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Définition de : GROUPE

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Article publié par Encyclopaedia Universalis G R O U P E On définira le groupe comme un ensemble de personnes partageant une identité commune ou ayant des opinions, des fins communes. On distingue différentes sortes de groupes : le groupe primaire, la foule, la bande, et le groupe secondaire, le groupement, association ou organisation, qui rassemble un assez grand nombre d'individus en vue de tâches différenciées et qui régit les rapports de ces individus entre eux et par rapport à l'institution, selon des structures et des règles de fonctionnement préétablies. La notion de groupe, objet de la psychologie sociale, introduit dans les grands modèles de société globale, forgés par la sociologie européenne, une complexité interne par une prise en considération de l'individu et de ses modes d'insertion sociale. S'y ajoute une prise en considération des affects dans les liens sociaux. La sociologie européenne fut longtemps soucieuse de comprendre la société comme un tout et de chercher la façon dont ce tout s'inscrivait dans un devenir historique (d'où le poids de l'évolutionnisme et celui des philosophies de l'histoire). Il n'en alla pas de même aux États-Unis où une sociologie, plus soucieuse d'analyser les formes de socialisation de l'individu et ses résistances aux phénomènes de massification, s'ouvrit à l'étude des groupes.
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GROUPE

On définira le groupe comme un ensemble de personnes partageant une identité commune ou ayant des opinions, des fins communes. On distingue différentes sortes de groupes : le groupe primaire, la foule, la bande, et le groupe secondaire, le groupement, association ou organisation, qui rassemble un assez grand nombre d'individus en vue de tâches différenciées et qui régit les rapports de ces individus entre eux et par rapport à l'institution, selon des structures et des règles de fonctionnement préétablies.

La notion de groupe, objet de la psychologie sociale, introduit dans les grands modèles de société globale, forgés par la sociologie européenne, une complexité interne par une prise en considération de l'individu et de ses modes d'insertion sociale. S'y ajoute une prise en considération des affects dans les liens sociaux.

La sociologie européenne fut longtemps soucieuse de comprendre la société comme un tout et de chercher la façon dont ce tout s'inscrivait dans un devenir historique (d'où le poids de l'évolutionnisme et celui des philosophies de l'histoire). Il n'en alla pas de même aux États-Unis où une sociologie, plus soucieuse d'analyser les formes de socialisation de l'individu et ses résistances aux phénomènes de massification, s'ouvrit à l'étude des groupes. Les travaux de Charles Horton Cooley, de William Lloyd Warner, d'Elton Mayo, de Paul Lazarsfeld et de Bernard Berelson, ainsi que ceux de Kurt Lewin et de Jacob Moreno, jalonnent ce parcours.

Cooley, qui inventa le terme de groupe primaire, le caractérisait par des relations directes de présence à présence, par une forte solidarité se traduisant dans une vive sympathie et une identification mutuelle et fondée sur la fusion des individus dans le « nous » commun. Dans ses premières études sur la stratification consacrées à Newburyport (Yankee City), Warner met en évidence le rôle que joue la clique (constituée de groupes fermés) dans celle-ci et son influence dans la mobilité sociale. En 1933, l'ouvrage d'Elton Mayo, The Human Problems of an Industrial Civilization, soulignera l'importance des liens de groupe sur la productivité des ouvriers à partir d'une enquête dans l'usine de la Western Electric à Hawthorne (Illinois). Plus tard, des conclusions identiques seront tirées de l'enquête The American Soldier qui montrait que le soldat se bat pour défendre ses amis ou pour se conformer aux attentes d'un petit groupe de camarades, plus que par haine de l'ennemi. Plus significatifs seront les travaux de Lazarsfeld, puis de Berelson, sur les communications de masse. Contre une certaine image de la société qui soulignait son extrême division en des millions d'atomes individuels mitraillés par les médias, ils découvrent le rôle primordial des environnements de proximité dans la réception des messages, montrent le rôle des leaders d'opinion et la multiplicité des filtres entre médias et récepteurs.

Mais l'analyse et la théorisation de la notion de groupe restent attachées à Kurt Lewin, d'une part, et à Jacob Moreno, de l'autre. Pour Kurt Lewin (1948), le groupe est un tout qui constitue, avec son entourage immédiat, une structure dynamique (un champ), dont les principaux éléments sont les sous-groupes, les membres, les canaux de communication, les barrières. Stabilité et modifications s'expliquent par un jeu de forces psychosociales. Le groupe auquel s'est intéressé Lewin a un nombre restreint de membres, ce qui leur permet d'établir des relations d'affinité. Le groupe constitue une microculture possédant ses croyances, ses normes, son langage, ses traditions et une énergie propre à la conservation du groupe et à son évolution. Lewin a essayé de rendre, par une représentation graphique, la dynamique de groupe. On peut inscrire dans le même registre de recherche les travaux de Robert Bales (1950) sur les processus d'interaction, d'échange entre les membres du groupe, et entre ces derniers et le monde extérieur. Proposant une autre approche, Jacob Moreno (1969) forge le concept de « socianalyse ». Tout groupe possède une organisation formelle qui correspond à ses structures consciente et inconsciente. L'attraction et la répulsion entre les individus, et les groupes, suivent des lois sociodynamiques. Plus soucieux de pratique que de théorisation, Moreno invente sociodrame et sociométrie. Le but de la thérapie de groupe étant d'amener les groupes « malades » d'un faible niveau à un niveau élevé de cohésion et de communication. L'importance de cet auteur est moins dans la rigueur (relative) de ses travaux que dans le fait qu'il a ouvert de nouveaux champs d'étude à la psychologie sociale et à ses applications. Mais, dans ce courant psychanalytique, il faut surtout noter les travaux de Siegmund Foulkes (1965) et ceux de Didier Anzieu (1975). Quelle que soit l'importance des études sur les groupes, on ne saurait oublier qu'une société est autre chose qu'une mosaïque de gangs, de clubs, de syndicats, etc.

Auteur: André AKOUN
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