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L'industrie en Bourgogne : des activités diversifiées mais localement très spécialisées

4 pages
L'industrie bourguignonne emploie 131 000 salariés, et représente 23 % de l'emploi salarié régional. La Bourgogne est une région où l'industrie pèse davantage dans l'emploi qu'au niveau national. La métallurgie, la chimie-caoutchouc, les industries agroalimentaires et celles des équipements mécaniques sont les activités les plus représentées. Depuis fin 1994 l'emploi industriel s'est stabilisé, mais a cependant fortement régressé dans les zones d'emploi d'Autun et de Châtillon-sur-Seine.
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INSEE N°95-Septembre2002-2,20eurosBOURGOGNE
L’industrie en Bourgogne :
des activités diversifiées mais localement très spécialisées
L’industrie bourguignonne emploie 131 000 salariés, et représente 23 % de l’emploi salarié
régional. La Bourgogne est une région où l’industrie pèse davantage dans l’emploi
qu’au niveau national. La métallurgie, la chimie-caoutchouc, les industries agroalimentaires
et celles des équipements mécaniques sont les activités les plus représentées.
Depuis fin 1994 l’emploi industriel s’est stabilisé, mais a cependant fortement régressé dans
les zones d’emploi d’Autun et de Châtillon-sur-Seine.
’industrie bourguignonne crée plusL de 7 milliards d’euros de valeur
ajoutée en 2001, soit 22 % de la
Un poids de l’industrie fort en Saône-et-Loireajoutée régionale (20 % pour la France
métropolitaine, 22 % pour la province).
Effectifs et poids de l’industrie par départementElle emploie 131 000 salariés au 31 dé-
cembre 2000. Plus d’un salarié bour-
guignon sur cinq travaille ainsi dans
l’industrie (23 % de l’emploi salarié).
C’est plus que la moyenne française
(19 %) ou provinciale (21 %). La pro-
portion de l’emploi industriel est forte
en Saône-et-Loire, dans le sud de la
Nièvre et dans le nord de l’Yonne.
Les zones d’emploi du Creusot, de
Montceau-les-Mines, du Charolais et
de Louhans sont marquées par une in-
dustrie importante, souvent associée à
Poids de l'industrie
la présence de grands établissements. en % de l'emploi salarié
Le poids de l’industrie est également Plus de 25
De 20 à 25élevé dans les zones d’emploi de Mont-
De 15 à 20
Moins de 15bard, de Joigny et de Sens. Il est plus
faible dans les zones d’emploi sièges
Côte-d’Or : 18,9 %
des préfectures, où les services et le Nièvre : 20,9 %
commerce sont développés, comme Saône-et-Loire : 27,2 %
celle de Dijon qui compte pourtant le Yonne : 23,1 %
plus grand nombre d’emplois indus-
France métropolitaine : 19 %
triels.
Effectifs salariés industriels
Quatre activités emploient
180 000
plus de la moitié
90 000
18 000des salariés de l’industrie
Sources : INSEE - Estimations d’emploi salarié au 31/12/2000, UNEDIC. © INSEE - IGN 1999
La Bourgogne ne présente pas une
spécialisation sectorielle marquée si onINSEE BOURGOGNE N°95-Septembre2002-2,20euros
Plus de la moitié des emplois industriels dans quatre secteursla compare aux autres régions métro-
politaines. La répartition de l’emploi
Répartition des emplois salariés par secteur d’activité (%)
entre les secteurs d’activité est proche
de celle observée en Picardie ou en
Métallurgie et transformation des métaux
Rhône-Alpes.
Chimie, caoutchouc, plastiques
Quatre activités industrielles regrou-
Industries agricoles et alimentaires
pent plus de la moitié des salariés Industries des équipements mécaniques des composants électriques etbourguignons. La métallurgie-transfor-
électroniques
mation des métaux (Usinor, Ugine, Industries des équipements du foyer
Industries du bois et du papierImphy) est le premier secteur en Bour- des produits minérauxgogne. Elle emploie 15 % des salariés
Habillement, cuir, textilede l’industrie régionale. La chimie,
Industrie automobilecaoutchouc et matières plastiques
Édition, imprimerie, reproduction(Kodak, Michelin), les industries des
Énergie
équipements mécaniques (Frama-
Industries des équipements électriques et
électroniquestome) et les industries agricoles et ali-
Pharmacie, parfumerie et entretien
mentaires (Senoble, Amora) emploient Construction navale, aéronautique et
ferroviaire
chacune 13 % des salariés de l’in- 0% 5% 10 % 15 % 20%
dustrie. Bourgogne France
Viennent ensuite les industries des
Sources : INSEE - Estimations d’emploi salarié au 31/12/2000, UNEDIC.
composants électriques et électroni-
ques. Elles ne regroupent que 8 % des secteur, ne sont pas plus implantées présence en Bourgogne de grands
emplois industriels de la région, mais en Bourgogne que dans l’ensemble de établissements appartenant à ces sec-
c’est davantage qu’ailleurs et la Bour- la France (l’activité de production de vin teurs.
gogne se place sur ce créneau en est largement comptabilisée dans l’agri-
seconde position parmi les régions culture et le négoce). D’autres secteurs Des zones d’emploi aux
françaises. Elle bénéficie de la pré- industriels sont sous-représentés dans
caractéristiques marquéessence de nombreuses grandes entre- l’industrie régionale. Ainsi en est-il de la
construction navale, aéronautique etprises : Thomson, Alstom, Philips,…
Quelques secteurs sont très locali-ferroviaire, de l’automobile, de la phar-A contrario, les industries agro-
sés : la pharmacie dans l’agglomérationmacie, parfumerie et entretien, desalimentaires, pour prestigieuses que
dijonnaise, la construction ferroviairesoient les marques bourguignonnes, et industries des équipements électriques
au Creusot, le textile à Autun, l’industriemalgré la bonne santé régionale de ce et électroniques ou du textile, malgré la
automobile surtout à Dijon et dans la
zone du Charolais. Les industries des
Des disparités selon les zones d’emploi composants électriques et électroni-
Effectifs et poids de l'industrie par zone d'emploi ques, sans être aussi concentrées,
sont plus présentes à Dijon, même si
Sens l’on compte de grands établissements
de ce secteur dans les zones de Cha-
lon-sur-Saône et Sens.
Du fait de cette concentration géo-Joigny
Châtillon-sur-Seine graphique, plusieurs zones d’emploi
Auxerre sont fortement dépendantes d’un
nombre restreint d’activités, ce qui peutAvallon
Dijon
constituer un facteur de fragilité pour
Montbard
Cosne-Cours-sur-Loire l’emploi de la zone. Cette est
renforcée lorsque l’emploi dépend de
peu d’entreprises. Ainsi plus de 40 %
Poids de l'industrie Nevers Beaune des effectifs salariés industriels de la
en % de l'emploi salarié en 1999 Autun
zone d’Autun travaillent dans l’industriePlus de 30
Chalon-sur-saôneDe 25 à 30 textile. Le poids de la métallurgie estDecizeDe 20 à 25
Le CreusotMoins de 20 important au Creusot (44 % des effec-
Louhans
tifs) et à Montbard (38 %). Les indus-Montceau-les-Mines
Effectifs industriels salariés tries agricoles et alimentaires emploient
Charolais25 000 plus d’un tiers des salariés industrielsMâcon
12 500 de la zone de Louhans. A Decize, le
2 500
caoutchouc et la fabrication de sièges
automobiles regroupent à eux deux
Source : INSEE - Recensement de la population de 1999 (exploitation complémentaire). © INSEE 2002 - IGN 1999
© INSEE Bourgogne - 2002 - L’industrie en Bourgogne 2INSEE BOURGOGNE N°95-Septembre2002-2,20euros
plus de la moitié des salariés de Davantage de salariés dans les établissements de taille moyenne
l’industrie dans peu d’établissements.
Répartition des salariés de l’industrie selon la taille de l’établissement (%)La métallurgie dans la zone d’emploi de
%Nevers et la chimie dans celle de Cha-
40
lon-sur-Saône occupent une place im-
35portante, bien que plus limitée dans
30l’emploi. Au contraire dans les zones
d’emploi de Dijon, Auxerre, Mâcon et 25
Sens aucun secteur ni aucun établis- 20
sement ne domine nettement.
15
10
Davantage
5
d’établissements industriels
0
de taille moyenne 1 à 9 salariés 10 à 99 salariés 100 à 499 salariés 500 salariésetplus
Bourgogne France
Les salariés bourguignons de l’in-
Source : INSEE - Sirène au 01/01/2001.
dustrie sont employés dans plus de
5 500 établissements. Ils travaillent
Dans l’Yonne le plus grand établis- de 90 % des établissements des indus-davantage dans des établissements de
sement, Senoble, appartient au secteur tries agroalimentaires ont ainsi moins100 à 500 salariés que la moyenne
de 10 salariés (notamment des bou-nationale, alors que les agroalimentaire. En Côte-d’Or, de nom-
langeries).de plus de 500 salariés représentent breux établissements sont regroupés
une plus faible proportion de l’emploi. autour de Dijon. Le seul établissement
La région ne compte aucun très grand à dépasser les 1 000 salariés, le CEA L’emploi industriel
établissement de plus de 5 000 sala- (Commissariat à l’Énergie Atomique)
se stabiliseriés et un seul de plus de 2 000 : Kodak Valduc (classé dans la chimie), se
Industrie (chimie) à Chalon-sur-Saône. trouve cependant hors de l’aggloméra-
L’évolution de l’emploi salarié indus-tion dijonnaise, à Salives. La Nièvre neLes plus grands établissements bourgui-
triel régional est comparable à l’évolu-compte plus aucun établissement degnons se trouvent en Saône-et-Loire.
tion nationale. L’industrie bourgui-plus de 1 000 salariés. Les plus grandsDe grands établissements sidérurgi-
gnonne a perdu en vingt ans, entreétablissements sont concentrés autourques sont situés à Gueugnon (Ugine)
1974 et 1994, 30 % de ses effectifs.de Nevers (Imphy dans la métallurgie,et au Creusot (Usinor). Il faut aussi
L’emploi salarié dans des activitésciter Michelin (caoutchouc) à Blanzy, Valéo à Nevers, qui produit des ser-
industrielles traditionnelles comme laFramatome (chaudronnerie nucléaire) rures pour l’automobile) et de Decize.
sidérurgie, le textile-habillement etdans l’agglomération de Chalon-sur- On trouve par ailleurs de très petites
l’extraction de charbon a durementSaône (2 établissements), Iveco (auto- entreprises dans l’industrie. Plus des
souffert des restructurations qui ontmobile) à Bourbon-Lancy, Dim (articles trois quarts des établissements indus-
affecté ces secteurs. De plus, deschaussants) à Autun et Gec-Alstom triels bourguignons ont moins de 10 sa-
activités autrefois exercées dans les(composants électriques) à Mâcon. lariés et 30 % n’en ont aucun. Près
entreprises industrielles sont aujourd’hui
externalisées vers des entreprises du
Depuis fin 1994, stabilisation de l’emploi salarié industriel secteur des services (comptabilité, net-
toyage,...). Enfin le travail temporaire
Évolution de l’emploi industriel de 1974 à 2000
qui s’est développé est égalementIndice (indice 100 en 1974)
130 comptabilisé dans les services même
si plus de la moitié des intérimaires120
travaillent dans l’industrie. Depuis 1994
110
l’emploi salarié industriel est stabilisé,
100 et a même vu ses effectifs augmenter
en 1999 et 2000, avant de diminuer90
fin 2001. Sur la période récente
80
(1994-2000) l’industrie bourguignonne
70 a ainsi gagné davantage de salariés
60 que l’ensemble de la métropole (+ 2,5 %
1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000
contre + 0,1 %).
Industrie Bourgogne Ensemble Bourgogne Industrie France Les spécialisations sectorielles et
les concentrations de l’emploi sur quel-Attention : rupture de la série en 1990 (passage NAP-NAF) voir encadré page 4.
ques grands établissements expliquentSources : INSEE - Estimations d’emploi UNEDIC au 31/12 de chaque année.
© INSEE Bourgogne - 2002 - L’industrie en Bourgogne 3INSEE BOURGOGNE N°95-Septembre2002-2,20euros
en partie les évolutions différenciées de
QUELQUES PRÉCISIONS
l’emploi salarié entre 1994 et 2000
selon les zones. Le Creusot a ainsi Un changement de la nomenclature des activités est intervenu en 1993 (passage de la NAPà
durement subi les diminutions d’effec- la NAF). Le champ de l’industrie reste cependant assez proche dans les deux nomenclatures.
tifs survenues dans la métallurgie.
NAP : nomenclature d’activités et de produits - NAF : nomenclature d’activités française.
Celles de l’industrie textile ont égale-
ment eu un impact fort sur la zone
d’Autun. Dans ces deux cas les pertes Les estimations d’emploi salarié sont réalisées par l’INSEEà partir des données recueillies par
d’emplois de ces secteurs dominants les UNEDIC, enrichies par des sources complémentaires. Ces données ne sont pas disponibles
ont représenté 10%del’emploi salarié à un niveau plus fin que le département. Le recensement de la population de 1999 est utilisé pour
estimer le poids de l’industrie au niveau de la zone d’emploi. Lesévolutions de l’emploi industrielindustriel de la zone. De même la zone
au niveau de la zone d’emploi sont estimées à partir des données de l’UNEDIC, apurées parde Châtillon-sur-Seine a subi de fortes
l’INSEE.réductions d’effectifs dans l’habille-
ment. De telles pertes d’emplois dé-
stabilisent l’ensemble de l’économie
locale. Cependant les spécialisations
L’industrie sur le web
peuvent quelquefois être bénéfiques.
Ainsi les industries agroalimentaires
Quel est le niveau d’investissement des entreprises industrielles bourguignonnes ?
ont fortement contribuéà l’augmen-
Combien de salariés travaillent dans les industries agroalimentaires ?
tation de l’emploi industriel dans la zone
Quelles sont les industries les plus présentes dans la zone d’emploi de Mâcon ?
de Louhans. La zone d’emploi de
Les réponses se trouvent sur le site internetJoigny, moins spécialisée, a également
profité, entre 1994 et 2000, de créations www.industrie-bourgogne.org
d’emplois dans le secteur de la volaille. réalisé par la DRIRE en partenariat avec l’INSEE et la CRCI.
Globalement, l’emploi salarié a connu
Ce site aborde l’industrie bourguignonne sous trois angles :des évolutions plus négatives dans
les zones où il était le plus concentré - une présentation par thème
- une présentation par secteur d’activitéen 1994 dans quelques grands établis-
- une pré par territoire.sements.
Laurent Auzet (INSEE) Ce site est aussi accessible aux adresses suivantes :
Philippe Curtelin (DRIRE) - www.bourgogne.pref.gouv.fr - www.bourgogne.drire.gouv.fr
- www.insee.fr/bourgogne - www.bourgogne.cci.fr
POUR EN SAVOIR PLUS
INSEE - BOURGOGNE
- La situation de l’industrie - Résultats détaillés de l’enquête annuelle 2, rue Hoche - 21000 Dijon
Tél : 03 80 40 67 67d’entreprise 2000 - SESSI, édition 2002.
Fax : 03 80 40 68 00
- L’industrie française, chiffres clés, édition 2001-2002 - SESSI.
Directrice de la publication : Véronique Moyne
Chef du Service Études et Diffusion :- L’industrie manufacturière en 2001 - La France et la zone euro résistent
Christian Bonsacquetmieux que leurs concurrents - INSEE Première n°858 - juillet 2002.
Rédactrice en chef : Christine Ricci
- L’industrie automobile, moteur de la croissance - INSEE Première n°861 - Maquette PAO : Sylvie Renaud
juillet 2002. Abonnement :
11 numéros par an + Bilan économique- En France comme en Europe - Net recul des prix de production industriels
et social annuel : 22 euros abonnement Franceen 2001 - INSEE Première n°829 - février 2002.
27 euros abonnement étranger
- Industrie : une croissance sans emploi en 2001 - 2,20 euros le numéro
INSEE Bourgogne Dimensions - L’année 2001 en Bourgogne - dossier n°32. Impression :AZMédia - Chenôve
Dépôt légal : à parution
Les INSEE Première, les INSEE Bourgogne Dimensions et les notes de
ISSN 1246-483 X
conjoncture figurent dès parution sur le site internet de l’INSEE : www.insee.fr.
Code Sage D029516
 INSEE 2002
© INSEE Bourgogne - 2002 - L’industrie en Bourgogne 4

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