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A. Ohayon, D. Ottavi et A. Savoye (éds.) – L’éducation nouvelle, histoire, présence et devenir ; n°1 ; vol.151, pg 179-182

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4 pages
Revue française de pédagogie - Année 2005 - Volume 151 - Numéro 1 - Pages 179-182
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juxtapositif de ces contributions. Leur présence dans le même ouvrage est par elle-même une garantie contre les dérives applicationnistes étroites, contre une compréhen-sion réductrice des indications données. Ce livre bat en brèche implicitement la croyance naïve de certains cher-cheurs dans le caractère décisif de résultats touchant à un objet très délimité pour résoudre les problèmes d’appren-tissage des élèves. Comprendre les apprentissages, c’est prendre en compte la complexité de ce qui les détermine et la pluralité des points de vue sur les objets. Les pres-criptions contenues dans les encadrés qui terminent les chapitres («Repères pour l’action») sont d’ailleurs formulées avec une prudence à laquelle il faut rendre hommage.
Sans doute, dans le futur, sera-t-il nécessaire d’aller plus loin encore et de proposer une articulation de ces points de vue, articulation qui reste pour l’instant largement à la charge des enseignants eux-mêmes. Peut-être est-ce d’ailleurs une des raisons de leur difficulté à s’emparer des résultats des recherches. De même, l’articulation entre les connaissances concernant les déterminants de l’activité des élèves (traités ici dans les deux premières parties) et ceux de l’activité des enseignants (auxquels est dédiée la troisième partie) est sans doute un enjeu majeur pour armer les enseignants. Mais ce sont là des projets de re-cherche et non pas un simple projet éditorial.
Finalement, la principale critique qu’on pourrait adres-ser à cet ouvrage extrêmement utile est de ne pas ré-pondre complètement à son ambition déclarée : être un livre pour les enseignants, fournir au lecteur une initiation à ce que les sciences cognitives permettent de comprendre des apprentissages scolaires dans des domaines divers. D’une contribution à l’autre, la réussite est ici inégale. Tous les auteurs ont su dégager ce que leurs résultats avaient de significatif, renvoyant à des bibliographies brèves mais solides ceux de leurs lecteurs qui souhaitent avoir accès aux modes de construction de ces résultats. Mais tous n’ont pas réussi au même degré à proposer un texte accessible au non spécialiste de leur domaine, un texte assez progressivement construit pour présenter les éléments de savoir nécessaires à la compréhension de leur propos.
Une dernière remarque : les auteurs, pour plusieurs, travaillent dans des IUFM ou des laboratoires mixtes uni-versité-IUFM. La loi d’orientation de 1989 confiait à ces instituts une mission de recherche en éducation et rappro-chait ainsi la formation des enseignants et la recherche. Ce n’est à coup sûr pas un hasard si des enseignants-cher-cheurs engagés quotidiennement dans le travail avec des enseignants se montrent particulièrement soucieux d’as-seoir la formation sur des connaissances rigoureuses et
des recherches sur les apprentissages en contexte scolaire, de mettre les connaissances les plus récentes au service de l’action, et de conduire des recherches qui aident à répondre aux questions des praticiens.
Jacques Crinon
IUFM de Créteil & Université Paris 8 (Escol)
OHAYON Annick, OTTAVI Dominique & SAVOYE Antoine (éds.).L’éducation nouvelle, histoire, présence et devenir.Bern : P. Lang, 2004. – 330 pages.
L’ouvrage se partage entre monographies, mises en perspectives historiques ou mises en contraste quand il s’agit de confronter l’idée d’éducation nouvelle à celles d’éducation libérale et d’éducation intégrale, ou d’étudier échanges et correspondancesentre éducation nouvelle et pédagogie psychanalytique, ou encore quand il s’agit d’in-terroger certaines grandes figures de son histoire : Fran-cisco Ferrer (dont c’est le centenaire), Roger Cousinet, Fernand Oury. Ces différents apports se complètent de façon heureuse pour offrir, sinon une synthèse, du moins une évaluation de l’héritage, par ailleurs fort complexe : en effet, comment en fixer les frontières? Où le faire commencer ? Comment l’organiser ? Le projet du livre ne va pas sans rencontrer certaines questions délicates dont celle de la périodisation. L’ouvrage s’inscrit dans la pers-pective d’une histoirecritiquede l’éducation, une histoire à la fois familière et mal connue, diverse dans ses formes et son statut selon qu’elle est faite par ses acteurs ou ses protagonistes (Jacques Pain, Louis Raillon) ou par des chercheurs universitaires. On rencontre ici une autre question, également délicate : la sensibilité aux prises de positions, aux querelles, la perception des batailles idéolo-giques et politiques qui scandent l’histoire de l’Éducation nouvelle. Autrement dit, comment écrire cette histoire sans en faire une histoire trop neutre ou trop lisse, et qui ne puisse donner toute leur ampleur aux enjeux politiques et aux crises qu’elle a pu traverser au cours du siècle ?
L’ouvrage se divise en trois grandes parties : la pre-mière (Anticipations et prolégomènes) est consacrée à l’examen de questions qui historiquement ont précédé le mouvement de l’Éducation nouvelle (il se constitue com-me tel lors du Congrès de fondation de la Ligue interna-tionale pour l’éducation nouvelle à Calais en 1921) ; la se-conde (Une éducation aux confins des sciences humaines) explore les marges, les échanges, les frontières ; la der-nière (Parcours, destins et devenirs) aborde certaines questions rencontrées aujourd’hui par l’éducation nou-velle. Dans un projet de cette nature, on pouvait redouter,
Notes critiques179
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