Cette publication est accessible gratuitement
Lire

CHABOD federico (1901-1960)

De
3 pages
Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis CCHHAABBOODD ffeeddeerriiccoo ((11990011--11996600)) C'est à ses origines et à sa naissance valdotaines que Federico Chabod doit d'avoir toujours pratiqué parfaitement les deux langues, le français et l'italien. Mais son tour d'esprit, sa culture, l'organisation philosophique de sa pensée appartiennent à l'Italie. Il est nourri de néo-hégélianisme et il a reconnu Benedetto Croce comme son maître en publiant par exemple ses Studi di storia di Rinascimento dans un recueil destiné à honorer le philosophe à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire (1950). Plus encore le portrait qu'il trace de Machiavel (à partir de Niccolo Machiavelli, in Enciclopedia italiana, vol. XXXI, 1934 ; aujourd'hui in Eunaudi dir., Scritti su Machiavelli, Turin, 1964), en qui les trois moments de l'esprit, la logique, la politique et l'éthique coexistent pour se fondre en un tourbillon de ferveur créatrice, décrit certes avec beaucoup de précision et sans doute de ressemblance le politiste florentin, mais dans une forme et avec des moyens constitués dans la péninsule à la veille de la Première Guerre mondiale. Des Français peuvent s'étonner de cette association de la philosophie et de l'histoire : elle était usuelle outre-monts bien avant de nous parvenir.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Définition et synonyme de : AVERROÏSME

de Encyclopaedia-Universalis

Tacite

de fayard

VEUILLOT louis (1813-1883)

de Encyclopaedia-Universalis

CHABOD federico (1901-1960)

C'est à ses origines et à sa naissance valdotaines que Federico Chabod doit d'avoir toujours pratiqué parfaitement les deux langues, le français et l'italien. Mais son tour d'esprit, sa culture, l'organisation philosophique de sa pensée appartiennent à l'Italie. Il est nourri de néo-hégélianisme et il a reconnu Benedetto Croce comme son maître en publiant par exemple ses Studi di storia di Rinascimento dans un recueil destiné à honorer le philosophe à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire (1950). Plus encore le portrait qu'il trace de Machiavel (à partir de Niccolo Machiavelli, in Enciclopedia italiana, vol. XXXI, 1934 ; aujourd'hui in Eunaudi dir., Scritti su Machiavelli, Turin, 1964), en qui les trois moments de l'esprit, la logique, la politique et l'éthique coexistent pour se fondre en un tourbillon de ferveur créatrice, décrit certes avec beaucoup de précision et sans doute de ressemblance le politiste florentin, mais dans une forme et avec des moyens constitués dans la péninsule à la veille de la Première Guerre mondiale. Des Français peuvent s'étonner de cette association de la philosophie et de l'histoire : elle était usuelle outre-monts bien avant de nous parvenir. Au demeurant, elle n'affecte pas un génie d'historien formé d'acuité et de rigueur dans l'analyse des documents, par le talent avec lequel il sait mettre en rapport les faits établis de l'histoire générale avec les idées, par l'enrichissement progressif du point de vue qui s'étend au cours des ans vers l'histoire sociale.

Il n'avait que vingt-six ans lorsque, dans le séminaire d'histoire de la faculté de Berlin, il défendit contre le célèbre Meinecke la thèse de l'unité de composition du Prince et l'emporta. Dès 1928 et jusqu'à 1943, il collabora à l'Enciclopedia italiana. Sa carrière académique fut probablement freinée par une opposition discrète, mais ferme au régime fasciste. Professeur à l'université de Pérouse (1934), puis de Milan (1938), il poursuit ses travaux sur la Renaissance (Giovanni Botero, 1933 ; Lo Stato di Milano nell'impero di Carlo V, 1934 ; Per la storia religiosa dello stato di Milano durante il dominio di Carlo V, 1938).

Il désapprouve l'entrée en guerre de l'Italie. Et, pendant la prétendue république de Salò, c'est-à-dire l'occupation allemande, le voilà chef d'un groupe de partisans. Il devient en 1946 le premier président du val d'Aoste. La même année, il occupe une chaire à l'université de Rome. Son enseignement est celui d'un savant : il a trop d'élévation pour ne pas mépriser les blandices et n'obtient jamais de popularité chez les étudiants ; mais il trouve des disciples fervents, amis de l'histoire, qui viennent l'entendre du monde entier. En 1948 il prend la direction de la Rivista storica italiana ; il dirigeait depuis 1947 l'Institut italien pour les études historiques ; il sera président de la commission internationale d'histoire.

Il poursuit aussi ses recherches sur le xvie siècle : par exemple Paolo Giovio (1954) ; ou Esiste uno stato del Rinascimento (1957), d'ailleurs précédé d'un exposé en Sorbonne sous le même titre en français (1956). Mais les horizons s'élargissent. Outre un petit ouvrage sur L'Idea di nazione, il faut noter La Politica estera italiana dal 1871 al 1896 dont le premier volume est paru en 1951 et surtout L'Italie contemporaine (1918-1948) où nous ne savons trop si l'on doit surtout admirer la pénétration du jugement malgré les lacunes (avouées et dues au manque de recul) de la documentation ou cette prodigieuse objectivité qui parvient à proclamer et à effacer en même temps l'aversion de l'auteur contre Mussolini et sa politique. Historien complet, Federico Chabod n'a pas hésité à parler de son temps en donnant à la fois une grande leçon d'engagement et une grande leçon d'histoire.

Auteur: BERNARD GUILLEMAIN
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin