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FINS DE L'ART

L'idée des fins de l'art a depuis plus d'un siècle et demi laissé la place à celle d'une fin de l'art. Or, à regarder l'art contemporain, il apparaît que la fin de l'art est aujourd'hui un motif exsangue, et la question de ses fins une urgence. Pourquoi, comment en est-on arrivé là ?

Brève histoire de la fin de l'art

Si les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de Giorgio Vasari (1550-1568, éd. critique sous la dir. d'A. Chastel, 12 vol. parus de 1981 à 1989) conçoivent une fin de l'art, c'est en termes d'aboutissement d'une évolution. Depuis la manière « grecque » de peindre, c'est-à-dire depuis les fonds or des tableaux comme des absides, sur lesquels se dressent, hiératiques, les figures de la divinité, jusqu'aux fresques héroïques peintes par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, l'art, aux yeux de Vasari, déploie un parcours qui le porte à la perfection. Celle-ci atteinte, l'art n'a plus qu'à se reproduire à son niveau le plus élevé, et ne jamais baisser. L'histoire de l'art est finie. Que Vasari ne saisisse pas le paradoxe qu'il y a à soutenir que les arts n'ont plus rien à créer, et que leur vocation est de s'imiter indéfiniment eux-mêmes, tient à sa conception de l'imitation et de l'histoire. Le terme est atteint parce que la réussite est complète. L'avenir de l'art est son présent indéfiniment reconduit, dans une gloire qui a le goût de l'éternité.

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