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BURIDAN jean (1300 env.-apr. 1358)

Recteur de l'université de Paris en 1328 et en 1340, commentateur d'Aristote et logicien. L'enseignement en logique de Jean Buridan (Summulae logicae) dépend de celui de Pierre d'Espagne et de celui d'Ockham. S'il reçoit du premier la distinction entre la « signification » d'un nom et sa « valeur de suppléance » ou de « substitution », il estime avec le second que toutes les parties d'une énonciation, et non seulement le terme substantif, peuvent remplir la fonction de suppléance. De même, la notion de « simple valeur de suppléance », au sens où l'entendait Pierre d'Espagne, fait place chez lui à la notion de « valeur de suppléance matérielle » des concepts et des noms. Il distingue encore le « concept indifférent », qui désigne plusieurs individus, du « concept propre », qui n'en désigne qu'un seul. Cette distinction est à l'origine de la distinction des « concepts premiers » et des « concepts seconds », et de la double façon de désigner l'individu et l'universel, selon que les concepts les expriment d'une manière appropriée (individuum pro subjecto ; universale pro subjecto) ou signifient la manière de les concevoir (individuum pro forma ; universale pro forma). Cette théorie de l'universel conduit à une théorie de la science, dont toutes les propositions concernant un même sujet universel trouvent en celui-ci leur unité. Quoique disciple d'Ockham, Buridan rejette sa notion de « valeur de suppléance personnelle », selon laquelle un terme commun tient la place de réalités individuelles. Cela l'amène à dire que, dans l'ordre de la « signification » et dans celui de la « valeur de suppléance », le mot n'a pas par lui-même de vertu propre, et à condamner l'ockhamisme en sa qualité de recteur de l'université (1340). Il rejette l'idée qu'une mutation quantitative supprime l'immutabilité de l'essence et, dans un autre ordre, que toute preuve se réduise au premier principe. À la thèse de Nicolas d'Autrecourt selon laquelle on ne peut prouver l'existence d'une chose à partir de l'existence d'une autre, il oppose donc sa notion de démonstration à partir de prémisses hypothétiques. Sans doute est-ce en raison de cette position épistémologique qu'il n'atteint pas la certitude philosophique sur le problème de savoir si l'homme est libre. Dans ses commentaires des livres d'Aristote (notamment sur la philosophie de la nature et la métaphysique), il défend, entre autres, les idées de rotation de la Terre, d'érosion, d'impetus comme qualité de nature permanente.

Auteur: FRANCIS RUELLO
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