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Maladies infectieuses et problèmes sociaux

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Des maladies tropicales comme la dengue aux Antilles et le paludisme sévit encore dans certaines parties de la Guyane. Par ailleurs le Sida y touche particulièrement les femmes et les enfants. Relativement épargnée par les maladies infectieuses, La Réunion est pourtant le DOM où l'espérance de vie est la plus faible.
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ici et ail leurs
Etat sa ni taire des DOM
Ma la dies infectieuses
Des mala dies tro pi ca les comme la dengue exis tent aux Antilles et
le paludisme sévit encore dans certaines parties de la Guyane.
Par ailleurs le Sida y touche particulièrement les femmes et les
enfants. Relativement épargnée par les maladies infectieuses, La
Réunion est pourtant le DOM où l’espérance de vie est la plus
faible.
DOM et DFA es quatre DOM connais sent des rues récem ment dans les DFA, tout
pro blè mes sani tai res spé ci fi ques : d’abord en Guyane en 1991-92 (44 cas,Les départements d’outre-mer (DOM)
cer tai nes de leurs patho lo gies sontL 6 décès) puis en Gua de loupe en 1994comprennent deux îles des Caraïbes,
-incon nues en métro pole, d’autres pré la Guadeloupe et la Martinique, l’île (7 cas et 3 décès) et en Mar ti nique en
sen tent des pré va len ces dif fé ren tes.de La Réunion, située dans l’océan 1995 (3 cas et 1 décès). L’appa ri tion des
Indien, ainsi que la Guyane, vaste Dans les DFA les mala dies infec tieu ses for mes gra ves de la maladie s’est
territoire d’Amérique du sud. et trans mis si bles sont plus fré quen tes accom pagnée d’une aug men ta tion du
L’ensemble des trois départements de qu’à La Réu nion et en métro pole ; elles nombre des séro lo gies posi ti ves dia -
Guyane, Guadeloupe et Martinique est sont aus si la cause de plus nom breux décès. gnos ti quées chaque année. L’épi démiesouvent désigné sous le nom de
-sur venue en Mar ti nique au mois de juil départements français d’Amérique -En ce qui concerne les mala dies infec
let 1997 a été d’une ampleur sans pré cé -(DFA). tieu ses les pro blè mes sont très dif fé rents
dent dans le dépar te ment et a été à l’ori -de ceux de la France métro po li taine du
gine de plus de 50 cas sévè res recen sésfait d’un envi ron ne ment tro pi cal et des
par la DDASS et de 9 décès.Les auteurs micro-orga nis mes en cause. La dengue
endé mique, avec flam bées épi dé mi ques, Les infec tions vira les sexuel le ment
Pierre BAZELY est responsable dun est sur tout fré quente aux Antil les, plus trans mis si bles (HTLV1, VIH) ont uneservice statistique Antilles-Guyane, qu’à La Réu nion. Elle est devenue un forte pré va lence dans les DFA avec unerattaché à la direction de la santé et pro blème de san té publique majeur endu développement social de la trans mis sion essen tiel le ment hété ro -
Amé rique cen trale, en Amé rique du sudMartinique. sexuelle. En Guyane, elles ont pro vo qué
et dans les Caraï bes. Les for mes hémor - un fort accrois se ment des décès chez lesChris tine CATTEAU est res pon sable n ra gi ques de la dengue (DHF) sont appa -
du ser vice sta tis tique de la direc tion
régio nale des affai res sani tai res et
Taux com pa ra tifs de dé cès par gran des pa tho lo gies pour 100 000 ha bi tants - 1993-1997socia les de La Réunion.
Gua de loupe Mar ti nique Guyane Réu nion
Cau ses mé di ca les
H F H F H F H F Bibli graphie
Ma la dies in fec tieu ses et pa ra si tai res 40,4 26,6 35,6 21,5 76,5 78,1 26,9 19,9
“Etat de san té, offre de soins dans les dont SIDA et in fec tions par le VIH 21,5 8,2 15,7 4,7 44,7 41,8 4,7 1,5
dépar te ments d’outre mer – Tu meurs (les prin ci pa les : can cer du
Gua de loupe, Guyane, Mar ti nique, sein du pou mons) 237,4 156,6 231,0 165,2 244,9 146,5 270,2 160,6
Ma la dies en do cri nien nes, trou blesRéu nion” - Minis tère de l’emploi et de
im mu ni tai res 35,0 57,4 36,6 44,7 32,7 53,3 40,3 65,2la soli da ri té, Dress, série ETUDES
Trou bles men taux 38,2 18,1 32,7 16,4 30,3 21,7 61,3 24,5n° 14- juin 2001.
Ma la dies du sys tème ner veux 31,0 18,2 27,8 21,9 26,2 14,0 31,1 20,1
Ma ladie de l'ap pa reil cir cu la toire 293,6 361,8 265,5 323,4 296,2 390,5 391,5 442,4
dont ma la dies vas cu lai res cé ré bra les 117,4 142,4 106,1 119,4 114,9 150,1 138,5 162,1
Ma la dies de l'ap pa reil res pi ra toire 60,8 44,0 56,6 56,0 56,2 35,4 128,5 91,7
Ma la dies de l'ap pa reil di ges tif 51,7 41,4 38,9 36,2 39,8 29,7 69,7 57,1
Ma la dies des or ga nes gé ni to-uri nai res 18,4 15,8 18,7 12,1 10,9 12,7 21,4 22,4
Affec tions dont l'ori gine vient de la
pé riode pé ri na tale 6,2 5,5 5,4 3,8 12,7 13,2 5,6 3,1
Symp tô mes et états mor bi des mal dé fi nis 47,7 72,3 37,9 51,6 51,2 72,6 54,9 71,8
Cau ses ex té rieu res de trau ma tis mes 125,0 45,8 84,3 36,4 139,6 53,6 117,8 52,7
dont ac ci dents de la cir cu la tion 40,3 7,6 19,8 5,4 36,2 10,6 25,2 5,7
dont sui ci des 16,2 5,3 16,0 4,7 17,3 9,9 32,6 7,9
Au tres ma la dies 12,6 19,6 13,9 13,5 20,1 30,4 10,5 15,6
To tal tou tes cau ses 998,0 889,0 884,8 807,6 1037,4 950,1 1229,7 1046,8
Source : INSERM
Ce ta bleau pré sente les taux de dé cès com pa ra tifs des DOM, per met tant d’éli mi ner les ef fets des dif fé ren tes
struc tu res d’âge des zo nes géo gra phi ques étu diées. Ils ont été cal cu lés en uti li sant la po pu la tion moyenne
m é tro po li taine 1994 comme base de ré fé rence.
26ici et ail leurs
et pro blè mes sociaux
fem mes. Pour elles les décès consé cu tifs pro tégée de la majo ri té des mala dies
au sida ont été mul ti pliés par cinq depuis infec tieu ses, et du sida en par ti cu lier. En
-la période 1987-1990. Le nombre de revanche l’insuf fi sance rénale, l’hyper
décès par sida est impor tant chez les ten sion, le dia bète sont très fré quents.
enfants de moins de cinq ans en Selon une étude récente de l’INSERM,
Guyane ; il l’est éga le ment, mais dans le dia bète affecte 10 % de la popu la tion
une moindre mesure en Gua de loupe, qui réu nion naise et même 18 % dans la
depuis 1996 semble avoir pris les mesu - tranche d’âge 30-69 ans, ce qui est trois
res néces sai res. La Mar ti nique semble, à fois plus que la moyenne métro po li taine.
une excep tion près sur les quatre der niè - On note éga le ment une pré va lence
res années, avoir réglé ce pro blème chez élevée de l’asthme et des mala dies res pi -
les jeu nes enfants. ra toi res en géné ral. Enfin l’impact de
La Réu nion reste en der nière po si -l’alco o lisme reste consi dé rable, il est à
tion pour l’es pé rance de vie.l’ori gine de sui ci des, vio len ces, acci dents Forte pré va lence du dia bète
et de syn dro mes d’alco o lisation fœtale.et de l’hyper ten sion Dans la pre mière semaine de vie la mor -
Aux Antil les on cons tate aus si une forte ta li té reste plus impor tante dans les
Le palu disme est encore très fré quent en pré va lence du dia bète, de l’hyper ten sion DOM qu’en métro pole et repré sente plus
arté rielle et de leurs com pli ca tions (enGuyane : 5 892 cas ont été confir més de la moi tié de la mor ta li té infan tile, et
par ti cu lier l’insu ffi sance rénale chro -bio lo gi que ment en 1995, et 4 936 en même 60 % en Guyane. Une étude de
nique). Les acci dents de la cir c u la tion1999, essen tiel le ment dans la région du l’INSERM montre que dans les DFA les
con tribuent très for te ment à accen tuer laMaro ni. On y cons tate l’exis tence de mères sont plus jeu nes, fument moins
mor ta li té pré ma turée. La consom ma tionchi mio ré sis tan ces aux anti-palu déens, mais vivent plus sou vent seu les au
de crack se déve loppe de façon explo -- -même les plus récents comme l’Halo fan moment de la gros sesse (40 % en Mar ti
sive depuis les années quatre-vingt-dix. nique, 28 % en Guyane, et seu le menttrine. La fièvre jaune y demeure aus si
Le nombre des coups et bles su res ain si 7 % en métro pole). Les hos pi ta li sa tionsune menace per ma nente.
que des homi ci des est par ti cu liè re ment pen dant la gros sesse sont plus nom breu -
À La Réu nion, le palu disme, qui était éle vé par rap port aux autres dépar te - ses dans les DOM qu’en métro pole mais
omni pré sent dans les années cin quante, ments. elles ne com pen sent pas le manque de
a dis pa ru. L’île se trouve aujourd’hui visi tes pré na ta les à l’éta blis se ment où
s’effec tue ra l’accou che ment. En Guyane
une partie de la popu la tion accède dif fi -La pau vre té en toile de fond
ci le ment aux soins et à la pré ven tion, et
Mal gré une amé lio ra tion sen sible des condi - ex plique la forte im mi gra tion vers la Guyane : de nom breu ses fem mes étran gè res fran -
tions de vie la pau vre té est dans les DOM une Bré si liens, Su ri na miens et Haï tiens veu lent -chis sent la fron tière pour venir accou
toile de fond per ma nente. On peut la quan ti fier bien de cette pau vre té là.
par l’in ter mé diaire du seuil de pau vre té. Il est cher.
Si on uti li sait le seuil de pau vre té cal cu lé endé fi ni en France comme étant égal à la moi tié
mé tro pole le nombre de pau vres aug men te rait du re ve nu dis po nible mé dian. Les re ve nus -Bien sou vent l’état de san té d’une popu
for te ment aux Antil les et à La Réu nion.étant dif fé rents d’un DOM à l’autre les seuils la tion est résumée par l’indi ca teur essen -
de pau vre té le sont éga le ment : le seuil de
Les mé na ges pau vres ont plus d’en fants, par - tiel qu’est l’espé rance de vie à la nais -pau vre té suit l’élé va tion du ni veau de vie. La
ti cu liè re ment en Guyane. Il en ré sulte que laproportion de mé na ges pau vres dé pend de la sance. Cette der nière a for te ment
pro por tion d’en fants de moins de 14 ans en si -ré par ti tion plus ou moins iné gale des re ve nus. pro gres sé ces vingt der niè res années, setua tion de pau vre té est de 16 % en Gua de -
loupe, 18 % en Mar ti nique et de 39 % enOn est pauvre par rap port au ni veau de vie rap pro chant, en par ti cu lier pour la Mar -
Guyane. mé dian de ses com pa trio tes. La pau vre té est ti nique, de la moyenne natio nale, qui est
en core plus re la tive entre pays voi sins. Cela de 72,8 ans pour les hom mes et de 74,2
ans pour les fem mes. À La Réu nion, la
Pau vre té se lon la zone géo gra hique pro gres sion, remar quable jus qu’en 1990,
s’est ralentie par la suite. En 1997,
France
Gua de - Mar ti - l’écart avec la m étro pole est de près de
Guyane Réu nion métro po-loupe nique quatre ans, ce qui s’explique par unelitaine
per sis tante sur mor ta li té mas cu line, liée à
20 540 18 320 8 520 18 400nombre de ména ges pau vres ........ une consom ma tion exces sive d ’alco ol.
15,6 14,9 22,8 10,4 11% de ména ges pau vres ..................
15,7 17,3 28,8 9,9 Pierre BAZELY et% de per son nes pau vres ................
Seuil de pau vre té pour une per sonne Chris tine CATTEAU
1 846 2 261 3 067 1 700 3 199seule en 1995 (en frs par mois) .......
Source : INSEE, en quête bud get et fa mil les 1994-1995 pour les DOM, Eu ros tat Pa nel com mu -
nau taire des mé na ges 1994 pour la France mé tro po li taine.
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