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Définition et synonyme de : SOCIOLOGIE WÉBÉRIENNE

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8 pages
Article publié par Encyclopaedia Universalis SOCIOLOGIE WÉBÉRIENNE Fils aîné d'une famille protestante de la grande bourgeoisie berlinoise, liée à plusieurs dynasties universitaires allemandes, Max Weber (1864-1920) fut d'abord un héritier de la science, qui accumula dès sa jeunesse une somme exceptionnelle de connaissances dans différents domaines. Il reçut une formation de juriste (à l'exemple de son père, docteur en droit) et d'économiste ; dès l'âge de trente ans, il fut nommé professeur dans cette discipline, mais il aurait pu, comme l'écrivait son collègue Gerhard von Schulze-Gävernitz, occuper aussi brillamment une chaire d'histoire, de droit ou de philosophie que d'économie. Il acquit également un solide bagage théologique, et entretint des liens étroits avec des cercles de théologiens protestants progressistes. Son érudition vertigineuse, sa frénésie de travail et ses capacités de synthèse hors du commun le firent très tôt reconnaître comme un « virtuose » des sciences humaines, et lui assurèrent un début de carrière fulgurant. Ses acquis et ses succès précoces ne suffirent cependant pas à éclipser chez lui le travail du doute, qui fut peut-être la caractéristique la plus singulière de ce savant hors pair : quelques années après sa leçon inaugurale, il sombra dans une grave dépression qui l'amena à démissionner de son poste et à demeurer ensuite près de vingt ans sans enseigner.
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SOCIOLOGIE WÉBÉRIENNE

Fils aîné d'une famille protestante de la grande bourgeoisie berlinoise, liée à plusieurs dynasties universitaires allemandes, Max Weber (1864-1920) fut d'abord un héritier de la science, qui accumula dès sa jeunesse une somme exceptionnelle de connaissances dans différents domaines. Il reçut une formation de juriste (à l'exemple de son père, docteur en droit) et d'économiste ; dès l'âge de trente ans, il fut nommé professeur dans cette discipline, mais il aurait pu, comme l'écrivait son collègue Gerhard von Schulze-Gävernitz, occuper aussi brillamment une chaire d'histoire, de droit ou de philosophie que d'économie. Il acquit également un solide bagage théologique, et entretint des liens étroits avec des cercles de théologiens protestants progressistes. Son érudition vertigineuse, sa frénésie de travail et ses capacités de synthèse hors du commun le firent très tôt reconnaître comme un « virtuose » des sciences humaines, et lui assurèrent un début de carrière fulgurant.

Ses acquis et ses succès précoces ne suffirent cependant pas à éclipser chez lui le travail du doute, qui fut peut-être la caractéristique la plus singulière de ce savant hors pair : quelques années après sa leçon inaugurale, il sombra dans une grave dépression qui l'amena à démissionner de son poste et à demeurer ensuite près de vingt ans sans enseigner. Il ne reprit ses fonctions universitaires qu'en 1919, avant de mourir l'année suivante, à cinquante-six ans. Ce parcours contrarié lui conféra une position très spécifique dans le champ universitaire allemand de son temps : il fut tout à la fois un représentant typique de la « caste mandarinale » et un savant qui vécut partiellement à l'écart de la vie académique ordinaire, et sut mettre à profit cette distance pour nourrir une réflexion critique sur la fonction sociale de ceux qu'il appelait les « porteurs de savoir ».

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