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Définition et synonyme de : RESSOURCES NATURELLES

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Article publié par Encyclopaedia Universalis RESSOURCES NATURELLES On dénomme ressources naturelles les diverses ressources minérales ou biologiques nécessaires à la vie de l'homme et à ses activités économiques. Celles-ci peuvent être subdivisées en deux groupes distincts : –  Les ressources non renouvelables, constituées par les matières premières minérales et les combustibles fossiles, qui proviennent de gisements formés au cours de l'histoire géologique de la Terre et correspondant à un stock, par essence même, épuisable. –   Les ressources renouvelables qui peuvent, en principe, être exploitées sans épuisement, étant capables de se régénérer en permanence. Elles regroupent l'eau, les sols (terres cultivables) ainsi que les ressources biologiques, qui sont constituées par les communautés vivantes exploitées par l'homme (forêts, pâturages, pêcheries maritimes, biodiversité – espèces animales et végétales) et par les ressources génétiques (variétés de plantes cultivées et races d'animaux domestiques). Ce dernier groupe de ressources ne peut être considéré comme inépuisable que dans la mesure où son taux de prélèvement est inférieur à la productivité nette disponible, c'est-à-dire au taux de régénération. C'est une condition impérative à l'utilisation durable de telles ressources et, donc, à la sauvegarde des conditions de vie des générations futures.
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RESSOURCES NATURELLES

On dénomme ressources naturelles les diverses ressources minérales ou biologiques nécessaires à la vie de l'homme et à ses activités économiques. Celles-ci peuvent être subdivisées en deux groupes distincts :

– Les ressources non renouvelables, constituées par les matières premières minérales et les combustibles fossiles, qui proviennent de gisements formés au cours de l'histoire géologique de la Terre et correspondant à un stock, par essence même, épuisable.

– Les ressources renouvelables qui peuvent, en principe, être exploitées sans épuisement, étant capables de se régénérer en permanence. Elles regroupent l'eau, les sols (terres cultivables) ainsi que les ressources biologiques, qui sont constituées par les communautés vivantes exploitées par l'homme (forêts, pâturages, pêcheries maritimes, biodiversité – espèces animales et végétales) et par les ressources génétiques (variétés de plantes cultivées et races d'animaux domestiques).

Ce dernier groupe de ressources ne peut être considéré comme inépuisable que dans la mesure où son taux de prélèvement est inférieur à la productivité nette disponible, c'est-à-dire au taux de régénération. C'est une condition impérative à l'utilisation durable de telles ressources et, donc, à la sauvegarde des conditions de vie des générations futures.

L'épuisement des ressources naturelles

Avec l'explosion démographique, qui a surtout eu lieu au cours du xxe siècle, les ressources naturelles indispensables à la vie même des populations humaines se sont raréfiées. En ce début du xxie siècle, leur épuisement est devenue l'une des questions les plus préoccupantes pour l'avenir de l'humanité. Qu'en est-il de la durabilité de notre civilisation technologique, voire de l'avenir de notre espèce, si l'on prend en considération l'inadéquation croissante des termes de la relation population-ressources naturelles-environnement-développement ? En réalité, sous l'effet conjugué de la croissance exponentielle de la population humaine et de la destruction des ressources naturelles se pose, depuis quelques décennies, la question du développement durable.

La situation s'est considérablement détériorée. Même les ressources biologiques, réputées renouvelables, sont si exploitées qu'elles n'ont plus le temps de se reconstituer. Les prélèvements exercés par l'homme ont atteint des niveaux tels que non seulement la productivité (les intérêts), mais aussi la biomasse sur pied, nécessaire pour le maintien de la ressource (le capital), sont consommées à une vitesse accrue. Il en va de même pour l'eau, pourtant intrinsèquement recyclable, ou encore les sols, par nature régénérables car résultant d'un processus dynamique. Non seulement les eaux de surface et les nappes phréatiques sont exposées à une pollution croissante, mais l'usage qui en est fait de nos jours ressemble plus à une exploitation minière qu'à celle d'une ressource recyclable. Compte tenu de la croissance démographique, les disponibilités en eau sont déjà devenues insuffisantes dans 55 pays en développement. Quant aux sols, leur érosion – due aux mauvaises pratiques culturales, à la déforestation et au surpâturage – fait que, d'ici à 2050, l'homme va perdre 30 p. 100 des terres cultivables de la planète tandis que, dans le même temps, le nombre d'hommes, pourtant globalement déjà mal nourris, pourrait presque doubler. Par ailleurs, le rythme d'exploitation des ressources biologiques est tel que la déforestation, la désertification et l'épuisement des pêcheries marines affectent la totalité des continents ou des océans. Corrélativement à ces dégradations, la biodiversité connaît une érosion accélérée, la vitesse de disparition des espèces vivantes s'accroissant de façon incessante, en particulier à la suite de la disparition des forêts tropicales.

En ce qui concerne les matières premières minérales, les combustibles fossiles et les ressources épuisables par définition, la situation est encore plus préoccupante. Les ressources en pétrole et en gaz naturel ne permettront pas, au rythme actuel d'exploitation, de répondre aux besoins au-delà du milieu du xxie siècle, alors que l'on ne dispose encore d'aucune énergie de substitution, y compris le nucléaire, dont l'usage puisse être réellement étendu à l'ensemble d'une population mondiale promise à dépasser 10 milliards d'habitants. Pour certains métaux ou minéraux, dont l'usage par essence dispersif ne permet pas le recyclage, la situation est réellement préoccupante, la durée des réserves exploitables pour des éléments tels que le chrome, le cobalt, le tungstène ou encore l'argent et le platine, ou pour des minéraux tel le spathfluor, étant inférieure au siècle, parfois à quelques décennies.

Vers une utilisation durable des ressources naturelles

L'ampleur de la consommation – voire du gaspillage – des ressources naturelles à incité des scientifiques et des organisations internationales à promouvoir l'utilisation rationnelle et, donc, la conservation des ressources naturelles pour que l'humanité puisse connaître un développement durable. Ainsi, l'Union internationale pour la conservation de la nature (U.I.C.N.) a publié, dès 1980, une Stratégie mondiale de la conservation à l'usage des agences spécialisées des Nations unies. Ultérieurement, le rapport Brundtland sur l'environnement et le développement durable (1987) a repris ces questions capitales en focalisant la réflexion sur les aspects économiques du problème.

Dès à présent, de nouvelles technologies et un développement systématique du recyclage permettraient d'allonger considérablement les durées d'utilisation des matières premières minérales, comme l'a montré, par exemple, le remplacement du chrome par des matières plastiques pour la construction des pare-chocs dans l'industrie automobile. En revanche, on demeure démuni dans les cas d'usages fatalement dispersifs comme l'utilisation des engrais phosphatés en agriculture.

Bien que les diagnostics soient largement posés et que les mesures à prendre et les technologies à mettre en œuvre, afin d'assurer la préservation des ressources naturelles pour les générations futures, soient dès à présent connues dans la plupart des cas, il manque toujours la volonté politique au niveau des États de procéder aux changements radicaux qui s'imposent. Pour preuve, les obstacles persistants à l'application de la Convention sur la biodiversité, pourtant adoptée sans trop de réticences à la conférence de Rio (1992). Il en va de même de celle sur les climats, à quoi s'ajoutent les échecs répétés de la mise en œuvre du protocole de Kyōto (1997)... Pourtant, cela contraindrait à économiser les combustibles fossiles par l'application des mesures destinées à diminuer les rejets dans l'atmosphère de gaz à effet de serre.

Parmi les mesures incontournables qu'exigent l'utilisation rationnelle et la conservation des ressources naturelles, il faudrait aussi évoquer la nécessité de mettre en œuvre, en toute urgence, un programme de limitation des naissances à l'échelle mondiale. Cela permettrait de stabiliser au plus vite la population humaine afin d'ajuster ses effectifs à un niveau compatible avec la pérennité des ressources naturelles de la biosphère et avec un développement économique satisfaisant pour l'ensemble de l'humanité.

Auteur: François RAMADE
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