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Définition et synonyme de : REVENU

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Article publié par Encyclopaedia Universalis REVENU L'évaluation du revenu Ce qui revient est, en fait, ce qui est produit (par la terre, par exemple) – puis réparti entre diverses personnes (physiques ou morales). Toute production a donc pour contrepartie des revenus qui, pris ensemble, lui sont égaux (c'est ce que l'on appelle parfois les revenus primaires). Produit et revenu sont les deux facettes d'un même phénomène. C'est pourquoi on parle indifféremment du produit d'un pays (appelé produit intérieur brut, P.I.B.) ou de son revenu national. Comment évaluer ce produit ? Pour certains, on peut le faire à partir du temps de travail (présent et passé) consacré à l'obtenir – le produit de ce travail se répartissant ensuite en salaires (revenu des travailleurs), profits (revenu des capitalistes) et rentes (revenu des propriétaires fonciers). En revanche, pour d'autres, tout revenu est la rémunération d'un service rendu, donc d'une contribution à la production : ouvriers, employés, commerçants, enseignants, policiers, militaires, avocats, fonctionnaires de tout ordre, psychanalystes, etc., contribuent ainsi au produit national. Celui-ci est alors évalué en faisant la somme de leurs revenus. Cette évaluation suppose cependant que l'on se donne un système de prix de référence. Si on note p le prix d'un bien (ou d'un service, comme le travail) et q la quantité de ce bien (ou service), alors le revenu sera obtenu en faisant la somme de termes de la forme p.
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REVENU

Comme l'indique le terme lui-même, le revenu est ce qui revient. Il s'agit donc d'un flux de ressources, soumis à une certaine périodicité – par exemple, celle des saisons, avec les récoltes qui ont lieu chaque année et les « rentrées » qu'elles procurent, équivalent sémantique de l'anglais. Le revenu est donc différent de la richesse qui, elle, désigne un stock ; il existe toutefois un lien étroit entre revenu et richesse, celle-ci engendrant celui-là. En effet, comme la richesse est formée d'un stock de biens (ou de droits de propriété sur des biens, comme les actions) utilisés dans des activités productives (directement ou à travers des prêts), elle est à l'origine de revenus (via la location d'éléments constitutifs de la richesse comme des machines, des terrains, des immeubles, etc.) pouvant notamment prendre la forme de profits, de dividendes, ou d'intérêts. La richesse peut alors être évaluée à partir de la somme de ces revenus, présents et futurs, en tenant compte de leur date de disponibilité. Ainsi, la valeur actuelle – c'est-à-dire, à une date de référence – d'un revenu S disponible à une date future t, est par définition égale à S /(1+i)t, où le nombre i est appelé taux d'actualisation. Par exemple, la valeur d'un immeuble sera la somme (actualisée) des loyers (déduction faite des coûts d'entretien et de fonctionnement) qu'il procurera pendant toute son existence. Par analogie, Gary Becker (Human Capital, 1964) a appelé capital humain d'une personne la somme des valeurs actuelles que celle-ci touchera pendant toute sa vie. Cette évaluation ne peut évidemment qu'être approximative, étant donné l'incertitude pouvant peser sur les revenus futurs, mais aussi sur le taux d'actualisation.

L'évaluation du revenu

Ce qui revient est, en fait, ce qui est produit (par la terre, par exemple) – puis réparti entre diverses personnes (physiques ou morales). Toute production a donc pour contrepartie des revenus qui, pris ensemble, lui sont égaux (c'est ce que l'on appelle parfois les revenus primaires). Produit et revenu sont les deux facettes d'un même phénomène. C'est pourquoi on parle indifféremment du produit d'un pays (appelé produit intérieur brut, P.I.B.) ou de son revenu national. Comment évaluer ce produit ? Pour certains, on peut le faire à partir du temps de travail (présent et passé) consacré à l'obtenir – le produit de ce travail se répartissant ensuite en salaires (revenu des travailleurs), profits (revenu des capitalistes) et rentes (revenu des propriétaires fonciers). En revanche, pour d'autres, tout revenu est la rémunération d'un service rendu, donc d'une contribution à la production : ouvriers, employés, commerçants, enseignants, policiers, militaires, avocats, fonctionnaires de tout ordre, psychanalystes, etc., contribuent ainsi au produit national. Celui-ci est alors évalué en faisant la somme de leurs revenus. Cette évaluation suppose cependant que l'on se donne un système de prix de référence. Si on note p le prix d'un bien (ou d'un service, comme le travail) et q la quantité de ce bien (ou service), alors le revenu sera obtenu en faisant la somme de termes de la forme p.q, qui sont en fait des nombres, n'ayant pas de sens en soi (ils dépendent en effet de l'unité monétaire choisie). Une façon de lui en donner consiste à évaluer son pouvoir d'achat, c'est-à-dire la quantité d'un bien (ou d'un panier de biens, servant de référence) qu'il peut acheter. On parle alors de revenu réel, par opposition au revenu nominal, mesuré en unités monétaires. Bien entendu, le revenu réel dépend du bien (ou du panier de biens) à partir duquel il est mesuré.

Lorsque le prix d'un bien varie, à revenu nominal donné, cela a un impact sur le pouvoir d'achat de ce revenu. Pour évaluer cet impact, il faut tenir compte du fait que le consommateur peut substituer – du moins en partie – un bien à d'autres (en achetant moins du bien dont le prix relatif a augmenté, et plus des autres). Si on enlève l'effet substitution dû à une variation de prix, alors le terme restant, appelé effet revenu, indique la variation du pouvoir d'achat du revenu (nominal) suite à une variation de prix. Un indicateur de ce genre – appelé parfois indice du coût de la vie – est utilisé par l'État ou les partenaires sociaux pour déterminer quelle hausse de divers types de revenus (salaires, dont le S.M.I.C., retraites, etc.) est nécessaire pour compenser la hausse du niveau des prix (inflation).

Revenu national et modèles macroéconomiques

La macroéconomie est la branche de la théorie économique qui s'intéresse à l'économie dans son ensemble (par opposition à la microéconomie, qui traite des choix des unités de base – les ménages et les entreprises). Elle raisonne sur ce que l'on appelle des agrégats, comme la consommation ou l'investissement de l'ensemble de la société, la masse monétaire, le niveau de l'emploi ou des prix pour un pays donné. Le revenu national est le plus important de ces agrégats puisque c'est l'indicateur de la production d'un pays. Quand on parle de croissance, par exemple, c'est à ce dernier que l'on se réfère. Il existe, évidemment, un lien étroit entre le revenu national et le niveau de l'emploi (principal source de production).

Une des questions centrales de la macroéconomie est de savoir ce qui détermine le niveau – et, éventuellement, la croissance – du revenu national. Il existe, pour l'essentiel, deux types de réponses à cette question. L'une – qualifiée de néo-classique – considère que ces déterminants se trouvent au niveau des forces productives, à condition cependant que celles-ci puissent s'exprimer sans entraves dans le cadre de relations marchandes « libres » où prévaut la « flexibilité ». L'autre – qui se réclame surtout de la pensée de John Maynard Keynes – est bien moins optimiste : le niveau de la production, et donc du revenu national, dépend des anticipations des entrepreneurs (qui décident de l'emploi) et, ce faisant, de la demande concernant les biens qu'ils produisent (Théorie générale, 1936). Pour la première approche, l'activité de l'État doit donc consister à mettre en place les conditions permettant aux « forces de marché » de s'exercer sans entraves (quitte, pour cela, à fixer certaines règles du jeu à travers des autorités de régulation), alors que la seconde approche appelle une intervention active de l'État : ses dépenses auront pour but de stimuler la demande et de fixer un cadre aux anticipations (via des actions à long terme comme des investissements en infrastructures mais aussi des grands programmes industriels fournissant des débouchés relativement sûrs avec un horizon temporel long). Cette intervention active de l'État peut prendre la forme de la politique monétaire (les variations du taux d'intérêt agissant sur l'investissement – notamment dans le secteur de la construction) ou de la politique budgétaire (l'État agit à la fois sur les dépenses – les siennes – et les prélèvements, en jouant sur le barème des impôts, par exemple). Le mode d'action et l'efficacité de ces deux leviers sur le niveau du revenu national est un des thèmes centraux de discussions entre économistes.

Auteur: Ozgur GUN
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