Cette publication est accessible gratuitement
Lire

Définition de : GESTION DES RESSOURCES

De
5 pages
Article publié par Encyclopaedia Universalis GESTION DES RESSOURCES La question de la gestion des ressources est au centre des réflexions de l'économiste. Elle devrait, théoriquement, être envisagée de deux façons différentes : d'une part, la gestion des ressources telle qu'elle a lieu effectivement (analyse positive) dans les sociétés existantes, ou ayant existé ; d'autre part, la gestion des ressources telle qu'elle devrait être (analyse normative), de sorte qu'elle soit la meilleure possible, selon un critère à préciser. En fait, il est très difficile de séparer l'une et l'autre approches : l'économiste ne peut s'empêcher d'examiner la situation telle qu'elle est sans avoir en vue ce qu'elle devrait être, selon lui. Cette remarque vaut tout aussi bien pour les unités élémentaires de l'économie, ménages et entreprises, que pour l'économie prise dans son ensemble. Gestion des ressources et choix individuels La gestion des ressources par les individus, qu'ils soient consommateurs ou producteurs, prend, dans la réalité, des formes très variées, tant elle dépend de la psychologie individuelle, des us et coutumes, de l'incertitude concernant le futur, des possibilités offertes par la technique, etc.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

GESTION DES RESSOURCES

La question de la gestion des ressources est au centre des réflexions de l'économiste. Elle devrait, théoriquement, être envisagée de deux façons différentes : d'une part, la gestion des ressources telle qu'elle a lieu effectivement (analyse positive) dans les sociétés existantes, ou ayant existé ; d'autre part, la gestion des ressources telle qu'elle devrait être (analyse normative), de sorte qu'elle soit la meilleure possible, selon un critère à préciser. En fait, il est très difficile de séparer l'une et l'autre approches : l'économiste ne peut s'empêcher d'examiner la situation telle qu'elle est sans avoir en vue ce qu'elle devrait être, selon lui. Cette remarque vaut tout aussi bien pour les unités élémentaires de l'économie, ménages et entreprises, que pour l'économie prise dans son ensemble.

Gestion des ressources et choix individuels

La gestion des ressources par les individus, qu'ils soient consommateurs ou producteurs, prend, dans la réalité, des formes très variées, tant elle dépend de la psychologie individuelle, des us et coutumes, de l'incertitude concernant le futur, des possibilités offertes par la technique, etc. Le théoricien est donc inévitablement conduit à envisager des individus type, réduits à quelques paramètres simples (échelle de préférences, droit de propriété, combinaisons permises par la technique), en cherchant à répondre à la question : comment ces individus doivent-ils agir pour gérer au mieux leurs ressources ? Son point de vue est donc clairement normatif (recherche des bonnes décisions) même s'il nourrit le secret espoir que les vrais consommateurs et producteurs agissent effectivement (ou approximativement) selon la norme, qualifiée souvent de comportement rationnel.

Le consommateur va ainsi être réduit à un homo œconomicus, c'est-à-dire à une sorte de robot qui classe toutes les éventualités possibles selon une échelle de préférences qui traduit ses goûts, et qui cherche à atteindre celle qui est la plus haute sur cette échelle, compte tenu des ressources dont il dispose. Souvent, on associe un nombre à chaque barreau de l'échelle de préférences, nombre appelé satisfaction ou utilité. Le théoricien cherche alors à déterminer celle des éventualités (ou paniers de biens) qui maximise l'utilité du consommateur. Pour cela, il doit toutefois préciser les ressources (en biens et en temps, par exemple) dont dispose le consommateur et, surtout, les possibilités qu'il a d'augmenter son utilité à travers l'échange. Si les prix sont donnés et indépendants de ses décisions (cas le plus simple), il va alors évaluer ses ressources à ces prix (son revenu) et choisir, parmi les paniers de biens qu'il peut acheter avec ce revenu, celui qui maximise son utilité. Ces choix, pour divers prix et revenus, vont se traduire par la fonction de demande du consommateur. La demande est donc supposée découler d'une gestion optimale des ressources par celui qui la formule.

La situation est un peu différente dans le cas du producteur, où l'existence de contraintes techniques bien précises, et d'objectifs quantifiables, vient remplacer le flou et la diversité de la psychologie individuelle. La gestion des ressources prend alors la forme de programmes pouvant nécessiter l'utilisation de puissants moyens mathématiques et informatiques – par exemple, l'utilisation d'une flotte de camions pour desservir au moindre coût une région ; ou la mise en œuvre de capacités de production suffisantes, mais non excédentaires, pour alimenter en électricité un réseau donné. La résolution de ces programmes relève de ce qu'on appelle la recherche opérationnelle – dont la programmation linéaire, de loin la plus au point.

Ces techniques de gestion peuvent être utilisées au niveau de l'entreprise, mais aussi d'un pays, dans son ensemble, dans le cadre d'une planification centralisée. La mise en place de réseaux – énergétiques, de transport, de télécommunications – suppose aussi la mise en œuvre de modèles complexes, où certaines contraintes sont souvent imposées telle l'obligation de servir tout le monde au même tarif de base. La gestion des ressources peut être alors accomplie directement par l'État – comme cela a été le cas en France et dans de nombreux pays après la Seconde Guerre mondiale –, ou de façon indirecte, par le biais d'autorités de régulation, qui imposent des règles, décident du nombre de participants, discutent des tarifs, etc.

Gestion des ressources et critère collectif

Le ménage, l'entrepreneur et, d'une certaine façon, le planificateur, gèrent leurs ressources selon un critère simple (du moins en théorie) : maximiser le bien-être (individuel ou d'ensemble) ou le profit. Cependant, la situation est bien plus compliquée dès qu'on envisage une collectivité où les intérêts peuvent diverger. Les économistes mettent alors en avant le critère de Pareto, qui est un critère unanimiste : une éventualité A sera préférée, selon ce critère, à une éventualité B, si tous les membres de la société préfèrent A à B. Ils appellent optimum de Pareto toute éventualité telle qu'il n'existe pas d'autre éventualité qui lui soit préférée selon le critère de Pareto. Mais celui-ci ne permet évidemment pas de comparer toutes les éventualités possibles : en règle générale, l'unanimité est plus l'exception que la règle. C'est ainsi que si A procure plus de satisfaction à x que B, et que si c'est le contraire pour y, alors A et B ne peuvent être classés selon le critère de Pareto.

La gestion collective des ressources suppose donc, d'une façon ou d'une autre, de faire des comparaisons interpersonnelles d'utilité, ou de satisfaction : on cherche à évaluer l'impact de telle ou telle mesure sur les divers individus, ou couches de la population, puis on construit un indice de satisfaction globale, qui peut faire intervenir une certaine forme de redistribution (en donnant, par exemple, un poids relativement plus élevé aux personnes ayant un faible revenu). Ou, alors, dans une logique de droits, on peut imposer des contraintes du genre droit à l'éducation, droit au logement, etc., qui, par leur affectation, mais aussi par les prélèvements qu'elle suppose, prédétermineront en partie la gestion des ressources.

Un cas particulier de gestion collective des ressources est celui de la politique économique menée par l'État, avec pour objectif réduire le chômage ou l'inflation, stimuler la croissance, etc. Pour cela, les autorités publiques disposent d'un certain nombre de moyens qui leur permettent d'intervenir à un niveau macroéconomique, global (à la différence de la planification ou de la réglementation, à l'action plus microéconomique). C'est ainsi que la Banque centrale peut chercher à stimuler, ou au contraire à freiner, l'activité économique en agissant sur le taux d'intérêt. L'État peut aussi agir à travers ses dépenses – de fonctionnement, d'investissement, d'aide sociale – ou les prélèvements qu'il effectue – impôts et taxes. Ces instruments sont ceux de la politique économique : les premiers relèvent de la politique monétaire, les seconds de la politique budgétaire. Leurs effets, concernant la production, la croissance, l'emploi, la hausse des prix, etc. (l'affectation globale des ressources), donnent lieu à d'âpres discussions entre les économistes – sur leurs mérites respectifs, ou tout simplement sur leur nécessité. Ce qui est en jeu, c'est la pertinence des modèles – traduction des représentations théoriques des économistes – mais aussi celle de l'évaluation, économétrique, de leurs conséquences en ce qui concerne, par exemple, la politique économique.

Auteur: Bernard GUERRIEN
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin