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KANG YOUWEI [k'ang yeou-wei] (1858-1927)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis KKAANNGG YYOOUUWWEEII [[kk''aanngg yyeeoouu--wweeii]] ((11885588-- 1927) L'exégèse des classiques confucéens, une mystique inspirée du bouddhisme et du taoïsme et

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Ajouté le : 27 mars 2014
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KANG YOUWEI [k'ang yeou-wei] (1858-1927)

L'exégèse des classiques confucéens, une mystique inspirée du bouddhisme et du taoïsme et l'influence de la pensée occidentale ont contribué à faire de ce fils d'une famille de fonctionnaires des environs de Canton, qui réussit non sans peine au doctorat en 1895, le premier grand théoricien politique de la Chine moderne. Dans deux ouvrages qui déchaînent le scandale, Étude des faux classiques forgés par les savants de la dynastie Xin (Xinxue weijing kao, 1891) et Étude sur Confucius réformateur (Kongzi gaizhi kao, 1897), Kang Youwei systématise les recherches d'une longue lignée d'érudits, passant par Wei Yuan et Gong Zizhen, pour dénoncer la version officielle des classiques et proposer une nouvelle interprétation de Confucius fondée sur les « textes en écriture nouvelle », tels qu'on pouvait les reconstituer grâce aux commentaires de Gongyang du ~ iiie siècle. Selon Kang, le véritable sens du confucianisme est d'innover sans cesse pour faire progresser l'humanité vers l'âge d'or qu'il décrit dans le Livre de la Grande Unité (Datong shu), ébauché dès 1885, publié intégralement en 1935 seulement. Cette utopie socialiste, qui inspira Mao Zedong, voit l'abolition de la famille, des nations, de la propriété privée, et l'institution d'un gouvernement mondial. Pour y parvenir, Kang veut d'abord industrialiser la Chine et y introduire la monarchie constitutionnelle. Ses nombreuses pétitions appuyées par l'opinion lettrée, les conséquences de la défaite de 1895 et de la pénétration étrangère convainquent l'empereur de faire appel à ses services, en 1898. L'échec de la réforme des Cent Jours contraint Kang, suivi de son brillant disciple Liang Qichao, à un exil où, pendant quinze ans, il s'efforce d'organiser le soutien des Chinois d'outre-mer au mouvement constitutionnel en Chine. Resté fidèle à la dynastie, il appuie la tentative de restauration en 1917. Ses idées monarchistes et confucéennes l'opposent à la révolution intellectuelle du 4 mai 1919. Ayant perdu l'audience de ses contemporains, il se réfugie avec quelques-uns de ses disciples dans la littérature et la cosmologie.

Auteur: MARIANNE BASTID
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