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Moins de créations dentreprises classiques, mais un meilleur potentiel pour durer

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En raison de mesures politiques, la création d’entreprises est particulièrement dynamique depuis dix ans. La mise en place du statut d’auto-entrepreneur en 2009 a accéléré le nombre de créations. Il a aussi provoqué un effet de substitution engendrant une baisse de la création classique. Le volume total d’emploi est néanmoins resté aussi important dans les entreprises classiques. Moins nombreuses, elles démarrent avec de meilleures caractéristiques pour durer que celles des générations précédentes : un créateur plus diplômé, plus expérimenté, mieux entouré, davantage aidé et un capital de départ supérieur. Les auto-entreprises sont dans une situation beaucoup moins favorable. Beaucoup démarrent avec peu de capital et ne sont que des activités de complément pour le créateur.
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Insee
Centre info
n°182
Novembre 2012
Moins de créations d’entreprises classiques,
mais un meilleur potentiel pour durer
En raison de mesures politiques, la création d’entreprises est
particulièrementdynamiquedepuisdixans.Lamiseenplacedustatut
d’auto-entrepreneur en 2009 a accéléré le nombre de créations. Il a
aussi provoqué un effet de substitution engendrant une baisse de la
création classique. Le volume total d’emploi est néanmoins resté
aussi important dans les entreprises classiques. Moins nombreuses,
elles démarrent avec de meilleures caractéristiques pour durer que
celles des générations précédentes : un créateur plus diplômé, plus
expérimenté, mieux entouré, davantage aidé et un capital de départ
supérieur.
Les auto-entreprises sont dans une situation beaucoup moins favorable.projetdentreprise.over-blog.com
Beaucoup démarrent avec peu de capital et ne sont que des activités de
complément pour le créateur.
La création d’entreprises est un le- L'évolution de la création d'entreprises en région Centre
vier important pour la politique éco- milliers
20
nomique d’un territoire. Dans la
18 Personnes moralesrégion Centre, l’enjeu du renouvelle- Entreprises
classiquesment du tissu productif est d’autant physiques
16
plus fort en raison de la diminution Auto-entreprises
14structurelle de l’emploi industriel, no-
tamment sur certaines zones. C’est Loi de modernisation12
de l’économiepourquoi les collectivités territoriales
10
mettent en œuvre une politique ac-
8 Loi Dutreiltive d’aide à la création d’entreprises
et de développement de leur poten-
6
tiel de croissance.
4
En 2011, plus de 16 000 entreprises
2ont été créées dans le Centre, soit
trois fois plus qu’en 2002, dont + 30 % 0
pour les entreprises classiques. La 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
création a été dynamique entre 2002 et Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)
2008 comme au niveau national suite à
la mise en œuvre de la loi pour l’initia- tions (+ 87 % entre 2008 et 2009). 4 points de plus qu’au niveau national.
tive économique qui a allégé les condi- Après un léger essoufflement début Un auto-entrepreneur sur quatre au-
tions pour créer (Loi Dutreil en 2003). 2011, la création d’auto-entreprises rait cependant créé son entreprise
La mise en place du statut d’auto-entre- même si ce régime n’avait pas existé.se stabilise début 2012.
er
preneur le 1 janvier 2009, institué par Cette substitution entre entreprises
la loi de modernisation de l’économie Près des deux tiers des créateurs ont classiques et auto-entreprises
(LME), a fortement accéléré les créa- opté pour ce nouveau statut, soit concerne principalement celles ayant
1
www.insee.fr/centreSituation du créateur avant la création en région Centrela forme juridique de « personne phy-
%sique ». Entre 2008 et 2009, la baisse
du nombre d’entreprises créées sous
EC + AE qui auraient créé
cette forme explique les quatre-cin-
quièmes de la diminution observée
pour les entreprises classiques. Avec 2010 AE Sans activité
la crise, le nombre d’entreprises « per- Au chômage
En emploisonnes morales » a diminué de 12 %
ECsur cette période, puis retrouve en
2011 son niveau de 2008.
EC 2006Moins de créations classiques
mais autant d’emplois créés
0 10 20 30 4050 6070
Le nombre moyen d’emplois créés
Nota bene : EC : créateurs classiques, AE : auto-entrepreneurs, EC + AE qui auraient créé : ensemble des
par chaque nouvelle entreprise régio- créateurs classiques et auto-entrepreneurs qui auraient créé leur entreprise si ce régime n'avait pas existé.
Analyser la population "EC + AE qui auraient créé" permet de neutraliser l'effet de substitution entrenale a progressé entre 2006 et 2010. l'entreprise classique et l'auto-entreprise. Cette population doit être comparée à la population "EC 2006".
Chaque entreprise classique a créé
Source : Insee, Enquêtes SINE 2006 et 2010
1,8 emploi contre 1,5 quatre ans
plus tôt. L’emploi dans les entrepri-
prise. Un quart d’entre eux pensent la part des créateurs en emploi reste su-ses à leur création est important dans
embaucher dans les douze pro- périeure au niveau de 2006. Les nou-les secteurs du conseil aux entrepri-
chains mois, soit 2 points de plus veaux créateurs sont moins souventses et dans l'industrie (respective-
qu’en 2006. Les emplois correspon-ment 2,9 emplois et 2,5 emplois). chômeurs au lancement de leur projet,
dants concerneraient surtout deuxL’augmentation du nombre moyen alors que le chômage a progressé d’un
secteurs : la construction et l’informa-d’emplois compense ainsi la baisse point entre 2006 et 2010. La part des chô-
du nombre de créations sur la pé- tion-communication. meurs de longue durée parmi les entre-
riode. Cette diminution concerne preneurs classiques s’est fortement
principalement les entreprises ayant Davantage d’expérience chez réduite.
un seul emploi au démarrage, dont les créateurs classiques Les créateurs de 2010 sont aussi
une partie a basculé vers le statut plus nombreux à s’appuyer sur leurLa mise en place de l’auto-entre-d’auto-entrepreneur. Au final, en
expérience ou savoir-faire pour mon-prise a renouvelé le portrait du créa-2006 comme en 2010, autant de pos-
ter leur projet. Un tiers d’entre eux ateur en région Centre. En 2010, lestes ont été créés dans les nouvelles
déjà une expérience de création,créateurs classiques ont un profilentreprises classiques, environ
souvent dans le même secteur d’acti-plus favorable en termes de survie13 000. En ajoutant les auto-entrepri-
vité. La double activité progresseque ceux de 2006. Ils sont davan-ses, ce sont 11 000 personnes de
parmi les créateurs d’entreprisesplus qu’en 2006 qui sont concernées tage diplômés, plus souvent en acti-
classiques.par la création. Néanmoins, les vité et avec une expérience de
auto-entrepreneurs cumulent plu- création. Les auto-entrepreneurs sont moins
sieurs activités dans quatre cas sur Les entrepreneurs classiques de 2010 diplômés que les entrepreneurs clas-
dix. Les deux tiers de ces entrepre- sont plus diplômés que ceux de la gé- siques. Ils sont moins nombreux à
neurs sont à temps plein dans une nération précédente. Un créateur clas- travailler au moment de la création.
autre activité. sique sur cinq possède au moins un Ils sont deux fois plus souvent inac-
diplôme de niveau « bac + 3 », soitDans un contexte de crise, les entre- tifs au démarrage de leur projet, dont
preneurs du Centre, dans des pro- 2 points de plus qu'en 2006. un tiers de retraités.
Les créateurs classiques de 2010portions supérieures à celles des
sont le plus souvent des actifs occu-autres régions de province, sem- Des créateurs classiques
plus entourésblent prêts à développer leur entre- pés au moment de la création. Six
créateurs sur dix sont en
La création en 2010 résulte moins
emploi en 2010, c'est un d'une contrainte qu'en 2006 (situa-
Répartition des créations selon de plus que quatre ans tion de chômage, seule possibilité de
l'effectif de début d'activité plus tôt. À conditions com- travailler). C'est un projet davantage
Effectif % parables, être en emploi construit et donc un facteur de réus-
avant la création aug- site pour la survie de l'entreprise.10 et plus
mente de 30 % les chan- Les principales motivations à la créa-
ces de pérenniser sonde6à9 tion sont la volonté d’être indépen-
2006
entreprise. Parmi les actifs2010 dant et le goût d’entreprendre. Les
de3à5 occupés, la moitié sont entrepreneurs régionaux se montrent
d’anciens salariés du sec- de plus en plus attirés par des oppor-
2 teur privé et un quart d’an- tunités et ont la volonté d’innover.
ciens indépendants. Lorsqu’ils lancent leur projet, les créa-
1
Même en intégrant les teurs classiques sont mieux entourés
0 10 203040 50 607080 auto-entrepreneurs qui au- qu'en 2006. En 2010, 37 % d’entre
Source : Insee, Enquêtes SINE 2006 et 2010 raient crée leur entreprise, eux ont pu recevoir une formation par-
2 2Les entreprises aidées par le Conseil régional
La région Centre, qui porte près de 80 % des aides économiques allouées par les collectivités territoriales, a fait du soutien à la
création et au développement des entreprises l’une de ses priorités. Souhaitant disposer d’éléments de référence sur la
dynamique entrepreneuriale, la Région a noué, depuis une dizaine d’années, un partenariat avec l’Insee permettant d’étudier
de manière permanente et régulière la naissance et l’évolution des jeunes entreprises régionales.
En 2010, la Région Centre a accordé 623 aides aux entreprises classiques pour un montant de 18 millions d’euros, afin d’aider
à la création, à l’innovation ou à l’exportation. Les dispositifs d’aide à la création ou la reprise (CREATEM et CAP’Création
Centre) représentent un tiers des montants votés et près de la moitié des entreprises aidées par le Conseil régional.
Les nouvelles entreprises aidées ont un profil bien particulier. Surreprésentées dans les secteurs de l’industrie et de la
construction, elles se distinguent par des capitaux de départ conséquents. Les deux tiers d’entre elles ont engagé 40 000 euros
ou plus dans leur projet (une entreprise non aidée sur quatre).
La moitié des entrepreneurs aidés par le Conseil régional sont d’anciens chômeurs, alors que la part des chômeurs parmi les
créateurs est d’un tiers. Le plus souvent artisans, ils bénéficient davantage que les autres de forts appuis de professionnels. Ils
sont notamment parrainés par des structures d’aides à la création comme les chambres consulaires.
Mieux armées, les entreprises soutenues sont plus confiantes face à l’avenir et souhaitent, davantage que les autres,
développer leur structure, en particulier en termes d’emploi.
Région Centre
ticulière. Ils sont appuyés par leur en- Des entreprises classiquesriable selon certains secteurs. Dans
avec un capital de départ plustourage personnel ou professionnel la construction, le commerce et les
élevédans 80 % des créations, soit services aux particuliers, la création
10 points de plus qu’en 2006. Les pro- d’entreprises classiques a diminué La création d’une entreprise néces-
fessionnels spécialistes, comme les d’un quart. Le commerce et la cons- site un apport financier, facteur déter-
juristes ou comptables, et les structu- truction restent en tête des créations minant de l’importance du projet et
res dédiées à la création, telles les classiques, avec une part respective de sa survie. En 2010, les projets de
Chambres de commerce et de mé- de 23 % et 16 %. création se sont concrétisés avec
tiers, sont davantage sollicités. Ce statut a peu d’impact dans l’activi- des investissements plus consé-
La mise en œuvre du projet est plus té immobilière et les métiers de la fi- quents au lancement que quatre ans
complexe pour les auto-entrepre- nance. Dans ce dernier secteur, la auparavant. Le nombre d’entrepri-
neurs, en manque d’appui. Les trois création d’entreprises classiques a ses classiques débutant avec un ca-
quarts d’entre eux estiment avoir ren- diminué en raison de la crise. La pital de 40 000 euros ou plus a
contré des difficultés pour établir un mise en place du statut n’a pas em- progressé de 55 %.contact avec la clientèle ou effectuer pêché une croissance dynamique Les entrepreneurs régionaux enga-
les démarches de développement des entreprises classiques dans le gent des moyens plus importants que
de leur entreprise, d'où l'enjeu d'amé- transport et dans l’hébergement-res- leurs homologues dans les autres ré-
liorer les dispositifs d'accompagne- tauration, secteurs moins concernés gions. Un créateur sur quatre a créé
ment. Seulement un créateur sur dix par l’auto-entreprenariat. son entreprise avec un capital de
a bénéficié d’une formation. Malgré la baisse structurelle de l’em- 40 000 euros ou plus, soit 3 points de
ploi dans l’industrie, la création d’en- plus qu'ailleurs. Certaines activités,
La création en forte hausse treprises classiques est supérieure un peu plus présentes en région
dans les services
au niveau national et progresse de Centre, requièrent une mise de fonds
plus de 8 % sur la période. conséquente. C’est principalement leLe statut d’auto-entrepreneur a modi-
fié la répartition des créations par
Créations d'entreprises par secteur d'activité en région Centresecteur d’activité. Si la hausse du
nombrenombre d’entreprises créées touche
l’ensemble des secteurs, la progres- 2010
sion est forte dans les services. Le 2006Entreprises Auto-
Totalnombre d’entreprises a triplé dans le classiques entreprises
secteur de l’information-communica-
Industrie 460 603 1 063 423
tion et ceux du soutien aux entrepri-
Construction 1 156 1 765 2 921 1 579
ses et des services aux particuliers.
Commerce 1 558 2 672 4 230 2 030
Ces trois secteurs représentent plus
Transports 206 92 298 177
du tiers de l’ensemble des créations
Hébergement-restauration 469 324 793 443
en 2010 contre un quart en 2006. Information et communication 165 569 734 263
Malgré un contexte de crise, la créa- Activités financières et d'assurance 296 63 359 335
tion a progressé dans la construc- immobilières 465 74 539 460
tion, mais moins rapidement que Soutien aux entreprises 1 026 2 285 3 311 1 169
dans les autres secteurs. Éducation, santé, action sociale 668 875 1 543 722
Services aux particuliers 396 2 116 2 512 639Le statut d’auto-entrepreneur a en-
Total 6 865 11 438 18 303 8 240traîné un effet de substitution va-
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)
3Moyens investis au démarrage de l'entreprise en région Centre talité des cas, c’est l’Accre qui est
attribuée.%
Un taux de survie 2013 estimé
EC + AE qui auraient créé supérieur à 2009 pour les
entreprises classiques
2010 AE En 2010, les entreprises à faible ca-
pital de départ et avec un seul em-
ploi au démarrage se sont en
EC majorité tournées vers le statut d’au-
16 000 euros ou plus
to-entrepreneur. Les entreprises qui
De 8 000 à moins de 16 000 euros
ont choisi de se créer sous la forme
De 2 000 à moins de 8 000 eurosEC 2006
classique sont en moyenne plus soli-Moins de 2 000 euros
des qu’en 2006. En région Centre, le
0 10 2030 4050 60 70 80
taux de survie à trois ans estimé
Source : Insee, Enquêtes SINE 2006 et 2010 pour ces nouvelles entreprises est
supérieur à celui des
créées en 2006 (71 % contre 68 %).cas dans les services financiers et l’in- tion, etc. mais aussi locaux ou régio-
Dans un contexte de crise, l’augmen-dustrie. Une entreprise industrielle naux (CREATEM, CAP’Création
tation des défaillances pourrait ce-sur cinq a mobilisé 160 000 euros ou Centre, Cap’Emploi Centre…). Ces
pendant limiter ce taux de survie.plus au démarrage, contre seule- aides consistent en un apport sous
Néanmoins, en neutralisant l’effet dement une sur douze pour l’ensemble forme de subvention ou d’avance
l’auto-entreprenariat, les entreprisesdes secteurs. remboursable à taux zéro ou encore
apparaissent légèrement moins soli-Dans la région, 40 % des créateurs de réduction de coûts, principale-
ont investi moins de 8 000 euros, des que quatre ans auparavant. Avecment via des exonérations de cotisa-
un capital de départ moindre, la pro-soit une baisse de 10 points par rap- tions sociales ou des diminutions
babilité de survie est réduite : une en-port à 2006. Outre un léger effet infla- des charges d’intérêts. Les nouvel-
tionniste observé entre 2006 et treprise mobilisant des capitauxles entreprises régionales sont de
supérieurs à 40 000 euros a une2010, cet écart s’explique par le plus en plus concernées par ces dis-
chance de survie supérieure de 30 %choix de créateurs disposant de positifs. En 2010, plus de la moitié
à une entreprise engageant entremoyens limités d’opter pour le ré- des créateurs classiques ont pu bé-
16 000 et 40 000 euros.gime moins contraignant de l’au- néficier d’aides ou d’exonérations
to-entreprise, délaissant la création publiques contre 45 % quatre ans La durée de vie des auto-entreprises
classique. En neutralisant l’effet de plus tôt. En particulier, les anciens est plus réduite, en particulier pour
l’auto-entreprenariat, la proportion demandeurs d’emploi de moins d’un les auto-entrepreneurs multi-actifs
des entreprises ayant engagé moins ou qui ont engagé de faibles capi-an sont presque tous aidés. L’Accre,
de 8 000 euros est supérieure de taux de départ. Au niveau national,qui s’adresse aux demandeurs d’em-
4 points à celle de 2006. plus de quatre auto-entrepreneursploi et bénéficiaires du revenu de so-
sur dix n’ont pas déclaré de chiffrelidarité active (RSA), est l’aide la
La création d’une auto-entreprise ne d’affaires ou ont quitté le statut dansplus attribuée dans le Centre. Elle
mobilise pas autant de moyens finan- les deux années qui suivent la créa-est versée à la moitié des nouveaux
ciers que celle d’une entreprise clas- tion. En région Centre, la fragilitécréateurs.
sique. Plus de quatre projets sur dix des auto-entreprises est confirmée,La proportion des entreprises aidées
n’ont nécessité aucun capital de dé- avec un taux de survie potentiel decroît avec le capital de départ. Néan-
part et les trois quarts se sont réali- 56 % au bout de trois années.moins, au-delà de 16 000 euros,
sés avec moins de 2 000 euros. Les cette part se réduit, pour partie en rai-
auto-entreprises sont surtout présen-
son de choix budgétaires contraints,
tes dans les secteurs des services à
alors même que la mise
la personne ou aux entreprises, où
de fonds est un élément Taux de survie à trois ans des entreprisesla mise de fonds est réduite.
essentiel de la survie de régionales créées en 2006 et 2010
l’entreprise et de sa capa-L’aide concentrée sur les %
cité de développement. 75entreprises classiques
70Les auto-entrepreneursLes pouvoirs publics mènent une po-
sont moins soutenus fi-litique active d’incitation à la création 65 2013 (estimation)
nancièrement du fait no- 2009d’entreprises. Aider les créateurs
60tamment de projets plusconstitue un enjeu fort, car disposer
modestes et de la nou-d’une aide financière et de conseils 55
veauté du statut. Faisantau lancement du projet favorise la
50
le plus souvent appel àsurvie de l’entreprise.
45leurs ressources person-Il existe des dispositifs nationaux
d’accompagnement et de soutien, nelles pour créer, seule-
40
ment un tiers d’entre euxAccre, Nacre, PCE, CIR, exonéra- EC EC+AE qui auraient créé AE
est aidé. Dans la quasi-to- Source : Insee, Enquêtes SINE 2009 et 2010tions de charges, aides à l’innova-
4 4Quelques dispositifs d’aide à la création
Les dispositifs nationaux
nes entreprises créées ou reprises. Il vise à répondre à l’insuffi-
L’Accre (Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’en- sance de fonds de petits projets (financement de la trésorerie,
treprises), créée en 1979, s’adresse particulièrement aux de- amélioration de l’accès au crédit bancaire…).
mandeurs d’emploi et bénéficiaires du RSA. Elle consiste en
Les dispositifs régionauxune exonération de charges sociales pendant un an et, le cas
échéant, à un maintien de certains minima sociaux pendant Le Cap’Artisanat Création, anciennement CREATEM, vise
les premiers mois de la vie de l’entreprise. à accompagner la création d’entreprise en octroyant une aide fi-
nancière, sous la forme d’une subvention et/ou une avance rem-Le dispositif Nacre (Nouvel accompagnement pour la
boursable à taux zéro plafonnée à 40 000 euros. Il s’adressecréation et la reprise d’entreprise) vient remplacer le disposi-
er aux artisans appartenant au secteur de l’alimentaire, la restau-tif Eden et les chèques conseil au 1 janvier 2009. Il permet
ration, les métiers d’art, l’éco-construction, l’énergie renouve-aux personnes sans emploi ou rencontrant des difficultés à
lable, la maîtrise de l’énergie, la production, les commerces des’insérer durablement dans la vie active, de bénéficier d’un
accompagnement à la création d’entreprise dans la durée première nécessité (café, presse, épicerie, station-service).
(accompagnement individualisé avant et/ou après la créa-
Les Cap’Création et Cap’Développement-Transmission
tion, prêt à taux zéro…).
soutiennent respectivement la création d’un premier établisse-
Le PCE (Prêt à la Création d’Entreprise), depuis sa créa- ment, son développement (matériel, immobilier, technologique,
tion fin 2000, a vocation à améliorer le financement des jeu- exportation) mais également la reprise.
Le taux de création par zone d’emploi
Le taux de création moyen en région Centre est de 17,5 % tout dans les franges franciliennes (zones d’emploi de Dreux et
en 2010 contre 9,7 % en 2006. Il est légèrement inférieur à de Pithiviers).
celui de la France métropolitaine (18,1 %). Cette répartition s’explique en grande partie par le statut d’au-
Dans le sud régional, comme en 2006, il est inférieur à la to-entrepreneur, où les taux de création les plus élevés sont
moyenne nationale. constatés dans ces mêmes zones. Ceux des entreprises classi-
Ce taux est particulièrement élevé dans les zones d’emploi ques sont importants sur les franges franciliennes, l’axe
regroupant les grandes agglomérations régionales et sur- Orléans-Tours et le triangle « Vierzon-Issoudun-Bourges ».
Taux de création par zone d’emploi en région Centre en 2010
Entreprises classiques Auto-entreprises
% %
7,5 12
6,5 10
5,5 8
Contour de la région Centre
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissemenents (Sirene)
5Moins d’entreprises classiques artisanales mais plus fréquemment aidées
Les artisans représentent 37 % de l’en- Ces créateurs d’entreprises sont, plus que les autres de dispositifs d’aide et
semble des créateurs régionaux, à la souvent que dans les unités non artisana- d’accompagnement à la création. En
fois chez les entrepreneurs classiques et les, des hommes, jeunes, et d’anciens 2010, 62 % perçoivent une aide pour
les auto-entrepreneurs, soit 4 points de chômeurs. Ce sont également plutôt des la mise en place de leur projet contre
moins qu’en 2006. personnes ayant un niveau de diplôme in- 47 % pour les non-artisans. Plus de la
férieur au baccalauréat. Appuyés par moitié d’entre eux déclarent avoir reçu
L’artisanat est surreprésenté dans les
des structures professionnelles, comme une formation pour la réalisation de
secteurs de la construction, l’industrie et
les Chambres des métiers et de l’artisa- leur projet contre environ 30 % pour
les services à la personne.
nat, les artisans bénéficient plus souvent les autres.
Pour comprendre ces résultats
Définitions
Une « personne morale » est un groupement doté de la personnalité juridique, dont la responsabilité principale incombe à l’entre-
prise et non au créateur. Les principales formes juridiques de la personne morale sont les sociétés anonymes (SA), les sociétés à res-
ponsabilité limitée (SARL), les sociétés civiles immobilières (SCI), les groupements d’intérêt économique (GIE), les entreprises
unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL).
Les entreprises « personne physique » n’ont pas de personnalité juridique propre et il n’y a pas de séparation entre le patrimoine de l’en-
treprise et celui de l’entrepreneur. L’entreprise « personne physique » regroupe les entreprises individuelles, dont les entreprises individuelles
à responsabilité limitée (EIRL).
Méthodologie
Le dispositif SINE vise à étudier une classiques de 2006 et celles de 2010 for- ans plus tôt. Ce taux de survie est
génération d’entreprises durant les cinq ment un champ semblable. Pour améliorer calculé dans le cadre de l’étude sur l’en-
premières années de leur existence. la comparabilité entre 2006 et 2010, on ana- quête SINE 2009 à partir d’une régres-
Ces entreprises sont interrogées à leur lyse les évolutions entre les entreprises sion logistique.
création, puis trois et cinq ans plus tard. classiques créées en 2006 et les entrepri- Cet impact a été supposé constant
Cette étude exploite les résultats de la ses classiques et les auto-entreprises pour estimer le taux de survie de 2013.
première interrogation des entreprises qui se seraient créées, même sans la L’estimation n’intègre pas l’impact
créées au premier semestre 2010, tou- mise en place de ce nouveau statut. Cette d’une concurrence plus forte. L’aug-
jours actives fin septembre, et apparte- information est issue de l’enquête auprès mentation du nombre d’entreprises
nant au secteur marchand non agricole. des auto-enrepreneurs. créées accroît la concurrence et peut
Ne sont pas analysées ici les reprises Le taux de survie de 2013 est estimé contribuer à réduire le taux de survie.
d’entreprises. sous l’hypothèse que l’impact d’une ca- Parmi les auto-entreprises, la pré-
L’enquête SINE interroge pour la première ractéristique (forme juridique, secteur sence forte de la double activité ou la
fois les créateurs d’auto-entreprises. d’activité, capital de départ…) sur le simplicitédeladémarchedecréation
Suiteàlamiseenplacedecestatut,ilest taux de survie est identique à celui de doivent inciter à analyser les résultats
difficile de considérer que les entreprises 2009 pour les entreprises créées trois avec prudence.
Pour en savoir plus
Directeur de la publication « Dynamisme des jeunes entreprises en région Centre malgré la crise », Insee Centre
Dominique Perrin Info n° 172, septembre 2011.
« Les créations d’auto-entrepreneurs toujours plus nombreuses en 2010 », Flash Insee
Coordination des études
Centre n° 39, janvier 2011.Olivier Aguer
« En 2006, plus de demandeurs d’emploi parmi les créateurs d’entreprise », Insee Centre Info
Équipe de projet n° 151, juillet 2008.
Benoît Bourges
« Auto-entrepreneurs : au bout de trois ans, 90 % dégagent un revenu inférieur au Smic auKarine Pélissou
titre de leur activité non salariée », Insee Première n° 1414, septembre 2012.
Rédaction en chef « Trois auto-entrepreneurs sur quatre n’auraient pas créé d’entreprise sans ce régime »,
Philippe Calatayud
Insee Première n° 1388, février 2012.
Danielle Malody
Maquettiste / Webmestre Institut national de la statistique et des études économiques
Hélène Ferreira Fernandes / Direction régionale du Centre
Yves Dupuis
131 rue du faubourg Bannier
45034 Orléans Cedex 1
Relations médias Tél : 02 38 69 52 52 - Fax : 02 38 69 52 00
Martine Blouin www.insee.fr/centre
Hortense Robert
Exemplaire non destiné à la vente - ISSN 0986-976X - © Insee 2012
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