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Les équipements de santé en Bourgogne : des évolutions géographiques notables

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Contrairement à nombre de commerces et services aux particuliers les services médicaux de proximité se sont généralisés sur le territoire et se sont rapprochés des populations. Les activités faisant appel à des plateaux techniques lourds se sont, à l'inverse, concentrées dans les pôles urbains. Le nombre de lits de court séjour décroît moins vite dans les pôles urbains que dans les autres catégories d'espace où ils sont remplacés par des lits de moyen et long séjour.
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Les équipements de santé en Bourgogne :
des évolutions géographiques notables
Des services de santé de proximité localisés dans et autour
des principales villes et le long des axes de communication
Contrairement à nombre de
commerces et services
aux particuliers les services
médicaux de proximité
se sont généralisés sur le
territoire et se sont rapprochés
des populations. Les activités
faisant appel à des plateaux
techniques lourds se sont,
à l’inverse, concentrées
dans les pôles urbains.
Le nombre de lits de court
séjour décroît moins vite
dans les pôles urbains
que dans les autres catégories
Communes dotées à la fois d'un médecin généraliste,d’espace où ils sont remplacés
d'un infirmier et d'un pharmacien.
Pôles urbainspar des lits de moyen
Couronne périurbaine
Communes multipolariséeset long séjour.
Communes sous faible influence urbaine
Pôles ruraux
Périphérie des pôles ruraux
Rural isolé Sources : INSEE - SCEES, Inventaire communal 1998.
1 es principales professions de libérale, et si leur couronne périurbaine Saint-Seine-L’Abbaye. Cinq cantonsL santé exercées à titre libéral telles ont vu leur situation s’améliorer nette- sont également dans ce cas dans la
que le médecin généraliste, l’infirmier ment, l’évolution du rural sous faible partie centrale de la Nièvre : Brinon-
et le pharmacien, sont relativement ré- influence urbaine et du rural isolé a été sur-Beuvron, Corbigny, Saint-Saulge,
pandues sur le territoire. Elles sont ainsi moins favorable. En 1998, la part des Chatillon-en-Bazois et, plus à l’Est,
présentes simultanément dans 240 communes dotées d’un médecin est de Montsauche-les-Settons.
communes de Bourgogne. Pour ces 25 % dans le périurbain alors qu’elle Le dentiste, le masseur-kinésithéra-
trois services, la région se distingue n’est que de 15 % dans le rural sous peute et le laboratoire d’analyses
par une couverture de son territoire faible influence urbaine et de 17 % médicales se distinguent des autres
plus faible que celle de l’ensemble de dans le rural isolé. activités de médecine libérale par une
la France métropolitaine. Ainsi, en Lorsqu’une commune ne dispose plus faible proportion de communes
1998, les médecins généralistes et les pas de l’un des trois principaux équipe- dotées de ces services et donc par un
infirmiers sont présents dans près de ments de santé, ses habitants se plus grand éloignement des citoyens.
20 % des communes de la région rendent dans une autre commune pour
(contre 30 % pour l’ensemble des se le procurer. La distance routière Concentration urbaine
communes françaises) et les pharma- moyenne est alors de l’ordre de 8 km
ciens dans 14 % (contre 23 %). et le temps d’accès à ces équipements des services hospitaliers
d’environ 9 mn. Dans le rural isolé, les de court séjour
distances à parcourir sont plus impor-Progression des activités
tantes mais restent modérées. Le
A l’opposé des activités médicalesde médecine libérale médecin généraliste, l’infirmier et le
pharmacien sont situés en moyenne à ou paramédicales libérales, les établis-
sements de santé (publics ou privés),moins de 8,5 km et à moins de 10 mnEntre 1980 et 1998, les professions
dans lesquels sont effectués l’ensem-des communes non équipées dede santé libérales se sont implantées
cette catégorie d’espace. ble des soins médicaux ou
dans un nombre croissant de commu-
chirurgicaux, sont des équipements
nes, notamment du fait de
rares. Seules 3,5 % des communes
l’augmentation du recours aux soins. De fortes disparités spatiales
bourguignonnes en possèdent un en
La part des communes dotées d’un
1998. Alors qu’ils sont bien implantés
médecin généraliste a ainsi augmenté
Cette situation globalement satisfai- dans les pôles, tant urbains que
de 4 points, la variation étant de 4,5
sante cache cependant des disparités ruraux, ils sont faiblement présents sur
points pour l’infirmier et d’un point pour
géographiques. En Bourgogne, deux le reste du territoire.
la pharmacie. Cette extension de la
zones apparaissent ainsi fortement dé- Les services de court séjour (méde-
médecine libérale a été nettement plus
favorisées : le Nord-Ouest de la Côte- cine, chirurgie et obstétrique) se
soutenue entre 1980 et 1988 qu’après.
d’Or et le centre du Nivernais. Dans la concentrent dans les pôles urbains
Les évolutions ont été fortement dif-
première, cinq cantons ne comptent (81 % des lits) et, dans une moindre
férenciées selon les types d’espace,
aucune commune ayant conjointement mesure, les pôles ruraux (15 %). Ils
renforçant les inégalités géographi-
les trois principaux services de sont par contre quasiment absents
ques. En effet, si les principales villes
médecine libérale : Baigneux-les-Juifs, dans les communes périurbaines et
de Bourgogne restent toutes dotées
Grancey-Le-Château-Neuvelle, l’espace à dominante rurale hors
des principaux services de médecine
Recey-sur-Ource, Aignay-le-Duc et pôles. Du fait de la concentration spa-
Les activités libérales "de proximité"
Médecin généraliste Infirmier diplômé d’État Pharmacie +
Nombre de % de communes Temps d’accès % de communes Temps d’accès % de communes Temps d’accès
communes en équipées (en mn)* équipées (en mn)* équipées (en mn)*
Bourgogne
1980 1998 1998 1980 1998 1998 1980 1998 1998
Pôles urbains 63 71 87 6,9 73 81 5,8 65 76 5,8
Communes périurbaines 462 16 25 8,3 18 26 8,3 11 14 8,2
Rural sous faible influence urbaine 502 13 15 8,3 13 18 8,8 10 10 8,6
Pôles ruraux 29 72 79 4,3 72 76 3,0 76 79 4,8
Périphérie des pôles ruraux 291 5 7 9,0 7 10 10,1 3 3 9,3
Rural isolé 697 16 17 9,5 14 16 10,3 13 14 9,7
Bourgogne 2044 16 20 8,8 16 20 9,3 13 14 8,9
* Temps calculé pour les communes non équipées.
Sources : INSEE - SCESS, Inventaires communaux 1980 et 1998.
2Les équipements de santé en BourgogneLes établissements de santétiale de ces services, la distance
moyenne qu’un Bourguignon doit par-
Nbre de Services de court séjour Services de moyen
courir pour y accéder est élevée (11 km communes et long séjour
avecen moyenne régionale), particulièrement Nombre de Évolution Distance en Nombre de Évolution
établissement
lits en 98 88/98 1998 (km)* lits en 98 88/98s’il habite dans le rural isolé (14,5 km). de santé
(en %) (en %)
en 1998Les inégalités spatiales se sont ren-
Pôles urbains 21 6624 - 10,4 3,3 2254 5,0forcées en Bourgogne depuis 1988. En
Communes périurbaines 6 159 - 25,7 9,5 274 19,7effet, la réduction du nombre de lits en
Rural sous faibleservices de court séjour (- 14,7 % en-
influence urbaine 4 18 - 21,7 12,9 359 - 7,7tre 1988 et 1998) touche moins les
Pôles ruraux 17 1176 - 26,7 7,1 1284 38,1pôles urbains (- 10 %) que les pôles
Périphérie des pôles ruraux 0 0 - 9,4 0 -ruraux (- 27 %), les communes périur-
Rural isolé 23 176 - 45,0 14,6 1531 47,8baines et le rural hors-pôles. Ces
Bourgogne 718153- 14,711,3570220,5évolutions résultent en grande partie
* Distance à vol d’oiseau calculée entre les communes non équipées et les communes d’une politique de redéploiement des
équipées les plus proches.
équipements de court séjour et leur
Sources : SESI, FINESS, 1988 et 1998.substitution par des équipements de
long séjour, visant ainsi à favoriser l’es-
sor d’équipements médico-sociaux le rural isolé (+ 50 %). La hausse a été du nombre de lits et les pôles ruraux la
pour personnes âgées. plus modérée dans les pôles urbains troisième avec 22 %.
(+ 5 %) et dans les communes En définitive, les hôpitaux implantés
périurbaines (+ 20 %). en zones rurales tendent à perdre leursDéveloppement des services
Ces évolutions renforcent l’implan- prérogatives en termes d’activités de
hospitaliers de long et moyen tation rurale de ce type de services. En court séjour et se spécialisent dans les
1998, les pôles urbains ne rassem- activités de réadaptation ou d’accueil
séjour en milieu rural
blent ainsi plus que 40 % des lits de de malades privés de toute autonomie
long et moyen séjour (contre 81 % pour de vie. Dans le même temps, les struc-
Parallèlement à la concentration les lits de court séjour), le rural isolé tures hospitalières urbaines
des équipements de court séjour, les occupant la deuxième place avec 27 % concentrent progressivement les
services de moyen et long séjour se
sont développés (+ 20 % du nombre de Répartition géographique
lits). Il s’agit des soins de suite et de des capacités d'accueil des établissements de santé
réadaptation après la phase aiguë de
la maladie (moyen séjour) et de l’hé-
bergement des individus non
autonomes (long séjour). L’essor de
ces équipements a été particulière-
ment net dans les pôles ruraux (+ 38 %
du nombre de lits), où il compense la
201 545baisse des lits de court séjour, et dans
Les services de court,
moyen et long séjour
755 2 172
Services de court séjour : ils regroupent
les services de médecine, de chirurgie et
d’obstétrique. La durée du séjour moyen
est inférieure à 8 jours.
Services de moyen séjour : ils assurent
les soins de suite et de réadaptation, après
la phase aiguë de la maladie. La durée de
séjour est en moyenne de l’ordre d’un
mois.
Services de long séjour : il s’agit des
services destinés à l’hébergement de
personnes n’ayant plus leur autonomie de
Nombre de lits court séjourvie et dont l’état nécessite une surveillance
et des soins constants. La durée de séjour Nombre de lits moyen et long séjour
dépasse en moyenne trois mois. Sources : SESI, FINESS, 1998.
3Les équipements de santé en Bourgogne Les maisons de retraite et établissements pour personnes âgées
Le Zonage en Aire Urbaine
Nombre de communes Nombre de places dans
Il scinde l’espace bourguignon en deux.équipées d’un hospice ou les établissements pour
L’espace à dominante urbaine regrouped’une maison de retraite personnes âgées
les pôles urbains (villes ou agglomérationsen 1980 en 1998 en 1998 Év. 88/98
regroupant au moins 5 000 emplois en 1990)
Pôles urbains 21 34 7 973 22,2
et les communes dont plus de 40 % des
Communes périurbaines 13 36 1 893 57,4
actifs ont un emploi dans un pôle urbain
Rural sous faible influence urbaine 24 38 2 467 47,4 (couronne périurbaine) ou plusieurs (commu-
Pôles ruraux 17 19 2 754 11,2 nes multipolarisées).
Périphérie des pôles ruraux 8 14 753 30,3 L’espace à dominante rurale rassemble
les communes sous faible influence urbaineRural isolé 58 78 5 419 10,3
(dont 20 à 40 % des actifs résidents tra-Bourgogne 141 219 21 259 22,4
vaillent dans une aire urbaine), les pôles
Sources : INSEE - SCEES, Inventaires communaux de 1980 et 1998 ;
ruraux (dont le nombre d’emplois est supérieur
SESI, FINESS, 1988 et 1998.
à 2 000 et supérieur au nombre d’actifs
résidents), leurs communes périphériquesmoyens lourds que nécessitent les servi- entre 1988 et 1998 contre + 4 % entre
(dont 20 % des actifs résidents travaillent
ces de médecine, de chirurgie et 1980 et 1988.
dans un pôle rural) et le rural isolé.
d’obstétrique. Au-delà de la généralisation des
L’Inventaire Communalétablissements de santé pour per-
L’inventaire communal est une enquête réali-sonnes âgées dans les pôles urbainsDéveloppement rural sée par le Service Central des Enquêtes et
et ruraux, le développement de ces
Études Statistiques (SCEES) du Ministère
services touche de façon notable lesdes établissements pour de l’Agriculture et de la Pêche et l’Institut
autres catégories de communes. En National de la Statistique et des Étudespersonnes âgées
1998, 54 % des places en établisse- Économiques (INSEE) avec le soutien de
ments pour personnes âgées sont la Délégation à l’Aménagement du Terri-
toire et à l’Action Régionale (DATAR).Entre 1980 et 1998 les établisse- localisées dans l’espace à dominante
Toutes les communes de France ont étéments d’accueil et les services rurale, les pôles ruraux n’en regrou-
interrogées au cours des mois de février etdestinés aux personnes âgées se sont pant que 13 %. Par ailleurs, à l’intérieur
mars 1998 (comme par le passé en 1979
implantés dans un nombre croissant des espaces à dominante urbaine, les
et 1988) sur les principaux équipements
de communes. La part des communes pôles ont connu une évolution moins
commerciaux et services à la population
équipées d’une maison de retraite est favorable que leur périphérie. existant sur leur territoire. En l’absence
ainsi passée de 7 % en 1980 à 11 % d’un équipement, il était demandé à la
en 1998. La hausse s’est accentuée au Bertrand SCHMITT commission communale réunie pour l’oc-
casion de se prononcer sur la communecours de la dernière décennie : + 48 % UMR INRA-ÉNÉSAD en Économie et
généralement fréquentée par les habitantsSociologie Rurales, Dijon
pour trouver cet équipement.
Thème du prochain numéro :
Les services en Bourgogne INSEE-BOURGOGNE
2 bis, rue Hoche - 21000 Dijon
Tél : 03 80 40 67 67
POUR EN SAVOIR PLUS Fax : 03 80 40 67 40
Directeur de la publication : Alain Ravet- Les campagnes et leurs villes - INSEE - INRA - Contours et caractères - 1998.
Rédacteur en chef : Denis Quénelle
- Répartition des équipements et services sanitaires et sociaux sur le territoire :
Assistante de rédaction : Martine Molet
évolution 1980-1998 - INSEE - Synthèses, à paraître.
Maquette PAO : Géraldine Simon
- La diffusion des services sanitaires et sociaux depuis 1980 : le poids croissant
Abonnement :des zones périurbaines - DREES - Ministère de l’Emploi et de la Solidarité - Études
11 numéros par an + Bilan économiqueet Résultats n° 32, septembre 1999.
et social annuel : 150 F - 22,87 euros
- L’évolution des emplois du secteur sanitaire - INSEE Bourgogne Dimensions n° 25 - 15 F - 2,29 euros le numéro
juin 1999.
Impression : Imprimerie 21 - Dijon
- La prise en charge des personnes âgées : maintien à domicile ou hébergement collectif - Dépôt légal : à parution
INSEE - Données sociales, la société française, Édition 1999. ISSN 1246-483 X
Code Sage D006916- Équipements des 10 principales agglomérations bourguignonnes en 1994,
© INSEE 2000Chapitre "Santé" - n° 16, février 1997.
4Les équipements de santé en Bourgogne