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Définition de : STRUCTURE, musique

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Article publié par Encyclopaedia Universalis STRUCTURE, musique Comme le langage tout court, le langage musical est organisé par une syntaxe. À l'instar d'un texte littéraire, une œuvre musicale repose sur des idées, a un sens, une finalité ; à cette fin, les éléments dont elle est constituée sont agencés d'une manière que l'on appelle structure musicale. Éléments constitutifs de la structureÉléments constitutifs de la structure De tous les éléments constitutifs de cette structure, le motif (ou cellule) est le plus fondamental. Il peut être considéré comme l'équivalent du mot ; comme lui, il est le plus petit ensemble ayant un sens, soit mélodique, soit rythmique, soit encore les deux. Comme le mot, qui peut comporter plusieurs syllabes, mais dont une seule est accentuée, le motif n'a en général qu'un seul accent (dans le cas de certains mouvements particulièrement lents, de mélodies très amples ou de certaines cadences, il peut en contenir plusieurs). Un motif est plus ou moins long : il peut être motif-temps (c'est-à-dire contenu dans un seul temps) ou être à cheval sur plusieurs temps ; il peut être motif-mesure ou occuper plusieurs mesures, mais son étendue métrique excède rarement deux mesures. La phrase a pour principale caractéristique de présenter un sens mélodique fini.
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STRUCTURE, musique

Comme le langage tout court, le langage musical est organisé par une syntaxe. À l'instar d'un texte littéraire, une œuvre musicale repose sur des idées, a un sens, une finalité ; à cette fin, les éléments dont elle est constituée sont agencés d'une manière que l'on appelle structure musicale.

Éléments constitutifs de la structure

De tous les éléments constitutifs de cette structure, le motif (ou cellule) est le plus fondamental. Il peut être considéré comme l'équivalent du mot ; comme lui, il est le plus petit ensemble ayant un sens, soit mélodique, soit rythmique, soit encore les deux. Comme le mot, qui peut comporter plusieurs syllabes, mais dont une seule est accentuée, le motif n'a en général qu'un seul accent (dans le cas de certains mouvements particulièrement lents, de mélodies très amples ou de certaines cadences, il peut en contenir plusieurs). Un motif est plus ou moins long : il peut être motif-temps (c'est-à-dire contenu dans un seul temps) ou être à cheval sur plusieurs temps ; il peut être motif-mesure ou occuper plusieurs mesures, mais son étendue métrique excède rarement deux mesures.

La phrase a pour principale caractéristique de présenter un sens mélodique fini. Elle comprend toujours plusieurs motifs et présente toujours un début, un point culminant et une conclusion, qui peut être définitive si elle se termine par une cadence conclusive (enchaînement d'accords qui conclut un mouvement ou une pièce) ou suspensive si elle se termine sur une demi-cadence (repos sur la dominante). Son étendue métrique moyenne est de huit mesures.

Constituée par un ensemble de phrases, la période est généralement composée soit de motifs mélodico-rythmiques identiques transposés dans diverses tonalités, soit de motifs différents dans une même tonalité. Chaque période correspondant à l'expression d'une idée musicale est appelée thème. Un mouvement de sonate ou de symphonie est le plus souvent constitué de deux grandes périodes.

Comme dans le discours parlé, la ponctuation musicale est liée, d'une part, au sens et aux idées, et d'autre part à la respiration qui en découle. Le phrasé musical est en effet composé d'élans et de retombées d'énergie, et cette ponctuation musicale est parfaitement perceptible. Par analogie avec le discours verbal, dans lequel une séquence d'idées est organisée par des virgules et des points, dans la phrase musicale, un repos sur la dominante (demi-cadence) correspond à la virgule et un enchaînement d'accords de la dominante à la tonique (cadence parfaite) correspond au point final. Ces demi-cadences et cadences – qui constituent véritablement l'articulation du discours musical – jouent un rôle important dans l'organisation de la structure.

Évolution de quelques structures musicales

La structure musicale la plus simple et la plus ancienne est en deux parties : la première, A, comporte au minimum une phrase modulant au ton de la dominante ; la seconde, B, retourne et conclut dans la tonalité de départ.

Le rondo, qui remonte au Moyen Âge, s'apparente à la forme littéraire appelée rondeau, qui pouvait être un poème, une chanson, une danse progressant par couplets et refrain, soit ABACADA... Le rondeau médiéval est une forme vocale où alternent une voix seule pour les couplets et un chœur pour le refrain. Au xive siècle, le virelai s'émancipe du rondo et comporte obligatoirement un accompagnement instrumental.

Au début de la période baroque, au xviie siècle, apparaît une structure ternaire plus élaborée que les précédentes, le da capo (« à partir du début »), qui comprend une première partie, A, dans la tonalité principale, une deuxième partie, B, dans une tonalité différente, et enfin la réexposition intégrale de la première partie A, selon le schéma ABA. Le menuet et le scherzo se composent ainsi de deux pièces distinctes qui s'enchaînent sans interruption et donnent lieu à un da capo. Transposée dans une forme purement instrumentale durant le baroque, cette structure sera abondamment mise à profit jusqu'à l'époque romantique. Comme dans sa forme originelle, elle se caractérise par l'alternance d'une phrase principale, le refrain, et d'épisodes chaque fois différents, les couplets. Les dimensions du refrain sont assez réduites : de huit à seize mesures. Les couplets, qui ne sont guère plus longs que les refrains, contiennent parfois des éléments du refrain, mais ils peuvent aussi être radicalement différents. Ces couplets peuvent être soit dans la tonalité principale, qui est celle du refrain, soit dans une tonalité voisine.

Le rondo-sonate, qui apparaît au xviiie siècle, s'apparente au rondo mais se rapproche, par son ampleur, de la structure qui prendra le nom de forme sonate ; il n'est pas rare de trouver dans le premier couplet un second thème au ton de la dominante que l'on retrouve généralement dans la tonalité principale au dernier couplet.

Comme le rondo, la variation est une forme très ancienne qui remonte probablement à l'Antiquité grecque. Dès le Moyen Âge, elle s'organise dans le répertoire grégorien pour atteindre, à la fin de la Renaissance, le principe de la variation polyphonique, qui repose sur la répétition modifiée d'un motif, un thème de forme AB ou ABA subissant plusieurs transformations mélodiques et rythmiques appelées variations ; mais, à travers ces « déguisements », le thème de départ doit rester reconnaissable. Si la variation est une structure musicale, elle est cependant avant tout un procédé d'écriture, au même titre que l'imitation canonique ou que la fugue.

Auteur: Juliette GARRIGUES
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