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Evolution de l'emploi dans l'espace à dominante rurale en Haute-Normandie : L'industrie à la campagne

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3 pages
La structure sectorielle de l'emploi dans les territoires ruraux haut-normands présente des caractéristiques différentes de celles de l'espace urbain ou même des autres territoires ruraux français. En Haute-Normandie, malgré une progression de l'emploi salarié, moins vive cependant qu'au niveau national, les nombreuses pertes chez les non salariés ont conduit à une érosion de l'zemploi total dans le monde rural régional. Les différentes activités présentes n'ont pas modelé l'évolution globale de l'emploi de la même façon que dans le reste de la région ou dans l'ensemble de l'espace rural français.
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N° 37 - Septembre 2004
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI DANS L’ESPACE À DOMINANTEANTICIPER
RURALE EN HAUTE-NORMANDIELES MUTATIONS INDUSTRIELLES :
DANS LE RURAL AUSSI
L’industrie à la campagne
Nous avons déjà eu l’occasion de le
souligner dans cette publication : la
Martial MAILLARD
Haute-Normandie est une région relati-
vement peu rurale. Ce que l’INSEE dé-
taine. Activité rurale par excellence, l’agri-La structure sectorielle designe comme l’espace à dominante
culture fournit 8% des emplois ruraux
l’emploi dans les territoiresrurale couvre encore un peu plus du
haut-normands, soit plus de trois fois plus
quart du territoire régional mais ne re- ruraux haut-normands présente
que dans le reste de la région, mais nette-
présente qu’à peine plus de 10% des des caractéristiques différentes ment moins que dans l’ensemble de la
habitants et des emplois. de celles de l’espace urbain ou France rurale (14%). Avec 32% de
L’article ci-contre a le mérite de « re- même des autres territoires l’emploi, soit9à10 points de plus qu’ail-
mettre d’autres idées en place ». En ruraux français. En leurs, l’industrie est très présente. Cette
Haute-Normandie, si l’agriculture reste sur-représentation est due à la forte im-Haute-Normandie, malgré une
importante pour ses productions et es- plantation des industries des biens inter-progression de l’emploi salarié,
sentielle pour l’aménagement du terri- médiaires, et notamment de la chimie, dumoins vive cependant qu’au
toire, son poids en matière d’emploi est caoutchouc et des plastiques, de la métal-niveau national, les nombreuses
désormais modeste même en secteur lurgie et transformation des métaux, dupertes chez les non salariés ontrural (8% des emplois). L’espace rural verre et de la construction électrique et
conduit à une érosion deest en fait très dépendant de ses em- électronique. L’industrie des équipements
l’emploi total dans le mondeplois industriels (un emploi sur trois), mécaniques est également bien repré-
rural régional. Les différentesplus encore que l’espace urbain, qui sentée. Les services marchands occupent
concentre l’essentiel des activités ter- activités présentes n’ont pas une place comparable par rapport au
tiaires. Cette importance de l’industrie modelé l’évolution globale de monde rural français. Cependant, les ser-
est d’ailleurs nettement plus marquée l’emploi de la même façon que vices opérationnels sont plus développés
dans le milieu rural haut-normand que en raison d’un recours plus fréquent à l’in-dans le reste de la région ou
dans l’espace rural national. térim dû à la forte présence de l’industrie.dans l’ensemble de l’espace
Dans les réflexions relatives aux muta- Les services personnels et domestiquesrural français.
tions économiques, aux délocalisations, sont aussi mieux représentés. Les hôtels,
voire à la désindustrialisation, au cœur cafés et restaurants occupent une place
du débat public depuis quelques mois, n mars 1999, l’espace rural
l’avenir industriel des zones rurales Ehaut-normand (1) comptait près de
ESPACE URBAIN - ESPACE RURAL
mérite assurément de tenir toute sa 69 000 emplois, soit 10,4% de l’emploi ré-
place. gional. Cette proportion est très proche de L’espace urbain ou à dominante urbaine
est l’ensemble, d’un seul tenant, de plu-son poids démographique dans la régionJérôme FOLLIN
sieurs aires urbaines et des communes
(10,5%). Ces territoires sont cependantService des études et de la diffusion multipolarisées qui s’y rattachent.
Une aire urbaine est un ensemble de com-sous-représentés dans la région : en
munes d’un seul tenant et sans enclave,
France de province, l’espace rural repré-
constitué par un pôle urbain, et par des
sentait 20% de l’emploi et 22% de la communes rurales ou urbaines (couronne
périurbaine) dont au moins 40% de la po-population.
pulation résidente ayant un emploi travaille
dans le pôle ou dans des communes atti-S O MM A IRE
rées par celui-ci.
Les communes multipolarisées sont des
UNE PRÉSENCE INDUSTRIELLE communes rurales et unités urbaines si-
EMPLOI tuées hors des aires urbaines, dont auMARQUÉE...
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI DANS L’ESPACE À DOMINANTE moins 40% de la population résidente
RURALE EN HAUTE-NORMANDIE
ayant un emploi travaille dans plusieurs ai-
L’industrie à la campagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 La structure des activités économiques res urbaines, sans atteindre ce seuil avec
une seule d’entre elles, et qui forment avecdans l’espace rural haut-normand se diffé-TERRITOIRE
elles un ensemble d’un seul tenant.
STRUCTURATION DE L’ESPACE RÉGIONAL rencie à la fois de celle de l’espace à domi- L’espace rural ou à dominante rurale re-
58 bassins de vie des bourgs et petites villes . 4
groupe les communes non prises ennante urbaine de la région et de celle des
compte par le zonage en aires urbaines. Il
ANALYSES CONJONCTURELLES autres zones rurales de France métropoli-
comprend à la fois des petites unités urbai-
L’EMPLOI SALARIÉ AU 1er TRIMESTRE 2004 nes et des communes rurales.
Un début d’année très morose . . . . . . . . . . . . . . 7 (1) voir carte page 2.
EMPLOIEspaces urbains, espaces ruraux en Haute-Normandieplus faible que dans l’espace rural fran-
çais, mais similaire à celle du reste de la
région. Les services administrés sont un
peu moins bien représentés, aussi bien
en termes de part dans l’emploi qu’en
proportion de la population résidente,
principalement du fait des activités de la
santé et de l’action sociale et, dans une
moindre mesure, de l’administration pu-
blique, mais l’éducation est plus pré-
sente qu’ailleurs.
...QUI CONTRIBUE FORTEMENT
À LA BAISSE
DE L’EMPLOI RURAL
De 1990 à 1999, l’emploi a légère-
ment diminué dans l’espace rural
haut-normand (-0,4%, soit -300 em-
plois) alors qu’il a progressé de 1,8%
Espace à dominante urbainedans la partie non rurale de la région et
de 0,4% dans l’ensemble de la France
Espace à dominante ruralemétropolitaine rurale. Les différentes ac-
tivités économiques n’ont pas évolué
uniformément. Leurs contributions res-
pectives à l’évolution d’ensemble dans
ces différents territoires sont analysées moindre proportion d’emplois agricoles poids dans l’économie haut-normande et
dans la suite de cet article. en région, même si le nombre de ces em- d’un rythme de diminution deux fois plus
La contribution de l’agriculture à plois y a régressé à un rythme plus sou- important que celui constaté dans
l’évolution de l’emploi rural, bien que né- tenu encore (-32%). l’espace rural français. A un niveau plus
gative, a été moins défavorable en La contribution de l’industrie à la fin, les activités industrielles qui ont le
Haute-Normandie que dans l’ensemble baisse de l’emploi rural régional est im- plus contribué à cette baisse sont les
de la métropole. Ceci résulte d’une portante et résulte simultanément de son équipements mécaniques, l’habille-
ment-cuir, les équipements du foyer, les
STRUCTURE ET ÉVOLUTION DE L’EMPLOI DANS L’ESPACE RURAL EN HAUTE-NORMANDIE SELON LE SECTEUR produits minéraux ainsi que la métal-
lurgie et transformation des métaux.Contributions des secteurs à l’évolution
Structure de l’emploi en 1999 de l’emploi de 1990 à 1999
La construction a mieux résisté
France France
Haute-Normandie métropolitaine Haute-Normandie métropolitaine qu’ailleurs et le commerce a globalement
Espace à dominante Espace à Espace à dominante Espace à créé des emplois, mais avec des évolu-
dominante dominante
rurale urbaine rurale rurale urbaine rurale tions différentes selon les activités : le
Agriculture 8,1 2,5 14,3 -3,9 -1,3 -5,5 commerce et la réparation automobile se
Industrie 32,3 22,3 23,5 -5,1 -3,6 -1,6
sont développés plus rapidement queIndustries agricoles et alimentaires 5,5 2,2 5,3 0,2 -0,4 0,3
Industries des biens de consommation 2,6 3,2 4,1 -1,9 -0,6 -1,2 dans l’ensemble des espaces ruraux,
Industrie automobile 0,3 2,6 0,6 -0,2 -0,6 0,0
tandis que le commerce de détail a perduIndustries des biens d’équipement 3,6 4,4 2,8 -2,4 -0,8 -0,1
Industries des biens intermédiaires 17,8 8,3 9,7 -0,8 -1,1 -0,6 des emplois alors qu’il progressait légè-
Énergie 2,5 1,6 1,0 0,0 -0,1 0,0
rement ailleurs.Construction 6,1 6,3 7,3 -0,4 -0,7 -0,6
Commerce 11,4 12,1 11,1 0,4 -0,6 0,2 Les services marchands ont contri-
Services marchands 19,0 26,9 18,4 3,7 2,3 2,4 bué plus favorablement à l’évolution de
Transports 2,3 6,0 2,9 0,3 -0,1 0,5
l’emploi qu’en Haute-Normandie nonActivités financières 1,3 2,4 1,3 0,2 0,1 0,0
Activités immobilières 1,3 1,1 0,5 0,3 -0,5 -0,7 rurale et que dans l’ensemble des espa-
Services aux entreprises 7,5 11,4 6,4 2,5 2,0 2,0
Services aux particuliers 6,6 6,0 7,3 0,4 0,8 0,6 ces ruraux. En créant 2 600 emplois, ils
Services administrés 23,1 29,9 25,4 4,9 5,7 5,5 ont ainsi compensé les pertes subies
16,7 19,2 17,5 3,3 3,7 3,9Éducation, santé, action sociale
6,4 10,7 7,9 1,6 2,0 1,6 par l’agriculture. Ce constat demeureAdministration
Ensemble 100,0 100,0 100,0 -0,4 1,8 0,4 valide si on exclut les services opéra-
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unité : % tionnels qui comprennent le travail inté-
Note de lecture : l’agriculture a contribué à 3,9 points de la baisse de l’emploi dans l’espace rural régional. La somme des contributions de
chacun des secteurs correspond à l’évolution d’ensemble. rimaire, dont le développement est pour
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 37 - Septembre 2004NOUS AVONS LU POUR VOUSÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ PRIVÉ EN HAUTE-NORMANDIE NOUS Atout, le nombre d’aides fa-
110 miliaux a fortement chuté
Espace à dominante urbaine
(-60%). Les salariés DU BLÉ ET DU COLZA
108 ruraux haut-normands La culture principale qui s’impose en 2004 pour
sont par ailleurs plus sou- la Seine-Maritime est le blé d’hiver avec 98 500 ha,
soit une croissance de 7,7 % par rapport à l’année106 vent en CDI (70% contre
précédente. Autre culture en forte évolution, le
65%), mais un peu moinsEspace à dominante rurale colza, qui passe de 16 700 ha à 20 000 ha, soit
104 fréquemment titulaires de
une progression de 19,8%.
la fonction publique (13% Pour cette année, les productions végétales les
102 contre 16%). L’emploi plus importantes du département sont le blé, le
maïs avec une surface presque identique à l’annéeprécaire concerne donc
précédente, 43 300 ha, suivi du lin et de l’orge,un peu moins les salariés100
respectivement 31 600 ha et 30 000 ha, puis le
1998 1999 2000 2001 2002 ruraux de la région (17%) colza.
Source : INSEE - URSSAF Unité : indice base 100 au 4e trimestre 1998 qu’au niveau national Une bonne surprise : la surface globale des ex-
(19%) et se situe au ploitations agricoles est restée stable par rapport à
2003.même niveau que dans l’espace à domi-partie lié au recul de l’emploi industriel.
Situation mensuelle / DRAF Seine-Maritime, Ser-nante urbaine haut-normand. En lien avecEn particulier, les services aux entrepri-
vice statistique agricole. - In : Agreste Conjonc-
la structure sectorielle, les ouvriers sontses (et notamment le conseil et assis- ture. - (2004, juin) ; 6 p.
très présents : ils représentent 39% destance) et les services opérationnels ont
actifs occupés, soit 5 points de plus questimulé l’emploi. La contribution des ser-
PARITÉ ET UNIVERSITÉdans l’ensemble de la France rurale et 8vices aux particuliers est légèrement
Les enseignants-chercheurs titulaires de l’Uni-points de plus que dans le reste de lapositive avec un effet favorable des acti-
versité de Rouen pour l’année 2003-2004 sont aurégion. La proportion d’ouvriers qui sontvités récréatives, culturelles et sportives nombre de 678 dont 64,7% d’hommes. Ce chiffre
qualifiés est légèrement supérieure (52%et des services personnels tandis que est en légère régression par rapport aux années
contre 50%), mais en net retrait par rap- précédentes (68%). Bien que la proportion deles hôtels, cafés et restaurants ont
port à l’espace à dominante urbaine régio- femmes augmente, leur nombre diminue à mesureperdu des emplois alors qu’ils en ont
de la progression dans la hiérarchie : si elles repré-nal (63%). Le poids des agriculteurs (6%gagné ailleurs. Les services administrés
sentent 40,7% des maîtres de conférence, elles necontre 10,5%) est inférieur, tout commeont créé 3 400 postes, compensant ainsi sont plus que 21,9% des professeurs d’université.
celui des artisans, commerçants et chefspresque intégralement la baisse de Même constatation chez les personnels admi-
d’entreprise (8% contre 9,5%). Malgré une nistratifs ou techniques : si les femmes représen-l’emploi industriel. Leur contribution à
structure sectorielle a priori moins favo- tent 75,6% et 75,5% des catégories C et B, ellesl’évolution de l’emploi a cependant été
ne sont plus que 50,8% de catégorie A.rable, la proportion de femmes danslégèrement moindre par rapport à l’en-
Enseignants-chercheurs, personnels administra-l’emploi rural est un peu plus élevée ensemble de la France rurale malgré un
tifs… / Mission d’égalité des chances entre les
région (44%) qu’au niveau national (42%).rythme de croissance comparable, du hommes et les femmes ; Université de Rouen. -
Sur l’ensemble des années 1999 à In : La lettre de l’OVE. - N° 1h-s (2004, mai) ; 8 p.fait d’une moindre part dans l’emploi.
2002, l’espace rural haut-normand aL’éducation et l’administration publique
connu un développement de l’emploi sa-ont été plus dynamiques qu’ailleurs, à LES HAUT-NORMANDS BOUDENT
larié (2) de 6%, en retrait par rapport àl’opposé de la santé et de l’action L’ENERGIE EOLIENNE
celui de l’espace à dominante urbaine oùsociale. La France s’est engagée à augmenter sa pro-
il s’est établi à 9%. Cette évolution
duction d’électricité d’origine renouvelable de 15 à
confirme le moindre dynamisme régional 21% d’ici 2010. La priorité a été donnée à l’éolien
en matière de création d’emplois salariés et à la préservation du potentiel hydrauliqueDE PLUS FORTES PROPORTIONS
actuel.en milieu rural, constaté au cours de laDE SALARIÉS ET D’OUVRIERS
En Haute-Normandie, aucune installation n’adécennie 90. En particulier, en 1999 et
pour l’instant vu le jour. Si l’énergie éolienne béné-
2000, années de bonne conjoncture, leDu fait de son industrialisation plus ficie d’un bon crédit dans l’opinion publique, des
rythme de croissance de l’emploi a été problèmes d’acceptation apparaissent souventmarquée, l’espace rural comptait propor-
moins vif en milieu rural. Mais après le lorsqu’il s’agit de la mettre en œuvre localement.tionnellement plus de salariés en
L’opposition des riverains provient de la crainteretournement conjoncturel, en 2001 etHaute-Normandie (85%) qu’en France
d’une décote immobilière…2002, le développement de l’emploi de-métropolitaine (78%) en 1999. Au cours de La région dispose pourtant d’un potentiel impor-
vient plus dynamique en milieu rural quela décennie 90, l’emploi salarié de l’espace tant ; la Seine-Maritime pourrait ainsi accueillir une
dans l’espace à dominante urbaine. S’il vingtaine de parcs (soit une centaine d’éoliennes)rural a augmenté de 6% en Haute-Nor-
d’ici la fin de la présente décennie.bénéficie moins des embellies, l’emploimandie, soit près de deux fois moins qu’au
rural semble toutefois mieux résister à la Eolien : objectif 2010 / Agence régionale de l’envi-niveau national (+11%), mais plus que
ronnement de Haute-Normandie. - In : AREHNrécessiondans l’espace à dominante urbaine infos. - N° 36 (2004, mars-avr.)
haut-normand (+4%). L’emploi non salarié
(2) Pour la période récente, les sources disponi-
a régressé de 26% en milieu rural, en Nelly LANNEFRANQUEbles permettent seulement de mesurer l’évolu-
région comme au niveau national et, par- tion de l’emploi salarié du secteur privé. Corinne MARISSIAUX
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 37 - Septembre 2004 3

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