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Les collèges d’experts et la fabrique de la normalisation technique. Hybridation Normative et Performation de la Haute Qualité Environnementale (HQE) des Bâtiments en France., Groups of experts and standardization-making : the case of the French Environmental High Quality (HQE) buildings’ standard

De
331 pages
Sous la direction de Catherine Paradeise
Thèse soutenue le 01 octobre 2010: Paris Est
La thèse analyse le processus de genèse et d'institutionnalisation de la démarche HQE, ainsi que ses effets performatifs sur les marchés et les systèmes d'acteurs dans le secteur de la construction en France.La démarche HQE a été initiée en 1992, par le Plan Construction et Architecture (PCA), placé sous l'autorité du Ministère de l’Équipement et du Logement, avec la création d'un collège d'experts sur le thème de la qualité environnementale (QE) des bâtiments. Sur la base des travaux du PCA, une association HQE est créée en octobre 1996 et le premier référentiel officiel de la démarche HQE est publié en novembre 1997. Il établit sous la forme de 14 cibles les principales caractéristiques qui permettent de limiter les impacts d'une opération de construction sur l'environnement extérieur, tout en préservant le confort et la santé des habitants à l'intérieur des bâtiments. Ce premier référentiel est traduit en décembre 2004, en norme officielle par un comité de l'Agence Française de Normalisation (AFNOR) puis, en février 2005, en référentiel privé de certification, spécifié pour les bâtiments tertiaires, par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB).A travers l'étude historique de la trajectoire de la démarche HQE, la thèse rend compte de l'importante hybridation qui caractérise la « carrière » des dispositifs de normalisation technique. D'un problème public (Gusfield 1981) mis à l'agenda politique (Cobb & Elder 1972) par les autorités publiques au début des années 1990, la QE des bâtiments fait l'objet d'un travail de traduction (Callon 1986) et d'appropriation (Gusfield 1989) par un collège d'experts. La constitution d'un monde social commun (Strauss 1992) et d'une représentation commune (Fligstein 1997), suite à la création de l'association HQE et la publication du premier référentiel officiel, permet à la démarche HQE de s'imposer progressivement auprès des acteurs politiques, sociaux et économiques comme le standard français de la QE des bâtiments. Alors que le modèle économique du bâtiment est centré sur la concurrence par les prix, les « concepteurs » de la démarche HQE, en faisant la promesse aux professionnels (van Lente 1993, van Lente & Rip 1998) d'établir une économie de la qualité (Karpik 1989, 1995), parviennent à leur faire accepter la traduction du standard de la démarche HQE en norme française (NF) homologuée et en référentiel privé de certification.L'analyse met en exergue l'emprise exercée, par un collège d'experts, sur la fabrique de la normalisation technique ainsi que les tensions entre acteurs et professionnels autour de la transformation de l'architecture marchande du bâtiment (Fligstein 2001). L'étude de la démarche HQE montre ainsi le rôle politique joué par les collèges d'experts (Olshon 1993) qui, en participant à la création de nouveaux domaines de compétences et de règles marchandes, performent les modèles économiques (Callon 1998), que ce soit par l'instauration d'une économie de la qualité (Karpik 1989 & 1995, Musselin 1996), l'évolution des dispositifs collectifs de calcul et des business models (Callon & Muniesa 2003, Barrey 2006) la mise en place d'un marché de la prescription (Hatchuel 1995) ou encore, en reconfigurant les juridictions au sein des écologies professionnelles (Abbott 1988).
-Normalisation technique
-Expertise
-Performation des marchés
-Ecologies professionnelles
-Economie de la qualité
-Certification
-Politique environnementale
This research discusses the emergence, the formalization and the institutionalization processes of the Environmental High Quality (HQE) Buildings' standard in France.In 1992, the Environmental High Quality (HQE) approach was initiated in a workgroup of the Ministry of Housing and supported by public administration sector. An HQE Association was created in 1996 to promote and develop the approach. It was conceived as a “standard-based organization with the purpose of supporting one certain standard” (Brunsson & Jacobsson 2000: 50). Thus the HQE association's first mission was to create a reference defining environmental building quality that, in turn, would allow for a common language among actors in this field. The first version of the HQE standard is published in 1997 by the Association. It specified building characteristics, its tools and other elements of the building process, controlling the exterior environmental impacts and creating healthy conditions inside houses. In 2005, the certification of the HQE approach is launched. Progressively the certification of the HQE approach met a great success both in the public and private se ctors. Finally, in less than fifteen years this approach became the French standard of the Environmental Quality of Buildings.Standardization is not just a technical process but “thoroughly political process” (Olshan 1993: 320). Standards set the question about the political role played by experts in the performation of markets (Callon 1998). We claim that a research focused on the standardization-making is relevant to explain knowledge dynamics and markets innovation.Following the emergence of new environmental rules in the French building sector allows us to analyse the process of “standardization-making” by collective professional actors. Three main conclusive findings can be stressed :- The process of « standardization-making » don't essentially take place within the official standardization Agencies (as AFNOR). Collective professional actors take an important part in the process of “standardization-making” by operating as “institutional entrepreneurs” in emerging fields.- Within the process of “standardization-making”, collective professional actors fix new jurisdictions to shape the system of profession (notably the jurisdiction of Architect is reduced by the HQE advisors).- Standardization performs the markets by introducing and legitimating new rules and creating new Business Models (notably with the certification process).
-Standardization
-Expertise
-Performation of markets
-System of Profession
-Economy of quality
-Certification
Source: http://www.theses.fr/2010PEST3009/document
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UNIVERSITE PARIS-EST MARNE-LA-VALLEE
ECOLE DOCTORALE ORGANISATIONS MARCHES INSTITUTIONS

THESE NOUVEAU REGIME POUR LE DOCTORAT DE SOCIOLOGIE

Présentée par
Monsieur Lionel CAUCHARD


Sujet de la thèse :

Les collèges d’experts et la fabrique de la normalisation technique

Hybridation Normative et Performation de la
Haute Qualité Environnementale (HQE) des Bâtiments en France




Thèse présentée et soutenue à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées le 01 octobre 2010
devant le jury composé de :

Catherine PARADEISE, Professeure de sociologie à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée
(Directrice de thèse)
Franck AGGERI, Professeur en Sciences de Gestion de l’Ecole des Mines de Paris
(Rapporteur)
Olivier BORRAZ, Directeur de recherche au Centre de Sociologie des Organisations, CNRS
Sciences Po (Rapporteur)
Franck COCHOY, Professeur de sociologie à l’Université Toulouse le Mirail
Lucien KARPIK, Professeur de sociologie à l’Ecole des Mines de Paris
Philippe STEINER, Professeur de sociologie à l'Université de Paris-Sorbonne


Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés
UPEMLV/ENPC/CNRS (UMR 8134)
5 boulevard Descartes - Champs-sur-Marne - 77454 Marne-la-Vallée Cedex2 (France)
1
2
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS ................................................................................................................................................. 7
LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES UTILISES ..................................................................................................... 8
RESUME DE LA THESE ........................................................................................................................................ 10
INTRODUCTION ............................................................................................................................................... 12
Présentation de l’objet d’étude : la démarche de haute qualité environnementale (HQE) des bâtiments ... 14
Les questionnements de recherche ............................................................................................................... 17
1 – LA NORMALISATION TECHNIQUE : CONTENUS ET USAGES D’UN TERME POLYSEMIQUE ................................ 19
1.1 Une petite histoire de la normalisation .................................................................................................. 19
1.2 La normalisation technique et les normes sociales et juridiques ........................................................... 21
1.3 Les différents dispositifs de la normalisation technique ......................................................................... 23
2 – COMMENT SAISIR SOCIOLOGIQUEMENT CE PHENOMENE ? ............................................................................ 30
2.1 L’approche théorique ............................................................................................................................. 30
2.1.1 La normalisation technique et la rationalisation des sociétés ............................................................................ 30
2.1.2 La normalisation technique, la hiérarchie et le marché ..................................................................................... 35
2.1.3 La normalisation technique et le travail du collège d’experts ........................................................................... 36
2.1.4 Les questionnements de recherche .................................................................................................................... 38
2.2 La démarche méthodologique et empirique ........................................................................................... 38
3 - PRESENTATION DE L’ECONOMIE GENERALE DE LA THESE ............................................................................. 41
PARTIE I ............................................................................................................................................................. 47
GENESE DE LA HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE : DE LA MISE EN AGENDA
POLITIQUE D’UN PROBLEME PUBLIC A LA MEDIATION EXPERTE .............................................. 47
CHAPITRE 1 – CHRYSALIDE DES ENJEUX QUALITATIFS ET ENVIRONNEMENTAUX
RELATIFS AUX BATIMENTS ........................................................................................................................ 48
INTRODUCTION .................................................................................................................................................. 48
1 – LE BATIMENT, D’UN PROBLEME A L’AUTRE ................................................................................................. 50
1.1 – L’ère du quantitatif : la planification et les politiques d’industrialisation orchestrées par l’Etat
(1945-1973) .................................................................................................................................................. 50
1.2 - La transition qualitative des années soixante-dix et le rejet de la politique des « grands ensembles » 54
2 – LE RENOUVELLEMENT DES ENJEUX AUTOUR DE LA QUALITE ET DES FORMES D’ACTION PUBLIQUE FACE A LA
CONCURRENCE INTERNATIONALE ...................................................................................................................... 60
2.1 – Le virage de la qualité : une arme de compétitivité économique face à l’échéance du marché unique
européen ....................................................................................................................................................... 60
2.2 - La reconfiguration du pouvoir politique et les nouveaux territoires et instruments d’action publique 68
2.2.1 – L’influence de la commission européenne sur l’essor de la normalisation technique .................................... 68
2.2.2 – Les effets de l’internationalisation sur la réforme du système national de certification ................................. 70
3 - LA MISE EN AGENDA PAR LES AUTORITES PUBLIQUES DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX DANS LE SECTEUR
DE LA CONSTRUCTION ET DE L’HABITAT ............................................................................................................ 72
3.1 - L’émergence en France des enjeux autour de l’environnement ........................................................... 72
3.2 – De la qualité à une nouvelle représentation de l’environnement du bâtiment .................................... 76
3.3 Appropriation par le Ministère de l’équipement, du logement et des transports des problématiques
environnementales ........................................................................................................................................ 78
CONCLUSION ..................................................................................................................................................... 81
Notes et documents du chapitre 1 ................................................................................................................. 82
CHAPITRE 2 – FABRICATION D’UN NOUVEAU DOMAINE D’EXPERTISE SUR LA QUALITE
ENVIRONNEMENTALE DES BATIMENTS ................................................................................................. 83
INTRODUCTION .................................................................................................................................................. 83
1 - LA CREATION D’UN COLLEGE D’EXPERTS AUTOUR D’UN ENJEU EMERGENT .................................................. 85
1.1 - L’enjeu émergent de l’évaluation de la qualité environnementale des bâtiments ......................... 85
1.2 - La mission de l’ATEQUE : fabriquer l’« architecture marchande » de la qualité environnementale
des bâtiments ................................................................................................................................................ 90
1.3 - La méthode pionnière de certification des britanniques (BREEAM) ................................................... 92
2 – LES TENSIONS AUTOUR DU CHOIX DES METHODES D’EVALUATION AU SEIN DE L’ATEQUE ........................ 95
2.1 - Les deux « cultures épistémiques » au sein de l’ATEQUE................................................................... 95
3
2.2 - Infléchir les débats par l’occupation de postes stratégiques ............................................................... 97
2.3 - Un « environnement purifié » contre une « vision plurielle » de la qualité environnementale des
bâtiments ...................................................................................................................................................... 99
2.4 - La stratégie de porte-parole des « généralistes » et l’intéressement des publics : les enquêtes auprès
des professionnels et acteurs du bâtiment .................................................................................................. 102
2.4.1 La première étude du CSTB ............................................................................................................................ 102
2.4.2 La deuxième étude du CSTB (et celle d’un consultant de l’ATEQUE) .......................................................... 104
3 - LA FERMETURE DU DEBAT SUR LA QE DES BATIMENTS .............................................................................. 107
3.1 - Le relais territorial des activités de l’ATEQUE par la maîtrise d’ouvrage publique ........................ 107
3.1.1 La politique de déconcentration et de décentralisation ................................................................................... 107
3.1.2 La construction d’« éco-lycées » dans les régions Île-de-France et Nord-Pas-de-Calais ................................ 108
3.2 - L’expertise, un espace composite entre science et politique .............................................................. 112
CONCLUSION ................................................................................................................................................... 115
Documents et notes du chapitre 2............................................................................................................... 116
PARTIE II ......................................................................................................................................................... 121
INSTITUTIONNALISATION DE LA HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE : DU MONDE
COMMUN A L’HYBRIDATION NORMATIVE ......................................................................................... 121
CHAPITRE 3 – LA CONSTRUCTION D’UN « MONDE COMMUN » AUTOUR DE LA DEMARCHE
HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE (HQE) ................................................................................. 123
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 123
1 - FEDERER LES ACTEURS ET LES RESSOURCES ............................................................................................... 125
1.1 - Quitter l’espace « confiné » des experts ..................................................................................... 125
1.2 - Intégrer ses rivaux pour faire taire les divergences autour de la QE des bâtiments ......................... 127
1.2.1 Les rivalités entre l’Association Qualitel, l’ADEME, le Ministère de l’Environnement et les experts de
l’ATEQUE ............................................................................................................................................................... 127
1.2.2 La grande liberté d’interprétation de la démarche HQE par le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais
(CRNPdC) ............................................................................................................................................................... 132
1.2.3 Les derniers marchandages des membres fondateurs et le renforcement du lien avec l’héritage de l’ATEQUE
................................................................................................................................................................................. 134
2 – LA FABRICATION D’UNE REPRESENTATION COMMUNE DE LA QUALITE ENVIRONNEMENTALE (QE) DES
BATIMENTS ...................................................................................................................................................... 136
2.1 – Le référentiel des 14 cibles de la démarche HQE comme un « objet-frontière » .............................. 136
2.2 - L’engouement de la maîtrise d’ouvrage publique pour la démarche HQE ....................................... 139
2.3 La protection du standard de la démarche HQE .................................................................................. 142
CONCLUSION ................................................................................................................................................... 144
Notes et documents du chapitre 3 ............................................................................................................... 145
CHAPITRE 4 – TRADUIRE LA DEMARCHE HQE POUR IMPOSER LA QUALITE
(ENVIRONNEMENTALE) DANS LE MARCHE DU BATIMENT ........................................................... 148
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 148
1 – LE PROJET DE CERTIFICATION COMME EPREUVE ORGANISATIONNELLE POUR L’ASSOCIATION HQE .......... 150
1.1 - L’emprise des anciens de l’ATEQUE et le manque d’implication des maîtres d’ouvrage au sein de
l’association HQE ...................................................................................................................................... 150
1.2 - Le premier projet de certification de la démarche HQE .................................................................... 152
1.3 - L’entrée en scène de la Secrétaire d’Etat au Logement en lien avec le Président de l’association HQE
154
2 - LE PARI DE L’INSTAURATION D’UNE ECONOMIE DE LA QUALITE POUR ENROLER LES ACTEURS DANS LA
CERTIFICATION HQE ....................................................................................................................................... 156
2.1 - La stratégie de porte-parole de la maîtrise d’ouvrage par les organismes certificateurs et l’enjeu de la
qualité pour les professionnels ................................................................................................................... 156
2.2. - La promesse du Président de l’Association HQE ............................................................................. 159
3 – L’HYBRIDATION NORMATIVE DE LA DEMARCHE HQE ET LES ESPACES DE L’EXPERTISE ............................ 161
3.1 - Le référentiel de certification : le « filtrage » des experts par le CSTB ............................................. 161
3.2 - La norme officielle de l’AFNOR : l’expertise « ouverte et collégiale » ............................................. 166
3.3 - La référence officielle (norme) contre la référence du marché (certification)................................... 169
CONCLUSION ................................................................................................................................................... 172
Notes et documents du chapitre 3 ............................................................................................................... 175

4
PARTIE III ........................................................................................................................................................ 178
HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE ET RECOMPOSITION DES ECOLOGIES
PROFESSIONNELLES ................................................................................................................................... 178
CHAPITRE 5 - LES INDUSTRIELS FACE AUX ECO-MATERIAUX ..................................................... 180
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 180
1 - L’EMERGENCE DE NOUVELLES CONTRAINTES ENVIRONNEMENTALES ET SANITAIRES ................................ 181
2 - LA MOBILISATION DES INDUSTRIELS SUR LA QE DES BATIMENTS ............................................................... 185
2.1 - Le dépôt de la marque « HQE » et la rhétorique du consensus ......................................................... 186
2.2 - La contre-attaque des industriels par la normalisation ..................................................................... 189
3 - LA NORMALISATION A L’EPREUVE DU MARCHE OU LE « RETOUR DE BATON » ............................................ 195
CONCLUSION ................................................................................................................................................... 200
Document du chapitre 5 ............................................................................................................................. 204
CHAPITRE 6 - LES ARCHITECTES FACE AUX CONSEILLERS ENVIRONNEMENT .................... 205
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 205
1 - L’EMERGENCE D’UNE SPECIALITE PROFESSIONNELLE ADOSSEE A LA DEMARCHE HQE .............................. 206
1.1 - L’Institut des Conseillers Environnement pour le Bâtiment (ICEB) comme « dispositif de
confiance » ................................................................................................................................................. 206
1.2 - La mobilisation des réseaux institutionnels ................................................................................ 207
2 - LES TENSIONS ENTRE CONSEILLERS ENVIRONNEMENT (AMO-HQE) ET ARCHITECTES .............................. 211
2.1 - La mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage HQE (AMO-HQE) ................................................ 211
2.2 - La qualité environnementale des bâtiments : un territoire laissé libre par la profession des architectes
.................................................................................................................................................................... 217
2.3 - Hétérogénéité et tensions au sein du monde social des AMO-HQE .................................................. 221
CONCLUSION ................................................................................................................................................... 225
PARTIE IV ........................................................................................................................................................ 227
HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE ET PERFORMATION DES MARCHES ....................... 227
CHAPITRE 7 – L’ECONOMIE DE LA QUALITE ET LES BATIMENTS « HQE » .............................. 229
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 229
1 - LA CONFRONTATION DES DISPOSITIFS DE CALCUL AU SEIN DU MONDE PROFESSIONNEL ............................. 232
1.1 - Le prix de la haute qualité environnementale des bâtiments ...................................................... 232
1.2 - Les tensions entre les professionnels sur la question des rémunérations ................................... 235
1.2.1 L’hypothèse d’un « contrat d’adhésion » avec la maîtrise d’ouvrage ........................................................ 237
1.2.2 Les entreprises et la valorisation des « chantiers verts » ........................................................................... 237
1.2.3 - Les architectes, du mobile publicitaire à l’attitude de retrait ................................................................... 240
1.3 – Vers un raisonnement en « coût global » ? ................................................................................ 242
1.3.1 - Haute qualité environnementale et « coût global » ................................................................................. 243
1.3.1.1 Le « coût global élémentaire» ou la valeur (économique) de la HQE .................................................. 243
1.3.1.2 - Le « coût global élargi (et partagé) » ou les valeurs (sociales) de la HQE ......................................... 246
1.3.2 - Maîtrise d’ouvrage et raisonnement en coût global ................................................................................. 248
1.3.2.1 - Les contraintes organisationnelles de la maîtrise d’ouvrage publique ................................................ 248
1.3.2.2 - La logique commerciale des promoteurs et investisseurs privés ........................................................ 250
2 – UNE (HAUTE) QUALITE (ENVIRONNEMENTALE) SANS VALEUR ? ................................................................ 253
2.1 – Le jugement contrasté des utilisateurs sur le marché ........................................................................ 253
2.1.1 La « rareté » d’un produit ............................................................................................................................... 255
2.1.2 - Les effets de « réputation » ........................................................................................................................... 257
2.2 – Rendre visible les différences de qualité entre les « bâtiments HQE » ? .......................................... 259
CONCLUSION ................................................................................................................................................... 265
CHAPITRE 8 – VERS UN MARCHE DE LA PRESCRIPTION ? ............................................................. 267
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 267
1 - CREDIBILISER LES ENGAGEMENTS PAR LA CERTIFICATION ......................................................................... 269
1.1 – La politique de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) ..................................................... 269
1.2 – L’enrôlement des banques et des compagnies d’assurance ....................................................... 273
1.2.1 – Les prêts « HQE » .................................................................................................................................. 274
1.2.2 – Les « ristournes » sur les primes d’assurance ......................................................................................... 275
2 – Traduire et équiper la demande des parties prenantes ........................................................................ 279
2.1 – Les exigences environnementales des aménageurs publics ............................................................................. 279
5
2.2 - Le travail d’intéressement et les porte-parole de l’organisme certificateur ..................................................... 284
CONCLUSION - DU DEVELOPPEMENT DURABLE AU DEVELOPPEMENT « DURCI » ? ........................................... 288
EPILOGUE ....................................................................................................................................................... 291
VERS LA FIN DE LA HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE ? .................................................... 291
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 291
1 - La création du label Effinergie par le CSTB pour défendre le territoire national ................................ 291
1.1 - La prise en compte croissante du problème du changement climatique et des gaz à effet de serre (GES) ...... 291
1.2 La concurrence entre les approches multicritères et monocritères de la performance environnementale des
bâtiments .................................................................................................................................................................. 293
2 - La création du réseau de la « SB Alliance », vers une certification européenne de la QE des bâtiments
.................................................................................................................................................................... 295
CONCLUSION GENERALE .......................................................................................................................... 297
1 - LE COLLEGE D’EXPERTS FACE AU MARCHE ET A LA HIERARCHIE ................................................................ 299
2 - LA DEMOCRATIE ET LE COLLEGE D’EXPERTS .............................................................................................. 302
3 - LA PLACE SINGULIERE DES ORGANISMES DE CERTIFICATION ...................................................................... 303
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................................ 305
LISTE DES DOCUMENTS CITES .......................................................................................................................... 322
ENTRETIENS AVEC LES ACTEURS HISTORIQUES DE LA DEMARCHE HQE .......................................................... 329
ENTRETIENS AVEC LES DIFFERENTES PARTIES PRENANTES DE LA DEMARCHE HQE ........................................ 330



6
Remerciements


A Catherine PARADEISE qui a accepté de diriger cette thèse, avec une exigence
bienveillante et mobilisatrice, j’exprime ma sincère et amicale reconnaissance, « ce sentiment
heureux d’une dette infinie » selon les mots de Vladimir Jankélévitch.
Je remercie également infiniment Franck COCHOY pour avoir suivi ce travail de
1thèse , et m’avoir fait profiter de ses commentaires sur mon travail ainsi que de suggestions
bibliographiques et conseils d’écriture.
A l’ensemble des chercheurs du LATTS, et à mes nombreux collègues devenus depuis
des relations amicales, j’exprime toute ma gratitude pour avoir fait de ces années de thèse des
moments chaleureux et d’une grande richesse. Une mention spéciale pour Catherine
QUETIER qui s’est beaucoup démenée pour me procurer des articles et papiers parfois
difficile d’accès.
Les membres du pôle TRAME du CERTOP de l’Université de Toulouse Le Mirail, à
qui j’ai pu rendre visite chaque année pour présenter mes travaux, ont également été pour moi
une source d’inspiration, de conseils précieux et de camaraderie chaleureuse. Je remercie
particulièrement pour leurs commentaires sur des parties de mon travail de thèse, Sandrine
BARREY, Roland CANU, Thierry ESCALA, Martin GIRAUDEAU, Aurélie LACHEZE,
Michèle LALANNE, Etienne NOUGUEZ.
Je remercie Paul DEWICK qui a été mon « parrain » durant mon séjour au sein de la
Manchester Business School, ainsi que Philippe LAREDO que j’ai eu le plaisir de retrouver
là-bas et avec qui nous avons eu de nombreux et riches échanges. Je salue également tout
particulièrement Francesco, Chiara & Joana ainsi que Siobhan DRUGAN.
Je remercie également Eric HENRY et Thomas REVERDY qui m’ont accueilli au
CRISTO le temps d’un séjour à Grenoble.
Une pensée spéciale pour mes compagnons de route sociologues, ex-sociologues ou
quasi sociologues : Beat BACHI, Julien FIGEAC, Julien et Janet LEVREL (et la petite
Zoé !), Nathalie PATON, Tereza BICALHO DE MENEZES & Patrick de MENEZES.
Enfin je remercie pour leur soutien infaillible mes parents (spécialement ma mère pour
la relecture intégrale du manuscrit !), mon frère, ainsi que mes proches et amis, parmi lesquels
Michel, Cyril, Marie-Simone, Mathieu, Antoine.


… mes dernières pensées pour Ana Sofia & Kawani

1 Franck COCHOY a le titre officiel de « parrain » dans la direction de cette thèse, le titre de « codirecteur de
thèse » étant attribué plus spécifiquement aux cotutelles avec des professeurs étrangers.
7
Liste des abréviations et sigles utilisés


ACV : Analyse de Cycle de Vie
ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
AFNOR : Agence Française de Normalisation
AIMCC : Association des Industries de Matériaux, produits, Composants et équipements pour la
Construction
AMO : Assistance (ou Assistant) à la Maîtrise d’Ouvrage
AQC : Agence Qualité Construction
ARENE : Agence Régionale de l’Environnement et des Nouvelles Energies
ATEQUE : Atelier pour l’Evaluation de la Qualité Environnementale des bâtiments
BET : Bureaux d’Etudes Techniques
BRE : Building Research Establishment
BREEAM : Building Research Establishment Environmental Assessment Method
CAPEB : Confédération de l’Artisanat et des Petites et moyennes Entreprises du Bâtiment
CEN : Comité Européen de Normalisation
CEPMC : Conseil Européen des Producteurs de Matériaux de Construction
CGP : Commissariat Général au Plan
CICF : Chambre des Ingénieurs Conseil de France
CNOA : Conseil National de l’Ordre des Architectes
COBTP : Comité d’Organisation du Bâtiment et des Travaux Publics
COFRAC : Comité Français d’Accréditation (des organismes certificateurs et accréditeurs)
CPA : Comité Permanent Amiante
CRNPdC : Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais
CSTB : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
DEQE : Définition Explicite de la Qualité Environnementale
DHC : Direction de l’Habitat et de la Construction
DPC : la Directive « Produits de Construction (89/106/CEE)
FDES : Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire
FILMM : Syndicat des Fabricants d'Isolants en Laines Minérales Manufacturées
FFB : Fédération Française du Bâtiment
8
FNB : Fédération Nationale du Bâtiment (Cf. FFB)
FNPC : Fédération Nationale des Promoteurs Constructeurs
H2E85 (programme) : « Habitat Econome en Energie à l’horizon 85 »
HQE : Haute Qualité Environnementale (des bâtiments)
HPE (label) : Haute Performance Energétique
HOT (programme) : « Habitat Original par la Thermique »
ICEB : Institut des Conseillers Environnement pour le Bâtiment (devenu par la suite Institut pour la
Conception Environnementale du Bâti).
INERIS : Institut National de l’Evaluation des RISques industriels et environnementaux
ISO : International Standardization Organization (ou International Organization for Standardization)
MIQCP : Mission Interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques
MOP : Maîtrise d’Ouvrage Publique
MRU : Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme
NF : Norme Française (et marque officielle de l’AFNOR)
PCA : Plan Construction Architecture (Cf. PUCA)
PUCA : Plan Urbanisme Construction et Architecture
QE : Qualité Environnementale
QEB : Qualité Environnementale des Bâtiments
REX : Réalisations EXpérimentales
SAEM : Société Anonyme d’Economie Mixte
SB Alliance : Sustainable Building Alliance
SIFF : Syndicat des Industries Françaises du Fibres-ciment
SME : Système de Management Environnemental
UNFO-HLM : Union Nationale des Fédérations d’Organismes HLM
UNSFA : Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes
UPB : Union des syndicats Plasturgie BTP
ZAC : Zones d’Aménagement Concerté
ZUP : Zones à Urbaniser en Priorité


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Résumé de la thèse


La thèse analyse le processus de genèse et d’institutionnalisation de la démarche HQE,
ainsi que ses effets performatifs sur les marchés et les systèmes d’acteurs dans le secteur de la
construction en France.

La démarche HQE a été initiée en 1992, par le Plan Construction et Architecture
(PCA), placé sous l’autorité du Ministère de l’Equipement et du Logement, avec la création
d’un collège d’experts sur le thème de la qualité environnementale (QE) des bâtiments. Sur la
base des travaux du PCA, une association HQE est créée en octobre 1996 et le premier
référentiel officiel de la démarche HQE est publié en novembre 1997. Il établit sous la forme
de 14 cibles les principales caractéristiques qui permettent de limiter les impacts d’une
opération de construction sur l’environnement extérieur, tout en préservant le confort et la
santé des habitants à l’intérieur des bâtiments. Ce premier référentiel est traduit en décembre
2004, en norme officielle par un comité de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR)
puis, en février 2005, en référentiel privé de certification, spécifié pour les bâtiments
tertiaires, par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB).

A travers l’étude historique de la trajectoire de la démarche HQE, la thèse rend compte
de l’importante hybridation qui caractérise la « carrière » des dispositifs de normalisation
technique. D’un problème public (Gusfield 1981) mis à l’agenda politique (Cobb & Elder
1972) par les autorités publiques au début des années 1990, la QE des bâtiments fait l’objet
d’un travail de traduction (Callon 1986) et d’appropriation (Gusfield 1989) par un collège
d’experts. La constitution d’un monde social commun (Strauss 1992) et d’une représentation
commune (Fligstein 1997), suite à la création de l’association HQE et la publication du
premier référentiel officiel, permet à la démarche HQE de s’imposer progressivement auprès
des acteurs politiques, sociaux et économiques comme le standard français de la QE des
bâtiments. Alors que le modèle économique du bâtiment est centré sur la concurrence par les
prix, les « concepteurs » de la démarche HQE, en faisant la promesse aux professionnels (van
Lente 1993, van Lente & Rip 1998) d’établir une économie de la qualité (Karpik 1989, 1995),
parviennent à leur faire accepter la traduction du standard de la démarche HQE en norme
française (NF) homologuée et en référentiel privé de certification.

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