Cette publication est accessible gratuitement

Partagez cette publication

Publications similaires

Vous aimerez aussi

Définition de libertinage

de Encyclopaedia-Universalis

Définition et synonyme de : TRAGIQUE

de Encyclopaedia-Universalis

suivant
DAUDET alphonse (1840-1897)

Romancier français, Alphonse Daudet est né à Nîmes dans une famille aisée. Cependant, à la suite de la ruine de son père, il doit abandonner ses études et, à dix-sept ans, il doit travailler comme répétiteur au collège d'Alès. Cette pénible expérience, menée pendant deux ans, constituera la matière autobiographique de son premier roman, Le Petit Chose (1868). En 1857, il rejoint pourtant à Paris son frère aîné Ernest et fait paraître l'année suivante ses vers de jeunesse, Les Amoureuses. Après que le duc de Morny l'eut pris comme secrétaire particulier, Alphonse Daudet s'essaya, avec un succès inégal, à divers genres littéraires : il écrivit des nouvelles et des contes, Le Roman du Chaperon rouge (1862), et subit plusieurs échecs au théâtre. Les Lettres de mon moulin (1869), qu'il écrivait en secret depuis longtemps, lui donnent brusquement la célébrité. Il y déploie un talent sûr de conteur provençal : ce sont des récits pleins d'une sensibilité, d'une vie et d'un humour qu'il accentuera peu après dans Tartarin de Tarascon (1872), caricature où apparaît déjà un réalisme plus outré. Avec Le Petit Chose, ces livres sont parmi les plus populaires de notre littérature, et sans doute le doivent-ils à leur verve et à leur aisance, qui n'empêchent pas l'observation psychologique de rester précise. Après la guerre de 1870, Daudet rapporte ses souvenirs dans les Contes du lundi (1873), tandis que son drame en trois actes inspiré des Lettres de mon moulin, L'Arlésienne (1872), pour lequel Bizet écrit la musique, suscite un triomphe. Mais Daudet s'oriente maintenant vers la littérature naturaliste : il entreprend un véritable travail de documentation, amasse quantité de notes, remplit des cahiers et des observations, notamment celles qu'il a pu faire lorsqu'il était secrétaire du duc de Morny, au début de sa carrière parisienne. Fromont jeune et Risler aîné (1874) est le premier roman où se repère cette évolution qui le rapproche de Zola ou des Goncourt. Dans Le Nabab (1877), il exploite sa connaissance des milieux des affaires et de la politique.

Zola lui-même salue cette œuvre naturaliste ; toutefois, Daudet ne suivra jamais entièrement le maître ; la sensibilité, l'émotion resteront son moyen de saisir le monde : il ne se départ pas de son aisance de conteur, et s'il se réfère à présent à des théories littéraires, manifestant un souci d'objectivité et de réalité, il conserve la sincérité et la bonne humeur de ses débuts. Ainsi son écriture « naturaliste » sera-t-elle optimiste, douée de bonté, et ne portera jamais vraiment une condamnation de la société. Bien au contraire, si la constante présence de l'auteur, exprimée par des points de vue, des sourires, une grande tendresse, ne nuit pas à la rigueur du tableau, elle contribue pourtant à lui donner une légèreté et une fantaisie qui distinguent les livres d'Alphonse Daudet de ceux de l'école naturaliste. Ses derniers romans, regroupés sous le sous-titre de Mœurs parisiennes, sont des tableaux de la vie parisienne dans tel ou tel groupe social, les artistes dans Sapho (1888), les académiciens dans L'Immortel (1885). Le plaisir de conter est le même, peut-être seulement plus conventionnel ici, celui qui fit le succès ininterrompu d'Alphonse Daudet.

Auteur: ANTOINE COMPAGNON
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin