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JEUNES-FRANCE

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis JJEEUUNNEESS--FFRRAANNCCEE Terme désignant la jeunesse de 1830 gagnée à l'art romantique et aux idées libérales.

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Ajouté le : 27 mars 2014
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JEUNES-FRANCE

Terme désignant la jeunesse de 1830 gagnée à l'art romantique et aux idées libérales. Cette expression a été empruntée à un journal, La Jeune France, auquel collabore Gozlan en 1829 ; ce même journaliste publiera deux ans plus tard, de mars à octobre 1831, toute une série d'articles où il se retourne contre le nouveau mouvement et ses adeptes pour les ridiculiser.

Les Jeunes-France marquent leur opposition au conformisme de l'époque par la singularité de leur mise : port de la barbe, surabondance de la chevelure (défi jeté aux crânes chauves des académiciens — on se rappelle l'invective jetée par l'un des leurs aux siffleurs d'Hernani : « À la guillotine, les genoux ! »), costume qui traduit l'amour de la vie et de la couleur. Le célèbre gilet — ou plutôt pourpoint médiéval — rouge que Théophile Gautier arbora à la stupeur de toute la salle le soir de la première d'Hernani fait maintenant partie de l'histoire littéraire.

Passionnés d'art, ces jeunes gens furent, dans la guerre opposant les classiques aux romantiques, les soutiens fidèles des drames de Hugo et de Dumas. Ils emportèrent de haute lutte la victoire, non seulement lors de la décisive première d'Hernani, mais durant les trente-cinq autres représentations, livrant chaque soir fidèlement bataille.

Les plus illustres des Jeunes-France, appelés aussi bousingots (mais ce terme insiste davantage sur l'aspect politique), furent les membres du « petit cénacle » et devinrent presque tous des artistes et des poètes de renom. Mais le mouvement se transforma en véritable mode, avec tous les ridicules qui s'y attachent, et consacra le triomphe d'une extravagance trop facile, au point que Théophile Gautier, se retournant contre ses congénères — et sans doute contre ses propres ridicules —, publia en 1833 un livre, Les Jeunes-France, qui est un témoignage précieux et savoureux de la petite histoire du romantisme. Le « bon Théo », l'homme au gilet rouge a bien pu se moquer : presque quarante ans plus tard, il avouera sa nostalgie de son enthousiasme de jeune homme.

Auteur: FRANCE CANH-GRUYER
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