Cette publication est accessible gratuitement
Lire

ILLUSTRATION l'

De
3 pages

Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis IILLLLUUSSTTRRAATTIIOONN ll'' Revue hebdomadaire dont la carrière fut exceptionnellement longue (plus d'un siècle).

Publié par :
Ajouté le : 27 mars 2014
Lecture(s) : 15
Signaler un abus

Vous aimerez aussi

REVUE DES DEUX MONDES la

de Encyclopaedia-Universalis

LA HARPE jean-françois de (1739-1803)

de Encyclopaedia-Universalis

CHAM amédée de NOÉ dit (1819-1879)

de Encyclopaedia-Universalis

ILLUSTRATION l'

Revue hebdomadaire dont la carrière fut exceptionnellement longue (plus d'un siècle). Fondée en 1843 sur le modèle de l'Illustrated London News, L'Illustration s'est toujours située à l'avant-garde par sa présentation et ses méthodes d'impression, ses responsables n'hésitant pas à faire appel aux dernières innovations techniques. C'est ainsi qu'en 1891 L'Illustration est la première à publier des instantanés. Dès lors, la photographie prend dans ses pages une part prépondérante par rapport aux dessins. En matière de gestion, la revue se présente comme une entreprise parfaitement organisée. Dans un but de rationalisation économique, son équipe dirigeante regroupe en 1933 les services de direction, de rédaction, d'administration et d'impression.

Mais L'Illustration doit sa notoriété à deux éléments principaux : la valeur et l'originalité de l'information, la collaboration de journalistes renommés. Centrée sur l'actualité et sensible au « poids » de l'image, L'Illustration connaît ses plus forts tirages dans des moments tels que la Première Guerre mondiale : elle atteint alors le tirage record de 400 000 exemplaires. Bien qu'axée sur l'actualité, elle propose des articles d'intérêt plus général et surtout une rubrique de critique littéraire, extrêmement suivie car tenue par d'éminents spécialistes. Relevons qu'à la mort de Charles Baudelaire (1867), L'Illustration prit position en faveur du poète et, en particulier, des Fleurs du Mal.

De 18 000 numéros en 1866, le tirage passe à 200 000 en 1939. Apparaissent aussi de multiples tentatives d'imiter la formule de L'Illustration mais, malgré un prix d'achat nettement plus bas, des revues tels Le Petit Journal illustré, La France illustrée, L'Illustré national ne réussissent pas à entamer l'audience de celle-ci. On peut s'étonner de la persistance de ce succès dans la mesure où L'Illustration était un journal cher. Il est vrai que l'hebdomadaire remplit une certaine fonction sociale et on peut parler à son sujet d'un phénomène de « consommation ostentatoire » : l'abonnement à L'Illustration représente un élément de consécration sociale. Sur le plan politique, l'histoire des positions défendues par cette revue tient à la fois à la personnalité des rédacteurs en chef successifs et au rôle social qu'elle estimait devoir tenir. Sous le second Empire, du moins avant que le régime se libéralise, il était délicat pour un organe de presse d'émettre des critiques, même voilées, à l'égard des gouvernants ; la rédaction prend pourtant à l'occasion certaines positions frondeuses, bien que prudentes ; ainsi rend-elle hommage à la Savoie qui vient d'accueillir Eugène Sue, alors proscrit. On peut rappeler aussi que parmi les journalistes qui participent à son élaboration figure Jules Claretie, ardent républicain. Cette orientation, caractérisée par la fidélité aux idéaux républicains, se poursuit jusqu'à la fin du xixe siècle. En 1879, Alphonse Daudet polémique vigoureusement avec Le Figaro, journal très marqué à droite, auquel il reproche son manque de tenue et de sérieux, mais surtout son attachement au comte de Chambord. Une fois la République bien établie et principalement après la guerre de 1914-1918, L'Illustration défend les perspectives d'ensemble de la bourgeoisie, et se situe nettement à droite. Pendant l'entre-deux-guerres, sa position est marquée par la collaboration d'André Tardieu, l'un des plus brillants représentants de cette famille politique. En 1936, elle témoigne une violente hostilité à la coalition puis au gouvernement de Front populaire. La longue carrière de L'Illustration devait prendre fin à la Libération : conformément à l'ordonnance du 6 mai 1944, elle fut interdite comme tous les périodiques qui avaient continué à paraître sous l'Occupation.

Auteur: CHRISTINE BARTHET