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La montée en puissance du Brésil : concepts et réalités - article ; n°2 ; vol.30, pg 328-355

De
30 pages
Revue française de science politique - Année 1980 - Volume 30 - Numéro 2 - Pages 328-355
THE MOUNTING POWER OF BRAZIL : CONCEPTS AND REALITIES, by ANTONIO CARLOS PEIXOTO Analysis of the processes leading to increased power for a particular country often confuses the growth of national resources as the outcome of a « natural » process caused principally by economic development with strategies whose explicit purpose is to achieve a hegemony. How should Brazil be considered in this context ? In the first place, it must be said that Brazil is not a « candidate » for a world power role, as some would have it, nor is it a major under-developed country, as others claim. Secondly, there are elements in Brazil's rise in power which belong both to economic development and to a scheme or intention to achieve hegemony. Some of Brazil's foreign policy initiatives, which have often been seen as signs of this objective are, in reality, no more than responses to the constraints of economic development. [Revue française de science politique XXX (2), avril 1980, pp. 328-355.]
LA MONTÉE EN PUISSANCE DU BRÉSIL : CONCEPTS ET RÉALITÉS, par ANTONIO CARLOS PEIXOTO L'analyse des processus qui conduisent à la montée en puissance d'un pays confond souvent l'augmentation des ressources nationales comme le résultat d'un processus « naturel » provoqué surtout par le développement économique, avec des stratégies dont le but explicite est l'exercice d'un rôle hégémonique. Comment situer le cas brésilien, à partir de ce point de vue ? D'abord, il faut considérer que le Brésil n'est ni le « candidat » au rang de puissance mondiale, comme veulent quelques-uns, ni un grand pays sous-développé, comme d'autres le prétendent. Deuxièmement, dans la montée en puissance brésilienne, il y a des éléments qui relèvent, à la fois, du développement économique et d'un projet ou dessein hégémonique. Quelques initiatives brésiliennes dans le domaine de la politique étrangère, souvent perçues comme des manifestations de ce dessein hégémonique, ne sont, en réalité, que des réponses aux contraintes créées par le développement économique. [Revue française de science politique XXX (2), avril 1980, pp. 328-355.]
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Monsieur Antonio CARLOS
Peixoto
La montée en puissance du Brésil : concepts et réalités
In: Revue française de science politique, 30e année, n°2, 1980. pp. 328-355.
Citer ce document / Cite this document :
Peixoto Antonio CARLOS. La montée en puissance du Brésil : concepts et réalités. In: Revue française de science politique,
30e année, n°2, 1980. pp. 328-355.
doi : 10.3406/rfsp.1980.393893
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1980_num_30_2_393893Résumé
LA MONTÉE EN PUISSANCE DU BRÉSIL : CONCEPTS ET RÉALITÉS, par ANTONIO CARLOS
PEIXOTO
L'analyse des processus qui conduisent à la montée en puissance d'un pays confond souvent
l'augmentation des ressources nationales comme le résultat d'un processus « naturel » provoqué
surtout par le développement économique, avec des stratégies dont le but explicite est l'exercice d'un
rôle hégémonique. Comment situer le cas brésilien, à partir de ce point de vue ? D'abord, il faut
considérer que le Brésil n'est ni le « candidat » au rang de puissance mondiale, comme veulent
quelques-uns, ni un grand pays sous-développé, comme d'autres le prétendent. Deuxièmement, dans
la montée en puissance brésilienne, il y a des éléments qui relèvent, à la fois, du développement
économique et d'un projet ou dessein hégémonique. Quelques initiatives brésiliennes dans le domaine
de la politique étrangère, souvent perçues comme des manifestations de ce dessein hégémonique, ne
sont, en réalité, que des réponses aux contraintes créées par le développement économique.
[Revue française de science politique XXX (2), avril 1980, pp. 328-355.]
Abstract
THE MOUNTING POWER OF BRAZIL : CONCEPTS AND REALITIES, by ANTONIO CARLOS
PEIXOTO
Analysis of the processes leading to increased power for a particular country often confuses the growth
of national resources as the outcome of a « natural » process caused principally by economic
development with strategies whose explicit purpose is to achieve a hegemony. How should Brazil be
considered in this context ? In the first place, it must be said that Brazil is not a « candidate » for a world
power role, as some would have it, nor is it a major under-developed country, as others claim.
Secondly, there are elements in Brazil's rise in power which belong both to economic development and
to a scheme or intention to achieve hegemony. Some of Brazil's foreign policy initiatives, which have
often been seen as signs of this objective are, in reality, no more than responses to the constraints of
economic development.
[Revue française de science politique XXX (2), avril 1980, pp. 328-355.]LA MONT EN PUISSANCE DU BR SIL
Concepts et réalités
ANTONIO CARLOS PEIXOTO
analyse
mique cette teurs tique vue Quand être temps la ou donne duire considérer nationales quelques 328 nécessairement deux teurs teurs nution duire processus selon stratégie Quand mondiale définie la action et qui niveaux constituent les une épuise lesquelles une sur on montée dans ments de de un facteurs ont résultats réel pendant augmentation que on certaine la la leur étant la comme stade débouche permis la définit intervient sectorielle séparation en puissance vite considère étant la des la en organisation ces la dans alors ou considération de puissance escomptés notion une rationalité variable une processus En facteurs une rationalité de les sur le une chaque certaine effet croissance cette modalités de nationale les ou augmentation entre temps que de un capable globale par influence stratégie peut phénomènes ont stratégie fa Il sur il capables les instant la période est rapport La Il on est pays être été le montée spécifiques constante et la agit deux évident montée assurer très plan la Il aménagés de montée assimilée ensuite prend ou aussi un est montée le de historique puissance notions sous facile purement abord en des certains résultat dans inutile en que produire et pays limitée en le articulation ressources normalement analyser cet puissance régulière en et identifier quelques la passage puissance une montée insister buts angle organisés séparation de puissance qui de susceptible méthodologique échelle soit-elle dynamique des action détecter accompagne De de des pourrait nationales cas la les changements et pourvu ce cette action de plus ressources probléma pour incorpore deux une modalités régionale stratégie dans entre point des de ces les brute dyna long dimi donc pro pro fac fac fac que élé ses ces de de et et le Le Brésil
objectifs car il est impensable que la croissance constante et régulière
des ressources nationales puisse effectuer sans une organisation
même rudimentaire des facteurs qui permettent cette croissance La
capacité influencer les décisions tous les niveaux la moindre ou la
plus grande possibilité de résister ou exercer des pressions dans un
secteur quelconque du système international sont donc fonction de ce
processus de montée en puissance et de la stratégie qui intervient et
oriente le mouvement de montée
Le problème cependant se complique un peu plus on essaie
de définir ou de discuter la notion même de stratégie Toute stratégie
appuie sur des éléments réels est-à-dire les moyens elle peut uti
liser pour arriver certains buts les buts étant eux-mêmes fixés en
fonction des moyens disponibles De ce point de vue toutes les straté
gies présentes dans un mouvement de montée en puissance sont aussi
des stratégies de puissance étant donné que les processus auxquels elles
sont intrinsèquement liées ont comme résultat augmentation de la
puissance nationale Mais et est ce niveau on peut situer le
point central de cette problématique peut-on analyser de la même
fa on les stratégies qui visent maximiser les ressources nationales et
les stratégies dont le but central est la définition un rôle hégémonique
un niveau quelconque du système international Il semble en effet
que quand on parle de stratégies nationales dans un mouvement de
montée en puissance on peut concevoir deux types de stratégie un
premier type qui cherche maximiser les ressources et éliminer les
contraintes de fa on permettre que la croissance et augmentation
des ressources soient constantes ininterrompues le résultat étant aug
mentation naturelle de influence dont dispose le pays Le
deuxième type possible de stratégie est celui où tout en tenant compte
des ressources disponibles et de leur maximisation ces ressources sont
employées dans le but explicite de produire une augmentation de
influence nationale et exercice un rôle hégémonique Dans le pre
mier cas les buts varient selon les circonstances et les contraintes
imposées par insertion du pays dans le système international la maxi
misation des ressources étant pas un but proprement parler mais
plutôt le fondement logique de ce type de stratégie Il agit une
stratégie adaptation aux nécessités nationales la montée en puissance
augmentation influence et même exercice un rôle hégémonique
pouvant être les conséquences naturelles un processus qui se déve
loppe selon des étapes qui ne sont pas toujours fixées ou planifiées
Dans le deuxième cas adaptation est un moment un processus
dont le but central est défini par augmentation de influence et le
rôle hégémonique Il agit alors une stratégie de but hégémoni-
329 Antonio Carlos Peixoto
que où chaque instant organisation et articulation des ressour
ces sont mises au service de ce but Le mouvement de montée en puis
sance est alors corrigé ou réorienté en fonction des objectifs fixés
dans le cadre de cette stratégie
Toutefois on peut très difficilement supposer une séparation nette
entre ces deux types Dans la plupart des cas la montée en puissance
comporte des logiques et des actions qui appartiennent aux deux types
de stratégie et seule analyse un cas concret dans toute sa complexité
peut séparer les deux types et établir la logique dominante chaque
instant dans le cas où cette logique peut être repérée Il est donc
important de répéter que la montée en puissance ne suppose pas néces
sairement une stratégie de but hégémonique Quand on affirme le
contraire on tendance expliquer un processus par ses résultats et
par là même confondre motivations et objectifs Une stratégie
adaptation peut aboutir une situation hégémonie si une motiva
tion exercice un rôle hégémonique apparaît un moment donné
Mais cela ne peut pas être confondu avec la logique même de cette
stratégie Dans la même optique une stratégie visant exercice une
hégémonie quelconque peut déboucher sur la maximisation de quelques
ressources sans que le rôle hégémonique soit nécessairement assuré
La détermination des variables explicatives de une ou autre situa
tion ne peut pas être faite partir des cadres purement nationaux Elle
met en évidence tous les facteurs et processus qui se développent
hui dans le système international autant plus que la maximi
sation des ressources la montée en puissance et la formation de hégé
monie se font dans un cadre intégration économique croissante et
une polarisation du système international partir de quelques cliva
ges Est-Ouest Nord-Sud et de quelques problèmes désarmement
conflits régionaux matières premières) qui affectent le fonctionnement
de ensemble du système De ce point de vue emploi de expression
stratégies nationales une valeur relative Elle peut appli
quer seulement des situations où la composante nationale dans éla
boration et application une stratégie donnée est facilement repéra-
ble ce qui est pas toujours le cas surtout quand on parle de pays tel
que le Brésil En effet peut-on parler une stratégie qui ne tient pas
compte au moins un certain point des pressions et des intérêts
des pays hégémoniques dans un contexte régional
Le degré autonomie dans élaboration une stratégie apparaît
alors comme une variable fondamentale considérer Ce degré varie
logiquement selon importance et la dimension des contraintes qui
pèsent sur le pays en question Dans le cas brésilien les
sont nombreuses et autonomie est aussi très relative Néanmoins le
330 Le Brésil
processus de montée en puissance est réel ce qui place analyste
devant la tentation opérer un choix qui tout en privilégiant un
aspect de la dichotomie ignore le deuxième et ne lui permet pas éta
blir les rapports et de démêler les interactions qui existent entre les
deux termes Car la relativité de autonomie et la montée en puissance
coexistent et sans une on pourrait très difficilement comprendre
autre
Selon plusieurs critères traditionnels de la puissance ressources
naturelles étendue du territoire population croissance économique et
produit national brut participation croissante dans le commerce inter
national le Brésil est en train de se classer parmi les candidats
au rang de puissance mondiale Cette évaluation de la montée en puis
sance brésilienne est pas effet de la propagande en réalité il
un consensus dans la communauté internationale et aussi parmi les
spécialistes des relations internationales en ce qui concerne augmenta
tion de la puissance brésilienne et son influence grandissante voire
hégémonique dans le cadre régional latino-américain et en Afrique
Les initiatives diplomatiques du Brésil sont considérées comme des
actes traduisant une volonté de puissance et de recherche un rôle au moins au niveau régional expansion des intérêts et
des affaires brésiliennes en Afrique est interprétée comme la naissance
une nouvelle hégémonie La présentation des données et des indica
teurs formels ne laisserait quand on se place dans cette optique sub
sister aucun doute le Brésil apparaît de plus en plus comme un
nouveau centre de pouvoir
Cette perception du rôle hégémonique du Brésil est cependant très
souvent tempérée ou même parfois contrecarrée par autres percep
tions qui tiennent compte de quelques problèmes concernant le proces
sus interne de développement brésilien Dès lors la dépendance techno
logique augmentation constante de la dette extérieure les inégalités
régionales sont présentées comme des indices une faiblesse chronique
voire de sous-développement Le géant aurait des pieds argile et le
nouveau centre de pouvoir serait tellement fragile que cette notion
pourrait difficilement être appliquée au cas brésilien Le Brésil serait
tout simplement un pays qui un peu mieux réussi par rapport aux
autres pays sous-développés compte tenu de quelques atouts de base
Comment concilier ces deux visions dans le cas bien sur où elles
sont conciliables Et quels sont alors les instruments analytiques per-
331 Carlos Peixoto Antonio
mettant de séparer la faiblesse de la force et exercice de hégémonie
de hégémonie subie enfin et surtout de distinguer apparence des
réalités
Comme point de départ il me semble que les deux phénomènes
coexistent le Brésil est un pays dont influence sur la scène interna
tionale ne cesse de grandir comme le résultat une augmentation
constante de la puissance nationale La montée en puissance brési
lienne est un phénomène dont on peut discuter ampleur mais pas
existence et dans quelques occasions rares il est vrai on peut même
dégager quelques indicateurs qui confirment la naissance une nouvelle
hégémonie En même temps la structure interne de économie brési
lienne présente des faiblesses assez évidentes et ces faiblesses sont dif
ficilement corrigibles dans la mesure où le niveau autonomie dont
dispose le pays pour les prises de décision concernant son développe
ment global est pas très élevé Les contraintes qui pèsent sur écono
mie et les pressions extérieures qui exercent dans le sens une adap
tation de la croissance aux exigences des investissements et des achats
de technologie ont comme conséquence adoption de mesures qui
souvent aggravent les faiblesses et approfondissent la dépendance mal
gré un résultat globalement positif si on se limite regarder les
taux de croissance et le développement industriel
La constatation de cette situation apparemment contradictoire est
pas nouvelle et dans le but de la rendre plus cohérente et compréhen
sible deux explications ont été avancées présent La première
met accent sur le rôle du Brésil en tant que pays dominé par impé
rialisme la croissance économique brésilienne et le type de régime
politique auraient fait de ce pays le site privilégié des investissements
étrangers de implantation des multinationales et idéologie du
régime en place le disposerait exercice un rôle de gendarme de
impérialisme ou de relais des Etats-Unis en Amérique latine1 La
deuxième insiste sur le niveau de développement industriel déjà atteint
par le Brésil et sur sa capacité exporter des produits manufacturés et
des équipements qui indiquent la possession une technologie
moyenne Le Brésil est présenté comme un pays quasi industriel
où subsistent encore quelques poches de sous-développement que la
dynamique de la croissance finira par absorber Selon cette vision les
cadres déjà quelque peu traditionnels de la dépendance sont remplacés
par les schémas plus actuels de interdépendance Quel pays dans le
monde moderne est entièrement autonome
Voir surtout les travaux de Marini Ruy Mauro et Dos Santos Theotonio)
pour la notion de sous-impérialisme
Voir ce propos les travaux de Schneider Ronald et de Perry Williams)
332 Le Brésil
Ces deux cadres explicatifs me semblent nettement insuffisants
Dans le premier toute notion intérêt national ou autonomie dans
la fixation de certains objectifs disparaît unité analyse pays ou
Etat est réduite une situation objet simple outil exécution de
décisions venant de extérieur analyse des relations internationales
prend la forme une dichotomie où les pays périphériques agissent
partir des stimulants des pays centraux comme des entités
réflexes Dans le deuxième on risque de mélanger des associés inégaux
et de diluer les rapports inégalité qui existent entre les groupes de
pays qui composent le système international
Les notions mêmes de sous-impérialisme de puissance relais
et de gendarme sont assez équivoques et leur valeur explicative
douteuse Elles contiennent la fois économique et le politique sans
on puisse savoir très bien dans quel sens elles sont utilisées idée
de sous-impérialisme suppose que le Brésil étant donné son niveau de
concentration monopolistique est déjà capable établir des rapports
de type impérialiste avec autres pays du Tiers monde essentiel de ce
mouvement expansion étant assuré par les multinationales et les
entreprises étrangères qui contrôlent une bonne partie du marché brési
lien ce qui permis un niveau relativement élevé de concentration
dans économie brésilienne Le Brésil apparaît ce moment comme la
base physique ou territoriale partir de laquelle expansion impéria
liste se réalise et Etat brésilien devrait assurer le soutien politique
indispensable par le biais de son activité diplomatique et une politi
que économico-financière destinée rendre plus facile cette expansion
Or exportation de capitaux brésiliens et brésiliens signifie ici en
provenance du Brésil car il importe peu ils soient vraiment brési
liens ou ils soient des capitaux appartenant des firmes étrangères
installées au Brésil) est assez faible pour caractériser le Brésil même
comme pays sous-impérialiste Selon les données disponibles entre
1974 et 1977 les investissements brésiliens nets extérieur ont repré
senté 447 millions de dollars ce qui donne une moyenne annuelle de
112 millions Si nous utilisons cet indicateur par rapport au PNB pour
chacune des années de la période en question nous aurons les pourcen
tages suivants
1974 .......................... 58 millions ....................... 005
1975 112 008
1976 183 millions 012
1977 94 006
Soit en pourcentage soit en valeur absolue les chiffres ne sont pas
très impressionnants Le Brésil reste un importateur net de capitaux et
333 Carlos Peixoto Antonio
sa capacité exportation dans ce domaine ne peut pas être comparée
celle des pays centraux
Les chiffres qui expriment les lignes de crédit et financement
consentis par le Brésil autres pays sont beaucoup plus élevés
1974 .......................... 168 millions ........................ 015
1975 203
1976 270 millions 018
1977 263 017
Mais il agit ici de crédits exportation qui indiquent tout sim
plement un effort pour augmenter les exportations étant donné les
contraintes de la balance des paiements du Brésil Ils peuvent indiquer
aussi un dynamisme du commerce extérieur brésilien et une plus
grande diversification des exportations Cependant le simple fait
exporter des équipements industriels et des produits manufacturés
est pas suffisant pour un pays puisse être considéré comme
sous-impérialiste
La notion de puissance-relais ou de gendarme relève plutôt
du politique est-à-dire elle tente exprimer un rôle de surveil
lance assigné un pays dans un contexte territorial bien défini Encore
une fois imprécision est très grande Il aucune preuve une
délégation de pouvoirs américains pour que le Brésil joue ce rôle
On confond augmentation de la puissance brésilienne qui permet au
Brésil avoir une certaine influence dans les affaires intérieures de cer
tains pays latino-américains comme la Bolivie le Paraguay et Uru
guay avec un rôle de surveillance au nom des intérêts un autre pays
intervention brésilienne Saint-Domingue en 1965 aux côtés des
Etats-Unis ne peut pas être analysée sous cet angle Il agit une dans le cadre un gouvernement qui inspirait directe
ment de la doctrine de sécurité nationale et qui avait fait de la lutte
contre la subversion de anticommunisme et du rattachement au bloc
occidental les piliers de sa politique étrangère en occurrence le gou
vernement de Castelo Branco avril 1964 mars 1967 Mais on ne doit
pas sous-estimer ou méconnaître les changements intervenus dans la
politique étrangère brésilienne depuis cette époque
La montée en puissance brésilienne altéré le rapport des for
ces en Amérique latine en faveur du Brésil équilibre traditionnel
entre le Brésil et Argentine été rompu La marge de man uvre dont
dispose le Brésil heure actuelle en Amérique latine est une
conséquence de augmentation de sa puissance et non une délégation
explicite ou implicite de la part des Etats-Unis Il est possible en
334 Le Brésil
revanche affirmer il du côté américain une reconnaissance
de cette nouvelle réalité exprimée par Richard Nixon en 1972 lors de
son entretien avec le chef de Etat brésilien le général Medici Où
va le Brésil va Amérique latine Mais là encore il serait faux de
considérer que le Brésil est doté une capacité intervention dans les
affaires des autres pays qui lui permettrait de diriger des coups Etat
ou de changer les régimes son gré
autre part il des différences de qualité entre les pays dans le
cadre de interdépendance et cette réalité ne peut pas être ignorée La
nécessité éprouvent certains pays de trouver des sites où la main-
uvre est bon marché et abondante de vendre de la technologie et
de faire des investissements ne doit pas être confondue avec la nécessité
éprouvée par un autre groupe de pays de recevoir des investissements et
une technologie plus avancée Le niveau aussi relatif soit-il indépen
dance des pays du centre dans leur processus de développement et leur
marge autonomie dans la prise de décisions concernant ce processus
sont sûrement très différents de ceux du Brésil Mais il est vrai que la
place occupée par le Brésil dans ce cadre ne peut pas être comparée
celle des pays du Tiers monde compte tenu du niveau de développe
ment économique brésilien
élément de contradiction existant dans une situation telle que la
situation brésilienne ne peut se poser cependant que pour ceux qui se
réfugient dans des schémas figés Le processus brésilien ne peut devenir
compréhensible que si on examine dans leur interaction les divers
ordres de phénomènes qui se développent en son sein atouts et
contraintes stratégie globale et politique réelle éléments objectifs et
subjectifs
Le premier critère qui doit être retenu pour analyse de ce on
pourrait légitimement appeler la montée en puissance brésilienne est
effet de masse du développement brésilien Cet effet de masse
tient quelques éléments fondamentaux la taille du marché le
volume des ressources non renouvelables le potentiel agricole lui-
même fonction de la dimension territoriale La combinaison de ces élé
ments selon des politiques qui ont varié dans le temps permis au
cours des années la création une base industrielle extrêmement diver
sifiée et le maintien pendant une période relativement longue un
taux de croissance relativement élevé De ce point de vue la montée en
puissance brésilienne est pour essentiel fonction de cet effet de
masse qui est traduit par une croissance économique accélérée Il
est très important insister sur cet aspect le même type de développe
ment et les mêmes taux de croissance dans un pays de dimensions plus
modestes auraient pas le même impact sur le système international
335