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Définition et synonyme de : SYSTÈME FINANCIER

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Article publié par Encyclopaedia Universalis SYSTÈME FINANCIER Dans toute économie, quel que soit son niveau de développement, il existe des agents économiques qui, pour une période donnée (l'année écoulée par exemple), dégagent une capacité de financement (une épargne positive), alors que d'autres affichent un besoin de financement, donc la nécessité de s'endetter pour faire face à des dépenses supérieures à leurs revenus. Ce besoin de financement, celui des entreprises ou celui de l'État par exemple, peut grosso modo être comblé de deux façons : soit par des crédits bancaires, donc une création monétaire due à l'intervention des banques, elles-mêmes adossées à la Banque centrale ; soit par de l'épargne collectée par les intermédiaires financiers (les banques, mais aussi les compagnies d'assurances, etc.) et réinjectée dans l'économie sous forme de prêts directs, ou via la souscription d'obligations ou d'autres titres offerts sur les marchés de capitaux. Le rôle essentiel d'un système financier est donc d'organiser et de faciliter le financement des agents à déficit, et les placements des agents en excédent, de telle sorte que les uns et les autres y trouvent leur compte, et surtout que l'investissement, la croissance et l'emploi en bénéficient. Car le bon fonctionnement d'un système financier n'est pas une fin en soi ; il doit être le moyen de catalyser le « décollage » des pays en développement, et de conforter la croissance dans les pays les plus avancés.
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SYSTÈME FINANCIER

Dans toute économie, quel que soit son niveau de développement, il existe des agents économiques qui, pour une période donnée (l'année écoulée par exemple), dégagent une capacité de financement (une épargne positive), alors que d'autres affichent un besoin de financement, donc la nécessité de s'endetter pour faire face à des dépenses supérieures à leurs revenus. Ce besoin de financement, celui des entreprises ou celui de l'État par exemple, peut grosso modo être comblé de deux façons : soit par des crédits bancaires, donc une création monétaire due à l'intervention des banques, elles-mêmes adossées à la Banque centrale ; soit par de l'épargne collectée par les intermédiaires financiers (les banques, mais aussi les compagnies d'assurances, etc.) et réinjectée dans l'économie sous forme de prêts directs, ou via la souscription d'obligations ou d'autres titres offerts sur les marchés de capitaux.

Le rôle essentiel d'un système financier est donc d'organiser et de faciliter le financement des agents à déficit, et les placements des agents en excédent, de telle sorte que les uns et les autres y trouvent leur compte, et surtout que l'investissement, la croissance et l'emploi en bénéficient. Car le bon fonctionnement d'un système financier n'est pas une fin en soi ; il doit être le moyen de catalyser le « décollage » des pays en développement, et de conforter la croissance dans les pays les plus avancés. L'efficience d'un système financier dépend de la concurrence et de la transparence qui y règnent. En particulier, l'information (sur les produits et services, sur les prix et les taux d'intérêt, etc.) doit être d'accès facile et identique pour tous les intervenants.

Les acteurs du système financier correspondent, en fait, à l'ensemble des agents économiques : les banques, les compagnies d'assurance, les sociétés de Bourse, les particuliers désireux de placer des capitaux mais aussi de s'endetter, les entreprises soucieuses d'investir pour se développer, l'État confronté à des déficits publics à financer.

La typologie des systèmes financiers

Si l'on compare, dans l'espace et le temps, les systèmes financiers, on distingue, d'une part, les financements accordés par les intermédiaires (banques, compagnies d'assurance, sociétés financières spécialisées par exemple dans le crédit à la consommation) et, d'autre part, ceux qui sont accessibles sur les marchés de capitaux. On parle de financements intermédiés pour désigner les premiers, alors que les financements de marchés sont dits désintermédiés. L'essor de la désintermédiation dans nombre de pays – les plus avancés bien sûr, mais aussi beaucoup de pays émergents – illustre la progression des marchés de capitaux : le marché monétaire pour l'accès à des financements et placements de court terme, le marché financier pour les financements et placements à plus long terme via les supports que constituent les actions, les obligations, etc. Cependant, l'opposition entre marchés et banques ne doit pas être poussée trop loin. Car l'expérience montre que, avec l'envol des marchés de capitaux, les intermédiaires financiers (dont les banques) sont de plus en plus présents dans des activités de marché. Les banques, par exemple, interviennent activement dans les opérations de fusion-acquisition d'entreprises.

Aux États-Unis, le système financier s'articule principalement autour des marchés de capitaux (au comptant, à terme...), donc des financements désintermédiés, même si les crédits bancaires jouent un rôle non négligeable. En Europe continentale, par exemple en France, l'intermédiation bancaire est encore le pivot du système de financement, même si les marchés de capitaux ont connu, depuis les années 1980, une croissance impressionnante en liaison étroite avec la vague d'innovations financières (floraison de nouveaux instruments d'épargne et de financement, application des nouvelles technologies de l'information à la banque, et à la finance en général). Dans les pays les moins avancés, les marchés de capitaux n'existent pas, ou guère. De fait, le système bancaire dispose d'un quasi-monopole dans le financement des entreprises, de l'État...

Existe-t-il, pour un système financier, une structure optimale, c'est-à-dire une répartition optimale des rôles entre les intermédiaires financiers et les marchés de capitaux ? En pratique, elle est très difficile à définir avec précision, parce qu'elle dépend forcément de tout un ensemble de paramètres, tels que les objectifs de la politique économique (par exemple, de croissance à court terme et à plus long terme), le niveau de développement du pays, le contexte social (taux de chômage, ampleur des inégalités, etc.). Ce qui est certain, en revanche, c'est que la concurrence entre les types de financement, par exemple les crédits et les émissions d'actions ou d'obligations, réduit certaines rentes de situation, profite spécialement à certains (par exemple, les grandes entreprises mieux à même que les petites de jouer cette concurrence) et peut doper la croissance. C'est pourquoi elle doit être encouragée par les pouvoirs publics, avec l'objectif d'en étendre progressivement les bénéfices aux petites entreprises et aux particuliers. Un objectif ambitieux, difficile à atteindre même dans les pays les plus avancés.

La régulation du système financier

Le processus de libéralisation financière a progressivement gagné tous les pays, même ceux en développement. Cette libéralisation explique, pour une grande part, la globalisation financière actuelle : les capitaux peuvent librement circuler d'un pays à l'autre, d'une place financière à l'autre, et cette faculté est décuplée par les nouvelles technologies, en particulier Internet ; les marchés de capitaux sont fortement implantés dans chaque pays, en Europe (grâce au marché unique et à l'euro), et au plan mondial. Les taux d'intérêt fluctuent au gré des entrées et des sorties de capitaux, des décisions de politique monétaire, des comportements des agents privés.

Cela étant, le système financier nécessite une attention particulière qui doit rejeter toute intention de libéralisation sans contrôle. Car il fonctionne grâce à la monnaie (à la fois étalon des valeurs, intermédiaire nécessaire entre les échanges et réserve de valeur), et la monnaie repose sur la confiance réciproque et l'adhésion de tous à ce qu'elle représente. Ce qui implique qu'une banque n'est pas et ne sera jamais tout à fait une entreprise comme les autres.

C'est pourquoi la régulation du système financier doit être exigeante. D'autant plus que les scandales des années 2000, de la firme Enron à l'entreprise italienne Parmalat, pour ne citer que ces deux affaires, ont contribué à dissiper une partie de la confiance. Il s'agit désormais, grâce à des lois et à des réglementations (en France par exemple, la loi de sécurité financière d'août 2003), mais aussi par de l'autodiscipline et le recours à une éthique plus affirmée, de renouer avec cette confiance. Fiabilité et transparence de l'information financière deviennent désormais prioritaires.

Mais la régulation financière ne s'arrête pas là. Elle vise aussi à une plus grande sécurité des banques, grâce à des réglementations prudentielles adaptées au monde d'aujourd'hui (telles que le nouveau ratio de solvabilité – premier pilier des accords de Bâle 2 – applicable en 2007), des compagnies d'assurance, et, en fait, de l'ensemble des intervenants. Cette régulation financière consiste aussi à resserrer les dispositifs de supervision et de contrôle des marchés financiers.

Dans un monde globalisé, la régulation financière appelle certes encore des réponses nationales, mais de plus en plus de coordination au niveau européen, voire mondial (lutte contre le blanchiment de l'argent sale ou le financement du terrorisme, convergence des réglementations prudentielles, etc.).

Auteur: Christian de BOISSIEU