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Pierre Jouguet
Inscriptions grecques d'Égypte
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 20, 1896. pp. 167-196.
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Jouguet Pierre. Inscriptions grecques d'Égypte. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 20, 1896. pp. 167-196.
doi : 10.3406/bch.1896.3579
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1896_num_20_1_3579INSCRIPTIONS GRECQUES D'EGYPTE
I.. Ombos.
1 . — L'inscription suivante est gravée au dessus de la porte
d'une petite chapelle située au Sud du grand temple d'Ombos.
Elle a déjà été relevée par M. Bouriant et doit être publiée
dans le 2me volume du Catalogue des monuments de l'E
gypte antique entrepris sous la direction de M. de Morgan.
Mais les auteurs du Catalogue m'ont gracieusement autorisé à
la faire connaître avant cette publication (1). Je la donne ici
d'après ma propre copie. La gravure est négligée. On trouve
un point triangulaire après la plupart des mots, mais comme
la pierre est très tendre, ce point est rarement bien dessiné,
et peut parfois se confondre avec un t. Le linteau encore en
place, sur lequel se trouve l'inscription, est brisé en deux
endroits, et cet accident a fait disparaître quelques lettres.
..... Partie gauche. . .-, \ . - .
YPeP<AYTOKPATOPOC*KAICAPOC<L ωΜΙΤίΛΝΟΥ
''
T€KNATOI€PON<OIKOAOMHCAN€PirAIOY«CePTIMIOY ",',
C€BACTOY< ΓΕΡΜΑΝΙΚΟΥ ΜΗΝΙ ΦΑΜ€ΝωθΝΟΥΜ
Partie du milieu. ' ',
€BACTOY«rePMANIKOYKAITGY<PANTOC/ ' . .ΑΦ.
£Γ€ΤΟΥ« Hr€MONOCCTPATHrOYNTOC<AP ι ι M. a i)POY<€
Partie droite. .,:..:.:.;
ΡΟΔ€ΙΤΗΙΘ6ΑΙ <Μ€ΓΚΤΗΙ < Ρ€ΤΡ(ϋΝΙΑΜΑΓΝΑ < KAITATAYTHC
TOYCeBAOMOYAYTOKPATOPOCKAICAPOCAÎJJ:
■ {i) Je dois en outre des remercîments particuliers à M. Bouriant, qui a
bien voulu me donner tous les renseignements relatifs à l'égyptologîe né
cessaires pour commenter les deux inscriptions d'Ombos. 168 INSCRIPTIONS GRECQUES D'EGYPTE
L. 1. Ύπερ αύτοκράτορος Καίσαρος [Δ(ο)μιτιανου σ]εβαστου γερ
μανικού] και του παντός α[ύτοΰ οίκου] Άφροδ(ί)τηι θεαι Μεγίστη Πε-
τρωνία Μάγνα καΐ τα ταύτης
L. 2. τεκνά το ίερον οικοδόμησαν επί Γαίου Σεπτιμίου [Ου]εγέτου
ηγέμονος, στρατηγουντος Ά[ρτεμιδώ]ρου έτους, εβδόμου αύτοκράτο-
ρος Καίσαρος Δ(ο)[μιτιαν]οΰ
L. 3. σεβαστού [γερμανικού], μην! Φαμένωθ νουμ(ηνία).
L. 1 . La lecture Δωμιτιανου est certaine.
Le préfet G. Septimius nous est connu par un texte de Sué*
tone(l) et par un diplôme militaire trouvé à Thèbes et con
servé aujourd'hui à la Vaticane(2). Artémidoros est le stra
tège du nome ombite. Il faut remarquer que l'on n'a point
nommé l'épistratège de la Thébaïde comme on le fait souvent,
après le prasfectus .
Petronia Magna et ses enfants ne sont pas autrement connus.
La déesse Aphrodite est appelée Hator par les textes égyptiens
du même petit sanctuaire. A Ombos, Hator est associée à Se-
bak (Σουχος), l'un des dieux titulaires du grand temple.
Le 1 Phaménoth de l'année 7 de Domitien correspond au
26 Février 88, dans le calendrier fixe alexandrin, et au 28
Janvier de la même année dans le calendrier vague.
La petite chapelle existait donc à cette date, et c'est sans
doute Petronia Magna qui l'a fait bâtir. Mais notre inscription
a été certainement gravée avant l'achèvement complet de l'édi
fice, car les cartouches qui se lisent sur le monument ne sont
pas ceux de Domitien, mais ceux de Commode. On peut sup
poser que Petronia Magna n'avait payé que la construction de
la chapelle, laissant à d'autres le soin de la décorer. On s'y
mit sous Commode, mais sans aller jusqu'au bout; elle reste
encore inachevée.
(1) Suet., Vita Domitiani, 4.
(2) CIL, III, 2, p. 856. Franz avait mal interprété le témoignage de ce d
iplôme et cru que Vegetus n'était que préfet de légion {C1G, III, p. 314, 2).
Mais Labus le rangeait parmi les préfets d'Egypte; cf. Mommsen, CIL, III,
2, p. 1130. inscriptions grecques î>'égypte 169
2. — Sur la base de l'un des sphinx trouvés et laissés dans
le Mammisi; inscription brisée à droite et à gauche.
Ι Ο Λ Λ ω Ν Ι Κ A I
ITOICCYNNA'Oli
Apollon est la divinité grecque identifiée avec Harouéris
qui est adoré dans l'une des deux moitiés du grand temple.
11 est associé à une déesse que l'on appelle la bonne sœur,
ta sont nefer, en sorte que l'on pourrait songer à suppléer,
après le nom d'Apollon, celui d'Artémis. Le morceau d'angle
pourrait, d'après mes mesures, avoir porté les huit lettres du
mot Άρτέμιδι. Il serait curieux dans ce cas de voir l'Artémis
des Grecs devenue l'épouse de son frère, comme la déesse, à
la fois femme et sœur, qui est associée à Harouéris. Mais le
mot Σούχωι, datif du nom grec de Sebak qui est l'autre dieu
du temple d'Ombos, remplirait tout aussi bien la lacune, et
je restituerai avec plus de confiance :
[Ά]πόλλωνι και [Σούχωι
κα]ΐ τοις συννάοι[ς θεοΐς].
Π. Coptos.
L'inscription suivante , aujourd'hui au musée de Gizeh
(sans numéro d'inventaire, comme tant d'autres monuments
du même musée), provient de Kouft (Coptos). Stèle rectangul
aire, en grès, décorée d'un fronton. Haut. lm-30; larg. 0m#74.
Gravure assez médiocre. La lecture est facile, sauf, bien en
tendu, dans les endroits martelés (1).
(1) Je crois cette inscription inédite. Peut-être n'est-elle pas inconnue, et
faut-il l'identifier avec celle dont M. S. Reinach, dans sa Chronique d'Orient
(1894, II, p. 111), annonçait la découverte. Dans ce cas elle aurait été trou
vée à Coptos, en 1894, un peu avant les fouilles de M. Flinders Pétrie, qui
l'aurait signalée (Academy, .1894, I, p. 421), comme une inscription grecque
donnant le tarif des droits de douane que devaient payer certaines mar
chandises venant de la mer Rouge. M. Pétrie ajoutait que le texte était daté
de Domitien. Le nom de l'empereur, martelé, est illisible dans la stèle du
musée. . - ί Ϊ0 ik'scRi^TiôNS (Jre^cJues d'êgyptë \
I ezcniTATHCA martelé
Ί martelé (ΧΑΔείΤΟΥΟΜΚΟ-
S τΑοτογΕΝκοπτωιχποπειητοΝ
TOCTHIAPABIAI Χ^ΑηΟΟΤΟΛΙΟ,ΥΠ,ΡΑς
\ 5 C€INKATATONi"N^MON.THA€THI
ί (ΙΤΗΛΗΙ€ΝΚεΧΑΡΑΚΤΑΙΔΙΑΛΟΥΐαθΥ
' AHTKTJOYACIATIKOY6I1APXOV
» OPOYCB€P€N€IKHC
ΚΥΒΕΡΝΗΤΟΥΤΟΥεΡΥΘΡΑΙΚΟΥΔΡΑ
10
.... ΑΚΟΥΔΡΑΧΜΑ€Δ€ΚΑ
. . . ΥΤΟΥΔΡΑΧΜΑ(:Π€ΝΤ€
€ΥΤΟΥΝΑΥΙΤΗΓΟΥΔΡΑΧΜΑ0
15 . . ΝΤ6 ΧείΡΟΤεΧΙΜΟΥΔΡΑΧΜΑΟ
ΟΚΤωΐ ΓΥΝΑΙΚωΝΠΡΟ0εΤΑΙΡΙ€
ΜΟΝΔΡΑΧΜΑΟεΚΑΤΟΝ ΟΚΤω
ΓΥΝΑΐκωΝεκπΛεογοωΝΔΡΑ
ΧΜΑΟείΚΟΟΙ ΓΥΝΑΙΚωΝΟΤΡΑΤΙ
20 ωτωΝΔΡΑΧΜΑοεικοα
ΠΙΤΤΑΚΙΟΥΚΑΜΗΑωΝΟΒΟΛΟΝεΝΑ
ΟφΡΑΠΟΜΟΥΠίτΤΑΚΙΟΥΟΒΟ AOYCAYO
πορεΐΑ€θζερχοΜεΝΗοεκΑ€τογ
ΠΙΤΤΑΚΙΟΥΤΟΥΑΝΔΡΟΟΑΝΑΒΑΙΝΟΝ
25 TOCAPAXMHNMIAN ΓΎΝΑΙΚωΝ
ΟΝΟΥΟΒΟΑΟΥ€ΔΥΟΑΜΑ2Η€εΐΧΟΥ
ςΗ0ΤεΤΡΑΓωΝΟΝΔΡΑΧΜΑ0Τε€€ΑΡ€0
ΚΤΟΥΔΡΑΧΜΑΟείΚΟΟΙ ΚεΡΑΤΟΟΔΡΑ
30 ΧΜΑΓΤεΟΟΑΡεΟ ΤΑφΗ0ΑΝΑφεΡΟΜ€
NHCKAIKATAφεPOMεNHCΔPAX.MHN^1^
ANT C PQAON L QAYTPKPATQPQC _
και oc γ οεΒΑςτογ πΑχωΝ κ
Έξ tm
reur régnant], δσα δβΐ τους {λΐσθ[ω- ' INSCRIRIONS GRECQUES D'EGYPTE 17!
, τας του εν -Κόπτω* ύποπ-^πτον*- ....
τος τηι Άραβ(ι^α[ρ]χί<£ άποστολίου πράσ-
•δ «stv κατά τον [γ]νώρ.ο[να] τηδε τηι . . .
στήληι «νκεχάρακται δια Αουκίου
: ?Αντ*στίου 'Ασιατικού έπαρχου
ορούς Βερε"ν(ί)κτ]ς·
κυβερνήτου του Έρυθραικού
G οκτώ ν . ·.
δέκα* έ δραχμας
. . . .ακου δέκα*
πέντε* [να]ότου δρ«χ(λας
-. . . . ευτου ·ναυ[π}5ογου δ
15 πέντε* χειροτε'χνυυ δραχ(Λας
όκτώ^ι^' γυναικών προς έταιρισ1-
{jlÔv δραχ(χ«ς εκατόν οκτώ*
γυναικών είσπλεουσών δρα-
χ[Λθ< είκοσι* γυναικών στρατιω-
είκοσι* 20 τών δραχ{λας
α* ιπττακίου καμήλων οβολον εν
δύο* . σφραγιστού πιττακίου όβ[ο]λους
πορείας [ε]ξερχο[Αε'νης, εκάστου
πιττακίου του άνδρας άναβαίνον-
15 τος δραχ|Λην (λίαν, γυναικών
πασών άνα δραχα,ας τε'σσαρας*
όνου όβολους δύο* αμάξης 6^ι)>χού-
σης τετράγωνον δραχ{Αας τέσσαρ(α)ς*
ίστοΟ δραχ·χας είκοσι* κέρατος δρα-
30 Χ^*? τε'σσαρ(α)ς· ταφής αναφερομέ
νης και καταφερομένης δραχμην ρ[ί]-
θ' Αύτοκράτορρς αν τ[ε και ό]βολόν. (Έτους)
Καί[σαρ]ος .... Σεβαστού . . . Παχών ιβ*.
Autant qu'on peut juger, le mot grec επιταγή (1. 1) rend
le mot latin mandalum, qui désigne dans la langue de l'épi- 172 INSCRIPTIONS GRECQUES D'EGYPTE
graphie, les instructions adressées par les empereurs à des
fonctionnaires (1).
En tout cas, il ne me paraît pas douteux qu'il n'y eût après
εξ επιταγής le nom d'un empereur (le martelage suffit à le
prouver), le même qui servait à la fin de l'inscription à dater
le document. La mention de L. Antistius Asiaticus, aux 1. 6
et 7, n'est d'aucun secours pour déterminer la date de notre
texte, ce personnage ayant échappé à toutes nos recherches.
Parmi les empereurs dont le nom a été martelé et qui ont
régné 9 ans, on ne voit que Néron, Domitien et Commode.
Le mot μισθωτής se rencontre dans plusieurs inscriptions
d'Egypte; il est généralement rapproché de τελώνης (2). Les
τελώναι sont les publicains qui ont la ferme des impôts indi
rects dont le produit est destiné au trésor public d'Alexandrie
(δημόσιον λόγον). Les μισθωταί sont des publicains, titulaires
des autres fermes publiques (μισθώσεις) et plus spécialement
de celles dont le produit est destiné au fisc impérial (μισθώσεις
ούσιακάς). Nous connaissons par les inscriptions un μισθωτής
των μετάλλων (3), et les μισθωταί της ίερας πύλης Σοάνης(4). L'ex-
pression Upà πύλη Σοχνης paraît signifier la carrière de Syène.
(1) Je ne crois pas qu'il puisse être question ici d'autre chose que de mari'
data ou de rescripta. Bien que la langue de l'épigraphie grecque soit, dans
ce cas, moins précise que celle de l'épigraphie latine, il semble que l'on eût
employé un autre terme pour traduire decretum (δόγμα, Reinach, Man. d'Ep.
grec, p. 527) ou edictum (χτίρκγμα, ibid., d'après Eph. epigr., I, p. 282; —
Θεΐαι κελεύσεις, ibid.t d'après Le Bas -Waddington, p. 257). Dans la célèbre
inscription à'El Kargeh ( grande Oasis de Thèbes ) qui nous a conservé un
édit du préfet Tibère Alexandre, cet édit est désigné par le mot διάταγμα ( CIG,
4957, 1. 1). La difference de sens entre διάταγμα et επιταγή me paraît assez
bien correspondre à celle qu'il y a les edicta, dispositions législatives
d'un caractère général, et les mandata ou les rescripta qui sont de simples
ordonnances, ou des réponses à des consultations adressées à l'empereur par
des magistrats.
(2) CIG, 4957 (édit de Tibère Alexandre), 1. 10 et 11 : τελωνεία; χαί ίλλας
μισθώσεις ουσιαχάς c. à d. la ferme des impôts ou d'autres propriétés publiques
(Letronne); 1. 14 τελώνας $j μισθωτά; ferme d'un impôl ou tout autre ferme
( Letronne, Deux inscriptions grecques gravées sur le pylône d'un temple égyp
tien dans la grande Oasis, t. II des OEuvres choisies, première série, p. 541).
(3) CIG, 4713 f.
(4) CAGy 4867, INSCRIPTIONS GRECQUES D'EGYPTE 173
■ Quelle était la ferme désignée par le mot άττοστολίου ? Ce
mot n'esl pas donné par les lexiques, mais on peut entendre
par là une sorte de droit de péage revenant à l'arabarchie
(ύποπίπτοντος τηι Άραβαρχίαι) et exigé de certaines personnes
voyageant sur la route de Coptos à Bérénice. Dans ce cas les
μισθωτού του άχοστολίου seraient les publicains qui auraient la
ferme de cet impôt, dont, pour éviter les abus, les empereurs
auraient fixé le tarif.
Ce qui rend cette explication assez vraisemblable, c'est que
d'un part nous connaissons en Egypte l'existence de droits de
ce genre (1), et que d'autre part, dans cette hypothèse, tous
les détails du texte s'expliquent assez bien.
La stèle a été gravée par les soins du préfet de la montagne
de Bérénice (έπαρχος δρους Bspgvwv);, prœfectus montis Bere
nices, prœfectus montis Berenicidis). Ce fonctionnaire nous est
connu par plusieurs inscriptions latines (2). La plus instructive
est celle de Sulmo qui nous donne son titre complet : prœ-
fectus prsesidiorum et montis Beronices (sic) (3). Il avait,
donc un caractère spécialement militaire et Ton peut supposer
qu'il était non seulement chargé du commandement des postes
de Bérénice, mais encore de la surveillance de tout le rivage
érythréen, au moyen d'une petite flotte de gardes -côtes. Sans
aucun doute, il devait avoir souvent besoin de renouveler son
(1) Cod. Théod., IV, 12, 9. Cod. lust., IV, 61, 9. J'avais d'abord pensé,
à voir dans άποστολίου, une faute pour αποστόλου (cf. 1. 4 Άραβ<ι>αρχ/α, 1. 16
όκτώ<ι>, 1. 27 1<ι>χούσης) et à faire des μισθωταί des publicains qui auraient
pris à forfait l'entreprise de conduire, au compte de l'état, un convoi de Copt
os à Bérénice. Notre inscription nous aurait donné le tarif maximum fixé
par ordonnance impériale pour empêcher les adjudicataires de cette entre
prise de proposer des sommes trop élevées. Le convoi aurait été destiné au
ravitaillement des postes de Bérénice et de la flotte de la mer Rouge. Mais
les sommes indiquées dans notre inscription paraissent trop petites, pour
autoriser une pareille explication.
(2) Orelli, II, 3881. CIL, III, 32, 55; IX, 3083. Une inscription grecque
inédite de Gizeh, datant du règne de Commode, mentionne un επίτροπος ορούς,
qui doit peut-être se confondre avec Γ έπαρχος. Επίτροπος signifie ordinaire
ment procurator, mais ici il peut avoir seulement le. sens de surveillant.
(3) OÏL, IX, 3083. ' ill . iKSCRIPÏIONS GRECQUES d'ÉGVPTE
matériel et ses hômmeb et c'est à Cojptos, point de départ d'une
des grandes routes ;qni va du Nil à la mer Rouge (1), que se
formaient «es 'convois tie ravitaillement. 11 n'est donc pas 'éto
nnant qu'il ait eu à faire 'connaître à ses subordonnés, qui sem
blent y avoir été le plus intéressés, le tarif des 'droits de trans»
port. C'est en effet aux équipages de la flotte de la mer Rouge
que sont destinés les personnages nommés de la 1, J-16 aussi
bien que le mât et la vergue (1. 29 et 30). Les femmes nom·,
mées des 1. 16'- 20 vont, très certainement, rejoindre les gar
nisons de la montagne. Parmi elles on distingue celles qui
ne sont pas mariées (γυναικών προς Ιταιρκ7(ΑΟν ), celles qui sont
mariées avec les soldats de terre (γυναικών στρατίωτών ) et celles
qui sont mariées avec lès hommes de la flotte (γυναικών eî<r-
πλεουσών). Quant aux ânes, aux chameaux, à la voiture ment
ionnés dans le reste de l'inscription, ils devaient servir au
transport de toutes ces personnes et à celui de leurs bagage
ou des marchandises expédiés de Goptos aux postes de Béré
nice. Ainsi notre stèle ne nous donne pas le tarif de l'impôt
pour tous les voyageurs, mais seulement pour ceux qui ont
quelques rapports avec la garnison et la flotte, en sorte que
l'on n'a nul besoin, afin d'expliquer l'intervention du préfet,
de lui prêter des attributions financières. Celles-ci appar
tiennent à YArabarchie.
L'arabarque semblerait être, d'après son nom, le magistrat
chargé de l'administration des côtes de la mer Rouge et du
pays compris entre la mer et le fleuve. A l'époque ptolémaïque
On ne cite pas d'arabarque(2) mais un στρατηγέ της Ίνδιχης
και Ερυθράς θαλάσσης (3). A l'époque romaine deux inscriptions
seulement mentionnent l'arabarque, et dans l'une ce titre est
associé à celui d'épistratège de la Thébaïde(4). En tous cas
. 0) Cf. Letronne, Recueil, I, p. 173 et sqq.; Miller, Revue archéol., 1870
(XXI) p. 316 et sqq. (inscription d'Antinoé).
(2) II est pourtant vraisemblable que ce titre a dès lors existé, car on trouve
des Libyarques (Mahaffy, The empire of the Ptolemies, p. 181).
- (3) €16 1 4897 «».
(4) GIG, III, 4751 = Letronne, Recueil, II, 180 : Κλαύδιος Γέμινοί άραβά>χη$
CIG, III, 5075 . . . Πτολεμαίοι [Άραβάρ]χον> .... texte est le seul qui nous laisse entrevoir quelles, étaient
les fonctions. de cet arabarque. Il nous apparaît ici moins
comme un gouverneur de province que comme un officier fi-,
nancier chargé de lever les taxes sur les transports.
Or ce rôle est justement celui que le Code Justinien(l) at-»
tribue à Yalabarque, magistrat dont il est question dan3 les
auteurs (2), à la fois pour l'époque ptolémaïquê et pour, l'époque
romaine et qui porte un titre assez voisin de celui de l'ara-»,
barque pour que l'on ait pu penser que les deux mots dussent
être confondus (3). Notre nouveau texte serait, semble-t-il, une
preuve assez nette de cette confusion. Pou,r l'Egypte (4), en
effet, la forme άλαβάρχης n'est autorisée que par des textes
manuscrits et même sans supposer, de fautes dans ces manus?
crits, on peut admettre que les deux termes ont été employés
concurrement pour désigner la même magistrature. Il est vrai
que Josèphe nous parle de l'alabarque d'Alexandrie (5), tandis
que l'un des arabarques dont il. est question dans les inscrip
tions est en même temps épistratège de la Thébaïde et parait
avoir eu spn siège dqns la capitale de cette province. Mais
rien ne, nous dit qu'il n'y ait eu qu'un seul arabarque ou ala·
barque. L'arabarchie nous apparaît comme une foncticm fi*
nancière qu'ont pu remplir en même temps que l'alabarque
ou arabarque d!Alexandrie, chacun pour son domaine, les
gouverneurs des différentes province. Elle consistait à lever;
les taxes imposées aux voyageurs et aux marchandises trans*
(1) Cod. Just., 4, 61, 9; cf. Marquardt, Staatsverwaltung, I, 2e éd., p. 447.
(2) Les textes, sont ç\\ê$ par Schuerer, Pje. Alabarchen in ^Egypten,. Ze\l-
sch,rift /"· n>i$$en$cbaftlicke Thologiçx ^8*55, p. ^3r4Q (tra.vajl que je n'aj pu
consulter); Wisso^a, Pquly's Encyclopedic, s, γ. Alabarphes. et AraJ)a,rches ;
Marquardt, ouvr. cit., p. 445-447.
(3) Telle est l'opinien de Schuerer, et de Brandis (Wissova, Pauly's Encyc
lopédie, s. v. Arabarches). La confusion du λ et du ρ fréquente dans le
Copte et le Grec d'Egypte (Schuerer). Il est d'autre, part difficile de trou
ver une étymologie plausible pour Άλαδάρ^ης (Marquardt, cuv. cit., p. 446,
(4) Les inscriptions mentionnent un alabarquè en Lycie (C/G, 4267), et
en Eubée (BCH, XVI, p. 119). ' "
(5) Josèphe, Ant., XX, 100. . . , . . -