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Définition de : ORIENTATION SCOLAIRE

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Article publié par Encyclopaedia Universalis ORIENTATION SCOLAIRE L'orientation scolaire est l'ensemble des processus sociaux, psychosociaux et psychologiques par l'intermédiaire desquels les élèves sont affectés à certaines filières de formation plutôt qu'à d'autres. Lorsque ces filières sont peu différenciées et que leurs objectifs principaux concernent essentiellement la formation générale, l'orientation scolaire se distingue assez nettement de l'orientation professionnelle. Ce n'est plus le cas lorsque des filières spécifiées préparent préférentiellement à certains groupes de professions plutôt qu'à d'autres. Les orientations scolaires deviennent alors des orientations professionnelles. Bien que fréquente, la distinction entre l'orientation et la sélection est toute relative, même si le premier terme, avec ses connotations positives lorsqu'elle n'est pas imposée, évoque la liberté et le second, généralement connoté négativement, la contrainte. Si les sujets émettent bien des choix d'orientation, l'institution qui les valide procède à une sélection qui peut être plus ou moins sévère. La population scolaire étant répartie entre des filières d'inégale valeur quant aux bénéfices que l'on peut escompter tirer de leur fréquentation, les processus d'orientation peuvent être décrits comme des processus de sélection. Il y a deux grandes manières, complémentaires, de considérer les processus d'orientation.
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ORIENTATION SCOLAIRE

L'orientation scolaire est l'ensemble des processus sociaux, psychosociaux et psychologiques par l'intermédiaire desquels les élèves sont affectés à certaines filières de formation plutôt qu'à d'autres. Lorsque ces filières sont peu différenciées et que leurs objectifs principaux concernent essentiellement la formation générale, l'orientation scolaire se distingue assez nettement de l'orientation professionnelle. Ce n'est plus le cas lorsque des filières spécifiées préparent préférentiellement à certains groupes de professions plutôt qu'à d'autres. Les orientations scolaires deviennent alors des orientations professionnelles. Bien que fréquente, la distinction entre l'orientation et la sélection est toute relative, même si le premier terme, avec ses connotations positives lorsqu'elle n'est pas imposée, évoque la liberté et le second, généralement connoté négativement, la contrainte. Si les sujets émettent bien des choix d'orientation, l'institution qui les valide procède à une sélection qui peut être plus ou moins sévère. La population scolaire étant répartie entre des filières d'inégale valeur quant aux bénéfices que l'on peut escompter tirer de leur fréquentation, les processus d'orientation peuvent être décrits comme des processus de sélection.

Il y a deux grandes manières, complémentaires, de considérer les processus d'orientation. La première approche consiste à se demander de quelle façon une population à l'origine peu différenciée se trouve ventilée dans des formations diverses (et consécutivement dans des emplois). C'est adopter un point de vue macrosociologique ou économique. La seconde approche examine comment des individus, à l'origine indéterminés, parviennent à formuler des préférences et des projets ou à accepter certaines orientations qui leur sont plus ou moins imposées. Le point de vue adopté ici est plutôt psychologique. Dans le premier cas, on parlera d'orientation-répartition et, dans le second, d'orientation individuelle.

L'orientation-répartition

Les systèmes de formation remplissent deux grandes fonctions : transmettre une culture, c'est-à-dire un ensemble de connaissances, de références et de valeurs, et préparer à divers rôles socioprofessionnels. Pour remplir cette dernière fonction, la structure des systèmes de formation prend la forme d'un arbre : un tronc commun de durée variable, de grosses branches correspondant à des secteurs de la connaissance et des branches plus minces correspondant à des formations professionnelles. À chaque embranchement ou palier d'orientation, la population scolaire est segmentée. Dans un même système de formation, des modes divers de segmentation peuvent être mis en œuvre : l'accès à une filière peut être décidé par un collectif d'enseignants qui opèrent en amont de cette filière ou dans cette filière ; il peut aussi être subordonné à la réussite à un examen ou à un concours.

En principe, la répartition des élèves se fait selon le mérite scolaire ou selon les aptitudes requises par chaque filière, aptitudes que l'on a beaucoup de mal à définir, même grossièrement. Cependant, les travaux sociologiques ont montré qu'à réussite scolaire identique l'origine sociale des élèves pesait fortement sur l'orientation. Si on la juge à partir de critères relatifs à l'égalité des chances ou à la démocratisation de l'orientation, la répartition des élèves n'est donc pas très satisfaisante. Trop timides, les politiques éducatives n'ont pas permis une forte réduction des inégalités sociales devant l'orientation, inégalités qui ont d'ailleurs changé de nature avec la généralisation de l'enseignement secondaire. En revanche, les inégalités d'orientation entre filles et garçons ont été réduites.

Un autre critère permettant d'apprécier la répartition obtenue relève de ses conséquences économiques. Deux déséquilibres sont souvent constatés. Plus de la moitié des actifs exercent un métier qui ne correspond pas à leur formation initiale, ce qui peut être interprété comme une certaine inadaptation du système de formation. Le second déséquilibre est mieux connu : dans certains secteurs, le nombre de sortants est excessif par rapport à l'offre d'emploi ; dans d'autres, il est insuffisant, situation qui paraît d'autant plus préoccupante que le taux de chômage, notamment chez les jeunes, est élevé. Dans la mesure où l'on a renoncé à une planification autoritaire de l'éducation, seules des politiques incitatives, au succès mitigé, sont possibles.

L'orientation individuelle

L'étude psychologique des conduites d'orientation a été menée dans deux directions. Des recherches concernent les propriétés stables des individus, permettant des pronostics d'adaptation à des études ou à des professions. C'est l'approche psychotechnique commune à l'orientation et à la sélection professionnelle. D'autres recherches sont aussi menées sur la dynamique de l'activité mentale de l'élève : elles examinent la formation de ses préférences, ses prises de décision, son attitude face à l'adversité, etc.

Dans la perspective classique, on met en correspondance des aptitudes individuelles et les exigences des études ou des professions. On postule qu'un bon appariement, c'est-à-dire une bonne similitude entre le profil d'aptitudes possédé et celui qui est requis, constitue un facteur de réussite et de satisfaction dans la voie choisie. Les conseils que l'on est amené à donner consistent à proposer le type d'études ou de profession qui correspond le mieux aux aptitudes. Ce modèle peut être complété en faisant appel aux besoins des sujets (besoins d'autonomie, de contact social...), il faut alors décrire les milieux de formation et de travail par les besoins qu'ils sont susceptibles de satisfaire. Il est ainsi possible de prédire la réussite dans une gamme étendue de formations et de professions à partir d'un facteur d'efficience cognitif assez général.

Les préférences exprimées au cours de l'enfance et de l'adolescence proviennent souvent d'identifications à des personnages réels ou fictifs. Très vite, elles sont traitées cognitivement. Au cours d'un processus d'exploration, et à chaque moment de son développement, l'élève retient comme préférence, avec l'appui ou contre l'avis de son entourage, les filières ou les métiers pour lesquels il pense qu'il y a une bonne congruence entre quelques traits saillants de l'image qu'il se fait de lui-même et les traits correspondants de sa représentation des professions. Ce processus conduit à des préférences qui diffèrent sensiblement selon les expériences des élèves. Il contribue à expliquer une part des inégalités d'orientation selon l'origine sociale (autosélection). Lorsqu'on arrive à un palier d'orientation, des décisions sont requises et certaines préférences doivent devenir des choix d'orientation. Lorsque les possibilités offertes sont fortement hiérarchisées, les orientations prises sont souvent des orientations par défaut qui s'accompagnent d'un sentiment de dévalorisation de soi.

Auteur: Michel HUTEAU
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