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La question de l âme et du corps : (II) corps-âme et dualisme chez ...

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La question de l âme et du corps : (II) corps-âme et dualisme chez ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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S c i e n c ee tc o n s c i e n c e
La question de l’âme et du corps: (II) Corps-âme et dualisme chez Platon ou Des méfaits du corps-tombeau
T. du Puy-Montbrun*
e dualisme, par dÈfinition, dÈsigne uncelle qui entrave notre quÍte du Bien, mode de raisonnement qui, faisantcelle qui est le lieu dÕaffections et de L rÈfÈrence ‡ deux entitÈs, les pose enmaladies, celle qui nous manipule, sous opposition lÕune par rapport ‡ lÕautre. CÕestla fÈrule des dÈsirs qui lÕaniment. Aussi, le cas de lÕ‚me et du corps chez Platon,Ò[É] si nous devons jamais avoir une pour lequel lÕ‚me serait tout lÕhomme et lepure connaissance de quoi que ce soit, il corps quelque chose dÕajoutÈ. Dans lAÕlci-faut nous sÈparer de lui, et, avec lÕ‚me en biade,la primautÈ de lÕ‚me est clairementelle-mÍme, contempler les choses en affirmÈe :Ò Or,du moment que ce nÕest nielles-mÍmes Ó(5). Pour ce faire, il le corps, ni le composÈ des deux [lÕ‚me etimporte de sÕexercer ‡ la maÓtrise de ce le corps] qui est lÕhomme, il reste, je crois,corps rebelle et de le soumettre: Òle ou bien que lÕhomme, ce ne soit rien, oumoyen [É] dÕÍtre le plus prËs de la bien, si cÕest quelque chose, que lÕhommeconnaissance, cÕest dÕavoir le moins pos-ne soit rien dÕautre quÕune ‚me(Ó1)commerce [avec lui], pas davantageet sible Socrate de prÈciser ‡ Alcibiade : Ò [É] dois-de nous associer ‡ lui ‡ moins de radicale je tÕexpliquer, avec un peu plus de clartÈnÈcessitÈ, [É] mais au contraire de nous encore, que cÕest lÕ‚me qui est lÕhomme ? Óen purifier, jusquÕau jour ou la DivinitÈ (2)en personne nous en aura dÈliÈ Ó. Donc, lÕhomme cÕest lÕ‚me. Une telle(6). Seule affirmation ne sera pas sans consÈquencesla mort pourra donc nous dÈlivrer du car-sur le vÈcu que lÕon aura du corps car la pri-can du corps, qui nÕest que le tombeau de mautÈ de lÕ‚me le place, ipso facto, danslÕ‚me. En attendant cette dÈlivrance, il une sorte dÕinfÈrioritÈ, de mal nÈcessaire,importe de se prÈparer ‡ la mort par des de contingence. Ici, le corps nÕapporte rienexercices spirituels: prÈfÈrer la vertu, ‡ la connaissance de soi: Ò[É] connaÓtrerenoncer aux plaisirs, Ítre maÓtre de soi telles ou telles parties de son corps, cÕestconstituent autant de faÁons de sÕaffran-connaÓtre les affaires qui nous appartien-chir de lÕobstacle quÕest le corps. Finale-nent ‡ nous-mÍmes, mais ce nÕest pas sement, lÕespÈrance se nourrit de lÕattente connaÓtre soi-mÍme Ó(3)de cet instant o˘ corps et ‚me se sÈpare-. DÕo˘ ce concept dÕune relation ‡ lÕautre qui ne se ferait queront :pour Platon et les philosophes de dÕ‚me ‡ ‚me: ÒCÕest notre ‚me qui nousson Ècole, la dÈsincarnation est lÕaspira-invite ‡ connaÓtre celui qui prescrit de setion ultime. connaÓtre soi-mÍmeÓ(4). Se connaÓtre, Cette conception dualiste de la distinction sÕaimer, cÕest connaÓtre et aimer lÕ‚me de irrÈductible entre ‚me et corps sÕimpose lÕautre et non son corps. comme Òune vÈritable logique disjonc-Ainsi, pour Platon, le corps nÕest pastive selon laquelle le positif est toujours aimable. Il est ce qui perturbe et sÕopposele ciel, siËge de lÕÈternel, et le nÈgatif tou-‡ la connaissance de ce qui est. Source dejours la terre, siËge de la matÈrialitÈ(Ó7). toutes les illusions, il nous rÈduit en escla-CÕest, en quelque sorte, le fondement de vage. CÕest la part terrestre de lÕhomme,lÕopposition ontologique intelligible/sen-sible. LÕ‚me seule peut arriver ‡ la vÈritÈ, le corps ne peut que sÕy opposer. Ainsi, dans cette analyse platonicienne, Ò jaÕiun corpsÓ mais cÕest un corps de * Service de colo-proctologie, hôpital Léopold-Bellan, Paris.conjoncture, dÕaccident, de hasard, qui est
Le Courrier de colo-proctologie (III) - n° 2 - juin 2002
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‡ mon ‚me comme un vÍtement, sorte dÕenveloppe qui ne vaut que ce que les habits valent. Mais, quel sens aurait alors une mÈdecine du corps? Serait-il mÍme possible de sÕy investir, le corps Ètant objet dÕimperfection ? Si lÕincarnation nÕest pour lÕhomme que lÕincapacitÈ dÕaccÈder ‡ la seule vÈritÈ du monde des idÈes, quelle fin pourrait fonder quÕon sÕoccup‚t du corps ? ¿ un degrÈ de plus, ne pourrait-on sÕinter-roger sur la justification quÕil y aurait ‡ combattre la douleur, la maladie? Finale-ment, pourquoi retarder lÕheure de la dÈli-vrance qui, libÈrant lÕ‚me, ouvre ‡ la vÈritÈ ?Avec le dualisme platonicien, la mÈdecine du corps ne peut Ítre quÕun pis-aller. Seule la mÈdecine de lÕ‚me est digne dÕattention :sÕoccuper de son corps nÕest que la marque dÕune faiblesse ontologique. Ce concept platonicien dÕirrÈductibilitÈ ‚me-corps qui a largement imprÈgnÈ la pensÈe occidentale est, de fait, incompa-tible avec lÕexercice mÈdical. Serait-il concevable de soigner un corps qui ne mÈrite pas de lÕÍtre ? Serait-ce mÍme pos-sible ?NÕy aurait-il pas une contradiction fondamentale ‡ le penser ? Peut-on soigner sans aimer? Peut-on sÕinvestir dans Ð et pour Ð ce qui nÕest pas digne dÕÍtre aimÈ ? Le vouloir reviendrait ‡ concevoir une mÈdecine qui relËverait dÕune dÈmarche de la seule raison : cÕest sous la contrainte de lÕesprit que sÕexerceraient les soins du corps. Mais la mÈdecine ne peut Ítre contrainte. Faire du corps un tombeau, cÕest finale-ment sÕextraire de la condition humaine. SÕil est vrai que ÒajiÓ et quÕenÕun corps ce sens, ce corps est de lÕordre de lÕavoir, il nÕen est pas moins vrai Ð et lÕexpÈrience de la douleur est ici dÈmonstratrice Ð que Òjesuismon corpsÓ et que ce corps est ma faÁon incontournable dÕÍtre au monde. Peut-on dissocier le ÒjÕai malÓ dÕun
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