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Poète belge de langue française, Max Elskamp ne cessa de s'inspirer de sa Flandre natale et de la ville d'Anvers. Il habitait au chevet de la cathédrale, ce décor médiéval qui se retrouve dans son œuvre. Comme chez beaucoup de poètes flamands, on retrouve chez lui un mélange de mystère, en général d'origine religieuse, et de réalisme, ainsi que ce goût d'un contact immédiat avec la nature, qui le place en marge des écoles littéraires. Ni intimiste ni populiste, sans doute peut-on évoquer une manière d'expressionnisme à propos d'une poésie où précisément l'élan spirituel referme la vision réaliste sur elle-même, l'accentuant et la schématisant à la fois en une expérience personnelle. Il publie son premier recueil de vers, Dominical (1892), à trente ans, puis viendront Salutations, dont d'angéliques (1893), Six Chansons de pauvre homme (1898), poèmes repris avec d'autres en 1898 dans La Louange de la vie. Ces poèmes font souvent songer à Verlaine ou à Laforgue par leur apparence de naturel, fruit d'un art très étudié. Pourtant, il arrive trop souvent qu'Elskamp tombe dans une puérilité, une mièvrerie qui serait comme l'envers de la ferveur. Mais la guerre et l'exode, une expérience plus grave, lui inspirent des Chansons désabusées, d'où toute affectation disparaît ; la spiritualité du poète s'approfondit aussi à cette épreuve, sans pourtant qu'il se départe de sa fraîcheur ni de son humour. Cependant, une fois revenu à Anvers, il retrouve sa piété et son ingénuité un peu excessives.

Auteur: ANTOINE COMPAGNON
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