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Conjoncture 2004 : reprise modérée en Ile-de-France

De
6 pages
En début d'année, les indicateurs de l'économie française confirment la reprise observée depuis la mi-2003. En moyenne annuelle, la croissance 2004 serait de 2,3 %. Dans ce contexte favorable, le situation du marché du travail s'améliorerait au second trimestre. En Ile-de-France également, l'activité a repris au premier trimestre 2004. Le taux de chômage a légèrement faibli. Toutefois l'évolution pour le second trimestre apparaît encore incertaine, la confiance des acteurs n'étant pas totalement restaurée.
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INSEE
ILE DE FRANCE
n 2004, une dynamique vertueuse de croissance semble s’être en-
clenchée aux Etats-Unis et l’activité est soutenue auE Royaume-Uni. Le Japon profiterait de la croissance retrouvée de
sa demande interne, et la Chine connaîtrait toujours une forte progression
de son activité à court terme. L’environnement international est porteur
En début d’année, pour les exportations de la zone euro. La forte hausse du prix du pétrole
les indicateurs de depuis le printemps ne serait pas de nature à casser la croissance mondiale.
l’économie française
confirment la reprise a croissance de l’économie française se confirmeL
observée depuis la
mi-2003. En moyenne Dans cet environnement international porteur, la France connaîtrait une
croissance au second semestre un peu supérieure à celle de la moyenneannuelle, la croissance
des pays de la zone euro. L’avantage acquis au premier trimestre grâce à la2004 serait de 2,3 %.
forte croissance de la demande intérieure se prolongerait en s’atténuant.Dans ce contexte
Au total, la croissance française atteindrait en moyenne 2,3 % en 2004.favorable, la situation
du marché du travail
Les dépenses d’équipement des entreprises, fortes au premier trimestre
s’améliorerait au (+ 1,7 %), continueraient à croître. Celles-ci ont essentiellement investi
second semestre. en produits manufacturés pour renouveler les appareils de production les
En Ile-de-France plus obsolètes.
également, l’activité a
La consommation des ménages, soutenue par les baisses d’impôts et desrepris au premier
taux d’intérêt peu élevés, a été plus forte que dans les autres pays de latrimestre 2004. Le taux
zone euro au premier trimestre. Cette consommation vigoureuse s’estde chômage a
traduite par une baisse marquée du taux d’épargne. Cependant, au se-légèrement faibli.
cond semestre, les ménages français, en dépit des gains de pouvoirToutefois, l’évolution
d’achat attendus, afficheraient un faible niveau de confiance, ce qui pèse-
pour le second
rait sur la consommation.
semestre apparaît
encore incertaine, la L’inflation serait ramenée en deçà de2%en décembre 2004, grâce à la
confiance des acteurs baisse des prix des produits énergétiques, l’absence de hausse du prix du
n’étant pas totalement tabac et la possible diminution des prix dans la grande distribution
restaurée. consécutive aux accords du 17 juin.
MENSUEL N° 2 3 9 - JUILLET 2004 - 2,2 €
àlapage
ConjonctureNeuf mois après la reprise d’activité, l’emploi salarié mar- es perspectives contrastéesDchand, qui ne s’était pas ajusté pendant la phase descendante
dans les services marchands
du cycle, pourrait redémarrer au second semestre. Les salaires
profiteraient des revalorisations du SMIC au premier juillet et
L’activité des services marchands est plutôt bien orientée,
l’amélioration des revenus salariaux contribuerait à des gains
stabilisée au mois de mai à un bon niveau par rapport à avril.
de pouvoir d’achat. Le taux de chômage, après une poussée au
Certaines branches comme la location automobile ou les
e2 trimestre due aux réinscriptions à l’ANPE des « recalculés »
agences et conseils en publicité ont connu des évolutions
(demandeurs d’emploi privés prématurément de leurs alloca-
très satisfaisantes, alors que la réparation automobile paraît
tions), se stabiliserait autour de 9,8 % en fin d’année.
en retrait.
A court terme, l’aléa le plus susceptible de peser sur la
Dans le commerce de gros, comme dans le commerce de dé-croissance de la zone euro réside dans les cours du pétrole, très
tail, la conjoncture est hésitante. L’activité semble plus dyna-sensibles à la situation au Moyen-Orient. Leurs variations, en
mique qu’en 2003, mais les perspectives générales d’activitése répercutant rapidement sur la demande intérieure, peuvent
restent à un niveau très moyen. Les intentions de commande,retarder ou accélérer le retour à une croissance équilibrée.
een progression depuis le 2 semestre 2003, se situent à leur ni-
veau moyen de longue période.L’Ile-de-France a, elle aussi, connu une reprise d’activité au
premier trimestre 2004, mais le rebond n’apparaît pas très
marqué, compte-tenu du point très bas atteint en 2003. L’évo- e plus en plus de créations d’entreprisesD
lution pour le second semestre apparaît incertaine, la
confiance des acteurs n’étant pas totalement restaurée. Le nombre de créations d’entreprises est en hausse depuis
début 2002. Ce mouvement d’augmentation se poursuit et
s’intensifie au premier trimestre 2004 (Figure 2). Avec environndustrie francilienne : vers l’amélioration ?I 18 800 entreprises créées, on enregistre une amélioration de
er7,7 % par rapport au 1 trimestre 2003, soit la plus forte évo-Après une reprise d’activité soutenue au premier trimestre, les
lution depuis la reprise de la progression des créations. Deuxchefs d’entreprise franciliens n’anticipent plus de progression
secteurs attirent particulièrement les nouveaux entrepreneurs,de leur production, mais leurs perspectives d’activité restent
erla construction (+ 18,2 % au 1 trimestre 2004) et l’éducation,élevées. Les carnets de commande et les stocks sont stables
santé et action sociale (+ 17,5 %), le secteur où les créations(Figure 1). La situation semble moins favorable dans l’in-
sont les plus nombreuses restant celui des services aux entre-dustrie des biens d’équipement où les chefs d’entreprise n’ont
prises qui représente près d’un tiers des nouvelles entreprisespas constaté d’amélioration sur le passé et n’anticipent pas de
chaque trimestre. Ce phénomène n’est pas spécifiquementreprise de leur activité pour les prochains mois. Leurs carnets
francilien, l’évolution du nombre de créations pour la Francede commandes restent bas.
erétant au 1 trimestre supérieure à celle de l’Ile-de-France
(+ 8,2 %).L’enquête régionale de la Banque de France montre que de-
puis le mois de mars, la situation est un peu plus terne, mais
que l’activité s’est stabilisée à un niveau beaucoup plus élevé Parallèlement, le nombre de défaillances publiées au
qu’en 2003. Un léger repli a été constaté dans l’industrie des BODACC est en recul sur une année glissante : d’avril 2003 à
biens intermédiaires. Les prévisions restent favorables dans mars 2004, 10 880 défaillances ont été publiées contre 10 990
l’industrie automobile et chez les équipementiers. sur la période correspondante d’avril 2002 à mars 2003.
Figure 1 - Opinion des industriels
60
50
40
30
20
10
0
-10
-20
-30
-40
-50
-60
-70
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Production passée Production prévue Perspectives générales de production
Source : Insee, enquête mensuelle dans l'industrieFigure 2 - Créations d'entreprises (données CVS) marqué par la conjonction d’événements défavorables,
1notamment le conflit en Irak et l’épidémie de SRAS en Asie.
20 000
18 000
Le trafic aérien redémarre plus lentement que dans les autres
16 000 pays européens : on note une très forte croissance du trafic en
14 000 avril et mai, notamment vers l’Amérique, l’Asie Pacifique et le
12 000 Moyen-Orient, destinations qui avaient été très fortement
10 000 touchées par le contexte international en 2003.
8 000
6 000 onstruction : légère repriseC1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Ensemble des créations Créations pures Au premier semestre 2004, la production de logements
semble dynamique. La bonne tenue de la commercialisation
Source : Insee, Sirene - champ ICS (Industrie, Commerce, Services), hors activités
financières de l’immobilier résidentiel, ainsi que les objectifs élevés de fi-
nancements de logements sociaux, devraient assurer un retour
de la production à un niveau qui reste modeste. Parallèlement,
ctivité touristique : reprise modérée le nombre de mises en chantier de logements et résidencesA
progresse de7%en année glissante, après un recul de 4 %
Depuis le début de l’année 2004, on assiste à une remontée l’année précédente. L’entretien amélioration, qui représente
progressive de la fréquentation touristique en Ile-de-France. plus de 60 % de l’activité du bâtiment en Ile-de-France, s’ins-
Le mois de mai (dernier mois connu) a été particulièrement fa- crirait également en hausse en ce début d’année.
vorable, la moitié des professionnels interrogés ayant une
« bonne » opinion sur leur activité, les opinions « mauvaises » Selon les promoteurs interrogés en avril par l’Insee, la
ne représentant plus que 10 %. La fréquentation des princi- demande de logements neufs à acheter progresse et les stocks
paux sites culturels parisiens est assez mitigée. Les sites touris- de logements invendus diminuent.
tiques situés en banlieue, et principalement les plus éloignés de
Paris, ont plus de mal à attirer les touristes. En revanche, pour la troisième année consécutive, la cons-
truction de bâtiments non résidentiels faiblit. La décroissance
Cette reprise de l’activité touristique se retrouve sur les héber- semble toutefois se ralentir, les mises en chantier d’équipe-
gements, avec une fréquentation hôtelière légèrement supé- ments collectifs soutenant l’activité. Principal secteur de l’in-
rieure à celle de 2003, mais qui reste en deçà de celles de 2002 vestissement, la commercialisation des bureaux marque
et de 2001. Au mois d’avril le taux d’occupation des hôtels est momentanément le pas, avec une diminution d’environ 22 %
de 67,1 %, en progression de 0,6 point par rapport à avril 2003 de la demande placée comparée au premier trimestre 2003.
(Figure 3). La situation est meilleure à Paris où le taux d’occupa-
tion est en hausse de 2,3 points par rapport à avril 2003. La En conséquence, les entreprises du bâtiment constatent un
clientèle étrangère revient, et notamment les Américains et les allongement de la durée de leurs carnets de commandes
Japonais, alors que l’on observe un tassement de la clientèle (3,5 mois début 2004 contre 3,1 en 2003). Toutefois, les capa-
d’affaires. cités de production ne seraient pas pleinement utilisées, les en-
trepreneurs ayant toujours des difficultés à recruter de la
Les autres modes d’hébergement (gîtes, campings, centres main-d’œuvre.
d’hébergement pour « jeunes… ») enregistrent également une
1
Syndrôme Respiratoire Aigü Sévère (Pneumonie Atypique).fréquentation importante sur le début d’année.
utres contributeurs du diagnosticACes appréciations sur les premiers mois de 2004 doivent être
nuancées par le fait que le début de l’année 2003 avait été conjoncturel
ADP : Fabrice Benoudiba
Figure 3 - Taux d'occupation des hôtels de 0 à 4 étoiles-luxe ANPE, délégation régionale d'Ile-de-France : Agnès Manzanaro
ARD : Vincent Gollain90
85 Banque de France : Marc Jacob
80
CCIP-OFEM : Antoine Bartet, Eric Foly
75
Cellule économique Ile-de-France pour la construction, les travaux publics
70 et les matériaux : Hervé Vibert
65
COE : Jean-Luc Biacabe
60
CRCI Paris Ile-de-France : Martine Delassus, Patrick Clément55
50 Crocis : Patrice Avakian
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
DREIF : Jérémy Comet2002 2003 2004
GARP : Catherine Guével, Frédéric Savalle
Source : enquête de fréquentation hôtelière, Insee - Direction du tourisme - Observatoire Ortif : Catherine Avignon
régional du tourisme d'Ile-de-FrancePour les travaux publics, le volume de travaux estimé progres- … suivie d’un léger rebond
serait de3à4%en 2004, mais le manque de lisibilité sur les
au premier trimestre 2004
grands travaux, les effets de la décentralisation et les difficultés
de financement des opérations sont autant de sources d’incer-
Les données disponibles pour les premiers mois de l’année
titudes pour le futur.
2004 semblent indiquer un début de retournement de ten-
dance, avec des signes convergents d’une légère amélioration
Le secteur de la construction est tiré par l’activité sur le loge- de l’emploi et du marché du travail.
ment, le secteur du bâtiment non résidentiel n’ayant pas en-
core redémarré. L’anticipation d’une remontée des taux
Avec 3,92 millions de salariés dans le secteur privé non
d’intérêt pourrait inciter les ménages à acheter leur logement.
agricole fin mars 2004, les estimations provisoires de l’Unedic
Le très bas niveau des stocks de bureaux laisse craindre une
font apparaître une faible progression de l’emploi en
pénurie éventuelle en cas de reprise de l’emploi.
Ile-de-France au premier trimestre 2004 (+ 6 700, soit
+ 0,2 %, en données CVS), alors qu’on observe une très lé-
ne année 2003 sombre gère diminution en France métropolitaine (- 6 600). Si l’in-U
dustrie et la construction ont continué de perdre des emplois,pour l’emploi francilien…
en revanche les effectifs salariés ont commencé à se redresser
dans le secteur tertiaire et sont revenus à leur niveau du troi-Après 2002, qui a vu la suppression de 10 000 emplois dans le
sième trimestre 2003. Les secteurs des services, et notammentsecteur privé non agricole (champ Unedic), l’année 2003 a été
les services aux entreprises, qui regroupent, entre autres, lemarquée par la perte de près de 55 000 emplois en
conseil et assistance et les services opérationnels (dont l’inté-Ile-de-France soit un repli de 1,4 %, sensiblement supérieur à
rim), les deux secteurs phare de la région en termes de nombrela faible diminution de l’emploi observée en France métropo-
d’emplois, semblent avoir interrompu leur recul début 2004.litaine (- 0,3 %) (Figure 4).
L’intérim, qui enregistre au niveau national des variations dif-En Ile-de-France, contrairement à l’ensemble du pays, dans
ficiles à interpréter, n’a toutefois pas connu de reprise dans lalequel seule l’industrie a enregistré une baisse de l’emploi, tous
région depuis le début de l’année. Au premier trimestre 2004,les secteurs ont été touchés. Le tertiaire, qui représente 79 %
le volume des contrats conclus en équivalent emploi à tempsdes emplois franciliens et qui avait été le principal créateur net
plein (EETP) est resté stable par rapport aux trois trimestresd’emplois pendant la phase de croissance des années 1999 et
précédents (un peu plus de 95 000 EETP par mois). Sur un an,2000, a connu en 2003 un net recul.
il accuse toutefois un repli (5 000 EETP environ) lié à une
nette diminution du recours à l’intérim dans l’industrie auto-Il en est résulté une forte progression du taux de chômage en
mobile. La légère reprise de celui-ci dans les secteurs de laIle-de-France (+ 1 point entre décembre 2002 et décembre
construction, du conseil et des services opérationnels ne com-2003), qui a porté celui-ci à 10 % de la population active à la fin
pense pas cette baisse.de l’année, en dépassant pour la première fois le taux national
(9,9 %). En mars 2001, avant le ralentissement économique, le
Parallèlement, l’ANPE a enregistré une augmentation des of-taux francilien était pourtant inférieur de plus d’un point à ce
fres d’emploi déposées par les entreprises de janvier à avril
taux (respectivement 7,4 % et 8,6 %).
2004, par rapport à la même période de l’an dernier (+ 5,3 %).
La progression est très sensible pour les postes de cadres et de
professions intermédiaires (+ 23 %), mais elle demeure assez
faible pour les postes d’employés (+ 3 %) et pour les postesFigure 4 - Evolution comparée de l'emploi salarié
d’ouvriers et de manœuvres (+ 4 %).(champ Unedic, données CVS - base 100 en mars 2001)
102
ne légère réduction du chômageU
début 2004
101
Cette relative amélioration de la situation de l’emploi en
Ile-de-France a eu des effets immédiats sur le marché du travail.
Le taux de chômage a baissé de 0,1 point au premier trimestre
pour s’établir à 9,9 %, soit une baisse équivalente à celle enre-100
gistrée en France métropolitaine (- 0,1 point à 9,8 %) (Figure 5).
En ce début d’année 2004, les données de l’ANPE sont délica-
99 tes à analyser : elles ont été influencées par l’entrée en vigueur
de la réforme de l’assurance chômage en janvier, puis par sa
remise en cause en avril, qui ont eu un impact, difficile à mesu-
Ile de France France métropolitaine rer, sur le comportement des demandeurs d’emploi. L’évolu-
tion des inscriptions à l’ANPE semble toutefois confirmer la
Source : Unedic tendance à l’amélioration. Le nombre des demandeurs d’em-
Mars 01
Juin 01
Sept. 01
Déc. 01
Mars 02
Juin 02
Sept. 02
Déc. 02
Mars 03
Juin 03
Sept. 03
Déc. 03
Mars 04Figure 5 - Taux de chômage ne politique de l’emploiU(données CVS en fin de trimestre)
privilégiant l’accès direct à l’entreprise
%
14
La stabilisation actuelle du nombre des personnes inscrites à
13 l’ANPE depuis plus d’un an ne doit pas faire oublier la très
forte hausse du chômage de longue durée observée de la fin de
12 l’année 2001 jusqu’au printemps 2003 (Figure 6). Fin avril
2004, 93 000 hommes et 71 000 femmes étaient inscrits à11
l’ANPE (catégorie 1) depuis au moins un an.
10
Durant les cinq premiers mois de l’année 2004, 37 % des de-
9
mandeurs d’emploi entrés dans les principales mesures d’aide
3à l’insertion professionnelle des personnes en difficulté (hors8
mesures destinées aux jeunes) avaient au moins deux ans d’an-
7 cienneté au chômage. Les autres grandes catégories de bénéfi-Paris Seine- Val- Seine- Yvelines Essonne Val- Ile-Hauts- France
de- Saint- de- et- d'Oise de- métro. ciaires de ces mesures ont été les allocataires du RMI (25 %Seine Denis Marne FranceMarne
des entrées) et les travailleurs handicapés (11 %).
e er
4 trimestre 2003 1 trimestre 2004
De janvier à avril 2004, la priorité accordée aux dispositifs faci-
Source : Insee litant un accès direct à l’emploi en entreprise s’est traduite par
un doublement des entrées en contrat initiative emploi (CIE)2ploi inscrits en catégorie 1 a diminué de 1,3 % entre fin dé-
par rapport à la même période de l’an dernier et par unecembre 2003 et fin mai 2004 en Ile-de-France, alors que dans
hausse sensible des aides aux chômeurs pour la création dele même temps celui-ci restait stable au niveau national.
leur entreprise (Figure 7). Toutefois, les entrées dans le dispo-
sitif de soutien à l’emploi des jeunes en entreprise (SEJE) sontLa baisse du nombre des inscrits à l’ANPE a surtout bénéficié
en baisse sensible. Ce système doit être prochainement amé-aux hommes âgés de 25 ans ou plus, aux professions intermé-
nagé. Le nombre des entrées dans les autres catégories d’em-diaires, aux cadres et, à un moindre degré, aux ouvriers. Le chô-
plois aidés dans le secteur marchand est globalement stable : lamage des jeunes et des employés non qualifiés n'a pas diminué.
baisse des contrats d’apprentissage est notamment com-
pensée par la hausse des contrats de qualification.
es mouvements très nombreuxD
sur le marché du travail Le nombre de stages de formation financés par l’Etat (SIFE,
SAE), de même que celui des contrats emploi solidarité (CES)
La diminution du nombre de demandeurs inscrits en fin de et des contrats emploi consolidé (CEC) a poursuivi une baisse
mois ne s’explique pas par une baisse des flux d’entrées au tendancielle. La diminution du nombre total des entrées dans
chômage. Celles-ci sont restées, depuis le début de l’année, à
un niveau très élevé (près de 80 000 par mois en données
Figure 6 - Evolution du nombre de demandeurs d'emploi en finCVS), proche du niveau moyen atteint en 2003, et bien supé-
de mois (catégorie 1) selon l'ancienneté de l'inscription
rieur à celui observé en 2001 et en 2002, période où, pourtant,
(base 100 en janvier 1998)
l’augmentation du chômage était sensible.
110
Les sorties de l’ANPE atteignent, quant à elles, des niveaux
qui n’avaient jamais été observés auparavant, même durant la 100
période 1998-2000 de forte croissance. L’accès à l’emploi est
plus facile, mais cela s’explique principalement par l’augmen- 90
tation de l’offre de contrats courts. Les 11 500 offres d’emploi
supplémentaires enregistrées par l’ANPE durant les quatre 80
premiers mois de l’année se répartissent ainsi : 2 100 pour les
contrats à durée indéterminée et déterminée de plus de 6 mois, 70
2 400 pour les contrats de1à6 mois et de 7 000 pour ceux de
moins d’1 mois. 60
Parallèlement, le nombre de demandeurs d’emploi ayant exer- 50
cé une activité réduite de plus de 78 heures au cours du mois
(inscrits en catégorie 6) s’accroît de 17 % entre mai 2003 et
de moins de 1 an de 1 à 2 ans de 2 ans ou plusmai 2004, renforçant l’impression d'une reprise d’activité dont
les premiers effets se concrétiseraient sur le marché de l’em-
Source : ANPEploi non durable.
3
Il s’agit des mesures suivantes : le contrat initiative emploi, le contrat emploi solidarité, le
2
Demandeurs d’emploi immédiatement disponibles à la recherche d’un emploi à temps contrat emploi consolidé, les stages d’insertion et de formation à l’emploi collectifs ou indi-
plein et à durée indéterminée, n’ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois. viduels, le stage d’accès à l’entreprise.
Janv. 98
Juil. 98
Janv. 99
Juil. 99
Janv. 00
J il. 00u
Janv. 01
Juil. 01
Janv. 02
Juil. 02
Janv. 03
Juil. 03
Janv. 04Figure 7 - Entrées dans les principaux dispositifs de la politique nationale de l'emploi
(1)
Cumul de janvier à avril 2004 Evolution 2004/2003 (%)
Emplois aidés dans le secteur marchand
Contrats Initiative Emploi (CIE) 5 533 110,9
Exonération à l'embauche (zone franche urbaine, redynamisation urbaine…) 1 017 22,7
Soutien à l'emploi des jeunes en entreprise (SEJE) - chiffre provisoire pour 2004 1 575 -70,7
Formation en alternance :
Contrats d'apprentissage 13 562 -20,0
Contrats de qualification jeune 13 583 24,9
Contrats d'adaptation 3 615 -3,4
Contrats d'orientation 120 -23,6
Contrats de qualification adulte 654 10,7
Insertion par l'économique :
Entreprises d'insertion 405 -6,5
Associations intermédiares (nombre moyen de salariés mis à disposition chaque mois) 7 298 -0,3
Entreprises de travail temporaire d'insertion (nombre moyen de salariés mis à disposition) 503 8,4
Aide à la création d'emploi/d'entreprises
Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d'Entreprises (ACCRE + EDEN) 2 626 38,9
Emplois aidés dans le secteur non marchand
Programme Nouveaux services/Emplois jeunes 1 135 -50,0
Contrats Emploi Solidarité (CES) (Conventions initiales + avenants) 6 731 -8,5
Contrats Emploi Consolidé (CEC) (Convv 2 086 -18,3
Stages de formation et autres dispositifs d'insertion
Programme TRACE (TRajet d'ACcès à l'Emploi) 0 -100,0
Stages :
Stages d'Insertion et de Formation à l'Emploi (SIFE) collectifs ou globaux 1 241 -54,9ormation à l'Emploi (SIFE) Individuels 1 521 27,3
Stages d'Accès à l'Entreprise (SAE) 569 13,1
Total des bénéficiaires des mesures en faveur de l'emploi 63 774 -13,9
Le total pour la période de janvier à avril 2004 est un peu sous-estimé du fait de la non prise en compte de toutes les entrées en SEJE.
(1) Quatre premiers mois de l'année 2004 rapportés à la même période de l'année précédente.
Sources : DRTEFP Ile-de-France et Dares
les mesures de politique de l’emploi, au cours de cette période, Au niveau national, les inflexions de l’emploi devraient s’adap-
s’explique principalement par la fin progressive du programme ter au cycle économique avec le délai d’ajustement habituel,
« nouveaux services - emplois jeunes » et par la suppression du d’environ un semestre. Dans ce contexte, la situation sur le
programme TRACE d’aide à l’insertion des jeunes en difficulté. marché du travail devrait donc s’améliorer légèrement en
Ce dernier devrait être remplacé prochainement par le « par- 2004, notamment en fin d’année. L’emploi salarié marchand
cours d’accès à la vie professionnelle », créé dans le cadre du progresserait alors de 40 000 tandis que l’emploi total recule-
plan de cohésion sociale. rait d’environ 15 000. Le taux de chômage national s’établirait
en fin d’année à 9,8 %, soit très légèrement en dessous de son
niveau de fin 2003.
our en savoir plusP
« Conjoncture de l’emploi et du chômage au premier trimestre 2004 : les
surprises de la reprise », Dares, Premières informations, n° 27.2, juillet Rédaction achevée le 30 juin 2004
2004.
« Note de conjoncture », Insee Conjoncture, juin 2004.
« Regards sur… l’année économique et sociale 2003 », Insee
Ile-de-France, juin 2004.
Nathalie GUILLON DESHAYES
« Bulletin mensuel d’informations brèves sur le marché du travail »,
Insee Ile-de-France,DRTEFP Ile-de-France, Bref Ile-de-France, n° 3, juin 2004.
Frédéric PELLET, Bernard SIMONIN
« Cahier de la Cellule économique pour la construction, les travaux publics DRTEFP Ile-de-France
et les matériaux », n° 64, août 2004, à paraître.
Avec la collaboration de nombreux contributeurs (voir encadré)
Directeur de la publication : Alain Charraud - Comité de rédaction : Brigitte BellocINSTITUT NATIONAL
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DE LA STATISTIQUE Conception graphique : PAO Insee Ile-de-France - Maquette : Vincent Bocquet - Laure Omont - Impression : Comelli
ET DES ETUDES ECONOMIQUES Tarif : Le numéro : 2,2€€- Abonnement : - France : 30 - Etranger : 36€
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7, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneux Vente sur place : Insee Info Service - Tour Gamma A - 195, rue de Bercy - 75582 Paris cedex 12 - Tél. : 01 53 17 89 39 - Fax : 01 53 17 88 09
e© Insee 200478188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex ISSN 0984-4724 - Dépôt légal : 2 semestre 2004 - Commission paritaire n° 2133 AD - Code Sage I0423952
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www.insee.fr/ile-de-france

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