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L'enceinte néolithique de Noyen-sur-Seine (Seine-et-Marne) - article ; n°2 ; vol.69, pg 554-569

De
18 pages
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1972 - Volume 69 - Numéro 2 - Pages 554-569
Résumé. — L'enceinte, en croissant, s'appuie sur un ancien bras de la Seine. Elle est formée de fosses distinctes doublées parfois d'un petit fossé de palissade, également discontinue, sur le côté W-SW. L'ouvrage rappelle les camps d'Urmitz et de Mayen attribués au Michelsberg. Les zones d'occupation humaine se localisent à l'extérieur et à l'intérieur de l'enceinte où un ensemble complexe et inédit de petits fossés de fondation avec trous de poteaux est en cours d'étude. Le sol néolitique se retrouve à 0,25 — 0,35 m. sous le sol actuel. L'industrie lithique s'apparente à l'outillage de type chasséen du Bassin parisien. La céramique montre une dualité d'influences chasséennes et de Michelsberg. Des vestiges de 3 figurines féminines en terre cuite dont une presque complète de très belle facture, proviennent d'une zone d'habitat à l'intérieur de l'enceinte. La détermination de la part relative des influences chasséennes et Michelsberg reste à préciser à la lumière de nouvelles fouilles.
Abstract. — The crescent precinct rests on a dead branch of the river Seine. It is made up with distinct pits which are sometimes bordered, on their west-southwest side, by a small fence-ditch likewise interrupted. The whole reminds us of the Urmitz and Mayen camps attributed to Michelsberg. The areas occupied by man are located inside and outside the precinct where a complex and hitherto unknown set of small foundation trenches with pole marks is under survey. We can find the neolithic soil 10-15 inches below the present soil ; the lithic industry is quite similar to the Chasséen type of the Bassin Parisien. Its pottery shows the dual influence of Chasséen and Michelsberg. Some remains of three female clay statuettes, one of which is nearly entire and of a very fine treatment, were found in a dwelling place inside the precinct. The determination of the relative influence of Chasséen and Michelsberg remains to be precisely stated after new excavations.
Ztisammeufssung. — Das mondformige Erdwerk lehnt an einen friiheren Arm der Seine. Es bestecht aus getrennten Gruben, die mit einem kleinen, auf der Seite W-SW ebenfalls unterbrochenen Palisadengraben manchmal verdoppelt sind. Das Werk erinnert an die Lager von Urmitz und Mayen, die dem Michelsberg zugeschrieben sind. Die Zonen menschlicher Bewohnung lokalisieren sich ausserhalb und innerhalb des Erd- werks, wo ein neur und verwickelter Komplex von kleinen Fundamentierungsgràben mit Pfahlochern gerade studiert wird. Der Boden aus der Jungsteinzeit liegt in einer Tiefe von 0,25-0,35 m. unter dem heutigen Boden. Die lithische Industrie ist verwandt mit derjenigen von« Chasséen » Typus des Bassin Parisien. Die Keramik zeigt eine Doppelheit von Einfliissen : Chasséen und Michelsberg. Fragmente von drei kleinen weiblichen Tonfiguren unter welchen eine von sehr schoner Ausarbeitung fast vollstàndig ist, koramen aus einer Bewoh- nungszone innerhalls des Erdwerk. Den relativen Teil der Einflússe Chasséen und Michelsberg festzusetzen, bleibt noch mit Hilfe von neuen Ausgrabungen genau zu bestimmen.
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Daniel Mordant
Claude Mordant
L'enceinte néolithique de Noyen-sur-Seine (Seine-et-Marne)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1972, tome 69, N. 2. pp. 554-569.
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Mordant Daniel, Mordant Claude. L'enceinte néolithique de Noyen-sur-Seine (Seine-et-Marne). In: Bulletin de la Société
préhistorique française. 1972, tome 69, N. 2. pp. 554-569.
doi : 10.3406/bspf.1972.8185
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1972_hos_69_2_8185Résumé
Résumé. — L'enceinte, en croissant, s'appuie sur un ancien bras de la Seine. Elle est formée de fosses
distinctes doublées parfois d'un petit fossé de palissade, également discontinue, sur le côté W-SW.
L'ouvrage rappelle les camps d'Urmitz et de Mayen attribués au Michelsberg. Les zones d'occupation
humaine se localisent à l'extérieur et à l'intérieur de l'enceinte où un ensemble complexe et inédit de
petits fossés de fondation avec trous de poteaux est en cours d'étude. Le sol néolitique se retrouve à
0,25 — 0,35 m. sous le sol actuel. L'industrie lithique s'apparente à l'outillage de type chasséen du
Bassin parisien. La céramique montre une dualité d'influences chasséennes et de Michelsberg. Des
vestiges de 3 figurines féminines en terre cuite dont une presque complète de très belle facture,
proviennent d'une zone d'habitat à l'intérieur de l'enceinte. La détermination de la part relative des
influences chasséennes et Michelsberg reste à préciser à la lumière de nouvelles fouilles.
Abstract
Abstract. — The crescent precinct rests on a dead branch of the river Seine. It is made up with distinct
pits which are sometimes bordered, on their west-southwest side, by a small fence-ditch likewise
interrupted. The whole reminds us of the Urmitz and Mayen camps attributed to Michelsberg. The areas
occupied by man are located inside and outside the precinct where a complex and hitherto unknown set
of small foundation trenches with pole marks is under survey. We can find the neolithic soil 10-15 inches
below the present soil ; the lithic industry is quite similar to the Chasséen type of the Bassin Parisien. Its
pottery shows the dual influence of Chasséen and Michelsberg. Some remains of three female clay
statuettes, one of which is nearly entire and of a very fine treatment, were found in a dwelling place
inside the precinct. The determination of the relative influence of Chasséen and Michelsberg remains to
be precisely stated after new excavations.
Zusammenfassung
Ztisammeufssung. — Das mondformige Erdwerk lehnt an einen friiheren Arm der Seine. Es bestecht
aus getrennten Gruben, die mit einem kleinen, auf der Seite W-SW ebenfalls unterbrochenen
Palisadengraben manchmal verdoppelt sind. Das Werk erinnert an die Lager von Urmitz und Mayen,
die dem Michelsberg zugeschrieben sind. Die Zonen menschlicher Bewohnung lokalisieren sich
ausserhalb und innerhalb des Erd- werks, wo ein neur und verwickelter Komplex von kleinen
Fundamentierungsgràben mit Pfahlochern gerade studiert wird. Der Boden aus der Jungsteinzeit liegt in
einer Tiefe von 0,25-0,35 m. unter dem heutigen Boden. Die lithische Industrie ist verwandt mit
derjenigen von« Chasséen » Typus des Bassin Parisien. Die Keramik zeigt eine Doppelheit von
Einfliissen : Chasséen und Michelsberg. Fragmente von drei kleinen weiblichen Tonfiguren unter
welchen eine von sehr schoner Ausarbeitung fast vollstàndig ist, koramen aus einer Bewoh- nungszone
innerhalls des Erdwerk. Den relativen Teil der Einflússe Chasséen und Michelsberg festzusetzen, bleibt
noch mit Hilfe von neuen Ausgrabungen genau zu bestimmen.:
Bulletin de la Société préhistorique française, tome 69, 1972, Etudes et Travaux, fascicule 2
L'enceinte néolithique de Noyen-sur-Seine
(Seine-et-Marne)
par Claude et Daniel Mordant (*)
Résumé. — L'enceinte, en croissant, s'appuie sur un ancien bras de la Seine. Elle est formée de fosses
distinctes doublées parfois d'un petit fossé de palissade, également discontinue, sur le côté W-SW. L'ouvrage
rappelle les camps d'Urmitz et de Mayen attribués au Michelsberg. Les zones d'occupation humaine se loca
lisent à l'extérieur et à l'intérieur de l'enceinte où un ensemble complexe et inédit de petits fossés de fondation
avec trous de poteaux est en cours d'étude. Le sol néolitique se retrouve à 0,25 — 0,35 m. sous le sol actuel.
L'industrie lithique s'apparente à l'outillage de type chasséen du Bassin parisien. La céramique montre une dual
ité d'influences chasséennes et de Michelsberg. Des vestiges de 3 figurines féminines en terre cuite dont une
presque complète de très belle facture, proviennent d'une zone d'habitat à l'intérieur de l'enceinte. La déte
rmination de la part relative des influences chasséennes et Michelsberg reste à préciser à la lumière de nouvelles
fouilles.
Abstract. — The crescent precinct rests on a dead branch of the river Seine. It is made up with distinct
pits which are sometimes bordered, on their west-southwest side, by a small fence-ditch likewise interrupted.
The whole reminds us of the Urmitz and Mayen camps attributed to Michelsberg. The areas occupied by man
are located inside and outside the precinct where a complex and hitherto unknown set of small foundation
trenches with pole marks is under survey. We can find the neolithic soil 10-15 inches below the present soil ;
the lithic industry is quite similar to the Chasséen type of the Bassin Parisien. Its pottery shows the dual
influence of Chasséen and Michelsberg. Some remains of three female clay statuettes, one of which is nearly
entire and of a very fine treatment, were found in a dwelling place inside the precinct. The determination of
the relative influence of Chasséen and Michelsberg remains to be precisely stated after new excavations.
Ztisammeufssung. — Das mondformige Erdwerk lehnt an einen friiheren Arm der Seine. Es bestecht aus
getrennten Gruben, die mit einem kleinen, auf der Seite W-SW ebenfalls unterbrochenen Palisadengraben
manchmal verdoppelt sind. Das Werk erinnert an die Lager von Urmitz und Mayen, die dem Michelsberg
zugeschrieben sind. Die Zonen menschlicher Bewohnung lokalisieren sich ausserhalb und innerhalb des Erd-
werks, wo ein neur und verwickelter Komplex von kleinen Fundamentierungsgràben mit Pfahlochern gerade
studiert wird. Der Boden aus der Jungsteinzeit liegt in einer Tiefe von 0,25-0,35 m. unter dem heutigen Boden.
Die lithische Industrie ist verwandt mit derjenigen von« Chasséen » Typus des Bassin Parisien. Die Keramik
zeigt eine Doppelheit von Einfliissen Chasséen und Michelsberg. Fragmente von drei kleinen weiblichen
Tonfiguren unter welchen eine von sehr schoner Ausarbeitung fast vollstàndig ist, koramen aus einer Bewoh-
nungszone innerhalls des Erdwerk. Den relativen Teil der Einflússe Chasséen und Michelsberg festzusetzen,
bleibt noch mit Hilfe von neuen Ausgrabungen genau zu bestimmen.
propos du colloque d'archéologie aérienne, publia INTRODUCTION
le cliché de l'enceinte et émit l'hypothèse d'un
rapprochement avec le camp d'Urmitz de la L'enceinte, repérée au cours d'une prospection vallée du Rhin moyen (2). Dès l'hiver 1965, une aérienne, en 1960, par D. Jalmain, se situe au prospection de surface systématique du site nous lieu-dit « Le Haut des Nachères » à Noyen-sur- amena à recueillir une abondante céramique et Seine, en bordure d'un ancien bras de la Seine (1) une industrie lithique du Néolithique moyen. (fig. 1). En 1963, R. Agache, dans un article à
Un petit sondage, très limité, à l'intérieur de
l'enceinte, dans une zone riche en tessons super-
(.*) Séance du 23-3-72.
(1) Jai.main D. — Recherches archéologiques aériennes au- (2) Agache R. — Quelques remarques à propos du récent dessus de « La Rassée », Bull. gr. archeol. de S.-et-M., 1960, pp. 33-3(i, 2 photos. — Archéologie aérienne en Ile-de-France, colloque d'archéologie aérienne, B.S.P.F., t. 60, 1963, pp. 482-
Paris, Tcchnip, 1970, pp. 60-64, flg. 28. 488, fig. 1.
554 Fig. palissade 1. — Noyen-sur-Seine doublant F. 3 (S.-et-M.). ; F. 2, fosse Vue aérienne 2. La flèche du site montre prise le en passage direction dans du l'enceinte Nord. F. servant 1, fosse de 1 ; point F. 3, de fosse départ 3 ; pour f. 3,
la numérotation des fosses. A l'intérieur de l'enceinte, le sondage ouvert en 1971. Un groupe de 5 fossés subparallèles, recoupés par la F. 10 de l'enceinte, barre totalement le méandre : fouilles 1972.
ficiels, livra une grande quantité de fragments L'ENCEINTE
n° d'un 6) même (3). vase à provision volumineux (fig. 11,
— Caractéristiques générales (fig. 1).
Des prospections régulières furent menées
En forme de croissant, elle s'appuie au Nord- ensuite chaque hiver. La campagne de fouilles
Est sur une noue parallèle à la Seine. Elle mesure 1970 eut pour but essentiel de mesurer l'étendue
approximativement 260 m d'axe N.-W. - S.-E. et et l'importance du site à l'aide de plusieurs son
150 m maximum N.-E. - S.-W. Elle se compose dages, sur des emplacements repérés en surface
de fosses distinctes, séparées les unes des autres et par photo aérienne : 1 sur l'enceinte (S. 1),
par des espaces variables, de 1 à 10 m, doublées 2 à l'extérieur (S. 3 et S, 4), 2 à l'intérieur (S. 2
parfois d'un petit fossé de palissade également et S. 5). La campagne de 1971 a permis d'élargir
discontinu, du côté W.-S.-W. (5). le sondage 5 de 1970 où une zone d'habitat avait
été identifiée.
— Les fosses F. 1 et F. 3, la palissade f. 3. Après 7 années de prospection et ces deux
campagnes, on remarque que les vestiges archéo Le premier sondage de la campagne 1970 a logiques s'étendent aussi bien à l'intérieur qu'à permis le dégagement total de F. 1, partiel de l'extérieur de l'enceinte (4). F. 3 et de la palissade f. 3 associée (fig. 2).
(3) Baillouu G. — Informations archéologiques, Gallia
Préhistoire, t. X, 1967, fasc. 2, p. 315, fig. 17.
(4) Nous tenons à remercier vivement Mme Lignac, MM. C. (5) Les fosses sont intitulées F associé d'un nombre impair et G. Salin et A. Nys, propriétaires fonciers, ainsi que MM. en direction du Nord à partir de la première fosse au N.-W. Brunet et Boucher, exploitants, de nous autoriser avec bien de l'importante discontinuité de l'enceinte (fig. 1), soit F. 1... veillance à effectuer nos recherches. Les fouilles sont organi F. 3..., et d'un nombre pair en direction opposée S. - S.-E., sées par le Cercle archéologique de Bray-sur-Seine (77). F. 2... F. 4... Ont participé aux 2 campagnes 1970-1971 : 1970, MM. J. Bon- tillot, M. Chéreau, C. Mordant, D. Dordant, J. Schérer ; 1971, La palissade en regard de chaque fosse est repérée par id. et Mlle D. Bosson, MM. P. Amblard, M. Charuel, D. Vincent. un f muni du même numéro que la grande fosse, soit f. 3.
555 - Les fosses (fig. 2).
pSétt£neVLe^ ^ f f— Pbs
et sèment sableux des des parois bord et s. de I atCumulatl«» яг? ?\ .E»e des resuite matériaux de lamortis- terreux
1. 3. Une Un épais poche éboulis de terre «ravillonneux gris beige externe venant de l'intérieur.
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m1""'6 1""'6 C" """•« donc être voLLdê (i 5
masures" C°mbleinent s'^» effectué en 2 phases
Ш) aU mveau de la couPe С 1) (fie 2 чЛ 1
I,o0 1 *n L m ; g" profondeur <• } lar§eur : 0,53 2,80 m m ; fond P olat
V"
Au niveau de la coupe l (С Л Hp f i ^ л- ь^ l ' ae ^- 1 on dis- tingue (fig. 3) ;
1. Une couche d'alios limitant le fond.
1 I- ->
1 ill- ].i Гочч.. 1 Л., i- .. s.il)lrils..",'V '.^"{."m П
nnu d'r T^T : U ali°S COlnl)aet : 2. terre ext«™. — palissade (fig. 2). La dèrent qu'entre fosse et palissade existait un
vallum formé par les matériaux extraits lors du Elle double la fosse 3 à une distance de 3,5 à creusement (11). Cette hypothèse permet d'ex3,8 m et n'existe pas au niveau de F. 1. Une pliquer la dissymétrie du remplissage des fosses, portion de 7 m a été dégagée. La largeur du dont les poches d'origine interne proviennent de fossé, très inégale, varie de 0,32 à 0,12 m au l'érosion de ce talus, formé à Noyen de graviers niveau du gravier alluvial, sous décapage de 0,35- alluviaux et à Mayen de pouzzolane volcanique 0,40 m. Le fossé présente ainsi des constrictions (Bims). Comme à Mayen l'espace entre fosse et qui délimitent peut-être l'emplacement des po palissade est de l'ordre de 15 à 20 m, un talus teaux de bois. même très volumineux peut y prendre place.
Le profil en U montre des parois verticales et A Noyen, puisque la distance n'est que de 3,5 à
un fond arrondi tapissé d'alios. La profondeur 4 m, il faudrait supposer que cette levée de terre
est de 0,45 m en moyenne sous décapage de s'appuyait sur la palissade. Dans cette hypot
0,35 à 0,40 m. hèse, il semble que l'assise de celle-ci soit insuf
fisante à contenir la poussée des terres de déblais. Le remplissage, de terre gris beige assez homog De plus, si cet ouvrage avait un but défensif, ène, laisse difficilement distinguer la trace de
cette disposition irait à rencontre de celui-ci en poteaux. Cependant, sur certaines coupes trans permettant une escalade plus facile de la palisversales, la stratigraphie évoque la présence de sade. Il se peut également que fosses et palissade pieux de 0,25 à 0,30 m de diamètre. représentent 2 phases d'occupation du site. Le Des dépressions du fond d'alios semblent peu de matériel actuellement recueilli ne permet correspondre également à leur emplacement. pas d'étayer cette hypothèse.
L'utilisation de cette enceinte reste assez proConclusions provisoires, comparaisons. blématique. L'hypothèse d'un role défensif s'a
ccorde mal avec le grand nombre de passages L'enceinte, par sa conception générale, rappelle entre les fosses ; celle d'un parc collectif à beaucoup les camps d'Urmitz (6) et de Mayen bétail est également à soulever. Le problème reste (7) (région du Rhin moyen) attribués à la civil posé et il est nécessaire de poursuivre la fouille isation de Michelsberg. Elle s'éloigne du camp de de l'enceinte. On remarquera cependant la recherl'Etoile récemment découvert par R. Agache (8).
che du site pour l'implantation du camp, au fond Des alignements de fossés comparables ont d'un méandre de la Seine, adossé au fleuve. été repérés à Gravon (S.-et-M.) à 20 km en aval
de Noyen, à proximité d'une nécropole de la
Tène I. Seuls des vestiges de faune (bœuf, mout
on, porc, cheval) ont été recueillis dans le rem ETUDE D'UNE ZONE D'HABITAT
plissage : le problème de leur datation reste donc Sondage 1971 (fig. 1) posé (9). Une vaste enceinte d'un style compar
able, visible sur les photographies de l'I.G.N., se Un niveau d'occupation, presque continu, a été situe au lieu-dit « Le Maran », commune de Châ- reconnu sur l'ensemble du site à 0,25-0,30 m tenay-sur-Seine, à 20 km en aval de Noyen. La
sous le sol actuel, et cette couche en place est prospection de surface du site livre une industrie régulièrement endommagée par les labours prolithique néolithique abondante. fonds, même détruite par endroits. Un sondage La structure même de l'enceinte de Noyen assez restreint, à l'emplacement de celui de rappelle en tous points, dimensions des fosses, 1965, avait permis de dégager en 1970 2 trous dynamique du remplissage avec dissymétrie des de poteaux, 2 petits fossés ainsi qu'une aboncôtés interne et externe, celle du camp de dante céramique (fig. 11, nos 6 et 9). Un décapage Mayen (10). Les archéologues allemands consi- de 600 m2 fut entrepris en 1971 sur cette zone
(fig. 1) et son étude est en cours. Cette note n'en
sera donc qu'une présentation.
(6) Rôder J. — Erdwerk Urmitz. Gesamtplan und Perioden- — Les structures (fig. 4 à 7). teilung, Germania, t. 29, 1951, pp. 187-190, flg. 1. — Maier R.-A. — Fragen zu neolithichen Erwerken Stid- Toute la partie nord du sondage présente un bayerns Jahresbericht der bayerischen Bodendenhmalpflege, ensemble complexe de petits fossés irréguliers 1962. dont la largeur varie de 0,3 à 1,20 m (en moyenne (7) Lehner H. - — Die ncolithische Festung bei Mayen in der Eifel, Bonner Jahrb., 1910. 0,50 m) qui s'entremêlent les uns les autres, — Site en cours d'étude par Dr. J. Liming et J. Eckert de empêchant toute interprétation simple immédl'Institut de Préhistoire de Cologne. iate (fig. 4). La limite sud de cet ensemble est — Luning J. — Das Experiment im Michelsberger Erdwerk
in Mayen, Archâologisches Korrespondenzblatt, 1971, fasc. 2, nette et marquée par un petit fossé arqué de pp. 95-96, fig. 1. largeur variable. Dans la partie ouest de cet — Eckert J. — Neue Untersuchungen im Michelsberger
Erdwerk von Mayen (Eifel), Archâologisches Korrespondenzb ensemble, l'interprétation du tracé est plus facile latt, 1971, fasc. 2, pp. 97-100, fig. 1 et pi. 15. et le fossé délimite 3 loges a, b, с et probable- (8) Agache R. — Camp néolithique à accès multiples décou
vert à l'Etoile (Somme), B.S.P.F., t. 68, 1971, C.R.S.M. n» 7, pp. 194-196, 2 fig.
(9) Site étudié par les auteurs à paraître in R.A.E.
(10) Eckert J. — Op. cit., pi. 15 et flg. 1. (11) Luning J. — Op. cit., fig. 1.
557 va du sondage, a, b, e, d, loges limitées par les
a ment et b une semblent quatrième appartenir d (fig. à la 4-6). même Les unité 2 loges par
tagée en deux par une cloison (fig. 6). Le rem ЙгГн'п6 être de cependant, 3 d compartiments une Oc^4nt+ale habitation peuvent distincts être (fiŠ- composée formulées 4 à (fig. 6). de 4 Tl à 3 au s'agit 6) unités, sujet La peut- préou de
sence des poteaux dans les folsés, leur répar
tition judicieuse dans les angles et aux interde tranchées des plissage Les forte poteaux o,«3O^ taches petits taille a du de 0,40 fosses mesurant fossé, terreuses bois fondation m (sous (fig. gravillonneux, correspondraient 0,30 6). sombres décapage dont à Ce 0,50 la sont profondeur laissées de montre m des 0,35 de donc diamètre. pL.x par m) de à varie desplus des de sections, ne semble pas aléatoire.
Dans la région sud-est du sondage, le décapage
tinées a 1 implantation des poteaux. Z 0,30 e poteaux nn? m et evldeïlcet la profondeur dont Te le diamètre Pande de 0,10 quantité à varie 0,30 de m, de dimens0,20 trous à
encore cause L'interprétation de en la cours complexité d'étude. d'ensemble même Quelques reste des remarques délicate structures à décapage ions prises de 0,35 au niveau en moyenne* du gravier, après un
ne laisse apparaître aucun plan Leur simple répartition (fig. 7).
et b ;
558 - Le matériel (tessons de céramique, indust L'outillage.
rie lithique, rares vestiges de faune) se localise Petite pointe sur éclat à talon réservé. Elle dans line couche de 5 à 8 cm juste sous les
montre des côtés à retouche directe abrupte labours, à 0,30 - 0,35 m sous le sol actuel. (fig. 8, n° 1).
Armatures de flèches :
— pointe de flèche à pédoncule et ailerons
fracturés (fig. 8,
n° ——3) armature flèches ; perçantes à n° tranchant 2) ; (fig. 8, transversal nos 4-8). (fig. 8,
Assez mal venues dans l'ensemble, elles sont
amygdaloïdes à retouche biface partielle, avec
parfois une partie corticale (fig. 8, n° 8).
Pointes sur éclat épais à retouche assez
abrupte, parfois scalariforme (fig. 8, nos 9-10) ;
la face d'éclatement est gardée brute ou montre
des retouches amincissantes.
Petit perçoir sur éclat laminaire. La partie
proximate présente une petite retouche abrupte
n° 11). Fig. 7. — Noyen-sur-Seinc (S.-et-M.). — Vue d'ensemble de la directe (fig. 8, partie S.-W. du sondage. Notez l'abondance de trous de poteaux masquée en partie par des galeries de fouisseurs. nos 12-13-15-17). Tranchets (fig. 8, Croix, emplacement de la figurine n° 1.
Assez bien représentés, ils sont fabriqués sur
éclat.
Ce niveau d'occupation correspond au sol néo 2 types à distinguer : lithique. — tranchets de forme oblongue, à retouche biface plus ou
moins scalariforme, à tranchant vif d'éclatement (n° 13) ou à Les vestiges recueillis reposent à plat ou en retouche biface écailleuse (n° 12) ; très léger pendage. Certains présentent parfois — tranchets triangulaires conservant la face d'éclatement un pendage assez fort de 45 à 60° : ils indiquent
brute de l'éclat. Seule la face supérieure est retouchée et peut dans ce cas la présence sous-jacente d'un trou conserver une partie corticale. La retouche est assez abrupte et de poteau. scalariforme.
Dans la zone nord du sondage, le matériel se (nos 16-17). Le tranchant reste vif d'éclatement concentre au niveau des petits fossés, dans les Le tranchet n° 15 présente une légère retouche premiers centimètres du remplissage, le reste du côté de la face d'éclatement et le tranchant étant pratiquement stérile. est ébréché. 2 fragments de figurines en terre cuite furent
recueillis dans ce sondage (fig. 4 et 7), l'une Petit ciseau (fig. 8) : il s'apparente beaucoup
(figurine n" 2, fig. 14) dans la zone d'habitat au par sa forme générale à un tranchet, mais pré
Nord, l'autre, la plus belle et la plus complète sente un tranchant et des arêtes polies. Il s'agit
dans la partie ouest (figurine n° 1, fig. 13). peut-être d'un outil de potier (lissoir).
Grattoirs (fig. 8, nos 18-20, 23-24).
Très abondants sur le site ils représentent LE MATERIEL l'outil dominant de l'industrie lithique.
Ils sont le plus souvent sur éclat : Abondant, il a été recueilli en place, ou en — sur éclat laminaire mince, avec front en arc de cercle à surface après des labours profonds. Il s'agit, dans retouche fine (n° 18) ; ce cas, de vestiges remontés du niveau en place — sur bout de lame avec front presque droit (n° 19) ; par la charrue. — sur éclat laminaire cortical à bout retouché (n° 23) ;
— sur éclat de débitage assez peu épais (n° 20) ; L'industrie lithique (fig. 8-9). — sur éclat épais et le front en arc de cercle avec retouche
assez abrupte (n° 24). Matière première.
Il s'agit du silex local, sauf pour 2 petites Racloir, sur éclat épais à section losangique
haches polies en pierre dure gris bleu à patine (fig. 8, n° 25).
blanc verdâtre. Couteau à dos abattu à retouche très abrupte C'est un silex assez fortement patiné, de cou (fig. 8, n° 22).
leur blanche à jaunâtre, veiné d'ocre ou de gris.
Il porte très fréquemment des taches d'oxyde de Lame : l'extrémité distale est aménagée en
manganèse brun noir. pointe par une retouche uniface (fig. 8, n" 21).
559 8. — Noyen-sur-Seine (S.-et-M.). — Industrie lithique. Fig.
560 Le silex, très patiné, est devenu fragile et pulvé est également connu en contexte chasséen, tout
rulent. comme la hache taillée. L'outillage sur roche
dure importée, fréquent au Rubané, l'est touPic massif à larges retouches bifaces et arête jours moins au Chasséen où le silex local est sinueuse (fig. 9, n° 1). largement utilisé.
Hache taillée à retouche biface (fig. 9, n" 2). Le matériel lithique de Noyen s'insère donc
assez facilement dans une industrie de type C'est un outil de bonne facture d'un type
Chasséen du Bassin parisien (12). courant.
Petites haches polies en roche dure gris bleuté
à patine blanc verdâtre :
— petite hache polie cordiforme (fig. 9, n° 3) ; LA CERAMIQUE
les facettes de polissage sont bien visibles ; une
face est légèrement plus bombée (herminette ?) ; Abondamment recueillie sur l'ensemble du — partie distale d'une hache à bords droits, site, elle se partage en 2 lots distincts : une cérprobablement obtenue par sciage ; le talon est amique fine, soignée, assez peu représentée par fracturé anciennement. rapport à la majorité plus grossière, mais cepen
dant bien façonnée et lissée.
Conclusion.
Les formes.
Les flèches perçantes amygdaloïdes à retouche
biface partielle se retrouvent dans le Chasséen n" — 1). Ecuelle Cette forme, en calotte très fréquente à bord épaissi dans le (fig. Chas10, du Bassin parisien, tout comme l'armature' à
séen du Midi (13) et de Chassey (14), est connue tranchant transversal. La petite flèche à ailerons,
également dans le Bassin parisien à Nermont plus récente, trouvée dans le remplissage d'un
fossé de fondation de l'habitat correspond très
probablement à une intrusion (due aux fouis
seurs ?).
(12) Bahaoud G. — Le Néolithique dans le Bassin parisien, Paris, 11° supplément à Gallia Préhistoire, 1964, p. 85, fig. 11. Les tranchets appartiennent également à l'i (13) Aknal J., Bailloud G., Riquet R. — Les styles cérndustrie lithique chasséenne, tout comme le amiques du Néolithique français, Préhistoire, t. XIV, 1960, ciseau. pp. 75-138. — Couiitin J. et Pblouard S. — Un habitat chasséen en
Haute-Provence, la « grotte G » de Baudinard (Var), B.S.P.F., Les grattoirs sur éclats, outils peu caracté t. 68, 1971, pp. 510-561, flg. 14-16. ristiques, sont toujours abondants dans les habi (14) TiiÉviïNOT Л.-Р. — Eléments chasséens de la céramique tats chasséens. Le pic de type « campignien » de Chassey, R.A.E., t. XX, 1969, fasc. 1-2, pp. 7-95, flg. 11 с
Fig. 9. — Noyen-sur-Seinc (S.-et-M.). — Industrie lithique. 1-2, silex ; 3-1, pierre dure gris bleu à patine blanc verdâtre.
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