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CÉNACLE le petit

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis CCÉÉNNAACCLLEE llee ppeettiitt Petite communauté romantique dont l'existence se situe entre les années 1829 et 1833 et qui se composait d'étudiants en beaux-arts, épris de littérature nouvelle ; le « Petit Cénacle » rend hommage, par son nom, au Cénacle de Victor Hugo. Certains, comme Théophile Gautier et Gérard de Nerval, connurent la célébrité de leur vivant et contribuèrent, le premier surtout avec son Histoire du romantisme, à faire connaître le reste du groupe ; Napoléon Thom (Thomas) et Bouchardy (qui devint par la suite un auteur de drames de boulevard à succès) étaient graveurs ; étaient architectes Léon Clopet, le facétieux Jules Vabre (immortalisé par un projet de traité qui ne vit jamais le jour : De l'incommodité des commodes), ainsi que Pétrus Borel, qui étudie le dessin dans l'atelier d'Eugène Devéria, en attendant de publier ses recueils de poèmes et de nouvelles, Rhapsodies (1833) et Champavert (1834). Son ascendant naturel fait un peu de Pétrus Borel l'âme du Petit Cénacle. Un peu plus âgé que ses camarades, qui sont tous en 1829 des moins de vingt ans, il jouit aussi du prestige d'une barbe abondante qui fait leur admiration et leur envie.
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CÉNACLE le petit

Petite communauté romantique dont l'existence se situe entre les années 1829 et 1833 et qui se composait d'étudiants en beaux-arts, épris de littérature nouvelle ; le « Petit Cénacle » rend hommage, par son nom, au Cénacle de Victor Hugo. Certains, comme Théophile Gautier et Gérard de Nerval, connurent la célébrité de leur vivant et contribuèrent, le premier surtout avec son Histoire du romantisme, à faire connaître le reste du groupe ; Napoléon Thom (Thomas) et Bouchardy (qui devint par la suite un auteur de drames de boulevard à succès) étaient graveurs ; étaient architectes Léon Clopet, le facétieux Jules Vabre (immortalisé par un projet de traité qui ne vit jamais le jour : De l'incommodité des commodes), ainsi que Pétrus Borel, qui étudie le dessin dans l'atelier d'Eugène Devéria, en attendant de publier ses recueils de poèmes et de nouvelles, Rhapsodies (1833) et Champavert (1834). Son ascendant naturel fait un peu de Pétrus Borel l'âme du Petit Cénacle. Un peu plus âgé que ses camarades, qui sont tous en 1829 des moins de vingt ans, il jouit aussi du prestige d'une barbe abondante qui fait leur admiration et leur envie. Il y a aussi Augustus Mac Keat (Auguste Maquet, futur collaborateur d'Alexandre Dumas) ; Philotée O'Neddy (Théophile Dondey), l'auteur de Feu et Flamme ; Célestin Nanteuil, l'imagier du romantisme ; le sculpteur Jehan du Seigneur (Jean Duseigneur), qui modèle des médaillons de plâtre à l'effigie de ses camarades, le plus bel ornement de son atelier avec une tête de mort qui trône au-dessus du manteau de la cheminée ; Gérard de Nerval, qui est tout auréolé du prestige de connaître Victor Hugo et qui lui servira d'intermédiaire quand il faudra organiser la défense d'Hernani ; Théophile Gautier, enfin, qui hésite encore entre la poésie et la peinture.

Les réunions se tinrent tout d'abord dans l'atelier de Jehan du Seigneur, rue de Vaugirard, accueillant et plein d'objets hétéroclites, puis dans une maison dotée d'un jardin, en haut de la rue Rochechouart, surnommée le Camp des Tartares : il y fut tenté une intéressante expérience de vie naturelle, jusqu'à ce que les voisins excédés par le vacarme ne fassent expulser les nouveaux Robinsons Crusoés, qui se retranchèrent alors dans un appartement loué par Pétrus Borel, rue d'Enfer.

Le Petit Cénacle ne se définit pas comme une école, mais comme une communauté de plaisirs et de goûts, l'extrême jeunesse de ses membres et les difficultés matérielles qu'ils connaissent les poussant spontanément à se créer un foyer. C'est la vie de bohème, pleine de fantaisie et de gaieté, avec des moments grandioses de mystifications macabres, d'orgies et de beuveries. Cette frénésie, qui correspond plus à un jeu littéraire qu'à une réalité, traduit, cependant, leur immense appétit de vie, leur haine de la mesure et de la grisaille des classiques. Leur anticonformisme s'affiche par la singularité d'un costume volontiers médiévalisant et par une surabondance de chevelure qui seront bientôt le signe de ralliement de tous les Jeune-France et de tous les bousingots de Paris.

Tous sont animés d'un idéalisme profond qui se manifeste dans leurs aspirations comme dans leurs préoccupations exclusivement artistiques, ciment de cette petite communauté qui est aussi et surtout une « camaraderie » où l'on s'épaule, où l'on s'encourage et où l'on est assuré de trouver un public bienveillant. Leur ralliement aux idées nouvelles est inconditionnel. Rapins pour la plupart, ils sont fous de littérature, et cette association constitue l'originalité maîtresse de leur art qui y gagne en vie et en couleur. Ils sont romantiques avec passion, avec plus d'intensité et d'éclat peut-être que les grands du romantisme, et les œuvres d'un Borel ou d'un O'Neddy comptent parmi les plus beaux morceaux de cette mode frénétique qui s'inspire de Byron.

Les poètes se firent l'organe du groupe en édictant quelques théories dont le vague et la généralité supprimaient toute possibilité de dissension : avènement d'une république des lettres, révolution sociale passant par la révolution de l'art. Mais ce républicanisme resta surtout théorique, l'art demeurant toujours le sujet de leurs préoccupations constantes au point de leur faire récuser l'appellation, devenue trop politisée, de bousingots, mot à l'origine duquel ils se trouvaient pourtant et qu'ils contribuèrent à répandre dans la France romantique des années 1830.

Auteur: FRANCE CANH-GRUYER
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