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Définition et synonyme de : RÉSOLUTION, musique

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Article publié par Encyclopaedia Universalis RÉSOLUTION, musique On appelle « résolution » le point d'aboutissement obligatoire d'une tension mélodique ou harmonique. Le contrepoint médiéval puis celui de la Renaissance se sont progressivement enrichis, complexifiés, donnant naissance à un riche univers e e rythmique. Dès le xiii et le xiv siècle, la caractérisation des fins de phrase et des petites respirations conduit les musiciens à pratiquer les premières cadences d'intervalles. Une cadence, dans la pensée polyphonique médiévale, est une résolution sur une consonance parfaite (unisson, octave ou quinte) par mouvement contraire, une voix procédant par ton, l'autre voix par demi-ton (l'accord ré-si se résout sur do-do, l'accord ré-fa dièse sur do-sol). C'est en combinant les cadences à deux voix que les compositeurs expérimentent les premières cadences à trois voix. Cette évolution mène aux deux cadences anciennes les plus fréquentes : la cadence à double sensible, dite cadence de Machaut (l'accord ré-fa dièse-si se résout sur do-sol-do), et la cadence phrygienne (l'accord fa-la-ré devient mi-si-mi). Il s'agit en fait de deux formes différentes pour un même type d'enchaînement, que l'on peut nommer cadence à double résolution.
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RÉSOLUTION, musique

On appelle « résolution » le point d'aboutissement obligatoire d'une tension mélodique ou harmonique.

Le contrepoint médiéval puis celui de la Renaissance se sont progressivement enrichis, complexifiés, donnant naissance à un riche univers rythmique. Dès le xiiie et le xive siècle, la caractérisation des fins de phrase et des petites respirations conduit les musiciens à pratiquer les premières cadences d'intervalles. Une cadence, dans la pensée polyphonique médiévale, est une résolution sur une consonance parfaite (unisson, octave ou quinte) par mouvement contraire, une voix procédant par ton, l'autre voix par demi-ton (l'accord -si se résout sur do-do, l'accord -fa dièse sur do-sol). C'est en combinant les cadences à deux voix que les compositeurs expérimentent les premières cadences à trois voix. Cette évolution mène aux deux cadences anciennes les plus fréquentes : la cadence à double sensible, dite cadence de Machaut (l'accord -fa dièse-si se résout sur do-sol-do), et la cadence phrygienne (l'accord fa-la- devient mi-si-mi). Il s'agit en fait de deux formes différentes pour un même type d'enchaînement, que l'on peut nommer cadence à double résolution. La cadence de Landini, du nom du compositeur qui l'a pour la première fois utilisée, à la fin du xive siècle, très proche de la cadence de Machaut, adopte le schéma suivant : dans l'accord -fa dièse-si, le si va vers le la seul avant que l'accord ne se résolve sur do-sol-do ; c'est cette cadence à double sensible qui donnera naissance, au xvie siècle, à la cadence parfaite lorsque la tierce s'imposera dans l'accord de résolution (l'accord sol--sol-si se résout en do-mi-sol-do, le mi étant la tierce). On doit la naissance de la cadence parfaite, sous la forme d'une succession de tierces, au compositeur et théoricien Gioseffo Zarlino (1517-1590).

Au xvie siècle, les musiciens découvrent que certaines dissonances de septième ou de neuvième judicieusement placées relèvent considérablement l'intérêt du discours musical grâce à la tension, obligatoirement suivie d'une détente, qu'elles apportent ; elles évitent ainsi la fadeur où aurait pu s'enliser une succession de consonances. Ils usent de ce nouveau moyen avec beaucoup de précautions, en préparant la dissonance, c'est-à-dire en faisant entendre, dans une harmonie consonante, le son qui, en se prolongeant, deviendra dissonance dans l'harmonie suivante ; on entre dans le nouveau ton par un degré préparatoire. Cette dissonance doit obligatoirement se résoudre en descendant d'un degré conjoint (1 ton ou 1 demi-ton), qui devient à son tour consonance dans la résolution de l'accord.

On appelle cadence (de l'italien cadere, « tomber ») un enchaînement de deux accords parfaits produisant un sentiment de conclusion, de résolution ou de repos plus ou moins accentué ; la cadence marque une chute de la tension harmonique. La principale cadence conclusive est la cadence parfaite, qui enchaîne un accord de dominante et un accord de tonique, les deux accords étant à l'état fondamental. Dans sa résolution, la dominante de la basse se résout sur la tonique ; dans une autre voix, la sensible va également à la tonique. Cette cadence conclut généralement un mouvement ou une pièce. La demi-cadence n'est qu'une résolution provisoire, qui permet de suspendre l'accord parfait de la tonique à celui de la dominante. Les cadences articulent les formes musicales et séparent les parties d'un mouvement. Les compositeurs classiques (Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert) voulaient généralement mettre en évidence ces articulations. Mais ils souhaitaient parfois les rendre imperceptibles : certains compositeurs ont donc ainsi caché ou gommé les contours des cadences afin de rompre avec la monotonie de résolutions trop attendues. La meilleure technique consistait alors à désolidariser le mouvement harmonique du mouvement mélodique ; en d'autres termes, il suffisait que la mélodie ait déjà enchaîné sur une nouvelle idée lors de la cadence, formant ce que l'on appelle un tuilage.

L'abandon de la tonalité a pour principale conséquence la déhiérarchisation des degrés de la gamme classique au profit du total chromatique, le refus des accords classés, l'abandon d'un centre tonal et des modulations et, par suite, l'émancipation de la dissonance. Il s'ensuit une absence totale de résolution des dissonances et la disparition de toute cadence.

Auteur: Juliette GARRIGUES