Cette publication est accessible gratuitement
Lire

AJDUKIEWICZ kazimierz (1890-1963)

De
3 pages
Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis AAJJDDUUKKIIEEWWIICCZZ kkaazziimmiieerrzz ((11889900--11996633)) Philosophe et logicien polonais, né en Galicie, mort à Varsovie. Ajdukiewicz étudie à l'université de Lwów avec Twardowski et Łukasiewicz. Ses thèses de doctorat ont pour titres L'Apriorité de l'espace chez Kant et Méthodologie des sciences déductives. Il étudie aussi les mathématiques et la physique. De 1925 à 1928, il enseigne à l'université de Varsovie, puis à Lwów jusqu'en 1939. Pendant la guerre, il enseigne la physique à l'Institut médical russe de Lwów. Il choisit ensuite de résider en Pologne et enseigne à l'université de Poznán, dont il devient recteur. En 1955, il occupe une chaire de logique à Varsovie. Il participe à de nombreux congrès internationaux, dirige la revue Studia logica, est vice- président, de 1960 à 1962, de la section « logique, méthodologie et philosophie des sciences » de l'Union internationale de l'histoire et de la philosophie des sciences. La vocation philosophique d'Ajdukiewicz s'est éveillée à la lecture de Berkeley ; la question fondamentale est pour lui la suivante : Que sont réellement les choses ? L'évolution globale de ses idées le mène de l'idéalisme au réalisme, de l'apriorisme à l'empirisme ; cette évolution s'est poursuivie toute sa vie. Ce fait ainsi que la grande variété des sujets qu'il a abordés et la subtilité de ses analyses rendent particulièrement difficile une présentation résumée de son œuvre.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

L'épistémologie française - 1830-1970

de editions-materiologiques

L'épistémologie française - 1830-1970

de editions-materiologiques

Hegel à Iéna

de ens-editions

AJDUKIEWICZ kazimierz (1890-1963)

Philosophe et logicien polonais, né en Galicie, mort à Varsovie. Ajdukiewicz étudie à l'université de Lwów avec Twardowski et Łukasiewicz. Ses thèses de doctorat ont pour titres L'Apriorité de l'espace chez Kant et Méthodologie des sciences déductives. Il étudie aussi les mathématiques et la physique. De 1925 à 1928, il enseigne à l'université de Varsovie, puis à Lwów jusqu'en 1939. Pendant la guerre, il enseigne la physique à l'Institut médical russe de Lwów. Il choisit ensuite de résider en Pologne et enseigne à l'université de Poznán, dont il devient recteur. En 1955, il occupe une chaire de logique à Varsovie. Il participe à de nombreux congrès internationaux, dirige la revue Studia logica, est vice-président, de 1960 à 1962, de la section « logique, méthodologie et philosophie des sciences » de l'Union internationale de l'histoire et de la philosophie des sciences.

La vocation philosophique d'Ajdukiewicz s'est éveillée à la lecture de Berkeley ; la question fondamentale est pour lui la suivante : Que sont réellement les choses ? L'évolution globale de ses idées le mène de l'idéalisme au réalisme, de l'apriorisme à l'empirisme ; cette évolution s'est poursuivie toute sa vie. Ce fait ainsi que la grande variété des sujets qu'il a abordés et la subtilité de ses analyses rendent particulièrement difficile une présentation résumée de son œuvre. La grande entreprise de sa vie fut la rédaction de manuels de logique : pas moins d'une dizaine étaient déjà composés en 1962 ; le plus important, une logique pragmatique, fut publié en 1965. Il n'écrivit jamais de programme ou de manifeste en philosophie. Son attitude minimaliste, son anti-irrationalisme, ses recherches de logique et de sémantique le situent dans le mouvement de la philosophie analytique. Les études sémantiques sont pour lui à la base de l'épistémologie. Il est un pionnier de ce que J. Cohen appelle « théorie juridique de la signification » : les énoncés portant sur le sens sont normatifs (de jure). Signifier, ce n'est ni dénoter ni connoter ; le sens d'une expression doit être distingué de l'image associée. Le sens d'une expression est déterminé dans un langage donné par les règles qui gouvernent son usage. Dans un article célèbre Sprache und Sinn publié en 1934 par le Cercle de Vienne, il distingue les règles : 1o axiomatiques, qui exigent une acceptation inconditionnée de certaines propositions (« tout carré a quatre côtés ») ; 2o déductives (étant donné une phrase ou des phrases telles que « quelques oiseaux sont des prédateurs », on doit prohiber le rejet de « quelques animaux prédateurs sont des oiseaux ») ; 3o empiriques, en vertu desquelles on ne peut refuser certaines expressions sans violer leur sens en face de certaines données d'expérience. L'invariance des règles de signification d'un langage L est une condition nécessaire et suffisante pour la synonymie de deux ou plusieurs expressions de ce langage.

C'est Ajdukiewicz qui donne la première formulation du théorème de la déduction pour la logique élémentaire (1920) ; il définit le concept de conséquence logique en termes purement syntactiques. Il analyse la thèse marxiste selon laquelle il y a partout des contradictions internes et rappelle à ses adversaires la nécessité de respecter les lois de la logique. En 1957, il publie contre l'orthodoxie et l'utilitarisme un article sur « la liberté de la science » (méthode, pensée, expression), problème non académique à l'époque.

Il a essentiellement tiré les conséquences de l'idée que la connaissance ne peut être séparée de son expression linguistique. Par son empirisme radical, il a cherché à fonder une structure de la science sans aucun élément a priori ; par son conventionnalisme radical, il a fait des différentes doctrines philosophiques autant de manifestations de langages différents.

Pour la connaissance d'Ajdukiewicz, le lecteur français dispose de son article « Le Problème du fondement des propositions analytiques », in Studia logica, 1958.

Auteur: FRANCOISE ARMENGAUD
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin