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Enquêtes ménages : vers la fin de la baisse des taux de réponse ?

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Entre 1992 et 2006, les taux de réponse aux enquêtes de l’Insee auprès des ménages ont baissé, principalement parce que les ménages ont été de plus en plus difficiles à joindre. Parmi les ménages contactés, la proportion de refus de réponse est plutôt restée stable. Après avoir le plus baissé entre 1998 et 2003, les taux de réponse se sont stabilisés depuis. Ils s’établissent aujourd’hui dans une fourchette qui va de 70 % à 80 %. L’enquête Cadre de vie et Sécurité et l’enquête Emploi en continu, qui est la seule dont le taux a légèrement augmenté depuis ses débuts, ont les taux de réponse les plus élevés. Les ménages les plus difficiles à joindre sont ceux constitués d’une seule personne, qui habitent un immeuble collectif, en studio ou en deux-pièces, ou dont les membres sont jeunes. Une fois contactés, ceux qui refusent le plus fréquemment sont les Franciliens et ceux qui ont un niveau d’études moins élevé.
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Enquêtes ménages : vers la fin de la baisse des taux de réponse ?
! Romuald Le Lan*
Entre 1992 et 2006, les taux de réponse aux enquêtes de l’Insee auprès des ménages ont baissé, principalement parce que les ménages ont été de plus en plus difficiles à joindre. Parmi les ménages contactés, la proportion de refus de réponse est plutôt restée stable. Après avoir le plus baissé entre 1998 et 2003, les taux de réponse se sont stabilisés depuis. Ils s’établissent aujourd’hui dans une fourchette qui va de 70 % à 80 %. L’enquête Cadre de vie et Sécurité et l’enquête Emploi en continu, qui est la seule dont le taux a légèrement augmenté depuis ses débuts, ont les taux de réponse les plus élevés. Les ménages les plus difficiles à joindre sont ceux constitués d’une seule personne, qui habitent un immeuble collectif, en studio ou en deuxpièces, ou dont les membres sont jeunes. Une fois contactés, ceux qui refusent le plus fréquemment sont les Franciliens et ceux qui ont un niveau d’études moins élevé.
es taux de réponse auprès des L ménages de l’Insee ont baissé, notamment entre 1998 et 2003, en particulier à cause de la proportion de ménages classés « impossibles à joindre ». Depuis 2004, les taux de réponse se stabilisent et, dans cer tains cas, remontent. L’objet de cet article est de donner des éléments de compréhension de ces évolutions récentes selon le type d’enquêtes et de caractériser les nonrépondants.
Les trois grands déterminants du taux de réponse aux enquêtes
La baisse observée au détour du siè cle n’est pas spécifique à la France : on la constate, au moins, dans les autres pays européens. Cette baisse a de multiples causes difficiles à chiffrer. Les déterminants d’un taux élevé de réponse peuvent être appré hendés sous trois angles différents, qui correspondent aux trois acteurs principaux de la collecte : les ména ges, les enquêteurs et l’ensemble des concepteurs et des gestionnaires de l’enquête.
En premier lieu, les ménages, grâce aux progrès techniques mis à leur disposition, ont acquis de plus en plus de moyens pour éviter le contact avec un individu inconnu. Ils peuvent y être d’autant plus incités qu’ils sont de plus en plus sollicités à domicile pour des promotions ou des opérations
Entre 1992 et 2006, les taux de réponse aux enquêtes de l’Insee auprès des ménages ont baissé, principalement parce que les ménages ont été de plus en plus difficiles à joindre.
commerciales, ou encore par des ins tituts statistiques privés, par exemple. Dans ce contexte, un enquêteur de l’Insee rencontre un nombre d’obs tacles croissant avant d’accéder aux ménages, qui peuvent filtrer les tenta tives de contact grâce :
– au téléphone avec répondeur, ou directement avec l’affichage du numéro pour les contacts téléphoni ques ;
– aux interphones et digicodes, voire aux caméras de surveillance à l’en trée des habitations pour les contacts en face à face.
Courrier des statistiques n° 128, septembredécembre 2009
En second lieu, les enquêteurs de l’Insee : il est difficile de mesurer l’im pact de leur organisation de travail sur le nombre de répondants. On sait néanmoins que leur expérience, leur charge de travail globale et leur per sévérance sont des aspects essen tiels à l’obtention d’un bon taux de réponse. La motivation des enquê teurs est également fonction de la différence de rémunération existant entre une enquête réalisée et une nonréponse totale. Les enquêteurs
* Au moment de la rédaction, l’auteur apparte nait à l’unité Méthodes statistiques, (enquêtes Ménages) de l’Insee.
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