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Contexte national et international
L’économie mondiale
redémarre en 2010
très expansionniste a permis de sortir fet conjugué de politiques publiquesLe Produit Intérieur Brut
de la crise de septembre 2008. plus restrictives et d’un ralentissementmondial a progressé de 5 %
La croissance est restée très élevée dans des exportations.
en 2010. La reprise a été les pays émergents. La Chine et l’Inde Les craintes liées au non rembourse-
dynamique aux États-Unis poursuivent leur marche en avant à un ment de la dette de certains états sont
pas rapide avec une croissance de plus toujours présentes. La Grèce, l’Irlande,mais plus hétérogène dans
de 10 %. L’inflation et la spéculation le Portugal et dans une moindre mesurela zone Euro. La plupart des
immobilière menacent toutefois d’éro- l’Espagne ont subit une hausse des taux
pays avancés ont mis en der les progrès enregistrés. souverains à 10 ans. Ces hausses remet-
place des plans de tent en cause un équilibre budgétaire
La croissance a été déjà menacé par la crise. En réponse,consolidation de leurs La reprise est
très hétérogène ces états mènent des politiques radica-finances publiques. En hétérogène dans la zone Euro. les de consolidation du déficit public
France, la reprise est portée L’économie alle- basées essentiellement sur une réduc-dans la zone
essentiellement par la mande a été sou- tion des dépenses publiques. Le planEuro
tenue par des de soutien mené par l’Europe garantit àconsommation. La reprise a
investissements élevés. L’Espagne et ces états des taux de remboursement neété très dynamique en
l’Italie ont du faire face à une demande mettant pas en péril l’économie du
Amérique Latine et dans la interne très faible. La Grèce, le Portugal pays. Les risques sur les dettes souverai-
Caraïbe, portée par le et l’Irlande ont mis en place des plans nes peuvent de manière indirecte péna-
drastiques de réduction des déficits liser la reprise économique en dévelop-Brésil, la République domini-
publics. Après une reprise soutenue au pant l’attentisme des acteurs économi-caine et Panama. L’économie
premier semestre 2010, l’activité a ques, en particulier des ménages. Les
haïtienne a subi en 2010 les décéléré au second semestre sous l’ef- politiques budgétaires comportent éga-
conséquences du tremble- La crise épargne les pays émergents
ment de terre de janvier. Croissance du PIB en 2009 et 2010, projections pour 2011 et 2012
unité : en %
Projections’économie mondiale a progressé de
2009 2010 2011 2012L5 % en 2010 après la récession de
Monde -0,5 5,0 4,4 4,5 (1) Costa Rica,2009 (- 0,5 %). Le commerce mondial
économies avancées -3,4 3,0 2,4 2,6 Salvador, Guatemala,a retrouvé son dynamisme, particuliè-
Etats Unis -2,6 2,8 2,8 2,9 Honduras, Nicaragua,
rement au second semestre 2010. La
Zone Euro, dont : -4,1 1,7 1,6 1,8 Panama
reprise de la demande mondiale est - France -2,7* 1,5* 1,6 1,8 (2) Antigua-et-
forte. - Allemagne -4,7 3,5 2,5 2,1 Barbuda, Bahamas,
Japon -6,3 3,9 1,4 2,1 Barbade, Belize,Le prix du pétrole a fortement aug-
Pays émergents ou en développement 2,7 7,3 6,5 6,5 Dominique, Grenade,menté au dernier trimestre 2010 (voir
- Chine 9,2 10,3 9,6 9,5 Guyana, Haïti,
encadré). La hausse du coût de l’éner-
- Inde 6,8 10,4 8,2 7,8 Jamaïque, République
gie laisse craindre des répercussions sur Amérique Latine - Caraïbes -1,7 6,1 4,7 4,2 dominicaine, Saint
les prix des produits alimentaires. Ces Brésil -0,6 7,5 4,5 4,1 Kitts-et-Nevis, Sainte
Venezuela -3,3 -1,9 1,8 1,6 Lucie, Saint-Vincent ethausses toucheront plus fortement les
1Amerique Centrale -0,6 3,6 4,0 4,3 les Grenadines,pays émergents et risquent, si elles se
- Panama 3,2 7,5 7,4 7,2 Suriname et Trinidad-
poursuivent, de générer des tensions 2Caraïbes 0,4 3,4 4,2 4,5 et-Tobago.
sociales. - Haïti 2,9 -5,1 8,6 8,8
- République Dominicaine 3,5 7,8 5,5 5,5
- Antigua et Barbuda -8,9 -4,1 3,1 2,5Les États-Unis ont retrouvé une crois-
- Dominique -0,3 1,0 1,6 2,5sance dynamique (+ 2,8 %). Le recul
- Sainte-Lucie -3,6 0,8 4,2 3,9
des importations américaines au cours
- Barbade -4,7 -0,5 2,0 2,5
du dernier trimestre est dû aux condi- - Trinidad et Tobago -3,5 0,0 2,2 2,4
tions climatiques et ne devrait être que - Suriname 3,1 4,4 5,0 5,0
conjoncturel. La politique budgétaire Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2011 sauf (*) Insee, comptes nationaux, base 2005
4 N° 74 - Martinique - Juillet 2011Contexte national et international
lement un risque de réduction du pou- que de faire repartir l’inflation et rogner Dans les petites Antilles (îles de
voir d’achat des ménages, en particulier ainsi sur le pouvoir d’achat des ména- l’Organisation des états de la Caraïbe
lorsqu’elles s’appuient sur une hausse ges. orientale), la dette publique s’est dégra-
de la fiscalité. Depuis le dernier trimestre 2010, les dée pour approcher 100 % du PIB. Le
L’inflation est repartie à la hausse en entreprises ont reconstitué les stocks, tourisme a repris en 2010 mais de
2010 dans la zone Euro. La Banque contribuant ainsi à la croissance. Ce fac- manière moins marquée que dans les
centrale européenne (BCE) a relevé son teur, associé à un report d’activité dans grandes Antilles. La croissance se pour-
taux directeur à 1,25 % en avril 2011, le secteur de la construction a entraîné suit en République dominicaine
dans le but de limiter ces tensions infla- une accélération de la croissance au (+ 7,8 % en 2010 après + 3,5 % en
tionnistes. Cette politique tranche avec premier trimestre 2011 (+ 1 %). 2009). L’économie est portée par des
celle de la banque centrale des États- investissements sur des grands travaux
Unis, qui a maintenu durant toute l’an- L’Amérique latine et les mais délaisse des politiques publiques
née 2010 ses taux directeurs à un d’éducation et de santé qui pourraientCaraïbes sont dynamiques
niveau plancher. contribuer à réduire les inégalités.
Les économies d’Amérique latine et de L’économie haïtienne a subi les consé-
En France, la fin des la Caraïbe ont enregistré une forte quences du tremblement de terre deLa croissance
effets du plan de croissance en 2010 (+ 6,1 %). Cette janvier 2010. La crise économique arepart
relance s’est ajou- croissance devrait rester soutenue en toutefois été limitée par l’aide interna-
en France tée aux conditions 2011 et 2012 avec des prévisions supé- tionale massive. La chute du PIB est
climatiques défavorables au dernier tri- rieures à 4 %. Cette croissance a été estimée à - 5,1 % en 2010. Un an après
mestre qui ont pesé sur la reprise, en portée par la demande intérieure, géné- le séisme, l’aide versée ne représente
particulier dans le secteur de la rant des risques de surchauffe dans cer- qu’un quart du montant promis lors de
construction. L’investissement a stoppé tains pays avec l’accroissement des la conférence des donateurs qui s’est
sa chute mais a encore baissé en 2010 déficits publics et des tensions inflation- réunie à New-York en mars 2010. Les
(- 1,2 % en 2010 après - 9,0 % en nistes. personnes les plus vulnérables sont
2009). Le Brésil, fort d’une croissance très vive confrontées à des conditions de vie très
L’inflation est restée très limitée en (+ 7,5 %) a mis en place en 2011 des précaires. Environ 1,5 millions de per-
France, qui est le pays de la zone Euro coupes budgétaires élevées à hauteur sonnes vivent dans des campements de
où l’inflation est restée la plus faible. Le de 1,25 % du PIB. La croissance est res- fortune et doivent faire face à la hausse
chômage sur le marché du travail y a tée soutenue au Suriname grâce à une des prix des produits de base.
contribué. L’augmentation des coûts de forte hausse en valeur des exportations
l’énergie et des matières premières ris- de pétrole et d’or. Hervé LE GRAND
Les prix du pétrole repartent à la hausse Les prix du pétrole augmentent fortement depuis le dernier trimestre 2010
Évolution du prix moyen du baril de Brent*Le prix du pétrole a fortement augmenté au premier trimestre 2011, soutenu par
la demande mondiale et par les incertitudes sur la situation au Moyen-Orient. Il Unité : $ / baril
140 devrait se stabiliser autour de 110 $ le baril au deuxième trimestre 2011 sous l’ef-
120
fet de la baisse saisonnière de la demande de pétrole dans les pays développés à
100
la fin de l’hiver. Des incertitudes subsistent en relation avec la situation géopoli- 80
60 tique au Moyen-Orient et sur les conséquences du tremblement de terre au
40 Japon, troisième importateur mondial de pétrole. L’Insee estime qu’en France,
20
une augmentation de 20 € sur le prix du baril de Brent entraine une hausse de
0
0,7 point de l’inflation sur un an. La diffusion d’un choc sur le prix du pétrole
influe directement sur les prix à la consommation par le renchérissement de la
consommation énergétique, et indirectement par la hausse des salaires qui
*pétrole brut léger (Royaume Uni), moyen (Dubai) et
entraine une augmentation des prix à la production. lourd (Texas) (calcul à pondération égale)
Source : Conférence des Nations Unies sur le
Pour en savoir plus
commerce et le développement (unctadstat.unctad.org)
Fonds Monétaire International
• World Economic Outlook (WEO), “Les tensions d’une reprise à deux vitesses », avril 2011,
http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2011/01/index.htm
• Regional Economic Outlook, Western Hemisphere, “Watching out for overheating”, avril 2011,.imf.org/external/pubs/ft/reo/2011/whd/eng/wreo0411.htm
Insee
• Note de conjoncture, "Les chocs passent, l'activité résiste", mars 2011,
http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=note.htm
• Les comptes de la nation en 2010, « La croissance repart », Insee Première n°1349, mai 2011,.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1349
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