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Enregistrement D’un point de vue numérique, prendre une photo revient à créer un fichier d’image, par nature immatériel, et à le stocker avant exploitation ultérieure sur ordinateur. C’est le rôle de la carte mémoire, qui n’est qu’une étape transitoire dans le parcours de l’image numérique. Le poids informatique des clichés est lié aux paramètres de compression et de définition choisis à la prise de vue : à vous de déterminer l’équilibre que vous souhaitez entre qualité des images et poids de stockage. Vous pouvez faire ce choix de plusieurs façons. Le menuPrise de vue propose les options deQualitéetTaille des images, mais il est plus facile de passer par les informations de prise de vue et le bouton Réglage, avec une indication explicite du poids d’une image et du nombre de clichés pouvant être stockés sur la carte.
3Options d’enregistrement. Enfin, vous pouvez également via l’item 11 du menuRéglages Perso assigner ce choix au boutonFn. Il vous suffira alors de le maintenir enfoncé et d’utiliser laMolettepour faire défiler cycliquement les combinaisons de définition et de compression.
Définition
Tout le principe du numérique tient dans la reproduction discontinue d’un phénomène continu. Appliquée à l’image, la numérisation fait intervenir la notion de pixel (contraction depicture element). C’est le carreau unitaire de la mosaïque qui représente l’image. La définition d’une image numérique est le nombre de pixels qu’elle comporte, exprimée sous la forme largeur x hauteur (ex :
Enregistrement
1600x1200). Pour un cadrage donné, plus la définition est élevée, plus la mosaïque est fine. La capacité de captation de détails fins s’en trouve augmentée.
3Détail d’une image numérique. Le pixel est une unité numérique sans dimension. Pour en déduire une taille physique d’affichage ou d’impression, il faut prendre en compte le nombre de pixels nécessaires par unité de longueur pour un dispositif donné : sa résolution, exprimée en dpi (dot per inch) ou ppp (point par pouce, 1 pouce = 2,54 cm). On considère en général que les imprimantes jet d’encre nécessitent entre 250 et 300 dpi pour donner le meilleur d’elles-mêmes. Rapporté en centimètres, le calcul théorique indique qu’une image de 1600x1200 s’imprime idéalement entre 10x13,5 cm et 12x16 cm. Au-delà, l’imprimante ne dispose plus de suffisamment d’informations, et les pixels sont reproduits de façon trop grossière pour tromper l’œil : l’image est pixellisée. Mais la distance d’examen, la tolérance de l’œil, la technologie d’impression employée et l’exigence de l’observateur sont autant de facteurs à prendre en compte pour tracer la frontière entre un format d’image exploitable ou non. Le D40 et le D40X diffèrent sur ce point. Avec son capteur de 6,1 millions de pixels, le premier prend des images en 3008x2000 soit 17x25 cm à 300 dpi. Le D40X est lui muni d’un capteur plus défini de 10,2 millions de pixels : ses images en 3872x2592 s’impriment en 20x30 cm sans aucune pixellisation et même au-delà, jusqu’à un format A3 qui sera observé de plus loin.
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Mais toutes les photos n’ont pas nécessairement besoin d’une telle définition. L’affichage sur écran, pour la publication sur internet par exemple, ou l’impression en petit format se contentent de bien moins. Il est ainsi possible d’opter pour une définition plus réduite à la prise de vue. Le processeur du boîtier effectue alors un sous-échantillonnage, éliminant certains des 6 ou 10 millions de pixels captés, tout en gardant le même cadrage. L’image est d’emblée plus adaptée aux destinations précitées pour un poids de stockage moindre, et l’autonomie de la carte mémoire s’en trouve augmentée. Par contre la faculté de recadrage dans l’image est plus limitée qu’à partir d’une image haute définition, et les possibilités d’impression grand format réduites. La terminologie Nikon repose sur l’Anglais : imagesLpourLarge,M pourMediumou moyenne, etSpourSmallou petite. Les imagesMet Ssont déduites desLen prenant respectivement 75% et 50% de la largeur et hauteur d’une imageL. Il en résulte que le nombre total de pixels des imagesMetS, et en première approximation leur poids de stockage, correspond à 56% et à 25% de celui d’une imageL.
Tailles d’impression en fonction de la définition Boîtier Définition Impression à 200 dpi Impression à 300 dpi D40 L (3008x2000) 25x38 cm 17x25 cm M (2256x1496) 19x29 cm 13x19 cm S (1504x1000) 13x19 cm 8x12 cm D40X L (3872x2592) 33x49 cm 22x32 cm M (2896x1944) 25x37 cm 16x25 cm S (1936x1296) 16x25 cm 11x16 cm
3Choix de la taille sur le D40X
Enregistrement
Compression Le poids d’une image est directement lié à sa définition. En se contentant de stocker les informations des couleurs des pixels en mémoire, une image de 10 millions de pixels pèse ainsi la bagatelle de 28,7 Mo… De quoi remplir une carte de 1 Go après 36 photos ! La compression de l’image, c’est-à-dire la diminution de son poids sans modifier sa définition, semble donc incontournable. Adoptée dès 1992, la technologie jpeg répond aux contraintes de stockage mais aussi de transmission de données par internet par exemple, où le débit implique de réduire le volume d’information. Le compresseur jpeg découpe l’image en carreaux de 8x8 pixels, desquels sont retirées les variations de détails les plus fines, informations jugées peu ou pas importantes pour la perception effective de l’image. Cette compression est destructrice et irréversible. L’image enregistrée en jpeg perd à jamais des détails, mais pèse effectivement beaucoup moins lourd que l’originale : plus on compresse, plus l’image perd en qualité, plus elle s’allège.
3Exemple de compression jpeg Le jpeg a l’avantage de proposer un taux de compression paramétrable. Il s’agit alors de trouver le meilleur compromis entre poids et qualité de l’image. Chez Nikon, ce choix prend la forme d’un
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indice : une imageFinecorrespond à 25% du poids d’une hypothétique image non compressée, une imageNormalà 50% d’une imageFine, et l’imageBasicà 50% de l’imageNormal(et donc, à 1/16 de l’image non compressée).
Jpeg et taux de compression. Il est beaucoup plus difficile de réduire la taille d’une photo pleine de détails qu’une photo contenant de larges motifs uniformes… Aussi le poids des fichiers évoqué précédemment est purement statistique et vous observerez des différences d’une photo à l’autre.
Bien qu’il y ait perte d’information, tout l’intérêt du jpeg est qu’il réduit bien moins la qualité subjective d’une image que son poids. Sur la plupart des photos, il faut un œil averti pour distinguer les pertes dues à la compressionFine. Le modeBasicmontre plus facilement ses limites. Si la perte est indécelable en petit format, elle empêchera de profiter de grands tirages de la photo. L’utilisation du jpeg dépend aussi du post-traitement de l’image. Si vous comptez la retoucher finement, cette compression n’est pas adaptée. Les informations perdues pourraient en effet s’avérer cruciales pour un changement detonalitéoudedenseitémdetetrleimeanglei.gnEenChoix de qualité sur le ruenveancihme,asilslaagitcdompressionseraD540X. ge, virtuellement transparente…
Compression et retouche Le problème de qualité du jpeg est amplifié par le nombre de décompressions et recompressions successives. Un simple recadrage suffit à amplifier la perte d’informations. Pour un flux de production de qualité à partir d’un fichier jpeg, convertissez-le tout d’abord en un
Enregistrement
format non destructeur comme le tiff. Vous limiterez la perte d’information à celle initialement effectuée par l’appareil, quitte à enregistrer la version finale en jpeg pour la diffuser. Notez également que le gain de poids n’existe qu’en stockage. Une image jpeg ouverte, donc décompressée, pèsera en mémoire vive le même poids que l’équivalent non compressé.
Enregistrement en Raw
Apanage des reflex et de quelques appareils compact avancés, le Rawqualité plus grande mais une gestion pluspropose une complexe que l’image jpeg. Principe et avantages Le trajet d’une image entre sa captation et son enregistrement passe par de multiples étapes. Les informations issues du capteur sont interprétées : dématriçage couleur, réduction de bruit, balance des blancs, courbe de gamma, accentuation et autres traitements sont effectués par les circuits internes de l’appareil, puis vient l’inscription sur la carte mémoire. EnRawtoutes les étapes d’interprétations sont sautées, seules les, données "brutes" du capteur sont enregistrées sur la carte. Il s’agit en quelque sorte d’un négatif numérique, qui doit être développé sur ordinateur, selon les paramètres choisis par le photographe. L’intérêt du modeRawest particulièrement évident en retouche. D’une part, la quantification des données est celle obtenue en sortie du capteur, sur 12 bits, et pas celle plus étriquée du jpeg, de 8 bits. Le niveau de chaque pixel varie sur une échelle de 212=4096 degrés contre 28=256. Les nuances sont plus nombreuses, et la latitude de correction d’exposition plus importante. D’autre part, le fichierRaw n’a pas subi de compression destructive, toutes les informations
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reçues par le capteur y sont présentes. Enfin, le même fichier peut donner lieu à de multiples interprétations sans perte de qualité aucune, permettant des retouches fines et pointues et plusieurs versions de la même photo, tout comme un négatif donnera des résultats différents selon le laboratoire où sont effectués le développement et le tirage, les produits et le papier utilisés.
Exposition en Raw Quand vous utilisez un des modes jpeg, la dynamique du capteur est adaptée à celle du jpeg en faisant correspondre les niveaux moyens. Tout ce qui est plus lumineux tend à la surexposition, tout ce qui est plus sombre à la sous-exposition. Or, le capteur d’un appareil numérique encaisse assez mal la surexposition. Il est préférable en Rawhautes lumières, de façon à ce que la zone lad’exposer pour les plus claire de l’image soit à la limite de la surexposition. Le post-traitement permet après d’obtenir une image à la dynamique riche et sans perte d’information. Rapporté à l’analyse de l’histogramme (voir page 135), il est courant de parler d’exposition « à droite ».
3Exemples de développements différents de la même image Raw
Enregistrement
Inconvénients La richesse qualitative et fonctionnelle offerte par leRawse paye au prix du poids des fichiers générés par l’appareil. D’une part, la définition est systématiquement celle du capteur donc la plus haute ; d’autre part, la compression employée est non destructive mais de fait limitée en efficacité. Au final, un fichierRawdu D40X pèse entre 8 et 11 Mo, et 4 à 6 Mo pour le D40. Ce surpoids a une influence directe sur l’autonomie de la carte mémoire et sur les capacités du boîtier en prise de vue rafale (voir page 91). D’autre part, shooter enRawimpose une phase d’interprétation des données qui est contraignante et gourmande en ressources. Le flux de production d’images s’en trouve ralenti, et l’immédiateté recherchée en numérique n’est plus évidente. De plus, un fichierRaw n’est pas reconnu de façon universelle par les systèmes d’exploitation des ordinateurs, et encore moins par les bornes de tirage automatisées, d’autant qu’il existe autant de formats que de modèles d’appareils… Si le nom générique de "Raw" (brut) les regroupe tous, les fichiers générés par un appareil Nikon, Canon, Pentax, etc… ont des extensions différentes et ne sont pas structurellement identiques d’un modèle à l’autre au sein d’une gamme. Chez Nikon, l’extension associée est .NEFpourNikon Electronic File.
Ne serait-ce que pour visualiser l’image, il faudra faire appel à un logiciel spécifique. Nikon propose les siens (ViewNX et CaptureNX, et dans une moindre mesure Picture Project). De plus en plus d’éditeurs tiers se penchent sur des solutions universelles de gestion complète d’image, incorporant des fonctions de visualisation, développement Raw, retouche et export, et arborant une compatibilité enrichie au fil du temps avec un maximum de boîtiers numériques.
Pour l’utilisation des logiciels Nikon, voir page 148.
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Entre autres exemples, Adobe propose un module inclus dans Photoshop Elements et Photoshop CS nommé Camera Raw, ainsi qu’un logiciel dédié, qui s’adresse au photographe professionnel, nommé Lightroom (rfp/oc/mbo.e.wda//wwttp:hgilpthotphhoosduros/ct room/). L’équivalent chez Apple se nomme Aperture 2 (www.apple .com/fr/aperture/). Bibble 4.9, compatible PC, Mac et Linux, est réputé notamment pour son outil de réduction de bruit (www.bibblelabs.com/ fr/index.html). La version 5 de DxO Optics Pro inclut un outil de développement Raw (www.dxo.com/fr/photo/dxo_optics pro). _
5L’interface de DXO Optics. Raw + Jpeg LeRawa l’avantage de la qualité, le jpeg celui de la praticité d’utilisation ; pourquoi ne pas allier les deux ? Le modeRaw+Basic enregistre simultanément une photoRawet sa version compressée en jpegBasic. Sur la carte, vous trouverez alors deux fichiers au même nom mais à l’extension différente. Gardez leRawau chaud pour la retouche avancée, et exploitez directement la version jpeg pour l’envoi par email, l’impression de prévisualisation… Malheureusement il n’est pas possible de choisir la compression jpeg employée, qui est la moins qualitative, ce qui limite quelque peu cette possibilité. D’autre part, le poids nécessaire au stockage des images gonfle également, imposant une carte de grande capacité.
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Capacité de la carte Fort de toutes ces considérations, il vous reste à choisir le meilleur compromis entre définition, mode de compression et poids des fichiers générés. La démocratisation de cartes de très haute capacité permet d’envisager de privilégier la qualité à la quantité. Après tout, il suffit alors d’utiliser plusieurs cartes pour augmenter votre autonomie. Mais des fichiers volumineux sont aussi plus longs à traiter de façon logicielle, et la gestion d’une photothèque numérique de haute qualité peut demander une certaine dose de patience, pour peu que l’ordinateur ne soit pas de toute dernière génération.
Réduire le poids. En photo numérique, qui peut le plus peut le moins : mieux vaut partir de l’image la plus qualitative puis la travailler après coup. Néanmoins, quand le besoin de place se fait sentir, plutôt que de choisir une compression jpeg trop importante, envisagez de réduire la définition de l’image deLàM, ce qui ne vous limitera qu’en cas de tirages de très grande taille. Evitez malgré tout les imagesS, qui réduisent assez drastiquement vos possibilités ultérieures, sauf si vous savez par avance ce que vous allez faire de vos photos.
Options d’enregistrement et poids de fichier Taille Qualité D40 D40X Poids moyen Nombre Poids moyen Nombre (Mo) d’images (Mo) d’images pour 1 Go pour 1 Go Large Raw + Basic 5,8 168 10,1 97 Raw Raw 5 196 9 108 Large Fine 2,9 337 4,8 204 Normal 1,5 653 2,4 408 Basic 0,8>1200 1,2 816
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