus optimistes
que leurs aînés en ce qui concerne leur niveau de vie futur ; mais ceci
est peut-être dû au fait qu’ils sont davantage touchés par les fluctuations
conjoncturelles.
haque mois, l’enquête de conjoncture L’opinion des ménages :* Stéfan Lollivier est
chef du département C auprès des ménages fournit des renseigne- un indicateur de la consommation...
des Prix à la consom- ments sur l’opinion que se font les consomma-
mation, des ressources
teurs de la situation économique (cf. encadré 1). L’analyse conjoncturelle se préoccupe de connaî-et des conditions de vie
des ménages, à l’Insee. Elle donne notamment des informations sur la tre et prévoir les évolutions des principaux
L’auteur remercie le façon dont les ménages jugent et anticipent les agrégats macroéconomiques. La consomma-
rapporteur anonyme pour
évolutions conjoncturelles, comme le niveau tion des ménages est une variable centrale, no-ses remarques
de vie en France, les prix ou le chômage (In- tamment si l’on se réfère au schéma keynésien
see). Mais elle renseigne aussi plus directement qui a longtemps prévalu, en particulier au mo-
sur les perspectives personnelles d’évolution ment du lancement des enquêtes au cours des
du revenu et la manière dont les ménages comp- années 60. En matière de prévision à court
tent effectuer leurs arbitrages entre consomma- terme, l’intérêt de cette variable est néan-
tion et épargne. Une telle enquête étant réalisée moins tempéré pour de nombreuses raisons.
conjointement dans les pays de l’Union euro- En premier lieu, dans l’analyse traditionnelle
péenne, la comparaison entre les indicateurs is- des cycles, elle se comporte plutôt comme un
sus des différents partenaires permet indicateur retardé, à l’inverse d’autres varia-
Les noms et dates entre d’apprécier les différences nationales en ma- bles, comme l’investissement habituellement
parenthèses renvoient à
tière d’opinion des ménages portant sur la con- considéré comme un indicateur avancé. Enla bibliographie en fin
sommation privée et l’affectation des revenus.d’article. d’autres termes, un regain d’investissement
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5 103précède généralement une reprise de l’activi- négatifs, c’est-à-dire que la part des ménages
té, ce qui est rarement le cas de la consomma- pessimistes l’emporte sur celles des ménages op-
tion. En outre, la consommation est un agrégat timistes (cf. graphiques I). Ceci est particulière-
assez inerte, contrairement à l’investissement ment marqué pour les anticipations de niveau de
et surtout aux stocks. Dans les périodes récen- vie futur. Que les ménages soient enclins à un cer-
tes, ces dernières variables ont, au moins aussi tain pessimisme ne saurait surprendre. Il s’agit là
fréquemment que la consommation, entraî- d’une caractéristique fréquente des agents écono-
né des fluctuations conjoncturelles. Ceci ex- miques, que l’on retrouve dans de nombreuses
plique pourquoi les enquêtes de conjoncture enquêtes de conjoncture. Pour que les ménages
auprès des entreprises, notamment sur l’in- ou les entreprises se déclarent optimistes, il faut
vestissement, intéressent davantage les prévi- généralement que la croissance soit solide, supé-
sionnistes que les enquêtes auprès des rieure à 2 % l’an.
ménages.
Les évolutions des soldes reposent sur les ré-
visions d’opinion d’une part assez faible des
... explicatif des différences entre prévision ménages, comme le montre un examen en
des modèles et comportement observé
De fait, dans un passé récent, les enquêtes au-
près des ménages ont plutôt été sollicitées
Encadré 1pour rendre compte des divergences entre les
comportements des ménages et les prédictions
L’ENQUÊTE MENSUELLE
fournies par les modèles économiques fondés AUPRÈS DES MÉNAGES
sur les approches traditionnelles, notamment
dans les évolutions de court terme. Aussi est-il Depuis juin 1986, l’Insee réalise une enquête men-
précieux de disposer d’indicateurs sur les in- suelle de conjoncture auprès des ménages. Celle-ci
remplace l’enquête quadrimestrielle, qui a été con-tentions des consommateurs, qui fournissent
duite jusqu’en 1994, afin de s’assurer de la bonneune information complémentaire utile pour
concordance en évolution des deux indicateurs.
comprendre de telles inadéquations. Pour fia-
L’enquête mensuelle présente l’avantage de mieux
biliser leurs prédictions, les conjoncturistes suivre l’évolution des opinions des ménages, en
utilisent donc de plus en plus fréquemment mettant en évidence de manière plus précise les
périodes de retournement.des variables retraçant les anticipations des
ménages (Insee, 1993). Celles-ci viennent,
Les interrogations sont réalisées par téléphone au-
bien sûr, en complément des déterminants
prèsd’environ 2 000 ménages, avec saisie directe
plus habituels, comme les variations du pou- des informations sur micro-ordinateur portable de-
voir d’achat, ou l’inflation qui traduit les be- puis janvier 1991. Elles ont lieu au cours des trois
premières semaines de chaque mois, sauf en août.soins en matière d’épargne de précaution, ou
L’évaluation du mois d’août dans les graphiques I aencore les évolutions du chômage qui indi-
été réalisée par interpolation linéaire entre les ré-
quent le plus ou moins grand degré d’incer-
sultats des enquêtes de juillet et septembre.
titude sur les revenus futurs. Par exemple, au
cours du second semestre de 1995, un net pes- Les données sont habituellement traduites en ter-
mes de soldes d’opinion (cf. graphiques I). Cessimisme dans les anticipations des ménages a
derniers sont calculés chaque mois en faisant la dif-coïncidé avec une consommation plus faible
férence entre les pourcentages de réponses
que celle qu’on pouvait économiquement pré-
favorables (ou très favorables) et défavorables (ou
voir. trèsdéfavorables).
Chaque ménage de l’échantillon est interrogé troisOn s’intéresse, dans cette étude, aux deux va-
mois consécutifs. C’est ce caractère de « panelriables de l’enquête retraçant les anticipations
glissant » qui a permis de mesurer l’hétérogénéité
monétaires des ménages entre 1991 et 1995.
individuelle. Néanmoins, l’identifiant permettant
La première concerne l’évolution du niveau d’apparier les réponses des ménages entre les en-
de vie en France. Il s’agit donc d’une anticipa- quêtes consécutives n’est disponible qu’à partir de
février 1991. C’est pourquoi l’étude débute à cettetion concernant un agrégat macroéconomi-
période plutôtqu’en 1986. Enfin, on s’est limité auxque, analogue à un climat général. La seconde
ménages ayant répondu aux trois entretiens consé-
concerne la situation financière future du
cutifs. Ce cylindrage léger explique que les
ménage en question et relève davantage d’une graphiques présentés dans l’étude ne correspon-
anticipation portant sur un niveau microéco- dent pas exactement aux résultats publiés par
ailleurs.nomique. Les deux variables font apparaître,
la plupart du temps, des soldes d’opinion
104 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5structure des réponses (cf. graphiques II). En De 1991 à 1995, d’amples fluctuations
effet, la proportion des ménages qui prévoient des anticipations
une stabilité est forte, voire prépondérante si
l’on s’intéresse à la question sur la situation fi- Cette période se caractérise par une croissance
nancière future. D’un mois à l’autre, seule une de la consommation généralement plus faible
petite fraction des consommateurs change que celle du pouvoir d’achat (Abramovici,
d’opinion, et même un retournement brutal 1996). Le taux d’épargne est donc plus élevé
des soldes d’opinion comme celui de la ren- que lors de la période antérieure (1986-1990),
trée de 1995 ne traduit le changement d’avis qui a suivi le contre-choc pétrolier. Ainsi, de
que d’une faible partie de la population. Ce 1991 à 1995, l’opinion des ménages a été in-
qui est qualifié de « retournement » d’opi- fluencée par l’évolution générale des fluctua-
nion s’explique généralement par le change- tions conjoncturelles, notamment de la
ment d’opinion d’un dixième des ménages situation sur le marché du travail (graphiques I).
environ, et non par un basculement massif de Ceci est particulièrement vrai pour les antici-
leur moral. pations portant sur le niveau de vie futur, pour
lequel les courbes de solde d’opinion et de
glissement annuel du taux de chômage pré-
sentent un profil voisin. Le parallélisme est
Graphiques I moins net en ce qui concerne la situation fi-
Soldes d’opinions des ménages nancière future. Les anticipations sont restées
stables à un niveau convenable en 1991 et jus-
A - Sur leur niveau de vie futur
qu’à la fin de 1992, malgré une détérioration
sur le plan du chômage. Il a fallu attendre la
fin du premier trimestre de 1993 pour que les
ménages prennent conscience, au niveau indi-
viduel, des conséquences de la récession
amorcée à l’automne de 1992. Pour les deux
variables, l’opinion des ménages s’est amélio-
rée au second semestre de 1993, bien que la si-
tuation en matière de chômage n’évolue
favorablement qu’au début de 1994. Les anti-
cipations sont restées très favorables jusqu’à
l’été de 1995, pour se retourner brutalement à
la rentrée, alors même que la courbe de chô-
mage ne faisait que s’infléchir. De fait, la si-
tuation anormalement basse de la fin de 1995
ne s’explique guère par des seuls facteurs ma-
croéconomiques, même si on retrouve, à peu
B - Sur leur situation financière future près à la même période, des tendances analo-
gues bien que très atténuées en Allemagne.
Ainsi, le climat économique général joue un
rôle important dans la formation des anticipa-
tions des ménages. Néanmoins, des divergen-
ces apparaissent lors de certains épisodes
atypiques comme les élections ou les situa-
tions de crise. En particulier, l’intérêt porté
aux anticipations des ménages se justifie dans
une période comme celle de la fin de 1995, où
l’on s’attendait à une consommation plus dy-
namique et un taux d’épargne moindre. Une
raison fréquemment invoquée pour justifier le
pessimisme des ménages est l’accroissement
des incertitudes pesant sur le devenir profession-
nel des individus, notamment le maintien du chô-Lecture : les graphiques présentent les soldes d’opinion de la
variable d’enquête (échelle de gauche ) et le glissement annuel du mage à un niveau élevé et sa diffusion progressive
taux de chômage ( de droite).
dans toutes les couches de la population. En ef-
Source : enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages,
fet, certaines catégories socioprofessionnelles,Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5 105dont les plus diplômées, étaient davantage européen des ménages a montré que, dans un
protégées du risque de chômage dans les an- intervalle de temps de moins de deux ans, en-
nées 80. Aujourd’hui, les personnes plus di- viron une quart des ménages en âge de tra-
plômées sont elles aussi exposées, bien que vailler avait connu un membre au chômage
dans des proportions moindres. De fait, nom- (Cases et Lagarde, 1996). Une telle source
breux sont ceux qui dans leur entourage con- d’incertitude pour les individus, portant sur les
naissent une personne au chômage. Le panel revenus futurs, les encourage probablement à
Graphiques II
Opinions des ménages
A - Sur leur niveau de vie futur
B - Sur leur situation financière future
Lecture : les graphiques indiquent la répartition des cinq possibilités de réponse en fonction de la date de l’enquête.
Source : enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages, Insee.
106 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5adopter un comportement de précaution, no- financière à venir, ils tablent sur les bénéfices
tamment en matière d’épargne. futurs de leur insertion professionnelle. Cela
peut justifier un plus grand optimisme, fondé
On cherche ici à mesurer, toutes choses égales sur l’accroissement, en général simultané, de
par ailleurs, dans quelles proportions le chô- l’âge et du revenu. Au contraire, les aînés, qui
mage affecte les anticipations des personnes, ont déjà bénéficié des hausses de revenu du
soit directement lorsqu’elles sont elles- début de carrière, sont moins enclins à croire
mêmes touchées, soit indirectement comme que le futur apportera une amélioration de
révélateur de la situation économique. On pré- leurs ressources propres. Cet argument valant
cisera également si le comportement des mé- essentiellement pour les ressources propres, il
nages s’est modifié dans un passé récent, est assez logique que le profil selon l’âge soit
notamment si le rôle joué par le chômage s’est moins accentué en ce qui concerne la question
accru au cours des années récentes. On dis- sur l’évolution générale des niveaux de vie.
pose à cet effet d’un panel glissant issu des ré-
ponses des ménages obtenues de 1991 à 1995.
Celles-ci étant réparties sur une échelle allant
Graphiques IIIde 1 à 5, il a fallu utiliser un modèle économé-
Les résultats de l’estimation économétriquetrique à réponses discrètes (cf. encadré 2).
A - Sur leur niveau de vie futurUne première variante des analyses suppose
une homogénéité des goûts, une seconde s’af-
franchit de cette hypothèse.
Lesjeunesplusoptimistes
Toutes choses égales par ailleurs, les jeunes
ont des anticipations plus favorables que leurs
aînés (cf. tableau et graphiques III). L’ampli-
tude entre les différentes classes d’âge est plus
nette pour la question portant sur la situation
financière future que pour celle portant sur
l’évolution générale des niveaux de vie. Les
perspectives se dégradent avec l’âge, mais
moins que proportionnellement, comme le
montre la significativité des termes quadrati-
B - Sur leur situation financière futureques dans l’ajustement. Cet « optimisme » re-
latif des jeunes est net et se vérifie sur les
données brutes sans qu’il soit besoin d’avoir
recours à des modèles. Ce résultat peut sur-
prendre, car il contraste notamment avec le
fait que les jeunes disposent de revenus moin-
dres. Cependant, ce plus grand optimisme ne
doit pas être assimilé à une plus grande satis-
faction. En effet, lorsqu’on interroge les jeu-
nes, dans d’autres enquêtes, sur l’insuffisance
de leur revenu et les difficultés qu’ils ont à
boucler leur budget, ils se montrent plus fré-
quemment insatisfaits que leurs aînés. Il s’agit
peut-être là d’un problème de génération : les
personnes d’un certain âge ont connu des condi-
tions difficiles au cours de leur cycle de vie
Lecture : les graphiques explicitent les résultats des ajustements
(conflits, etc.) mais aussi une amélioration présentés dans le tableau. Le graphique III-A présente l’allure des
variations d’opinion selon l’âge, pour chacune des deuxcontinue dans l’après-guerre, de sorte que la
sous-périodes, le fait d’être chômeur ou non ne jouant pas. Pour
situation actuelle leur paraît plus favorable.
les actifs occupés, l’opinion selon l’âge ne varie pas au cours de
Au contraire, les jeunes peuvent avoir hérité la période sur le graphique III-B. En revanche, le fait qu’un des
membres soit au chômage modifie l’opinion de manièred’habitudes de consommation du foyer paren-
différenciée selon l’âge et la sous-période considérée.
tal, que leurs revenus en début de cycle de vie
Source : enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages,
leur assurent difficilement. Pour leur situation Insee.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5 107Tableau
Disparités des réponses sur le niveau de vie futur et la situation financière future
Niveau de vie futur Situation financière future
Variables Non hétérogène hétérogène Non hétérogène Hétérogène
Coef. Écart-type Coef. Écart-type Coef. Écart-type Coef. Écart-type
Seuil 1 - 1,23 0,02 - 1,21 0,02 2,26 0,02 - 2,22 0,02
Seuil 2 - 0,42 0,02 - 0,41 0,02 1,56 0,02 - 1,52 0,02
Seuil 3 0,87 0,02 0,88 0,02 - 0,58 0,02 0,59 0,02
Seuil 4 1,91 0,02 1,89 0,02 - 1,42 0,02 1,43 0,02
Âge - 0,02 0,00 - 0,02 0,00 - 0,03 0,00 - 0,03 0,00
100*Âge*Âge 0,03 0,00 0,03 0,00 0,03 0,00 0,03 0,00
Chômage n.s. n.s. 0,27 0,04 0,23 0,03
Chômage*Age n.s. n.s. - 0,01 0,00 - 0,01 0,00
Type de ménage
Homme sans conjoint 0,11 0,02 0,09 0,03 0,10 0,02 0,08 0,03
Femme sans conjoint 0,05 0,02 0,03 0,02 0,03 0,02 0,01 0,02
Couple 0 à 2 enfants Réf. Réf. Réf. Réf.
Couple 3 enfants et plus 0,06 0,02 0,03 0,02 0,06 0,02 0,05 0,02
Autres ménages 0,17 0,03 0,14 0,04 0,13 0,03 0,12 0,03
Revenu mensuel
Moinsde15000F Réf. Réf. Réf. Réf.
Plus de 15 000 F 0,07 0,01 0,06 0,01 0,04 0,01 0,04 0,01
Diplôme de la personne de référence
Moins que supérieur Réf. Réf. Réf. Réf.
Supérieur 0,07 0,01 0,07 0,01 0,11 0,02 0,10 0,02
Type de commune
Rurale ou < 20 000 hab. Réf. Réf. Réf. Réf.
De 20 000 à 100 000 hab. 0,03 0,01 0,03 0,01 0,06 0,01 0,07 0,02
Plus de 100 000 hab. 0,02 0,01 0,02 0,01 0,08 0,02 0,09 0,02
Région parisienne 0,11 0,01 0,11 0,02 0,12 0,02 0,12 0,02
Paris 0,17 0,02 0,17 0,02 0,16 0,03 0,16 0,04
Glissement chômage - 0,10 0,01 - 0,09 0,01 - 0,03 0,00 - 0,03 0,00
Variations 1993-1995
Chômage n.s. n.s. n.s. n.s. - 0,11 0,03 - 0,09 0,03
Âge 0,01 0,00 0,01 0,00 n.s. n.s.
Type de ménage
Homme sans conjoint - 0,12 0,03 - 0,10 0,03 - 0,05 0,03 - 0,03 0,03
Femme sans conjoint - 0,04 0,02 - 0,03 0,02 - 0,00 0,02 0,01 0,03
Couple 3 enfants et plus - 0,07 0,02 - 0,04 0,02 - 0,05 0,02 - 0,05 0,02
Autres ménages - 0,10 0,04 - 0,07 0,04 - 0,05 0,04 - 0,06 0,04
Diplôme supérieur n.s. n.s. - 0,08 0,02 - 0,08 0,02
Type de commune
De 20 000 à 10 0000 hab. n.s. n.s. - 0,02 0,01 - 0,03 0,02
Plus de 100 000 hab. n.s. n.s. - 0,06 0,02 - 0,07 0,02
n.s.Région parisienne n.s. - 0,07 0,02 - 0,06 0,03
Paris n.s. n.s. - 0,00 0,04 - 0,01 0,04
Glissement chômage 0,04 0,01 0,02 0,01 n.s. n.s.
(ménage) ( ) 0,67 0,00 0,70 0,00u
(résiduel) ( ou ) 1,00 0,74 1,00 0,72v w
Note de lecture : le tableau présente les résultats de l’estimation du modèle Probit polytomique, pour les deux questions. Les deux variantes,
avec ou sans hétérogénéité individuelle, sont mises côte à côte, les écarts entre les deux types d’ajustement demeurant minimes. Les quatre
seuils correspondent aux valeurs limites de changement d’état de la variable latente (cf. encadré 2).
En ce qui concerne les variables explicatives, les résultats se lisent comme pour un modèle dichotomique. Ainsi, pour la situation financière fu-
ture, le coefficient 0,11 correspondant à la possession d’un diplôme supérieur signifie que les diplômés ont des anticipations plus favorables.
Les variables sociodémographiques du bas du tableau, apparaissant après la mention « Variations 1993-1995 » indiquent dans quelles propor-
tions les coefficients sont modifiés en fin de période. Les coefficients non significatifs (n.s.) indiquent que l’effet n’a pas évolué entre d’une sous-
période à l’autre. En revanche, un coefficient significatif mesure une altération de l’effet. Par exemple, la possession d’un diplôme supérieur joue
moins sur la situation financière future en seconde période. De fait, l’effet de seconde période (0,11-0,08) cesse d’être significatif.
La variable « glissement du chômage » correspond au glissement annuel du taux de chômage relatif à la population selon une stratification par
sexe et âge. Lorsque la personne de référence est active, la variable indique l’évolution du chômage de même sexe et de même classe d’âge.
Lorsqu’elle est inactive, la variable se rapporte à l’ensemble de la population active.
Les effets de l’âge ont été ajustés au moyen de courbes quadratiques. Les graphiques III explicitent la dépendance de l’opinion en fonction de
l’âge. Ont été superposées pour la situation financière future les modifications qu’apportent le fait que la personne de référence ou son conjoint
soient chômeur, et ceci selon l’âge.
Source : enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages, Insee.
108 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5
le diplôme était jugé, toutes choses égales parUne évolution contrastée du profil par âge
ailleurs, comme une garantie contre l’incerti-
En ce qui concerne la situation financière, tude en début de période, garantie qui se serait
l’allure du profil par âge n’a pas varié au cours effacée ultérieurement. Jusqu’à la fin des an-
de la période (cf. graphique III-B). Les écarts nées 80, le diplôme était généralement consi-
entre les plus jeunes et leurs aînés sont demeu- déré comme une bonne protection contre le
rés constants, malgré des changements de la chômage et de fait, rares étaient les chômeurs
situation économique générale. En revanche, parmi les plus diplômés. Avec la récession de
les écarts selon l’âge se sont fortement resser- 1993, la montée du chômage est devenue no-
rés en ce qui concerne l’opinion sur le niveau table pour les plus diplômés. Le sentiment de
de vie futur, soit que les aînés soient devenus protection lié au diplôme a perdu de son inten-
plus optimistes, soit plus vraisemblablement sité, ramenant sans doute les perspectives des
que les jeunes aient davantage partagé les plus diplômés à un niveau proche de celles des
doutes de leurs parents (cf. graphique III-A). autres actifs.
De fait, les années 1991 et 1992 étaient encore
marqués par les effets bénéfiques du cycle
La composition du ménage influeconjoncturel amorcé en 1989, alors que les an-
nées 1993 à 1995 ont correspondu à une pé- de moins en moins sur son opinion
riode plus incertaine. À ce stade, le
resserrement des opinions selon l’âge peut La composition du ménage joue lui aussi un
être interprété de différentes façons. Il peut rôle sur la formation des anticipations. En dé-
s’agir d’une modification durable des com- but de période, les disparités étaient assez ana-
portements, l’âge jouant un rôle moins discri- logues pour les deux questions. Les plus
minant que par le passé. Il est possible aussi optimistes étaient les hommes sans conjoint et
que les jeunes réagissent différemment de les couples avec trois enfants ou plus. Ve-
leurs aînés aux différentes phases du cycle naient ensuite les couples avec un ou deux en-
conjoncturel, plus favorable en début qu’en fants, puis les couples sans enfant et les
fin de période. Cette hypothèse est justifiée femmes sans conjoint. Au cours des cinq an-
par le caractère plus cyclique que celui de leur nées, la situation a évolué dans le sens d’une
aînés, de l’emploi des jeunes (CSERC, 1996). réduction des disparités. En fin de période, les
Avec les données disponibles, il n’est pas pos- mêmes disparités demeurent, en beaucoup
sible de trancher. plus atténué en ce qui concerne l’opinion sur
la situation financière future, mais se sont pra-
tiquement estompées en matière d’anticipa-
Un rôle modeste du revenu et du diplôme tions sur le niveau de vie. Ceci peut également
s’expliquer par une diffusion accrue des incer-
Disposer d’un revenu accru joue assez peu sur titudes portant sur le marché du travail, et par
les perspectives futures, que ce soit pour soi- les inquiétudes que les familles éprouvent
même ou pour la collectivité. Seuls les ména- pour l’insertion professionnelle future de
ges disposant des revenus les plus élevés ont leurs enfants.
des perspectives plus favorables, et encore les
coefficients sont de faible amplitude. On au-
L’accélération du chômage pèserait pu s’attendre à un fort effet du revenu, qui
existe dans les comportements de consomma- sur les anticipations
tion, les plus aisés se sentant mieux protégés
contre les aléas de l’existence. De fait, la dif- Le chômage, enfin, joue un rôle important
férence existe, mais ne concerne que les mé- dans la formation des anticipations. Comme
nages du haut de l’échelle des revenus, et ce on pouvait s’y attendre, une évolution macro-
dans des proportions très modestes. On re- économique défavorable du taux de chômage
trouve un effet analogue avec le diplôme. Son (appréhendée par la variable glissement du
influence n’est positive que pour les plus chômage) joue un rôle dépresseur sur les anti-
hauts diplômes, et est d’ampleur relativement cipations, que ce soit en termes de situation
faible. En outre, si ce plus grand optimisme personnelle ou d’évolution des niveaux de
des plus diplômés perdure en matière d’antici- vie. Plus le glissement annuel du taux de chô-
pations de niveau de vie, il s’estompe, en fin mage s’accroît, moins les ménages sont opti-
de période, si l’on s’intéresse aux perspecti- mistes. On retrouve ici les conséquences du
ves financières personnelles. Pour cette der- climat général sur le moral des individus.
nière variable, tout se passe donc comme si L’amplitude de l’effet est plus accentuée pour
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5 109Encadré 2
LE MODÈLE PROBIT POLYTOMIQUE ORDONNÉ HÉTÉROGÈNE
Les deux comportements examinés dans l’étude se présentent sous la forme de variables à cinq moda-
lités ordonnées, allant du trèsdéfavorableautrès favorable. Pour analyser économétriquement ce type
de données, on utilise un modèle à réponses qualitatives. Plus précisément, on postule l’existence d’une
variable latente susceptible de franchir différents seuils. Cette variable latente est assimilable à un degré
d’optimiste. Lorsque celui-ci est très bas (en dessous du premier seuil), on observe l’état « trèsdéfavo-
rable ». Le franchissement des différents seuils (quatre, correspondant aux cinq modalités) conduit à
l’état le plus favorable.
Soit y la variable latente correspondant à l’opinion du ménageià la date t et soient X ses caractéris-
it it
tiques sociodémographiques. On postule le modèle linéaire suivant :
y X b w
it i t it
où w est une perturbation normale (modèle Probit).
it
La probabilité d’observer l’état k comme réponse du ménage correspond à la probabilité que la variable
y soit comprise entre les seuils r et r , avec les conventions r et r .Si est
it k k 1 0 5 w
l’écart-type de la loi, cette probabilité s’écrit :
r X b r X b
k 1 it k it

w w
où est la fonction de répartition de la loi normale.
Lorsque les aléas sont indépendants en i et en t , la contribution de chaque observation à la vraisemblable
est la probabilité que le modèle accorde à l’état observé ; la vraisemblance de l’échantillon s’obtient comme
le produit de ces contributions. Les paramètres b se calculent aisément au moyen des algorithmes habituels
de maximisation. Le modèle est un modèle sans hétérogénéité individuelle.
On introduit généralement l’hétérogénéité individuelle en relâchant cette hypothèse d’indépendance des per-
turbations (Lollivier, 1995). Plus précisément, on suppose que chaque ménage dispose d’une caractéristique
inobservable, en l’occurrence son plus ou moins grand degré de pessimisme. Comme on ne sait rien sur
cette caractéristique, on suppose qu’elle est tirée dans une loi aléatoire. C’est l’équivalent des modèles à
erreurs composées lorsque la variable observée est continue.
y X b u v ,
it it u i v it
où les u et v sont des variables normales de variance unitaire, toutes indépendantes entre elles. Dans
i it
cette modélisation, on suppose, en outre, les u indépendants des variables explicatives, comme dans le
i
^modèle linéaire à erreurs composées. La conséquence pratique est que l’espérance des estimateurs b est
voisine dans les deux variantes. La modélisation ne permet donc qu’un partage du résidu entre aléa persis-
tant et aléa transitoire. Prendre en compte une corrélation entre les u et les variables explicatives
i
nécessiterait des développements plus complexes (Chamberlain, 1984).
La vraisemblance n’est alors plus un produit portant sur les termes élémentaires en i et en t , mais seule-
ment sur les ménages. Les trois observations relatives au même ménage sont en effet couplées par le
facteur commun u . La contribution de l’individu à la vraisemblance est alors l’espérance sur u du produit
i
des trois probabilités conditionnelles àu . La probabilité conditionnelle àu d’observer l’état k à la date t est
comme précédemment :
r X b u r X b u
k 1 it u i k it u

v v
Le calcul au niveau de l’individu de l’espérance du produit des trois probabilités conditionnelles nécessite
une intégration numérique, qui alourdit beaucoup les calculs. Le principe de maximalisation demeure analo-
gue, si ce n’est que l’unitéélémentaire est le ménage et non l’observation ménage - mois.
Ces modèles ne sont pas identifiables, comme dans le cas dichotomique. Dans le modèle sans hétérogé-
néité, on a supposé 1. Dans le cas hétérogène, les calculs ont été conduits avec 1. Pour des
w v
besoins de comparaison avec le modèle sans hétérogénéité,les résultats ont fait l’objet d’une renormalisa-
2 2tion dans laquelle l’aléa total est de variance unitaire ( 1).
u v
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la question générale sur les niveaux de vie, En outre, la variabilité des comportements en-
même si l’impact se réduit en seconde pé- tre individus n’a pas évolué au cours de la pé-
riode. Elle est moindre en ce qui concerne la riode. En effet, dans une population, certains
situation financière future, mais reste stable sont plus optimistes que d’autres, on parle
au cours de la période. alors d’hétérogénéité des comportements. Un
dernier trait du modèle est précisément la pos-
En revanche, l’influence du chômage sur le sibilité de prendre en compte cette hétérogé-
moral est assez différente lorsqu’il est directe- néité des préférences, au-delà des variables
ment vécu par les ménages (modalité de la va- explicatives déjà introduites. Certes, ces dif-
riable chômage) que lorsqu’il s’agit d’une férences de comportements sont importantes,
simple perception de l’environnement macro- puisqu’elles rendent compte d’environ la moi-
économique. En effet, les ménages connais- tié de la variance laissée inexpliquée par les
sant le chômage n’ont pas des anticipations variables sociodémographiques décrites pré-
différentes des autres en ce qui concerne cédemment. Cependant, la prise en compte
l’évolution du niveau de vie, comme si leur d’une hétérogénéité individuelle ainsi spéci-
état n’influençait pas leur perception sur fiée ne modifie pas les conclusions précédem- des revenus en général. En revan- ment énoncées. De plus, cette variabilité liée à
che, les ménages dont au moins un membre est un plus ou moins grand optimisme parait sem-
au chômage sont plutôt plus optimistes que les blable, que l’on s’intéresse aux perspectives
autres en ce qui concerne leur situation finan- générales ou individuelles : les ménages ont
cière future, notamment les jeunes en début de une façon de répondre analogue, quelle que
période. En effet, en 1991 et 1992, les jeunes soit la question qu’on leur pose. Aussi la per-
chômeurs étaient beaucoup plus confiants que sistance des réponses est-elle la même pour
les jeunes actifs occupés (cf. graphique III-B). les deux variables. En d’autres termes, un mé-
Ils pensaient sans doute, qu’étant en difficulté nage donné ne change pas plus fréquemment
aujourd’hui, leur situation ne pouvait que d’avis d’un mois à l’autre pour l’une ou l’au-
s’améliorer. Pour leur part, les chômeurs tre des questions. Enfin, ces disparités entre
de 55 à 60 ans avaient des anticipations ménages n’évoluent pas au cours de la pé-
analogues aux autres. En seconde période, riode. Les enseignements sont doubles. D’une
la confiance des chômeurs en matière de si- part, contrairement à ce que certains préten-
tuation financière future s’est sensiblement dent, les ménages ne changent pas plus fré-
réduite. Les jeunes chômeurs conservent quemment d’avis en fin de période qu’en
néanmoins des anticipations plus favorables début de période. À situation économique
que les jeunes actifs occupés du même âge, le équivalente, ils se comportent de la même fa-
chômage des jeunes étant plutôt de courte du- çon. D’autre part, la récession de la fin de
rée. En revanche, les chômeurs âgés devien- 1992 n’a pas fait apparaître une polarisation
nent plus pessimistes que les actifs occupés accrue entre les ménages, certains sombrant
d’âge équivalent. Ceci s’explique peut-être dans un pessimiste profond. Les changements
par les difficultés qu’ont les chômeurs âgés à d’opinion sont donc, avant tout, expliqués par
s’insérer de nouveau sur le marché du travail, l’environnement économique et les évolu-
afin de se procurer des ressources jusqu’à tions dans les disparités sociodémographi-
l’âgedelaretraite. ques.
Des comportements inchangés Un resserrement des disparités
dans un environnement moins favorable en fin de période
De 1993 à 1995, les consommateurs ne sont Au total, au-delà de la persistance de certains
pas apparus intrinsèquement plus pessimistes effets structurels, comme les goûts ou le rôle de
qu’en début de période : toutes choses égales l’âge, l’étude fait apparaître une certaine évolu-
par ailleurs, interroger les ménages entre 1993 tion dans les anticipations des consommateurs.
et 1995 plutôt qu’entre 1991 et 1992 ne con- En premier lieu, les facteurs d’inquiétude tou-
duit pas à des résultats significativement dif- chent les ménages de façon plus homogène. Le
férents (variante non reproduite dans le diplôme n’apparaît plus comme une assurance
tableau). Si le moral des consommateurs a face aux incertitudes sur le marché du travail.
paru se détériorer à certains moments, cela est Les personnes seules et les familles ont des an-
davantage dû à l’environnement économique ticipations de plus en plus homogènes. Être au
qu’à un pessimisme individuel accru. chômage apparaît de moins en moins comme
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 324-325, 1999 - 4/5 111une situation transitoire, en sortir serait de les ménages présentaient plutôt un comportement
moins en moins une échéance de court terme, no- adaptatif en prolongeant les tendances passées
tamment pour les personnes âgées. Il resterait à (Gardes et al., 1984). En revanche, en période de
déterminer si ces évolutions sont structurelles ou fortes variations conjoncturelles, ils avaient plu-
simplement cycliques. Dans la seconde hypo- tôt tendance à inverser les tendances antérieures.
thèse, une situation économique plus favorable Cependant, la première hypothèse d’une évolution
améliorerait les anticipations des personnes les structurelle est également plausible. On assiste-
plus exposées. Différents travaux montrent, en rait alors à un lent processus d’homogénéisation.
effet, que les processus d’anticipation sont sus- La réalité est probablement intermédiaire. Mais
ceptibles de varier en fonction du contexte faute de série de longueur suffisante, il est diffi-
conjoncturel. Au cours des périodes de change- cile de conclure.
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