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Définition de : PRIX

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Article publié par Encyclopaedia Universalis PRIX Le prix d'un bien en tant que nombre associé à l'unité de ce bien n'a pas de véritable signification en soi : seuls les rapports de prix – les prix relatifs – des différents biens en ont une. Néanmoins, raisonner sur des prix relatifs n'est possible que dans une économie de troc comportant peu de biens. Sinon, on choisit un bien de référence, appelé numéraire, auquel on attribue, par convention, un prix unitaire et qui sert d'unité de compte. Le prix de tout bien est alors exprimé en numéraire : si le numéraire est 100 grammes de sel et si le prix du lait en numéraire est égal à 2, c'est qu'un litre de lait s'échange contre 200 grammes de sel. Quand le numéraire est une unité de monnaie, les prix sont dits nominaux, exprimés dans la monnaie retenue. Une des questions les plus débattues entre économistes est alors celle de la neutralité de la monnaie, c'est-à-dire celle de l'influence des variations des prix nominaux sur les prix relatifs. Indices de prix C'est pourquoi mesurer l'évolution de ces prix nominaux, et plus généralement mesurer l'inflation, est important pour l'économiste, qui recourt à des indices de prix synthétiques. Ces indices doivent refléter l'évolution moyenne des prix tout en traduisant l'importance relative de chaque bien.
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PRIX

Le prix d'un bien en tant que nombre associé à l'unité de ce bien n'a pas de véritable signification en soi : seuls les rapports de prix – les prix relatifs – des différents biens en ont une. Néanmoins, raisonner sur des prix relatifs n'est possible que dans une économie de troc comportant peu de biens. Sinon, on choisit un bien de référence, appelé numéraire, auquel on attribue, par convention, un prix unitaire et qui sert d'unité de compte. Le prix de tout bien est alors exprimé en numéraire : si le numéraire est 100 grammes de sel et si le prix du lait en numéraire est égal à 2, c'est qu'un litre de lait s'échange contre 200 grammes de sel. Quand le numéraire est une unité de monnaie, les prix sont dits nominaux, exprimés dans la monnaie retenue. Une des questions les plus débattues entre économistes est alors celle de la neutralité de la monnaie, c'est-à-dire celle de l'influence des variations des prix nominaux sur les prix relatifs.

Indices de prix

C'est pourquoi mesurer l'évolution de ces prix nominaux, et plus généralement mesurer l'inflation, est important pour l'économiste, qui recourt à des indices de prix synthétiques. Ces indices doivent refléter l'évolution moyenne des prix tout en traduisant l'importance relative de chaque bien. Pour un indice tel que l'indice des prix à la consommation, le prix de chaque bien est pondéré par la part de la dépense de ce bien dans la dépense totale des ménages, c'est-à-dire par son coefficient budgétaire ; se pose alors le problème du choix du ménage type à partir duquel on détermine les biens jugés représentatifs et les coefficients budgétaires qui leur sont affectés.

Les indices de prix peuvent servir à déterminer le pouvoir d'achat d'un revenu, identifié à l'ensemble des biens réels qu'il permet d'acquérir. Ils permettent aussi de procéder à des comparaisons internationales de revenus par habitant en parité de pouvoir d'achat (c'est-à-dire de manière à rendre compte du fait, par exemple, qu'un euro n'a pas le même pouvoir d'achat dans un pays européen et dans un pays africain). Ils peuvent aussi mesurer l'évolution des prix dans un secteur particulier, à l'instar des indices boursiers construits à partir du cours des actions de certaines entreprises considérées comme représentatives.

Par ailleurs, lorsqu'on s'intéresse à l'évolution d'une variable économique en valeur nominale, une dépense ou un chiffre d'affaires par exemple, on peut souhaiter isoler les variations de prix de celles des quantités, afin notamment de neutraliser l'effet de l'inflation sur l'évolution de la variable étudiée ; celle-ci doit alors être exprimée en prix constant – prix d'une année passée choisie comme référence – plutôt qu'en prix courant – prix de l'année d'observation.

Formation des prix

La question de la formation des prix est au cœur de la théorie économique. Il s'agit pour l'économiste de dépasser le constat que les prix sont in fine le résultat d'un marchandage entre deux parties, résultat nécessairement arbitraire puisque déterminé par le rapport de force des échangistes. Il cherche alors à établir les lois de formation et de variation des prix.

C'est ainsi que les économistes classiques – Adam Smith, David Ricardo – distinguent le prix de marché d'un bien, prix effectivement pratiqué et fluctuant au gré de l'offre et de la demande, de son prix naturel, déterminé par la quantité de travail nécessaire à sa production ; la concurrence est alors censée garantir la convergence du prix de marché vers le prix naturel, correspondant à la véritable valeur du bien. Les économistes néo-classiques, tels que Léon Walras ou Stanley Jevons, en revanche, abandonnent cette distinction : les prix résultent directement de la confrontation de l'offre et de la demande globales. Ces offres et demandes globales, sommes des offres et demandes individuelles, sont théoriquement obtenues à partir de la maximisation par les agents de l'utilité retirée de leur consommation ou du profit retiré de leur production. Leur confrontation doit provoquer les ajustements de prix, nécessaires à l'obtention d'un équilibre. Les déterminants des prix – relatifs ici – sont ainsi les goûts des consommateurs (à l'origine de l'utilité que chacun associe aux différents biens), leurs ressources et les techniques de production. Ces théories achoppent sur des problèmes sérieux : celui de l'évaluation en travail du prix naturel dans la théorie classique, celui de l'explication des variations des prix ou encore de la nécessité d'une organisation sociale centralisée dans la théorie néo-classique. Ainsi, force est de constater qu'il n'existe pas de théorie de la formation des prix satisfaisante en économie. Reste l'observation de l'évolution des prix nominaux.

Pour l'économiste, les prix constituent la principale information nécessaire aux individus pour agir, les signaux pertinents sur la base desquels se déterminent les décisions de production, d'investissement, de consommation. Il est donc indispensable qu'ils restent facilement prévisibles, toute prise de décisions devenant particulièrement risquée dans un environnement trop incertain. En témoignent les plaintes récurrentes concernant la volatilité de la Bourse ou des taux de change. Exception faite de tels secteurs où la spéculation est vive, les économies modernes se caractérisent – hors périodes de crise ou d'innovations importantes – par l'absence de fluctuations importantes des prix. Soit un accord tacite est passé entre les principaux producteurs afin d'éviter une guerre des prix, soit la concurrence est réglementée par l'État grâce à la mise en place d'autorités de régulation (dans certains secteurs, télécommunications, électricité, etc.), soit les prix sont directement administrés, c'est-à-dire déterminés par l'État.

L'économiste suppose souvent que la concurrence a pour effet d'uniformiser le prix d'un bien ; si en théorie, les comportements d'arbitrage des agents consistant à comparer les prix éliminent les différences de prix pour un même bien, en pratique, ces différences persistent. D'une part, cette tendance à l'uniformisation suppose, pour être effective, que les agents soient parfaitement informés des prix pratiqués ; d'autre part, un bien n'est pas seulement défini par ses caractéristiques physiques mais aussi par le lieu et le moment où il est disponible. Car si on peut admettre que deux unités d'un même bien disponible au même endroit et au même moment ont un même prix, tel n'est pas forcément le cas si ce bien est en vente à deux endroits différents. Dans le cas de la Bourse, l'absence de possibilité d'arbitrage – de faire un gain certain sans coût, ou à un coût moindre – est censée caractériser l'équilibre d'un marché efficient : toutes les possibilités d'arbitrage ont alors été exploitées. La considération a posteriori des prix des titres permet de constater que subsistent généralement des possibilités d'arbitrage (par l'achat ou la vente de combinaisons de titres et d'options). Cependant, les découvrir au moment où elles existent nécessite une recherche coûteuse et incertaine d'information, pouvant entraîner des dépenses supérieures aux gains attendus.

Auteur: Nathalie BERTA