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GRAVE jean (1854-1939)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis GGRRAAVVEE jjeeaann ((11885544--11993399)) Né dans le Puy-de-Dôme, Jean Grave suit à Paris l'enseignement des Frères des écoles chrétiennes jusqu'à l'âge de onze ans.

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Ajouté le : 27 mars 2014
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GRAVE jean (1854-1939)

Né dans le Puy-de-Dôme, Jean Grave suit à Paris l'enseignement des Frères des écoles chrétiennes jusqu'à l'âge de onze ans. Mis en apprentissage, il se forme lui-même grâce à de nombreuses lectures. Jean Grave succède à son père comme cordonnier en 1876 et commence à fréquenter assidûment les milieux politiques. Converti à l'anarchisme, il anime un cercle anarchiste dans les VIe et XIIIe arrondissements. Sur la demande d'Élisée Reclus, il se rend à Genève pour prendre en main la direction du journal Le Révolté : il a dès lors trouvé sa vocation.

Les tracasseries du gouvernement suisse entraînent, en 1885, le transfert du journal en France, où il devient hebdomadaire. C'est à cette époque que Grave imagine d'adjoindre à la publication un supplément littéraire et artistique. La vague de répression contre les milieux révolutionnaires conduit à la disparition du journal, et Grave est interné sous la double inculpation d'incitation à la révolte et d'association de malfaiteurs. Libéré en 1895, il lance Les Temps nouveaux qu'il maintiendra bon an mal an jusqu'en 1914. Il y expose un anarchisme doctrinal assez froid, scientifique, assez proche de celui de Kropotkine, avec qui il est d'ailleurs lié d'amitié. Cependant, son ouverture aux préoccupations artistiques et littéraires et les liens qu'il noue avec ces milieux permet au supplément littéraire de publier assez régulièrement des articles d'auteurs tels que Zola ou de peintres comme Signac et Pissarro. Enfin, Grave s'oppose fermement aux anarchistes dits individualistes et condamne la pratique de la « reprise individuelle » (c'est-à-dire le vol) qui fait fureur dans les milieux anarchistes à la fin du siècle.

En 1914, Grave passe en Angleterre et adhère sans enthousiasme à une ligue parlementaire pacifiste : il est atterré par l'apathie de la classe ouvrière française. En février 1916, il signe le manifeste des Seize qui contient, ni plus ni moins, une condamnation du militarisme allemand et une constatation résignée de la guerre. Ses anciens camarades des Temps nouveaux l'accusent d'avoir trahi et de s'être rallié à l'Union sacrée. Après la guerre, il se retire au Plessis-Robinson, où il se consacre à l'édition de brochures et à la rédaction de ses mémoires.

Auteur: PAUL CLAUDEL
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