La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Partagez cette publication

Juillet 2008 N°25
Henri Stouff Président de l’Asfa
R e s t o n sv i g i l a n t se t mobilisés… Tel est le fil conducteur de ce numéro consacré à la sécurité, car en la matière, rien n’est définitivement acquis. Vigilance d’abord sur le bilan sécurité. L’année 2007 s’inscrit dans la tendance générale de baisse sur le long terme et conforte, en particulier, la baisse importante du nombre de tués entre 2002 et 2005. Ce résultat, très encourageant, est incon-testablement lié à la réduction des vitesses exces-sives, enregistrée sur nos réseaux. Toutefois, il est encore possible de progresser en sécurité en agis-sant sur d’autres facteurs de risque.
Mobilisation ensuite sur la somnolence au volant, devenue depuis trois ans la première cause d’acci-dent mortel sur autoroute. Aussi un programme de prévention a-t-il été présenté lors des Rencontres Nationales de la sécurité routière en 2007. Il engage tous les moyens d’information vers les clients (radios autoroutières, sites Internet…), ainsi que nos partenaires et les sous-concession-naires du réseau. Le point fort de ce programme est la réalisation, auprès de 40 000 conducteurs, de la première grande enquête scientifique sur le sujet. Un colloque, organisé le 17 juin par l’Asfa, en a livré les premiers résultats et permis des échan-ges entre experts français et européens.
Mobilisation enfin sur la sécurité des personnels qui, depuis des années, est l’objectif prioritaire des sociétés d’autoroutes et d’ouvrages à péage. Elles s’appuient sur trois leviers majeurs d’action : ren-forcer les consignes et mettre en place des forma-tions ciblées, améliorer les équipements et le matériel, et sensibiliser les clients sur les risques encourus par les équipes intervenant sur le tracé. Cette démarche de progrès, conduite par les socié-tés pour atteindre le zéro accident, nécessite une prise de conscience et un engagement de chacun, à tous les niveaux. L’amélioration est réelle et les réussites reconnues.
Pour l'année2007, le bilan des accidents corporels sur les autoroutes concédées dénombre : 1 319 accidents corporels 197 tués, 1 184 blessés
dont 173 accidents mortels,
hospitalisés pour 81,9 milliards de kilomètres parcourus.
En 2007, le nombre de tués a baissé de4,4 %par rapport à l’année pré-cédente et de40 %depuis 2002. À fin juin 2008, cette baisse est de 19 % sur les douze derniers mois.
La tendance générale à la baisse semble s’installer durablement et conforte notamment la diminution importante du nombre de tués entre 2002 et 2005. Cette diminution est due à l’évolution des comportements et, en particulier, à la réduction des vitesses excessives enregistrées sur le réseau autoroutier, avec un resserrement des vitesses pratiquées autour de 130 km/h.
12 10, 10 8 6 4 2 0 1987
1992
1997
2002
2007
Principaux facteurs relevés dans les accidents mortels sur autoroute
Somnolence
Présence de piétons (sortis de véhicules et extérieurs)
Alcool, drogue, médicaments
Vitesse excessive (dépassement des limites)
Dépassement dangereux et interdistances trop faibles
NotreDOSSIER
Contresens ou recul
Obstacles véhicules
Sous gonflage des pneumatiques
Non port de la ceinture de sécurité (dans les VL et les PL) :1 tué / 3
LA SÉC
Notre
PERSONNEL AUTOROUTIER : DES MISSIONS EXPOSÉES
En 2007, 1 personne travaillant sur le réseau a perdu la vie, 19 ont été blessées et près de 100 véhicules ont été percutés. Malgré une amélioration sensible, ce bilan reste préoccupant.
Les études, menées par les sociétés d’auto-routes et l’Asfa, montrent que la plupart des accidents surviennent lors des opéra-tions de balisage de chantier (38,5 % des accidents) et des interventions d’urgence (18,2 % des accidents). La vitesse excessive en est la cause principale : plus d’un conducteur sur quatre ne respecte toujours pas les limitations de vitesses affichées, et met ainsi en danger la vie des personnels sur le réseau.
Les débords sur la bande d’urgence, notam-ment ceux des poids lourds, sont à l’origine de nombreux heurts de véhicules, arrêtés pour des motifs de service. Quant au non respect des distances de sécurité, il est la cause principale des acci-dents avec heurts de FLR (Flèche Lumi-neuse de Rabattement*), soit le tiers des accidents.
Face à ces constats, les sociétés se mobili-sent et mettent en place des programmes de prévention du risque routier avec comme objectif « zéro accident ». Ces programmes s’appuient sur le renforcement des consi-gnes, la mise en place de formations mieux ciblées, l’amélioration des équipements et du matériel et la communication régulière vers les clients.
* Panneaux lumineux de grande dimension, visibles à 200 m au moins, équipant les véhicules d’inter-vention pour signaler la neutralisation d’une voie.
DES PROCÉDURES D’INTERVENTION STRICTES
Sur le tracé, toute intervention mal organisée peut avoir des conséquences dramatiques. Aussi, depuis longtemps, les sociétés sont engagées dans l’analyse et la gestion des ris-ques et appliquent des procédures strictes pour la sécurité des intervenants et des clients.
Dans le cadre d’une démarche participative, elles mettent en place, à différents niveaux de la chaîne opérationnelle, des groupes ou comités, « sécurité » pour les unes, « pré-vention » pour les autres, chargés d’exami-ner les procédures, de collecter les retours d’expérience et les bonnes pratiques mises en œuvre sur le terrain. Ceci permet de for-maliser des documents de sensibilisation (livrets, fiches sécurité…) propres à chaque métier (entretien, viabilité, péage...), et des manuels de référence, adaptés à la configu-ration des réseaux couverts par les districts, riches en illustrations et compréhensibles d’un seul coup d’œil. Ces manuels officialisent et homogénéisent les procédures sur l’ensemble d’un réseau, tout en permettant aux exploitants de terrain d’intégrer leurs spécificités locales. Ils sont actualisés régulièrement pour tenir compte de l’augmentation du trafic, de la moderni-sation des matériels utilisés et des évolutions réglementaires.
C’est ainsi qu’ASF s’est doté de deux nou-veaux manuels qui traitent de la mise en place de la signalisation pour les chantiers et les dangers temporaires. ATMB a entrepris une démarche similaire pour uniformiser les processus de pose et dépose des balisages sur son réseau.
FORMER ETASSOCIER L’ENSEMBLE DES SALARIÉS
Autre levier majeur, la formation. La profes-sionnalisation des personnels intervenant sur le tracé est renforcée par des tests de recrutement psychotechniques, la formation par compagnonnage, la délivrance de certi-ficats d’aptitude, et l’organisation de forma-tions initiales et continues ciblées. Plus lar-gement, les sociétés multiplient les initiatives pour impliquer tout leur personnel. Objectif : créer un état d’esprit sécurité et développer une prise de conscience collective pour atteindre le « zéro accident ». Elles organi-sent des « Challenges sécurité » qui mobili-sent les équipes sur le terrain et récompen-sent leurs initiatives et leurs performances.
On peut encore citer l’organisation de sémi-naires, la mise en place de moments privilé-giés d’échanges (« quart d’heure sécurité » chez Cofiroute), l’affichage des indicateurs de sécurité sur chaque lieu de travail, les campagnes de communication internes, etc.
Les Chartes de sécurité routière, signées conjointement avec la DSCR et la CNAMTS, engagent également les sociétés et leur per-sonnel dans des plans d’action destinés à sécuriser les trajets professionnels avec, par exemple, des mesures très concrètes concernant l’organisation du travail (usage de la visioconférence, déplacements mieux préparés…) ou l’équipement des véhicules.
« Découvrez les métiers de l’autoroute »
Chaque année, sur les différents réseaux, des journées « portes ouvertes » font découvrir aux clients les métiers des équipes de sécurité, d’entretien, de péage et des PC autoroutiers au travers de nombreuses animations : démonstrations de matériels, ateliers thématiques…
L’occasion de leur rappeler l’im-portance d’adapter sa vitesse et de redoubler de vigilance pour la sécurité de ceux qui travaillent à rendre l’autoroute plus sûre.
RÉDUIRE L’EXPOSITION AUX RISQUES DES AGENTS
Renforcer la sécurité des équipes sur le tracé et réduire leur exposition aux risques, c’est aussi poursuivre les investissements matériels et les expérimentations innovantes.
Pour éviter la traversée des voies dans des zones à fort trafic, la démarche dite de « pré-séquençage » se développe : des pan-neaux de signalisation sont implantés à demeure sur le terre-plein central, et activés à partir d’un PC trafic ou d’un fourgon arrêté sur la bande d’urgence. De même, des dis-positifs d’alerte, activés à distance, évitent d’envoyer des véhicules en intervention dans des secteurs à bouchons récurrents ou sensibles.
« UNE AUTOROUTE POUR LA VIE » : SENSIBILISER LES SCOLAIRES
Chaque année depuis 2000, laSFTRFinvite les scolaires à une semaine de sensibilisa-tion au respect du code de la route et aux dangers qu’elle représente pour eux. Ainsi en mai dernier, plus de 300 élèves des éco-les primaires de la Vallée de la Maurienne ont participé à l’opération qui a eu lieu au Centre d'entretien du CESAM à Sainte-Marie-de-Cuines durant 4 jours. Au programme : exercices pédagogiques et ludiques, visite des infrastructures du Centre, et exercice d’évacuation d'un car pour les sensibiliser aux consignes de sécurité et leur apprendre à quitter rapidement un véhicule dans une situation à risque. Après un cours théorique et un questionnaire sur le code de la route, les enfants ont mis en pratique leurs connaissances sur un petit parcours à vélo. Cette formation originale, menée avec La Prévention Routière, l'ADATEP (Association Départementale pour les Transports Éducatif de l’Enseignement Public) et la Gendarmerie a été suivie par près de 2 300 élèves depuis sa création.„ Contact : Laurence Brassac Tél. : 04 79 20 26 84
LE GROUPE APRR PROTÈGE SON PERSONNEL
Améliorer la sécurité est l’un des objectifs prioritaires dugroupe APRRqui met tout en œuvre pour la sécurité des clients et celle de l’ensemble du personnel.
C’est ainsi qu’APRR a lancé une campagne d es e n s i b i l i s a t i o na u p r è sd et o u sl e s conducteurs, VL et PL. Elle montre l’un de
L’équipement des fourgons s’améliore égale-ment avec l’installation de FLR, de feux bleus à éclats, de systèmes de suivi GPS... Aux barrières de péage, des actions spécifi-ques sont menées telles quesensibilisation du personnel, installation d’atténuateurs de chocs, amélioration des cheminements pié-tons ou encore sécurisation des traversées de voies télépéage.
ses personnels, en l’occurrence un patrouil-leur en intervention, accompagné du slogan « Attention, votre route ne croise pas que des hérissons ! ». Le choix d’une accroche décalée renforce l’impact en évitant d’appa-raître comme trop moralisateur. Aucune commune mesure évidemment entre la vie d’un homme et celle d’un hérisson, et pour-tant il suffit d’un moment d’inattention… Sur le plan visuel, APRR a préféré choisir le réalisme, à travers la photo, plutôt que le mode symbolique utilisé dans ses dernières campagnes (lutte contre l’hypovigilance,
partage de la route…). Un dessin ou un picto aurait pu créer une distance ayant sen-siblement adouci le message. Cette campagne a été affichée dans toutes les gares de péage du réseau sur les empla-cements réservés aux messages de sécurité. Elle s’inscrit dans la continuité de l’opération d’information sur les métiers de l’autoroute pilotée par l’Asfa et relayée par la direc-tion de la communication du Groupe les 6 et 7 juin dernier.„ Contact : Jean-François Dubreuil Tél. : 03 80 77 65 53
INCITER LES CLIENTS À LA VIGILANCE
Parce que 44 % des véhicules légers et 56 % des poids lourds (soit 16 % du trafic total) sont à l’origine des accidents qui touchent les personnels sur le tracé, de fréquentes campagnes de communi-cation telles que « Levez le pied pour notre sécurité », « Votre vigilance, ma sécurité »… rappellent aux conducteurs l’importance de respecter les règles pour la sécurité des équipes.
Parallèlement, les sociétés développent des partenariats pour sensibiliser les conduc-teurs VL et PL, en apprentissage ou en entreprise, aux spécificités de la conduite sur autoroute.„
GROUPE Sanef : AFFICHAGE DES PLACES PL DISPONIBLES SUR L’A13
Il n'est pas rare de constater que des poids lourds soient stationnés sur les voies d'en-trées ou de sorties des aires, et même par-fois sur la bande d'urgence. Ces situations, dangereuses, sont motivées par des obliga-tions réglementaires d'arrêt, même si l'aire choisie est déjà complète. Afin d'aider les chauffeurs à anticiper leurs pauses, laSAPN a développé un affichage en temps réel des places PL disponibles sur les parkings des aires de Bosgouët, Bord et Vironvay qui se succèdent sur l’A13. Cette innovation est basée sur l'intégration de capteurs dans le sol au niveau de chaque emplacement et sur la transmission immédiate du nombre de places libres sur un panneau installé en amont de la première aire concernée. L’affichage de cette information fait partie des souhaits des chauffeurs routiers recueil-lis lors d’une enquête récente.„ Contact : Pascal Contremoulins Tél. : 02 35 18 31 00
OPTIMISER LES CONDITIONS DE CIRCULATION SUR L’A8
Escota, en accord avec la Préfecture des Alpes-Maritimes, a lancé une expérimenta-tion entre le péage d’Antibes et l’échangeur Nice-St-Augustin. Sur ce tronçon de l’A8, le plus chargé du département (140 000 véhi-cules/j), 10 500 poids lourds cohabitent avec un trafic dense de véhicules légers. Pour fluidifier le trafic en gérant mieux la cir-culation des poids lourds, de nouvelles règles de circulation sont en vigueur depuis le 10 juin 2008. D’une part, la vitesse auto-risée pour les voitures estréduite à 110 km/h
entre le péage d’Antibes et la sortie Bouches-du-Loup afin de limiter le diffé-rentiel de vitesse entre VL et PL, d’autre part, entre Cagnes-sur-Mer et Nice-St-Augustin, la circulation des PL est régle-mentée : interdiction d’emprunter les 2 voies de gauche jusqu’à St-Laurent-du-Var puis interdiction de doubler. La mesure, qui concourra également à la sécurité routière, fait l’objet d’une expéri-mentation de 6 mois.„ Contact : Jean-Louis Persin Tél. : 04 92 97 40 51
DE NOUVEAUX ÉQUIPEMENTS DE PROTECTION ET DE VIDÉOSURVEILLANCE SUR L’A40
La sécurité des personnels et des clients reste au cœur des priorités d’ATMBavec un investissement de 28,5 millions d’eu-ros en 2008. Au programme notamment : 20 nouvelles caméras sur des points stra-tégiques du tracé portant ainsi à 94 leur nombre total pour 110 km de réseau. L’objectif est double : des délais d'inter-ventions sur événement optimisés, mais aussi une gestion du trafic et de l’informa-tion client plus efficace. ATMB poursuit son action pour la sécurité de ses techni-ciens en intervention sur le tracé avec la création de nouveaux refuges en surlar-geur des bandes d’arrêt d’urgence et pro-tégés par un dispositif de retenue adapté. Fin 2008, 19 refuges seront en service. Enfin, le programme de mise en place des atténuateurs de choc sur la totalité des barrières de péage en section courante, soit 43 voies, s’achève. Ils permettront de limiter l’impact des chocs, en cas de heurt par un véhicule, des séparateurs de voies en béton.„ Contact : Christophe Dubois Tél. : 04 50 25 21 59
TROPHÉE SÉCURITÉ POUR ASF
Le 28 mai 2008,ASFa été primée aux tro-phées « Entreprise et Sécurité routière », organisés par la DSCR, la CNAMTS et l’as-sociation PSRE (Promotion pour la Sécurité Routière en Entreprise) pour son programme en faveur de la prévention du risque routier auprès de son personnel. Le dossier de candidature récapitulait les principales actions engagées : diagnostics de conduite pour les conduc-teurs de voitures, fourgons et PL, habilitations « sécurité tracé », véritable permis interne pour les salariés qui utilisent régulièrement les voitures de l’entreprise, campagnes de communication interne, par exemple sur les risques liés à la conduite en hiver, incitations à réduire les déplacements en utilisant des systèmes de visioconférence, actions de sensibilisation des clients à la sécurité du personnel en intervention, et notamment les journées d’échanges du type « Vis ma vie » avec les chauffeurs des entreprises Norbert-Dentressangle et Groupe Mousset.
Ce prix récompense une démarche initiée en 2004, engageant l’entreprise et tous les collaborateurs à être des « ambassadeurs en matière de sécurité routière ».
Ces actions ont permis d’obtenir en 2007 : un indice de fréquence (nombre d’acci-dents de trajet avec arrêt pour 1 000 salariés) égal à 3,2, la moyenne natio-nale étant de 4,7. 745 jours d’arrêt de travail dus aux accidents de trajet (contre 2 304 en 2002). Taux des déclarations d’accident à l’as-sureur, avec conducteur ASF responsa-ble en tout ou partie : 5,7 % des véhi-cules assurés, un taux de 7 % étant considéré comme bon pour les flottes de véhicules d’entreprise.„ Contact : Jean-Marc Phéby Tél. : 05 53 77 54 23
RETOUR D’EXPÉRIENCE DE LA LIMITATION DE VITESSE SUR A10-A11
Depuis avril 2007, la vitesse maximum autorisée sur les 8,5 premiers kilomètres du tronc commun A10-A11 est passée de 130 à 110 km/h de façon à renforcer la sécurité sur cette section.
Située entre l’embranchement A10/ RN118 aux Ulis et les environs de la gare autorou-tière de Briis-sous-Forges, cette section enregistre un fort trafic (72 300 véhicules /jour dans les deux sens). Cette limitation aligne le tronc commun A10-A11 sur les autres "pénétrantes" auto-routières de la région Ile-de-France, comme l'A6, qui sont pour la plupart limi-tées à 110 km/h.
Après un an d’application, les résultats sont très positifs pour la sécurité des clients et des équipes intervenant sur le réseau mais aussi pour l’environnement. Cofirouteconstate une réduction de 30 % des accidents matériels, de 8 % des acci-dents corporels et d’1/3 de ses interven-tions. La baisse des émissions de CO2est estimée à environ de 12 700 tonnes équi-valent CO2(teqCO2) et le bruit a baissé de 0,6 décibel. Le temps de trajet supplémentaire, lui, n’est que de 43 secondes.„ Contact : Bernadette Moreau Tél. : 01 41 14 70 29
JACQUES BOUSSUGE, directeur du département Sécurité, à l’Asfa
La somnolence au volant est, depuis trois ans, la première cause d’accident mortel sur autoroute : elle est à l’origine d’un accident sur trois. Pour mieux comprendre ce phénomène, l’Asfa a effectué sous le conseil scientifique du professeur Pierre Philip, spécialiste du sommeil au CHU de Bordeaux, une enquête* auprès de 40 000 conducteurs.
Que révèle cette enquête, d’une ampleur jamais réalisée en France ?
Des résultats alarmants : près de 30 % des conducteurs ont été touchés par la somno-lence au volant au moins une fois dans l’an-née, quelque soit le trajet effectué et le réseau emprunté, et 3 % conduisent au moins une fois par mois en étant extrême-ment somnolents. L’étude révèle aussi que 4 % des personnes interrogées ont eu dans l’année un « pres-que accident » du fait de cet état. Pour le seul réseau autoroutier, sur un total de 35 millions de clients circulant chaque année, cela signifie que près de 1,5 million de conducteurs ont été exposés à un « presque accident » dans l’année écoulée.
* Sur la base d’un questionnaire, réalisé en novembre 2007 par téléphone auprès de 5 000 personnes, et via Internet auprès de 35 000 abonnés au service de télépéage.
D’après les analyses, les accidents dus à la somnolence se produisent le plus souvent entre 2h et 7h et entre 14h et 16h, et la moi-tié sur des trajets de moins de deux heures. Si 70 % des conducteurs s’accordent une pause, moins de la moitié font la sieste et beaucoup prennent encore des mesures inefficaces pour lutter contre l’endormisse-ment, comme écouter la radio, ouvrir les fenêtres… Or, selon le Pr. Philip, les seuls remèdes efficaces pour restaurer son niveau d’éveil sont d’abord une courte sieste de 20 à 30 minutes et, le cas échéant, deux tasses de café assez fort dès les premiers signes d’alerte (bâillements, paupières lourdes, rai-deur dans la nuque).
Pourquoi est-on somnolent ?
La somnolence au volant n’épargne per-sonne. Et certains facteurs l’aggravent. D’abord, le retard ou la dette de sommeil qui
« Lutter contre la somnolence au volant : un enjeu majeur de sécurité routière »
Tel était le thème du colloque de l’Asfa, organisé à Paris, le 17 juin 2008. 220 personnes y ont participé, collaborateurs des sociétés d’autoroutes ainsi qu’unpublic extérieur avec des pro-fessionnels de la santé, des constructeurs automobiles, des représentants d’entreprises parte-naires, d’associations de sécurité routière, de la presse…
Ce colloque, animé par Stéphane Paoli et clôturé par Cécile Petit, déléguée interministérielle à la sécurité routière, a été l’occasion de présenter les analyses tirées de la vaste enquête menée auprès de 40 000 conducteurs, sous la direction scientifique du Pr. Pierre Philip.
Elles ont été commentées, autour de deux tables rondes, par des experts français et étrangers de haut niveau. La prochaine étape sera la publication de l’étude scientifique.
Table ronde 1 – Somnolence au volant : mythe ou réalité ?
• Elke De Valck, Professeur, Department of Cognitive and Biological Psychology, Vrije Universiteit (Belgique) • Bernard Laumon, Directeur de l’UMRESTTE, Inrets (France) • Joël Paquereau, Président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (France) • Pierre Philip, Professeur à la clinique du sommeil, CHU de Bordeaux (France) • Markku Partinen, accidentologue, Sleep Disorders Clinic and Research Center (Finlande)
Table ronde 2 – Existe-t-il des réponses ?
• Jacques Boussuge, Directeur sécurité, Asfa (France) • Serge Boverie, Recherche et Développement, Continental Corporation (France) • François Bres, médecin du travail, Centre médical des transporteurs du Var (France) • Jean-François Huère, Responsable sécurité ITS, PSA Peugeot Citroën (France) • Hubert Oliviero, Directeur Général de la Fondation Maif (France) • Bernard Pottier, Président de l’association Prévention Routière (France).
touchent en priorité les jeunes, très exposés à ce risque puisque un conducteur sur deux à moins de 25 ans, mais aussi les seniors et les professionnels de la route.
Ensuite, les troubles et les maladies du som-meil, comme l’apnée du sommeil. Ils concernent le plus souvent des hommes de plus de 50 ans. Enfin la prise de certains médicaments (somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs) accroît fortement ce risque.
Pour aider les conducteurs à faire des pau-ses réparatrices, un dispositif de sensibilisa-tion est mis en place par les sociétés d’auto-routes dans le cadre de la campagne 2008 « Somnolence au volant… pausez-vous ». 350 000 cédéroms et dépliants conseils sont diffusés depuis le printemps et durant tout l’été sur les « Espaces détente ». Tous les conseils sécurité sont également disponi-bles sur le sitewww.pausez-vous.fr„
LA SÉCURITÉ SUR LES AUTOROUTES EUROPÉENNES EN 2006 10 8,8 9 8,7 Taux de tués par milliard de kilomètres parcourus 8 6,8 6,9 7 6 5,6 5,5 4,8 5 4,2 4 3,0 3,0 3 2,4 2,2 1,9 21,7 1,5 1,4 1 0
1. Uniquement le réseau géré par Rijkswaterstaat 2. Autoroutes concédées et non concédées (autoroutes concédées seules : taux = 2,3) 3. Autoroutes et voies express 4. Uniquement le réseau géré par l'AISCAT (Association italienne des autoroutes et tunnels à péage) 5. Uniquement le réseau routier national
Source : données nationales produites par Road Safety PIN, CARE et IRTAD
e > 76congrès annuel de l'IBTTA "The Stars are Aligned… Connecting People, Places and Ideas" 20 - 24 SEPTEMBRE 2008 BALTIMORE (MARYLAND, ÉTATS-UNIS). Internet : www.ibtta.org
> Interoute&Ville 2008 Salon et congrès des infrastructures routières et de transport en milieux urbain et interurbain 23 - 25 SEPTEMBRE 2008 RENNES, PARC DES EXPOSITIONS Internet :www.interoute-ville.com
e > 15congrès mondial sur les ITS “ITS Connections: Saving Time. Saving Lives”
16 - 20 NOVEMBRE 2008 NEW YORK Internet : www.itsworldcongress.org