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Le Néolithique du Pétreau à Abzac (Gironde) - article ; n°1 ; vol.26, pg 203-216

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15 pages
Gallia préhistoire - Année 1983 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 203-216
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Dany Barraud
Le Néolithique du Pétreau à Abzac (Gironde)
In: Gallia préhistoire. Tome 26 fascicule 1, 1983. pp. 203-216.
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Barraud Dany. Le Néolithique du Pétreau à Abzac (Gironde). In: Gallia préhistoire. Tome 26 fascicule 1, 1983. pp. 203-216.
doi : 10.3406/galip.1983.1717
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1983_num_26_1_1717LE NÉOLITHIQUE DU PÉTREAU À ABZAC (Gironde)
APERÇU PRÉLIMINAIRE
par Dany BARRAUD
En décembre 1978, M. Paul-Christian Durand furent aussitôt pris avec les propriétaires des
terrains qui confirmèrent leur intention de présentait, à la Société archéologique de
continuer les travaux afin d'aménager un Libourne, du matériel découvert dans les
chemin d'accès à la carrière. Les Directions déblais de la carrière d'argile du Pétreau sur
des Antiquités préhistoriques et historiques la commune d'Abzac (Durand, 1978). L'impor
tance de la découverte et les dimensions des furent aussitôt alertées1.
Au mois de mai, une réunion permit de tessons ramassés, nous incitèrent à nous rendre
repousser la date de reprise des travaux au sur les lieux ; il semblait hors de question que
mois de septembre. Ainsi, M. Pierre Durand, ces objets aient été trouvés en ramassage de
propriétaire de la Tuilerie et exploitant de la surface. En janvier 1979, nous nous rendîmes
carrière d'argile, nous laissait toute liberté donc sur le site et constatâmes une extension
considérable de la carrière. Celle-ci avait pour procéder à une fouille de sauvetage.
L'autorisation de fouille fut accordée ainsi entamé des couches archéologiques nombreuses,
qu'une subvention. Nous nous assurâmes la mettant au jour, entre autres, un fossé d'une
taille relativement large. Des fouilleurs clan collaboration scientifique de M. A. Coffyn,
que nous tenons à remercier vivement pour destins avaient déjà sectionné le gisement en
deux parties. Une rapide prospection dans les tous les renseignements, les conseils et l'aide
qu'il nous a apportés durant les travaux. déblais permit de recueillir des documents du
Ier Age du Fer et d'époque gallo-romaine (col de Dans cet article, nous n'avons pas l'intention
de tirer les conclusions définitives des fouilles. sigillée du type des ateliers de l'Argonne).
Des éclats de silex furent également collectés. Le chantier s'est poursuivi en juillet 1980 pour
Aux alentours du chantier, des fragments se terminer en juillet 1981. Il serait donc
importants de poteries de caractère peu- illusoire de croire que la totalité du site a été
richardien furent récupérés avec quelques exploitée. En fait, nous tenons juste à publier
pointes de flèches tranchantes, des grattoirs,
et même un tranchant de hache polie.
1. Nous remercions M. J.-Ph. Rigaud, directeur Tous ces éléments laissaient penser que des
régional des Antiquités préhistoriques d'Aquitaine, traces d'une occupation néolithique et proto- pour l'autorisation de fouille qu'il nous a accordée et historique, essentielles pour la région, risquaient M. J.-G. Marcillaud pour l'aide qu'il nous a apportée
de disparaître à très court terme. Des contacts pour l'illustration de cet article.
Gallia Préhistoire, Tome 26, 1983, 1, p. 203-216. 204 DANY BARRAUD
1 Plan du site du Pétreau. I : emplacement du chantier. Il : zone prospectée par G. Garde et A. Coffyn.
ces premiers résultats pour répondre à l'intérêt Le Pétreau se trouve sur une hauteur dominant
que pourraient porter certains chercheurs à la de 50 m la rivière l'Isle. Celle-ci longe les
civilisation des Matignons et des Peu-Richar- collines d'Abzac, avant de recevoir, 4 km plus
diens. Une publication exhaustive paraîtra loin, les eaux de la Dronne. Par sa position,
lorsque les travaux seront achevés sur cette le plateau du Pétreau domine toute la vallée
de l'Isle et de la Dronne. Depuis cette hauteur, parcelle du plateau.
on peut apercevoir la ville de Coutras, les
diverses terrasses alluviales du territoire canSituation géographique et description du site tonal, et, au loin, la forêt de la Double, limite (fig. 1). entre les départements de la Gironde et de la
Dordogne. Le plateau s'étend, depuis la ville Abzac, commune du canton de Goutras, se
situe à une cinquantaine de kilomètres de d'Abzac, sur environ 2 km. L'implantation
Bordeaux et à une dizaine de du humaine à l'époque néolithique et protohisto
département de la Dordogne. Le lieu-dit rique se fit sur l'éperon escarpé qui termine à NÉOLITHIQUE DU PÉTREAU 205
REBORD' l'est le plateau. Du côté nord, il domine l'Isle
de 40-50 m environ. La partie occupée par les DU PLATEAU
hommes du Néolithique a la forme d'un
rectangle plus ou moins régulier.
Des pentes abruptes et raides en défendent
les côtés nord, est et sud. J.-A. Garde (1947,
p. 5) avait d'ailleurs noté la présence d'une
dépression au sud-ouest, formant une sorte de
vallum. Malheureusement elle a aujourd'hui
disparu.
Les points d'eau sont au nombre de trois :
ri un ruisseau, le Palais, qui coule au pied du
coteau sud ; un ruisselet, côté nord-est, le CARRE AN Gabossin ; l'Isle, au nord à moins de 200 m,
en contrebas.
Nature du sol.
Sur un front de la carrière, on constate que
le sommet du plateau se compose de graves
de la terrasse mindélienne que l'on peut suivre
jusqu'aux approches de Libourne (Pomerol :
30 NG-F)2. L'épaisseur de ce niveau de graves
varie de 3 à 4 m. C'est une couche très comp
acte. Dessous, sur une quinzaine de mètres,
se trouvent des strates d'argile de différentes
textures et couleurs. Utilisée depuis fort CHEMIN RURAL longtemps comme terre à tuile, l'argile est,
depuis la dernière guerre, exploitée d'une façon 2 Plan des fouilles 1979 et tracé du fossé découvert.
industrielle, ce qui explique les nombreux La zone hachurée correspond aux endroits détruits
par les travaux de novembre 1978 ou par les fouil- agrandissements de la carrière.
leurs clandestins.
Historique du site3.
Découverte le 31 mars 1934 par J.-A. Garde4, époques protohistoriques. Des civilisations du la station du Pétreau a livré une quantité Bronze final et de l'Age du Fer (Champs
considérable de matériel néolithique. Continuée d'Urnes) semblaient avoir choisi le plateau par M. A. Cofîyn (1964, p. 65), l'étude du site pour s'y installer à leur tour. La civilisation permit d'étendre son occupation probable aux romaine a laissé aussi de nombreuses traces,
dont certaines ont été retrouvées en juillet 1979.
2. L. Moisan, Les industries préhistoriques des
Plan et déroulement des travaux de fouilles (fîg. 2). terrasses alluviales du Libournais, Revue hist, et archéol.
du Libournais, 47, n° 127, 1979.
Les travaux débutèrent le 2 juillet 1979 et 3. Le premier article parlant du Pétreau date de
1934. Nous avons jugé utile de donner une bibliographie ne furent interrompus que deux journées dans
complète du site : J.-A. Garde, Revue hist, et archéol. le mois, en raison des conditions atmosphér
du Libournais, 8, 4* trim. 1934, p. 37, séance du iques (orage ou trop forte chaleur). 7 avril 1935 ; 12, 4e trim. 1935, séance du 20 octobre
La première partie du travail consista en un 1935 ; 49, 1946 ; 50, 1947. — B.S.P.F., 34, 1937,
p. 344-349, 2 fig. — A. Coffyn, 1964. nettoyage complet du site : désherbage, mais
4. J.-A. Garde, op. cit., 1934. aussi dégagement des terres qui avaient servi 206 DANY BARRAUD
à protéger l'endroit durant deux mois. Nous été perturbées dans les couches supérieures et
avions dû, en effet, avec l'aide de l'entrepreneur moyennes par les débuts d'extension de la
et d'un engin mécanique, recouvrir le site de carrière. Les carrés A et B se révélèrent détruits
déblais pour le protéger des fouilleurs clan jusqu'à — 80 cm — 1 m. La tranchée 5 livra,
destins. Ceux-ci avaient causé de nombreux en raison d'un effondrement, une coupe diffé
dégâts au fossé. Leurs excavations nous ont rente et moins riche. En T4, un chemin romain
considérablement gênés pendant toute la perpendiculaire à l'excavation néolithique,
fouille. Il nous a fallu, dans un premier temps, avait détruit tous les niveaux de l'horizon
estimer l'importance de ces destructions qui peu-richardien. Avec T3 nous avons pu suivre
venaient s'ajouter aux bouleversements occa la manière dont le remplissage s'est effectué,
sionnés par les terrassements de l'entreprise en les remaniements apportés et surtout nous
novembre 1978. Nous insistons sur ce fait, car avons fouillé les couches III A et III B.
nous allons voir par la suite que l'établissement Celles-ci apparurent, par la suite, comme les
d'une stratigraphie correcte dans certaines strates les plus riches du site. Nous n'avons
tranchées se heurta à de nombreux obstacles. pas pu les retrouver à un autre endroit du
Le site nettoyé, un carroyage posé, cinq chantier.
excavations furent ouvertes : Tl, T2, T3, T4, T5 Tranchée 4. T4 présentait donc une confusion (voir plan de fouilles). Il faut y ajouter deux stratigraphique extrême dans ces niveaux carrés, A et B, qui furent placés sur les zones supérieurs, due à la présence d'un chemin et détruites par les travaux de novembre 1978 de son fossé de bordure. Afin d'étudier ce ou par des fouilleurs clandestins. dernier, T4 fut agrandie par deux sondages :
Tranchée 1. Ouverte très rapidement, c'est S.V. et T.C. (fig. 2).
la première terminée. Elle ne nous apporte
Tranchée 5. Ouverte en dernier, elle se situe guère d'éléments stratigraphiques du fait de
à une dizaine de mètres de la pente abrupte son bouleversement complet par l'engin méca
qui descend vers l'Isle. T5 a permis de noter nique en novembre 1978. Le seul point possible
un net rétrécissement du fossé. De 5 m de de ce travail est la reconnaissance de la forme
largeur en T2, celui-ci passe à 2 m en T5. du fossé grâce à la stratigraphie obtenue sur
le flan nord. Il s'agit d'une excavation à fond Carrés A et B. Nous avons déjà écrit dans
plat de 4 à 5 m de large sur 1,10 m à 1,20 m quelles conditions nous fouillé ces carrés.
de profondeur. Nous apprenons aussi qu'à Finalement, seul le fond du fossé, c'est-à-dire
l'endroit où la pelle mécanique est passée, les strates V et VI purent être étudiées.
il ne reste plus que 10 à 5 cm de couche
archéologique.
Stratigraphie et composition des couches (fig. 3).
Tranchée 2. Il nous semble que cet endroit
Les travaux de juillet 1979 ont permis de eut moins à souffrir des travaux d'extension
discerner seize couches, correspondant à au de 1978. Nous avons pu, au cours des fouilles,
moins quatre horizons différents : un niveau retrouver la limite extrême des dégâts occa
gallo-romain, un niveau peu-richardien II, sionnés en cette circonstance. Pratiquement,
un niveau peu-richardien I (?), un niveau tous les niveaux de la civilisation des Matignons
Matignons. étaient encore en place. Sur la face sud de T2,
nous avons réussi à obtenir une stratigraphie Niveau I. Niveau moyen de 0 à 30 cm. complète du fossé (fig. 3). Terre végétale très noire, légèrement argileuse.
Tranchée 3. Ce fut celle à laquelle nous avons Elle a été très remaniée par les labours (parcelle
accordé le plus d'attentions C'est la seule qui anciennement plantée en vignes) puis par les
put nous donner une idée de la structure des travaux d'exploitation de la carrière. Le matér
niveaux de remplissage depuis la couche iel recueilli dans cette couche est très hétéroc
peu-richardienne II jusqu'au fond du fossé. lite : céramique sigillée, céramiques communes
En effet, nous avons vu que Tl et T2 avaient de toutes les époques, silex divers, et une DU PÉTREAU 207 NÉOLITHIQUE
a
3 Coupes stratigraphiques des tranchées T5 (a) et T2 (b). Les chiffres romains correspondent aux niveaux décrits
dans le texte.
monnaie de Constantin frappée à Trêves de caractère peu-richardien IL Des fragments
en 3225. de très grosses jarres ont aussi été retrouvés
à ce niveau.
Niveau II. Niveau moyen de 30 à 40 cm.
Couche sablo-argileuse très fine, de couleur Niveau III B. Niveau moyen de 30 à 60 cm.
orangée, reposant directement sur la grave. Terre argilo-sableuse de couleur beige. Un
C'est une strate archéologiquement stérile. fragment de céramique, avec décor incisé de
Les labours en avaient égratigné la partie type peu-richardien I, y a été découvert.
supérieure. Des lambeaux de ce niveau ont été Les deux autres vases remarquables sont
transportés au-dessus de l'ensemble néolithique difficilement identifiables. Nous y reviendrons
marquant ainsi la limite extrême des boulever dans le paragraphe réservé à l'étude de la
sements causés au site par les travaux agricoles. céramique.
Niveau III A. Niveau moyen de 30 à 45 cm. Niveau IV. Niveau moyen de 60 cm à 1,20 m.
Terre très noire, cendreuse, assez fine et ne Terre limono-argileuse de couleur grise, tirant
contenant pas de trace d'argile. Cette couche sur le vert sombre par endroits. C'est une
comportait de nombreux éléments de céramique texture de terre qui fait penser à des dépôts
de vase. La céramique découverte dans ce
niveau est de type Matignon. De très nombreux 5. D. Barraud, Quelques monnaies romaines fonds plats portent des traces de vannerie trouvées dans le canton de Goutras, Revue hist, et
très caractéristiques. archéol. du Libournais, 49, n° 181, 3e trim. 1981. DANY BARRAUD 208
Niveau V. Niveau moyen 55 cm à 1,20 m.
Couche formée de terre argileuse mêlée de
grave. Il s'agit certainement des restes d'effo
ndrement ou de ravinement. Elle est quasiment
stérile.
Niveaux VI et VII. Niveau moyen de 1,20 m
à 1,30 m. Ensemble reposant sur le fond du
fossé. C'est de l'argile amalgamée à de la grave.
Elles contenaient de nombreux débris d'oss
ements brisés. La distinction entre les couches VI
et VII se situe au niveau des couleurs de terre:
près du bord est du fossé, la couche VI est
plutôt grise, près du bord ouest, la couche VII orangée. Les niveaux stratigraphiques
sont les mêmes et la texture de la terre est
identique. La différence de couleur pourrait
s'expliquer par la présence de charbon de bois
tout le long du côté est. Étant sur le côté
intérieur du camp, il est possible que l'on ait
jeté des restes de foyer ou quelques cendres 4 Couche III A : céramiques à fond rond avec décor
assez régulièrement. Ainsi cette différence peu-richardien II.
serait-elle tout à fait artificielle, due à une
intervention humaine et non à un remplissage
naturel différent du niveau VII. De même les Il serait impossible à l'heure actuelle de dresser
ossements retrouvés étaient plus proches du un bilan définitif des trouvailles effectuées, vu
rebord est que du rebord ouest. l'importance du matériel.
1. Céramique à fond rond avec décor peu- Les niveaux VIII à XVI. Ensuite, une série
richardien II, couche III A (fig. 4, n° 1) : type de niveaux particuliers à chaque tranchée fut
de vase appelé par C. Burnez (1976, p. 156) dégagée. Il serait fastidieux d'entrer ici dans
« les . bouteilles tronquées ». A l'extérieur, la les détails. Notons tout de même : une couche
pâte est grisâtre avec des taches noirâtres, à la d'effondrement de grave en T5 (C. VIII), une
cassure, noire. Elle est très compacte et a été couche de cendres très importante dans le fond
lissée, ce qui lui donne un aspect luisant. du fossé en T5 (G. X). Le niveau vierge,
Son épaisseur est quasi constante. Le dégraisc'est-à-dire la grave (C. XVI), est d'une couleur
sant se compose de petits fragments de quartz rouge. Elle renferme de nombreux rognons de
en nombre très limité. Le col est cylindrique silex.
avec une lèvre légèrement amincie vers l'exté
rieur. Le décor en relief est assez simple : Les documents archéologiques découverts (fig. 4 trois lignes horizontales partant d'un demi- à 10). cercle accolé à l'anse, et des lignes verticales
La céramique. en dessous.
2. Céramique à fond rond avec décor peu- Deux cultures se dessinent à travers l'étude
des trouvailles de céramique : le Peu- richardien II, couche III A (fig. 4, n° 2) :
Richard II, niveaux I et III A ; les Matignons, même type de vase que le précédent, mais un
niveaux IV et VI-VII. Un seul problème : les peu plus petit. La pâte est marron très clair à
éléments de la couche III B que nous avons l'extérieur, noire à la cassure. L'extérieur a été
du mal à rattacher à l'un ou à l'autre. lissé mais cela ne lui donne pas cet aspect
Ici encore, nous ne mentionnons que les luisant que nous avons constaté précédemment.
éléments caractéristiques livrés par la fouille. L'anse est bien dégagée ; on voit très nettement NÉOLITHIQUE DU PÉTREAU 209
de chaque côté les légères dépressions faites 6. Fond plat avec décor peu-richardien II,
par les doigts du potier pour fixer l'anse au couche III A (fig. 5, n° 6) : il s'agit semble-t-il,
reste du vase. Le col est cylindrique avec une d'un fragment de type « pot de fleur ».
lèvre amincie vers l'extérieur. Le dégraissant 7. Tesson à décor incisé, couche III B (fig. 5 est composé de grains de quartz en nombre peu n° 7) : très petit tesson ; difficile à déterminer important et de taille moyenne (certains s'il s'agit bien de Peu-Richardien classique. 1 à 2 mm de diamètre). La pâte est marron et noire à la cassure. -
3. Petit vase de type « pot de fleur », couche I 8. Grand vase à fond plat de type « pot de (fig. 5, n° 3) : il s'agit d'un vase tronconique. fleur » reposant sur la couche IV (fig. 6, n° 8) : La pâte est grise à l'extérieur avec des traces l'originalité de cette céramique tient à la rougeâtres, et gris souris à la cassure. Il est à forme de son bouton de préhension. Celui-ci noter que le fond a été cuit à part. La couleur est fourchu. Ils devaient être deux à l'origine, de sa pâte est donc différente : orangée-rouge mais nous n'en avons retrouvé qu'un seul. à l'extérieur, noire à la cassure. Le dégraissant Ce dernier semble d'ailleurs avoir été pré-cuit est en quantité peu importante : il s'agit de puis enfoncé dans la pâte du vase. Le ton grains de quartz. Le col s'évase légèrement et extérieur de la pâte de ce bouton est rouge et la lèvre est très irrégulière, tantôt arrondie, noir à la cassure. La seule différence avec le tantôt droite. Le bouton de « préhension » ne reste du vase réside donc dans le fait que la semble pas avoir été rapporté. Il faut noter couleur extérieure de la panse est marron qu'au niveau de la lèvre de ce vase s'est orangé avec des traînées noires, traces de formée une sorte de mousse qui indique que coups de feu. Un petit cordon d'argile relie les cet objet a subi une cuisson trop forte.
deux boutons de préhension.
4. Décor de type peu-richardien II sur 9. Céramique avec un col portant des impresfragment de panse, couche I (fig. 5, n° 4) : le sions d'ongles (?), couche III B (fig. 6, n° 9) : décor présenté ici, constitue sans doute une lorsque nous avons découvert le premier tesson des découvertes originales faites en 1979. de cette céramique, nous avons cru à une Le potier a composé une série de lignes brisées erreur de fouille. Nous vérifiâmes toutes nos qui, enchevêtrées, font penser à un labyrinthe. stratigraphies : aucune erreur à noter. Le tesson La pâte est marron à l'extérieur, noire à la se trouvait bien en place, sous la couche cassure. Le tesson est légèrement courbe ; peu-richardienne II. Le fragment, que nous s'agissait-il d'une bouteille tronquée? C'est possédions alors, était un élément de col ; son probable, mais d'affirmation difficile, au vu décor ressemblait tout à fait à certaines ornede la taille de la céramique recueillie. Quoi qu'il mentations de l'Age du Fer. Peu à peu, nous en soit, nous n'avons pas trouvé de décor avons retrouvé d'autres éléments répandus sur similaire dans d'autres publications. toute la largeur du fossé. La pâte du vase que
5. Décor de type peu-richardien II sur nous avons, en partie, réussi à reconstituer,
trois anses, couche III A (fig. 5, n° 5) : il s'agit a tout à fait la texture d'une céramique
là aussi de décors inconnus de nous. Sur néolithique. Elle est marron tirant sur le gris
deux anses les décorations sont horizontales et à l'extérieur et noire à la cassure. Le dégraissant
très peu accentuées. Par contre, sur la troisième, est mi-végétal, mi-minéral (grains de quartz).
l'ornementation verticale est très marquée. Le bouton de préhension se présente horizon
Ce sont de véritables petits bourrelets d'argile talement et il s'allonge sur 3,5 mm. La lèvre
qui ont été créés par le potier. Il est probable du col est arrondie et épaissie vers l'extérieur.
que cette impression de relief très important L'ornementation est due, vraisemblablement à
a été voulue par l'homme qui façonna ce vase. des coups d'ongles réguliers, bien répartis de
La pâte de ces trois pièces est marron à part et d'autre d'une ligne coupant la lèvre en
l'extérieur, noire à la cassure. Le dégraissant deux parties égales. Ces incisions en épi,
en grains de quartz est présent en petite ressemblent à une cordelette. C'est peut-être
quantité. l'effet qui a été recherché.
14 .5.
.5.
; 4 : décor de type peu- 6 Couche IV : 8, grand vase de type «pot de fleur». Couche III B : 9, cér5 Couche I : 3, petit vase de type « pot de fleur »
richardien II. Couche III A : 5 et 6, décors de type peu-richardien II. Couche amique à décor portant des impressions d'ongles (?).
III B : 7, tesson à décor incisé. DU PÉTREAU 211 NÉOLITHIQUE
par des personnes à qui cette céramique a été
soumise, méritent d'être retenues : on y a vu
un tambour, les boutons multiples servant à
retenir le cordeau qui permettait de tendre la
peau sur l'ouverture du vase ; autre supposi
tion : une protection d'aliments. Pour l'instant
il est difficile de trancher. Notons seulement,
une fois de plus, l'originalité de ce vase
découvert dans la couche III B.
11. Fonds plats avec traces de vannerie. 7 Couche III B : 10, céramique à boutons multiples. Niveaux Matignons, couches IV et VI: nous
avons relevé de très nombreux tessons portant
des impressions de vannerie. Les trois photos
10. Céramique à boutons multiples, couche que nous reproduisons dans cet article illustrent
III B (fig. 7, n° 10) : trouvée en association bien notre propos. Il s'agit des plus beaux
avec le vase n° 9, cette poterie présente trois bou fragments collectés en juillet 1979. Ce sont tous
tons de préhension séparés les uns des autres des fonds plats avec des semelles débordantes.
de 5 cm. Un quatrième bouton a complètement Le type de vannerie rencontré appartient à la
disparu mais il en reste l'emplacement. Ceux-ci variété spiralée et cordée. La vannerie spiralée
étaient très certainement cuits préalablement, est formée d'une armature en spirale, qui
puis enfoncés dans la pâte encore molle. Ils ont apparaît très nettement fig. 8, nos 1 et 2.
d'ailleurs été appliqués avec force, puisqu'à La vannerie cordée, constituée « d'une rangée
l'intérieur du vase, des bosses se sont formées de montants maintenus en cohésion par une
à la hauteur de la fixation. La pâte est marron série perpendiculaire de rangs cordés » (Burnez,
à l'extérieur et noire à la cassure. Le dégraissant 1976, p. 143) est représentée fig. 8, n° 3.
utilisé est végétal mais quelques grains de Ce type d'impressions a déjà été signalé sur
quartz sont visibles. La surface du vase a été bien des sites (Matignons ; Soubérac, Roaune)
lissée. Le col, légèrement rentrant, présente (Burnez, 1976, p. 142 ; Burnez et Case, 1966,
une lèvre amincie. Plusieurs hypothèses émises p. 92).
5cm
8 Couches IV et VI : fonds plats avec traces de vannerie.

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