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La Roussellerie-I'Ermitage en Saint-Michel-Saint-Brévin (Loire-Atlantique) - article ; n°4 ; vol.92, pg 479-498

De
20 pages
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1995 - Volume 92 - Numéro 4 - Pages 479-498
RÉSUMÉ Le site de la Roussellerie-l'Ermitage apparaît dans le vieux sol des falaises de la rive Sud de l'estuaire de la Loire. Depuis plus de 30 ans des prospections assidues, profitant de l'érosion naturelle, ont permis de rassembler nombre de vestiges archéologiques, à caractères particuliers, souvent groupés en locus. On peut y discerner trois séquences du Bronze final, deux du Bronze moyen, deux autres Chalcolithique- Bronze ancien, et une Néolithique final.
ABSTRACT The prehistoric site of la Roussellerie-l'Ermitage lies in the former cliffs on the south side of the mouth of the Loire. Thirty years of prospecting along sea shore have given many discoveries from the late Neolitic to the Late Bronze Age. Each period of the Bronze Age point to two or three neighbouring settlements with common and different characteristics.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Michel Tessier
Jacques Bernard
La Roussellerie-I'Ermitage en Saint-Michel-Saint-Brévin (Loire-
Atlantique)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1995, tome 92, N. 4. pp. 479-498.
Résumé
RÉSUMÉ Le site de la Roussellerie-l'Ermitage apparaît dans le vieux sol des falaises de la rive Sud de l'estuaire de la Loire.
Depuis plus de 30 ans des prospections assidues, profitant de l'érosion naturelle, ont permis de rassembler nombre de vestiges
archéologiques, à caractères particuliers, souvent groupés en locus. On peut y discerner trois séquences du Bronze final, deux
du Bronze moyen, deux autres Chalcolithique- Bronze ancien, et une Néolithique final.
Abstract
ABSTRACT The prehistoric site of "la Roussellerie-l'Ermitage" lies in the former cliffs on the south side of the mouth of the Loire.
Thirty years of prospecting along sea shore have given many discoveries from the late Neolitic to the Late Bronze Age. Each
period of the Bronze Age point to two or three neighbouring settlements with common and different characteristics.
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Tessier Michel, Bernard Jacques. La Roussellerie-I'Ermitage en Saint-Michel-Saint-Brévin (Loire-Atlantique). In: Bulletin de la
Société préhistorique française. 1995, tome 92, N. 4. pp. 479-498.
doi : 10.3406/bspf.1995.10065
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1995_num_92_4_10065:
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Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n° 4 479
LA ROUSSELLERIE-L'ERMITAGE
EN SAINT-MICHEL-SAINT-BRÉVIN (LOIRE-ATLANTIQUE)
Un site d'occupation continue
du Néolithique final au Bronze final
Michel TESSIER et Jacques BERNARD
RÉSUMÉ — des lentilles de sables rou- cessivement du Sud au Nord : la
Roussellerie (en Saint-Michel), la geâtres et de galets quartzeux traces Le site de la Roussellerie-I 'Ermi Pierre-Attelée et l'Ermitage (en d'anciens dépôts marins ; tage apparaît dans le vieux sol des Saint-Brévin) : soit une longueur de — enfin un socle schisteux plus falaises de la rive Sud de l'estuaire 1,5 km environ. de la Loire. Depuis plus de 30 ans ou moins altéré (avec quelques intr
des prospections assidues, profitant usions granitiques). L'estuaire du ruisseau de Bréneau
de l'érosion naturelle, ont permis de matérialise la limite entre Roussellerrassembler nombre de vestiges ar ie et Pierre-Attelée, le Rocher-Fla • Environnement chéologiques, à caractères particul mand sépare Pierre-Attelée de l'E archéologique iers, souvent groupés en locus. On rmitage qui se termine à l'éperon peut y discerner trois séquences du L'arrière de la ligne de rivage rocheux de l'estuaire du Boivre (es
Bronze final, deux du Bronze montre une forte densité de vestiges tuaire canalisé). moyen, deux autres Chalcolithique- archéologiques répartis en deux
Bronze ancien, et une Néolithique La ligne de rivage est orientée zones : à l'Ermitage, au Nord du rui
final. Sud-Nord. Un platier rocheux se dé sseau de Bréneau (à large couverture
veloppe de l'éperon de Gohaud et dunaire), et autour du relief qui le do
occupe la moitié Sud de la plage de mine au Sud (à étroite bande de
la Roussellerie il apparaît aussi en dune) : la butte de Gohaud. ABSTRACT regard du Rocher-Flamand sur une A l'Ermitage apparaissent 3 menhfaible étendue, et encore sur une The prehistoric site of "la Roussel- irs (et quelques blocs de grès, à cuplus faible surface à l'estuaire du lerie-l'Ermitage" lies in the former pules, plus ou moins suspects), 2 ou Boivre (estuaire actuel canalisé). Parcliffs on the south side of the mouth 3 dolmens le dolmen du Douanier tout ailleurs s'étale un vaste estran of the Loire. Thirty years of prospect dont la table gît sur la plage au pied sableux. Cette conformation et cette ing along sea shore have given many du rocher de l'estuaire du Boivre orientation exposent la falaise à discoveries from the late Neolitic to (P. de l'isle, 1896) ; en ce même lieu l'agression des houles et des temthe Late Bronze Age. Each period of en 1925 un autre monument de ce pêtes générées par les vents forts the Bronze Age point to two or three type a été démantelé par une temdominants d'Ouest. neighbouring settlements with com pête. On ajoutera le dolmen des
mon and different characteristics. Pierres-Couchées que nous avions La falaise s'interrompt en bas de
initialement signalé comme menhir pente au niveau de la vallée de la
(un bloc émergeant de la dune), mais Roussellerie, au milieu de la plage de
qui après sondage de la direction la Pierre-Attelée, et au milieu de celle
des antiquités s'est avéré être un de l'Ermitage où plage et dune fo■ PRESENTATION DU SITE dolmen. rment une couverture continue. DE LA ROUSSELLERIE-
Autour de la butte de Gohaud qui L'ERMITAGE aspecte largement sur l'estuaire de • Stratigraphie générale Le site de la Roussellerie-l'Ermi- la Loire, les prospections de surface
tage (Site 44 182 022 A.P. - Dracar ont révélé un gisement aurignacien Sur l'ensemble de cette coupe de fouillé par M. Allard (1969), l'empl= 217) correspond à une coupe de falaise on peut remarquer la stratfalaise maritime recouverte de acement du dolmen du Grand-Carrigraphie globale suivante : de haut en eau-Vert et de l'allée couverte du dunes son observation assidue de bas Corps-de-Garde autrefois décrits par puis plus de 30 ans a permis de re
— une couche dunaire dont la P. de l'isle (1896). cueillir un abondant matériel ar
puissance peut atteindre un dizaine chéologique.
de mètres elle est parfois lessivée • Répartition des découvertes sur un étroit trottoir en front de fa• Disposition géographique laise lors des tempêtes ; Ce vaste site de la Roussellerie-
Ce vaste habitat est situé sur la l'Ermitage comporte des zones quasi — un sol épais de 30 à 90 cm ; sa rive Sud de l'estuaire de la Loire à stériles et d'autres où apparaissent puissance la plus importante est la limite des communes de Saint- des concentrations de vestiges anotée en bas de pente ; Michel et de Saint-Brévin il corres rchéologiques ; ces points forts se
pond à une succession de plages — une couche discontinue de ront successivement examinés en
s'allongeant de la Pointe de Go- head fait de cailloux de quartz ou de parcourant la plage du Sud vers le
haud à l'estuaire du Boivre grès plus ou moins émoussés ; Nord, en s'attardant sur : ;
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Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 / TOME 92, n°4 480
— la plage de la Roussellerie où
un paragraphe sera consacré à cha
cune des strates : "A" couche supér"C" "B" couche moyenne, ieure,
couche inférieure ;
— le "Coin à blé" : locus "G" ;
— la zone "Z", à la Pierre-Attelée ;
— le locus "Y", toujours plage de
la Pierre-Attelée ;
— le versant Sud du Rocher-Fla
mand (Pierre-Attelée) se prolongeant Rocher flamand
au Nord par la plage de l'Ermitage :
locus "X" (plan n°1).
■ LA PLAGE
DE LA ROUSSELLERIE
EN SAINT-MICHEL
(LOIRE-ATLANTIQUE)
Le fond de la petite vallée de la
Roussellerie est drainée par le rui
sseau de Bréneau qui se jette à la mer
plage de la Roussellerie par un aque
duc traversant un perré de défense
barrant la vallée au plus haut de l'es-
tran (mur orienté Nord-Sud perpendic
ulaire à l'axe de la vallée). Un fort
balayage par les tempêtes permet de
reconnaître 3 couches archéolog
iques.
.17
• Stratigraphie générale
Plan n° 1 - Le site de la Roussellerie-l'Ermitage et son environnement. A, B, C, Z, Y, X De haut en bas on observe : locus étudiés p piliers de briquetage b : briquetage à augets fins ; a site auri-
gnacien ; (O) zéro des cartes marines. Les autres altitudes sont notées en NGF — Sable dunaire dont l'épaisseur 1 menhir ; 2 dolmen ; 3 : dolmen détruit ; 4 falaise rocheuse ; 5 limite d'extension varie de 0 à environ 2 m sur la plage de la dune 6 platier rocheux.
suivant l'action des marées, du vent
et des vagues. Sur les pentes de la
vallée la couche sableuse plus ou
— Couche de head avec petits moins fixée peut atteindre près de sionne avec l'argile sous-jacente
donnant une couche intermédiaire blocs de grès et quelques vestiges 10m;
brune de 10 cm au plus ; elle semble du Paléolithique moyen. — Couche de "pseudo-tourbe", aussi porter des empreintes anison épaisseur maximum, au fond de males. Le niveau archéologique se la vallée pourrait atteindre près de • La couche archéologique situe dans cette couche interméd2 m (entr'aperçue lors des fondations supérieure (couche "A") iaire à sa partie supérieure, et à la du perré), elle décroît progressive partie inférieure de la zone purement ment pour s'annuler lorsque les • Structures observées végétale ; bords de la vallée remontent.
— Couche d'argile bleue : sa Les observations répétées ont Cette couche comporte des dé puissance maximum peut atteindre permis de noter des traces de strucbris ligneux : tronc, branchages, des 0,50 m. Elle est striée de lentilles de tures soit dans la coupe de falaise, accumulations de feuilles (saule, ro gravillons de quartz ; elle comporte à soit sur la plage après balayage du seau), des graines (iris, glands, noi peu près en son centre une ligne dis sable par les tempêtes : settes, pépins de raisin...), des restes continue de vestiges archéologiques — dans une encoche de la falaise, d'insectes (abeilles, élytres de coléo qui se prolonge par un trait charbonptères (dytiques, carabes...). Elle est à 150 m au Sud du ruisseau, sur la neux (supérieur) sur la pente Sud ; entrecoupée de lentilles de sable. En pente de la vallée 3 trous de poteau
— Couche d'argile jaune épaisse ont été reconnus (avant la constructcertains endroits sa surface a fait ap
paraître de très nombreuses emp tout au plus de 1 0 cm montrant à sa ion du perré). Ils entament la roche
reintes de pas de bovidés. La limite partie supérieure charbons et ves en place et sont profonds de 0,60 m
inférieure de la couche est nette au pour un diamètre de 0,30 m environ. tiges néolithiques ; elle se prolonge
niveau du lit du ruisseau, beaucoup sur la pente Sud par une ligne char Ils contenaient quelques charbons et
moins sur ses berges où elle fu- bonneuse (inférieure) ; débris de céramique indatables. On :
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de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n° 4 481 Bulletin
— les restes de 2 grands vases à ne peut affirmer leur alignement, leur cond groupe comporte des vases
espacement varie de 3 à 4 m plus grands, à surface laissée vo provisions, malheureusement très
morcelés (diamètre d'ouverture = lontairement rugueuse, le dégrais— un autre trou de poteau a été sant est alors volumineux, de na 34 cm ; diamètre des fonds = 16 cm) perçu sur la plage décapée son dia à surface rugueuse. ture schisteuse ou il a disparu mètre = 0,45 m, la profondeur res (pores) ; les teintes vont du beige tante était de 0,25 m ; il contenait de On remarque encore dans ces au marron. nombreux charbons de bois ; vases hauts un tesson de long col
droit à lèvre biseautée (fig. 2, n° 12) ; — deux foyers constitués de Principales formes reconnues (fig. 1 ,
pierres brûlées groupées sur un nos1-13) — les écuelles sont au nombre
cercle de près de 1 m de diamètre, de 7 (nos 11, 12, 13, 15, 18 et 19), les On peut isoler : avec charbons ont été reconnus deux dernières pourraient être à fond sous la plage ; — des vases bitronconiques (nos 5 rond ; le n° 13 est à petit pied annul
et 6), le premier présente une anse à aire ; les nos 12 et 15 sont ornés de — dans les mêmes conditions une
section ronde (une seconde est pro cannelures horizontales adjacentes fosse presque carrée de 1,10 x bable) ; la base du second est seule et relativement larges pour la pre1 ,20 m profonde de 30 à 40 cm est présente, elle montre un fond mar mière, fines et nettement séparées apparue, son petit côté Ouest se qué d'un léger pied annulaire ; pour la seconde prolonge par une dépression pro
— une petite urne en forme d'œuf fonde de 0,10 à 0,15 m de forme — il y a deux marmites à fond à lèvre éversée (n° grossièrement triangulaire isocèle 17) trouvée en rond : l'une à surface rugueuse, à longue de près de 1 m. Les vagues contiguïté avec des fragments os lèvre impressionnée, son col est souavaient extrait les 3/4 de son seux carbonisés, ses parois sont très ligné d'un cordon en relief marqué contenu tourbeux et ajouté de gros fines, sa surface est parfaitement li d'impressions digitées obliques imigalets. Son fond contenait encore ssée, elle est décorée de 3 séries de tant une torsade. La seconde lisse, près de 200 tessons de godets à fines cannelures parallèles horizon est de teinte noire (nos 9 et 1 0) ; sel (?). (Ou supposés tels.) tales ;
— un seul petit gobelet a été ré— des vases globulaires (nos 3
colté, ses parois sont rectilignes et la • Matériel archéologique recueilli et 16) à épaules marquées, le dernier face externe de son bord est ornée est orné à la naissance du col de Un lot important de poteries a pu d'une ligne de digitations (n° 7) 5 cannelures adjacentes horizontêtre récolté. Cette céramique est en ales ; — outre les nombreux fragments général bien cuite. On y reconnaît
— des vases en pots de fleur, à une série noire à surface bien li récoltés dans la fosse carrée un
grand godet à sel (supposé) entier a ssée, à parois minces, à dégraissant gorge rétrécissant légèrement l'ou
été recueilli comme les autres tes- verture (n°s 1 , 2 et 4) ; assez fin parfois sableux ; un
Fig. 1 - Roussellerie : couche superficielle A. ;
;
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Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n°4 482
13
Fig. 2 - Roussellerie : couche superficielle A.
sons de ce type il est à dégraissant autre fois des cannelures apparem verses impressions digitées, le
ment obliques (fig. 2, nos 1-4). sableux, pied étroit débordant, bord décor de cannelures ou de poin
très infléchi (n° 8). çons nous situent à l'âge du Bronze Une ligne de poinçon apparaît une final. La particularité des cannelures fois (fig. 2, n° 5). Caractères particuliers de la céra en arceaux emboîtés déjà réperto
riée à la Govogne en la Plaine mique
(Loire-Atlantique) (Tessier, 1980) • Comparaisons En dehors des cordons digités, avec la datation : Gif 4904 = 801-
les moyens de préhension sont r 427 ВС = 2530 ± 90 BP et celles Les vases bitronconiques (fig. 1, eprésentés par une petite anse en décrites par Abauzit dans le centre nos 5 et 6) s'apparentent à certaines
boudin sur un vase bitronconique et de la France s'inscrivent au Bronze cruches du groupe des Duffaits du le départ d'une autre anse de même final ll-lll. bassin de la Charente : en particulier type sur un pot de forme non définie au type n° 10, fig. 34 (Gomez, 1980), (fig. 1, n° 5 et fig. 2, n° 13). Il y a Trois datations C14 de ce locus situé au Bronze moyen. 16 fonds plats, 4 fonds à petit pied obtenues à partir de charbons re
annulaire, et 3 ronds. Les lèvres sont La petite urne en forme d'œuf voit spectivement prélevés : sur la pente
biseautées dans la moitié des cas un dessin semblable à la grotte des Nord de la vallée, en son centre près
(20/48). cloches à St-Martin-d'Ardèche (Vital, de la fosse, à sa partie Sud (trou de
1986) attribué au Bronze final Mb. poteau) ont fourni des résultats bien Les lignes d'impressions digitées groupés représentent le décor le plus fré Les marmites à carène basse an
quent (13 fois) 5 sont sur cordon en — Gif 193 С = 2465 ± 200 BP = guleuse, fond arrondi, à parois à l
relief, 2 à même la paroi du vase, égère concavité externe sont à ra 812-370 ВС.
6 sur la lèvre dont 2 à sa face ex pprocher des formes de la Frau — Gif 5798 = 2520 ± 90 BP = terne. Cazals (Tarn-et-Garonne) (Pajot, 799-420 ВС. 1975 ; fig. 4 et 5) et d'un vase du Les cannelures horizontales pren dolmen de la Pierre-Folle à Thiré — Gif = 2480 ± 90 BP = 791- nent la seconde place avec 8 échant (Vendée) (n° 5, fig. 53) attribué au 405 ВС. illons : elles sont tantôt fines et plus Bronze final (Joussaume, 1982). ou moins groupées, ou plutôt larges On peut y ajouter : et adjacentes. A des cannelures fines Outre les qualités de la céra
— Gif 194 = 2720 ± 300 BP = s'ajoutent d'autres cannelures en a mique, les fonds à petit pied annul
rceaux emboîtés : une fois et une aire, les lèvres facettées, les 1262-413 ВС. Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n° 4 483
à partir de charbons prélevés dans • Vallée de la Roussellerie : râtre ; la cuisson est moyenne ; le
couche "B" un foyer inondé par la mer en situa dégraissant est plutôt gros : 3 à
tion stratigraphique imprécise. (Les 4 mm, parfois sableux ; le lissage
Les vestiges archéologiques de dates calibrées sont données avec des parois est souvent médiocre.
cette couche sont situés dans l'argile 1 sigma, d'après Lab. University Was
bleue nettement distincte de la On trouve des formes : hington, 1993).
couche tourbeuse supérieure et de — sphériques, à fond plat (fig. 3, l'argile jaune inférieure ; il ne semble • Conclusions n°2); pas y avoir de strate parfaitement déf
inie et le matériel a fortement souff — presque bitronconiques à caLa comparaison de la céramique
avec celle d'autres sites connus per ert du passage des engins chargés rène douce haut située (fig. 3, n° 1) ;
de construire le perré de défense. met de situer l'occupation de ce — globulaires à épaule plus ou locus au Bronze final et plus spécia Les structures constatées sont moins saillante (fig. 8, nos 3 et 4) ; lement à sa phase terminale. Les da essentiellement deux groupes de pet — une écuelle apparemment à tations C14 bien groupées confir its blocs de grès grossièrement ciment ce point de vue. fond rond dotée d'un cordon simple rculaires avec charbons plus ou en relief. Le cheminement des influences moins abondants, traces de foyers.
qui ont présidé aux formes et décors Les moyens de préhension, outre
de la céramique sont plus à recher ce cordon se résument à deux bou• La céramique recueillie (fig. 3, cher dans le Centre-Ouest qu'en Ar- tons, l'un oblong à pincements nos1-12) morique qui a pourtant dans notre (fig. 3, n° 3) et une languette triangul
région, monopolisé la distribution Les tessons récoltés sont de cou aire. Le décor est essentiellement
des objets de métal. représenté par des impressions digi- leurs variées : beige, rouge ou
Ф14
Fig. 3 - Roussellerie : couche moyenne B. :
:
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n°4 484
tées tantôt sur cordon (n° 6), tantôt bord est marqué par une gorge l Sur la plage, la formation est légèr
confluantes en large bande (nos 7-12) égère. On note encore deux bords ement entaillée par l'écoulement du
ou encore en lignes parallèles, alte simples et un tesson porteur d'un ruisseau de la Roussellerie.
rnant avec une bande lisse légère petit bouton. Les prélèvements palynologiques ment déprimée (n° 8). ayant été faits longtemps après les Le matériel lithique est assez
découvertes archéologiques et les abondant sans caractère particulier ; • Comparaisons levées correspondantes, les raccoon y remarque un talon de hache en
rdements entre les stratigraphies de dolérite "A", et un grand fragment de Le vase sphérique (n° 2) rappelle l'époque et la nôtre peuvent se faire hache en quartz. par sa forme : localement, un grand selon le schéma suivant (tabl. I). tesson dragué dans l'Acheneau à Les charbons de bois sont abonCheix (Loire-Atlantique), ce dernier Cette formation est souvent obdants, ils ont fourni la date de : Gif est décoré d'une large bande d'im servée sur le littoral atlantique, en 6848 = 4260 ± 60 BP (2913-2709 pressions digitées confluantes (Tes- particulier dans le Pays de Rets, la ВС). sier, 1980 - fig. 1, pi. С XII). A dis baie de Bourgneuf (Mounès, 1974),
tance la comparaison s'établit avec Matériel lithique et céramique en Vendée, à Brétignolles (Bernard et
le vase de St-Mème-les-Carrières s'accordent bien avec la datation et Visset, 1992). Cependant elle est
(Coffyn, Gomez, 1969, fig. 1) et celui confirment l'occupation de ce niveau souvent cachée par les engraisse
de la grotte du Quéroy à Chazelle au néolithique final. ments de sable et de galets et par
(Charente) (Gomez, 1982, fig. 4 et 6). les fréquents travaux côtiers, enro
Ces derniers récipients sont ornés chements ou murs de protection. • Étude palynologique des d'une bande d'impressions digitées.
formations holocènes D'autres digitations plus appuyées • Prélèvements, techniques situées sur l'Estran à
sont à comparer à celles du Vivier en "La Roussellerie" en
Du fait de la faible épaisseur des Quiberon (Morbihan) (Briard eř al., Saint-Michel-Chef-Chef sédiments utiles à la palynologie, les 1988) mais la disposition en arcs (Loire-Atlantique), travaux de sondage ont été simplifn'est pas ici évidente. L'alternance de par Jacques Bernard iés, plusieurs tranchées ont été oubandes lisses et de lignes décorées
Lors d'une tournée en Pays-de- vertes à la bêche en différents points au doigt (n° 8) pourrait évoquer une
de l'affleurement. Les prélèvements Retz le Dr Tessier me fit connaître le réminiscence du Chalcolithique ?
ont été faits directement sur les site de la Roussellerie à la limite de Une datation C14 à partir d'un flancs de la tranchée, soit à la truelle Saint-Michel et de Saint-Brévin à gros charbon de bois Gif 6847 a soit par l'intermédiaire de boîtes métcette époque, en hiver 89-90, de viodonné 2960 + 60 BP - 1262-1044 ВС alliques de 20 cm de long. En llentes tempêtes ont sévi, elles ont s'inscrit en concordance avec ce aboratoire, les échantillons ont été décapé les sédiments superficiels et type de céramique situé au Bronze traités selon les méthodes physicodécouvert une série de gisements imoyen. chimiques utilisées de façon à peu ntéressants tout au long de la côte a
près standard dans la discipline. tlantique ; celui de la Roussellerie
• Conclusions était particulièrement dégagé. Un petit diagramme a été établi
Cette strate Bronze moyen paraît pour chacun des points de sondage,
annoncer des influences du Centre- • Description du gisement quatern au hasard des affleurements : R2,
Ouest avec cependant un décor aire de la Roussellerie R3, R4, R5 ; le raccordement strati-
plastique incomplet, dégradé par graphique et chronologique se fait II est situé sur l'estran, recouvert rapport à sa région d'origine (il ne après étude.
aux hautes mers, et donc affleurant présente que des digitations en
vers environ + 2 m NGF, il est trabandes), peut-être en raison de la • Reconstitution du milieu et de la versé par un ruisseau plus ou moins pression armoricaine distributrice de végétation d'après l' analyse pollh actif selon la saison. Il est constitué métal ? NIQUE par une mince couche de tourbe ar
gileuse, riche en débris végétaux de L'environnement du site lui-même • Vallée de la Roussellerie : toute taille, y compris de volumineux couche "C" morceaux de bois. Très rapidement A l'époque considérée le site est
la couche tourbeuse laisse la place à sous l'influence de l'eau douce. La Cette strate correspond à la de l'argile gris-bleu, riche en débris mer elle-même n'influence pas direcouche d'argile jaune surmontant le végétaux mais aussi en vestiges a ctement la végétation, son niveau, head. Elle a montré une vague struc rchéologiques. Cette argile, à marée alors légèrement plus bas (de 2 m au ture formant un ruban de cailloux de minimum, ainsi que nous le montre- basse, apparaît comme une vaste quartz de 1,40 x 0,60 m, parmi ces surface, bombée, à très grand rayon trons plus loin) libère l'espace cor70 pierres se trouvait une petite de courbure, assez irrégulière dans respondant à l'estran actuel. La surpointe microlithe et une flèche tra le détail et ennoyée, à sa périphérie, face est alors irrégulière et il s'y nchante à retouches Sublaine. sous les dépôts de la plage actuelle. développe des milieux variés. L'eau
Il est donc difficile d'avoir une idée douce est amenée par le précurseur Les tessons de poterie sont assez
nombreux, ils sont généralement exacte de la forme et de la superficie du ruisseau de la Roussellerie, par
épais et friables, à dégraissant assez du gisement, on le retrouve, à plu endroits il avait tendance à s'étaler,
abondant voisin de 3 mm. Il y a sieurs reprises, plus ou moins net son écoulement étant gêné par l'
interposition de cordons dunaires. 4 fonds plats, la partie supérieure selon les jours, vers le Nord, vers "le
Rocher-Flamand" ou "l'Ermitage". d'un vase à deux petits boutons, son Donc un mélange de chenaux d'eau ;
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n° 4 485
Tabl. I - Stratigraphie des gisements holocènes sur l'estran de la Roussellerie littoral, que nous ne sommes pas à (TS = tourbe supérieure - Tl = tourbe inférieure). proximité immédiate des vastes va-
sières salées du type schorre,
grandes productrices de ce type de
pollen. La relative faiblesse des polSTRATIGRAPHIE ARCHEOLOGIE STRATIGRAPHIE HIVER 89-90 lens de Cypéracées irait aussi dans
ce sens. épaisseur max (cm)
La palynologie a beaucoup de dif
ficultés à enregistrer la présence an1 TS Chronologie / cienne de dunes par les témoins de
leur végétation. Cependant, une part
ie des graminées, des composés tu- 2 Sable 5 / partie buliflores ou liguliflores des armoises emportée par l'érosion marine
{Artemisia en pourcentage faible), tia Bronze final / pourraient provenir de ce milieu.
Dans notre région seul le pollen 30 2480 +/- 90 BP / 3
d'Ephedra (E. distachya) serait un ex(791-405 ВС) / cellent marqueur du milieu dunaire tib (caractéristique de la dune fixée), ce/
pendant il est rarement trouvé, nous
ne l'avons pas ici.
Argile
Bronze moyen / La végétation régionale 4 50 / bleu + noire
2960+/- 60 BP / Elle est constituée par une chê+/- sableuse naie mixte certainement fournie car (1262-1044 ВС) / effectivement
observée plus loin, le pollen de chêne caducifoliés est
la couche jaune abondant (jusqu'à 30 %, rarement en n'était pas sur la dessous de 15 %). A ces chênes : Sables- Néolithique / coupe
Argile final / Quercus pedunculata, Quercus ses-
5 jaune graviers siliflora, se mêlaient des tilleuls, Tilia, 4260+/- 60 BP / dont le pollen est régulièrement restériles
(2913-2709 ВС) / levé en pourcentages non négli
geables le pollen de lierre, Hedera
helix et soutout de houx, Ilex aquifo-
lium, confirme ce milieu forestier. Le
noisetier bien représenté, faisait prlibre, de marécages d'eau douce, de élevés (au-delà de 5-10 %) pour ce
obablement partie du sous-bois. Le milieux de terre ferme (ces derniers taxon témoignent d'une saulaie r
pollen du hêtre, Fagus silvatica, est sont montrés par la végétation mais ecouvrant directement le site (d'après
très régulièrement noté, mais à aussi par le fait que l'homme a vécu ce que nous connaisons du compor
chaque niveau, un ou très peu de sur le site ou du moins l'a fréquenté tement du pollen) ; pour les pourcen
grains sont observés. Il s'agit d'apintensément). Tous ces milieux sont tages plus faibles, on peut affirmer
ports lointains, la présence de l'arbre fonction de la topographie, ils se que les saules se développaient à
n'est pas assurée dans la végétation sont très certainement déplacés et proximité.
régionale. ont fluctué dans le détail au cours du Le bouleau, Betula, ne se déveltemps. Seuls quelques grains isolés de oppait pas dans notre zone d'étude,
pollen de chênes verts, Quercus ilex, Témoignent de cette interprétat mais le frêne, Fraxinus, était proba
ion le pollen de Typha et de diverses blement présent, son pollen même ont été notés, l'arbre, à cette
plantes aquatiques comme Potamo- époque, ne semble pas faire partie en quantité faible permet de l'affi
rmer. de la flore régionale (le sens régional, geton, Lemna, Myriophyllum, Spar-
ici, doit s'entendre, au maximum, à ganium. Les aulnes dont le pollen est Le pollen de Ligustrum montre la superficie du canton). en quantité limitée devaient être peu que ce buisson, le troène, était abondants. constant dans le milieu, comme ac Quant au charme, Carpinus, son
tuellement, sur la périphérie de la Le pollen de saule est toujours pollen est si faiblement noté que
partie marécageuse. présent, parfois en pourcentages l'arbre ne devait avoir aucune impor
élevés pour ce taxon. D'autre part il tance dans la région. Le rare mais Une partie des graminées est cerest certain que l'arbre s'est déve constant pollen de pin récolté est le tainement en rapport avec ce milieu loppé sur le site car le bois pris dans fait d'apports lointains à partir de pooù les roseaux, Phragmites commual'argile a été analysé et déterminé pulations de Pinus silvestris. L'abis, abondent avec une quantité comme appartenant au genre Salix sence de pollen de Pinus pinaster d'autres graminées des zones hu(F. Guibal, laboratoire de Chronoéco- dans notre étude témoigne de la cormides. rection des prélèvements et du tralogie, Besançon). On peut imaginer
qu'il s'agit de Salix atrocinerea, es Les pourcentages assez faibles itement de nos échantillons ; ils n'ont
pèce très commune encore actuell de Chénopodiacées (maximum pas été pollués par le pollen de pins
ement dans ce type de milieu humide. 20 %) montrent que nous ne maritimes, abondamment plantés sur
Les pourcentages polliniques très sommes alors pas directement sur le nos côtes. :
486 Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n°4
Tabl. Il - Répartition chronologique des différents diagrammes. • L'HOMME, SON ACTION SUR LA VÉGÉ
TATION LOCALE, LES TÉMOIGNAGES DE
SON AGRICULTURE Datations obtenues par l'Archéologie Correspondances chronologiques
(Cl 4) établies par la palynologie L'homme a vécu sur le site, ou du
moins l'a fréquenté ; il était installé à
proximité immédiate comme en t
émoignent les nombreux vestiges dé
couverts et décrits par le docteur R3etR5 Щ 2480 + 90 BP Tessier. Malgré cela, l'agriculture ne SUB - ATLANTIQUE Щ (810-539. ВС) se faisait pas à proximité immédiate
du point de sondage car le milieu, en Ш 2960+60 BP R2 majorité humide, ou dunaire, ne s'y ЦП (1262-1044. ВС) Sub-Boréal / Sub-Atlantique prêtant pas. R4 (3000 - 3600 BP) Й
Ainsi peut-on expliquer la pré
ШЦ 4260+60 (2913-2709.BC) BP sence régulière mais en faible quant SUB - BOREAL
ité, de pollen de céréales. Même au-
delà du site l'agriculture ne devait
pas être très développée non plus,
nous n'avons pas relevé de plantes
assurément messicoles. Nous avons
un lot de pollen dans lequel pourr Gif 5449 : 3070 ± 100 BP soit d'étager nos diagrammes ainsi dans
aient être représentées des plantes le temps R4, R2, R3 et R5 (tabl. II). 1440-1240 ВС,
rudérales comme les plantains, les Gif 5798 : 2520 ± 90 BP soit 800- Toujours selon le même principe Composées avec des centaurées et les variations de l'aulne seraient s520 ВС. des armoises, les Chénopodiacées. ignificatives alors que l'on connaît le Les niveaux de base (tabl. Il) Le pollen d'Ericacées, Calluna ou rôle des conditions tout à fait locales seraient datés du Bronze ancien ou Erica, témoins fiables de la lande, est sur la répartition de cette espèce. du Néolithique final Gif 6840 : faiblement présent ; l'homme n'a Malgré la prudence nécessaire vis-à- 4260 ± 60 BP. donc pas fortement ouvert le milieu vis de cette observation nous notons
forestier pour son agriculture ou le effectivement une diminution d'Alnus Nos analyses portent principale
parcage de ses animaux domest ment sur l'argile bleue ; les tourbes, à la limite Sub-atlantique, Sub-boréal.
iques. Éventuellement, pour ces très superficielles, sont érodées, les
derniers, les environs immédiats du • LE NIVEAU MARIN niveaux inférieurs sont stériles.
site étaient suffisamment ouverts Les niveaux archéologiques les Nos résultats se situent donc, pour offrir un espace favorable à un plus bas, là où nous avons fait nos chronologiquement entre les exélevage local. trêmes de ces dates, soit de 4300 à prélèvements, sont situés sur
Quelques grains de pollen de l'estran ; ils sont recouverts réguli2400 BP environ.
vigne, Vitis, ont été déterminés. Ils èrement à marée hautes, ils affleurent Cette période, dans la zonation appartiennent à des vignes sau à la côte estimée d'environ + 2 m chronologique adoptée régionale- vages, telles qu'on peut en voir en N.G.F. D'après nos interprétations, ment, correspond au Sub-boréal et core actuellement, à l'état de liane, nous avons dit que la mer, à au Sub-atlantique. La limite Sub-bordans les arbres du bord des eaux l'époque était au-delà et n'influençait éal, Sub-atlantique n'est pas très douces. pas directement le milieu local. Ce nette dans nos courts diagrammes. milieu était, au minimum nettement En résumé, les signes d'une acti Cependant, les études faites dans le au-dessus des plus hautes mers de vité humaine, agricole et pastorale, département et dans le Massif armor l'époque ; + 2 m N.G.F. actuel cosont très difficiles à mettre en év icain en général (Morzadek, 1974 ; rrespondent à + 4 m N.G.F. de idence. A l'échelle régionale nous ne Visset, 1976 ; Voeltzel, 1987) utilisent l'époque. Donc, vers 2500-3000 BP pouvons pas trancher entre une ca ces critères pour marquer la limite ; la mer était, au minimum, 2 m sous le rence de notre méthode ou une acti on peut les appliquer à nos dia niveau actuel. Cette différence de nvité réellement très faible. Nous pou grammes. iveau relativement faible n'est pas ivons affirmer que l'activité agricole
La représentation relative du hêtre ncompatible avec un éloignement imétait quasiment nulle sur le site lui-
(qui s'étend au Sub-atlantique) et du portant de celle-ci, au vu de la même.
tilleul (mieux représenté au Subb topographie actuelle des fonds.
oréal) montre : • Interprétation chronologique
— une présence simultanée et Comparaison avec les flores contemp équilibrée des deux arbres en R3 et ■ PIERRE-ATTELEE : oraines décrites dans le département "COIN À BLÉ" : LOCUS "G" R5,
Le docteur Tessier, d'après le mat — une faible représentation du En 1962 avait été étiqueté "Coin à ériel étudié, estime que les décou hêtre, le tilleul est présent en R2, Blé" une zone d'une vingtaine de vertes appartiennent à l'âge du — la présence du tilleul, seul, en mètres, en front de falaise, située à Bronze moyen et du Bronze final. R4, 200 m au Nord du ruisseau de Bré- Les dates obtenues par la méthode
ce qui, d'après les études auxquelles neau. Elle avait livré les restes de du carbone 14 nous placent entre
plusieurs vases, des graines carbo- 2500 et 3000 BP : nous faisons référence, permet ;
;
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Tabl. Ill - La Roussellerie, diagramme pollinique. nisées et la coupe d'une aire de
terre brûlée épaisse de près de 30 14» 3D Ol 10 cm ; sa largeur apparente était
proche de 2 m, et une tranchée dans
la dune permettait de lui accorder PINUS une longueur d'environ 2 m. Au fur FAGUS et à mesure des années d'autres QUERCUS vestiges étaient recueillis en ce
point. En janvier 1979 dans les
éboulis de ce locus une forte
concentration de céramique et de TILIA "boulettes" de terre cuite réapparHEDERA aissaient Monsieur l'Helgouac'h ILEX nous autorisait alors à pratiquer une CORYLUS fouille de sauvetage.
CARPINUS • Conduite de la fouille FRAXINUS (plan n 2) BETULA
SALIX Un étroit ruban de dune fut dé
blayé jusqu'à l'apparition du sol ; la
ALNUS zone mise à nu fut explorée par
bandes de 1 m de long sur une laVITIS rgeur de 0,30 m. L'eau envahit LIGUSTRUM constamment le site, elle s'épanche ERICACEAE de la dune et transforme l'argile du GRAMINEAE sol en bouillie visqueuse.
De haut en bas outre la dune on
constate une couche de terre grise
épaisse de 10 cm stérile puis au- CEREALIA TYPE.
dessous la couche archéologique de COMPOSITAE TUB. LIG. 8 à 10 cm de puissance ; elle est de
teinte sombre ; elle repose sur un sol
de teinte verdâtre épais de 30 à
40 cm (stérile à plusieurs sondages). PLANTAGO Au-dessous gît la roche en place
(schiste altéré). ASPHODELUS
CARYOPHYLLACEAE Malgré l'accumulation des déblais MALVA au pied de la falaise une tempête vint DIPSACACEAE abattre un lambeau large d'une quaSCROFULARIACEAE rantaine de centimètres, ce qui eut LABIACEAE pour inconvénient de décaler les rPOLYGONŮM TYPE PERS. epères du carroyage, mais fit apparTYPE AVIC. aître un petit menhir tout proche RANUNCULACEAE caché sous la dune. UMBELLIFERAE
CHENOPODIACEAE • Étude du matériel découvert ARTEMISIA sur le site
STATICE
Seront successivement passés en ARMERIA
revue les objets céramique, l'outillage CYPERACEAE
lithique, le petit menhir et l'incinéraPOTAMOGETON
tion humaine qui gisait à son pied. SPARGANIUM
TYPHA • La céramique
LEMNA Les découvertes antérieures à la OSMUNDA fouille seront examinées conjointeFILICALES ment avec les récoltes plus récen
tes : l'ensemble comporte 5 vases en
tonnelet, 8 de type pot de fleurs, une
petite écuelle, des fusaïoles et
cuillères, des tessons divers.
PTERIDIUM
Les vases tonnelet (fig 4, nos 1 -4) POLYPODIUM
GO ^ О Les premières récoltes ont fourni :
1 - Un vase noir, pâte assez fine, (СО О dégraissant fin sableux ; il présente à