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Les gisements du Paléolithique inférieur et moyen de Lorraine - article ; n°2 ; vol.19, pg 135-146

De
14 pages
Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Année 1982 - Volume 19 - Numéro 2 - Pages 135-146
Le Paléolithique lorrain est surtout représenté par des sites de surface. En raison de l'absence de couverture limoneuse et de cavités, seuls cinq gisements stratifiés ont été découverts à ce jour :
-Vassincourt (Meuse) « Sables verts » : halte temporaire de l'Acheuléen supérieur, établie dans le fond de la vallée. La faune et la palynologie permettent de reconstituer l'environnement d'un interstade rissien aux conditions climatiques tempérées humides.
- Archettes (Vosges) « Rein de Péchotte » : paléosol rissien à industrie à quartzite dans le premier tiers inférieur de la moyenne terrasse de la Moselle, dans le massif des Vosges.
- Chavelot (Vosges) « Clair Bois » : ateliers de taille établis dans une doline alluviale appartenant à l'interglaciaire Riss-Würm. La rareté des pollens et l'absence de faune sont compensées par de nombreux charbons de bois où le pin domine.
- Liuires (Meurthe-et-Moselle) « Bois Chauvemont » . Le niveau archéologique provenant d'un démantèlement d'une terrasse ancienne au Würm ancien n'a livré que de l'industrie micoquienne.
- Rebeuville (Vosges) « Grotte de Jeannue » grotte à remplissage würmien, à outillage lithique pauvre, d'une phase du Würm ancien
Ces cinq gisements permettent de situer chronologiquement une grande partie des industries à quartzite de surface, notamment pour la période Riss-Würm et Würm ancien.
Only five stratified sites are characteristic of the Paleolithic period in Lorraine, because of the absence of loess and cavities :
- Vassincourt (Meuse) « Sables verts » . Temporary halt of the transition period Middle Acheulean/Upper Acheulean, established on the bank of a branch of the river Ornain at temperate interstade of the beginning of the Riss period.
- Archettes (Vosges) « Rein de Péchotte » : Temporary halt of the Riss period.
- Chavelot (Vosges) « Clair Bois » : A stone chipping area on for levels established inside a dolina dug in the alluvium at the Riss-Wurm and the beginning of the Wurm period.
- Ludres (Meurthe-et-Moselle) « Bois de Chauvemont » : Disturbed archeological level with micoquian artefacts of the early Wurm period.
- Rebeuville (Vosges) « Grottes de Jeannue » : Wurmian sequence with moustenan and magdaleman levels, very poor in artefacts.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Ch Guillaume
Les gisements du Paléolithique inférieur et moyen de Lorraine
In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 19 - Numéro 2-3 - 1982. pp. 135-146.
Citer ce document / Cite this document :
Guillaume Ch. Les gisements du Paléolithique inférieur et moyen de Lorraine. In: Bulletin de l'Association française pour l'étude
du quaternaire - Volume 19 - Numéro 2-3 - 1982. pp. 135-146.
doi : 10.3406/quate.1982.1431
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quate_0004-5500_1982_num_19_2_1431Résumé
Le Paléolithique lorrain est surtout représenté par des sites de surface. En raison de l'absence de
couverture limoneuse et de cavités, seuls cinq gisements stratifiés ont été découverts à ce jour :
-Vassincourt (Meuse) « Sables verts » : halte temporaire de l'Acheuléen supérieur, établie dans le fond
de la vallée. La faune et la palynologie permettent de reconstituer l'environnement d'un interstade
rissien aux conditions climatiques tempérées humides.
- Archettes (Vosges) « Rein de Péchotte » : paléosol rissien à industrie à quartzite dans le premier tiers
inférieur de la moyenne terrasse de la Moselle, dans le massif des Vosges.
- Chavelot (Vosges) « Clair Bois » : ateliers de taille établis dans une doline alluviale appartenant à
l'interglaciaire Riss-Würm. La rareté des pollens et l'absence de faune sont compensées par de
nombreux charbons de bois où le pin domine.
- Liuires (Meurthe-et-Moselle) « Bois Chauvemont » . Le niveau archéologique provenant d'un
démantèlement d'une terrasse ancienne au Würm ancien n'a livré que de l'industrie micoquienne.
- Rebeuville (Vosges) « Grotte de Jeannue » grotte à remplissage würmien, à outillage lithique pauvre,
d'une phase du Würm ancien
Ces cinq gisements permettent de situer chronologiquement une grande partie des industries à
quartzite de surface, notamment pour la période Riss-Würm et Würm ancien.
Abstract
Only five stratified sites are characteristic of the Paleolithic period in Lorraine, because of the absence
of loess and cavities :
- Vassincourt (Meuse) « Sables verts » . Temporary halt of the transition period Middle
Acheulean/Upper Acheulean, established on the bank of a branch of the river Ornain at temperate
interstade of the beginning of the Riss period.
- Archettes (Vosges) « Rein de Péchotte » : Temporary halt of the Riss period.
- Chavelot (Vosges) « Clair Bois » : A stone chipping area on for levels established inside a dolina dug
in the alluvium at the Riss-Wurm and the beginning of the Wurm period.
- Ludres (Meurthe-et-Moselle) « Bois de Chauvemont » : Disturbed archeological level with micoquian
artefacts of the early Wurm period.
- Rebeuville (Vosges) « Grottes de Jeannue » : Wurmian sequence with moustenan and magdaleman
levels, very poor in artefacts.Bulletin de l'Association française 1982-2-3, pages 135-146
pour l'étude du Quaternaire
LES GISEMENTS
DU PALÉOLITHIQUE INFÉRIEUR
ET MOYEN
DE LORRAINE
par Ch. GUILLAUME
RÉSUMÉ
Le Paléolithique lorrain est surtout représenté par des sites de surface. En raison de l'absence de couverture limoneuse et
de cavités, seuls cinq gisements stratifiés ont ete découverts à ce jour :
- Vassincourt (Meuse) « Sables verts » : halte temporaire de l'Acheuléen supérieur, établie dans le fond de la vallée La faune et
la palynologie permettent de reconstituer l'environnement d'un interstade rissien aux conditions climatiques tempérées
humides.
- Archettes (Vosges) « Rein de Péchotte » : paléosol rissien à industrie à quartzite dans le premier tiers inférieur de la moyenne
terrasse de la Moselle, dans le massif des Vosges.
- Chavelot (Vosges) « Clair Bois » : ateliers de taille établis dans une doline alluviale appartenant à l'interglaciaire Riss-Wurm.
La rareté des pollens et l'absence de faune sont compensées par de nombreux charbons de bois où le pin domine.
- Liuires (Meurthe-et-Moselle) « Bois Chauvemont » . Le niveau archéologique provenant d'un démantèlement d'une terrasse
ancienne au Wurm ancien n'a livre que de l'industrie micoquienne
- Rebeuville (Vosges) « Grotte de Jeannue » grotte a remplissage wurmien, a outillage lithique pauvre, d'une phase du Wurm
ancien
Ces cinq gisements permettent de situer chronologiquement une grande partie des industries à quartzite de surface, notamment
pour la période Riss-Wurm et Wurm ancien.
ABSTRACT
THE EARLY AND MIDDLE PALAEOLITHIC SITES IN LORRAINE.
Only five stratified sites are characteristic of the Paleolithic period in Lorraine, because of the absence of loess and cavities :
- Vassincourt (Meuse) « Sables verts » . Temporary halt of the transition period Middle Acheulean/Upper Acheulean, established
on the bank of a branch of the river Ornain at temperate interstade of the beginning of the Riss period.
- Archettes (Vosges) « Rein de Péchotte » : Temporary halt of the Riss period.
- Chavelot « Clair Bois » : A stone chipping area on for levels established inside a dolina dug in the alluvium at the
Riss-Wurm and the beginning of the Wurm period.
- Ludres (Meurthe-et-Moselle) « Bois de Chauvemont » : Disturbed archeological level with micoquian artefacts of the early
Wurm period.
- Rebeuville (Vosges) « Grottes de Jeannue » : Wurmian sequence with moustenan and magdaleman levels, very poor in
artefacts.
La Lorraine est une région caractérisée essentie chien (J.-C. Bonnefond, 1975), elle est gauchie
llement par un relief de côtes calcaires. Limitée au successivement à la fin du Tertiaire et au début du
Quaternaire par le soulèvement de l'axe mor- Nord, au Sud et à l'Est par des massifs anciens :
Ardennes, Eifel et Vosges, et à l'Ouest par l'aire de vano-vosgien puis par celui des Ardennes. Le
réseau hydrographique, tout d'abord orienté sédimentation subsidente du Bassin Parisien, elle a
N.N.O. va se scinder petit à petit, à partir de la fin été émergée des mers secondaires dès le début du
Tertiaire. Modelée à partir d'un piémont villafran- du Mindel avec des creusements verticaux impor-
* Direction des Antiquités préhistoriques de Lorraine, 10, place St-Etienne, 57000 Metz (France). 136
tants, en trois direction : N.N.E., N.N.O. et O. En toujours isolées et roulées dans les divers niveaux
effet la Moselle-Meuse gênée dans son entaille par quaternaires. Cette pauvreté ne correspond pas à
le soulèvement des Ardennes va perdre la plupart la masse de documents des stations de surface à
de ses affluents : la Moselle vers le Rhin, le réseau quartzite et à quartz répandues sur tous les lam
du Barrois et de l'Argonne vers le bassin parisien. beaux d'alluvions.
Cette tectonique, active ajoutée à l'englacement
du massif des Vosges qui alimente la plupart des
cours d'eau rend le Quaternaire lorrain très comp 1. VASSINCOURT (MEUSE) lexe. Malgré les diverses recherches sur les « LES SABLES VERTS » moraines et les formations fluvio-glaciaires, on ne
peut encore faire une synthèse. Actuellement,
l'ensemble des auteurs dont N. Theobald (Theob Cette carrière est située dans la moyenne ter
rasse ( + 30 m par rapport au lit actuel) du cours ald, 1972) n'y signalent que les deux dernières
inférieur de l'Ornain, en aval de Bar-le-Duc, rive glaciations, alors que G. Seret (Seret, 1967) y
gauche. Ce gisement fut signalé par A. Paque en distingue Mindel, Riss et Wurm. L'apport de la
1943 qui suivit les travaux et publia les découvertPréhistoire, essentiellement représentée par des
es jusqu'en 1954. Les travaux d'exploitation stations de surface à quartzites et à quartz, n'est
souvent pas considéré. L'absence de couverture arrêtés en 1961, nous y avons entrepris des
fouilles de 1969 à 1971. (Carte topographique limoneuse bien développée et la carence en cavités
de formation ancienne n'ont en effet pas permis 1/25 000: Vaubecourt 5-6; x = 799,l;
y= 126,1). une bonne conservation des traces d'occupation
des chasseurs paléolithiques. Ainsi actuellement, Ce site est doublement intéressant pour la
seuls cinq gisements clos ont été découverts, tous Préhistoire et la Géologie, car il se trouve dans le
sites de plein-air dans les alluvions excepté la secteur de la capture de l'Ornain par la Marne,
grotte de Rebeuville (Vosges). Ils se situent (fig. 1) (Tricart, 1952). En effet, jusqu'au Quaternaire
principalement dans la vallée de la Moselle, deux moyen, l'Ornain d'orientation actuelle Est-Ouest
dans son cours supérieur : Archettes et Chavelot infléchissait son cours vers le NNO au niveau de
(Vosges), un dans son cours moyen : Ludres Revigny-sur-Ornain pour aller par la vallée de
(Meurthe-et Moselle). Les deux autres sont très l'Ante actuelle rejoindre l'Aisne en amont de
excentriques. L'un appartient au bassin parisien : St. Menehould. Il faut remarquer que tout le
Vassincourt (Meuse), l'autre est très pauvre : réseau hydrographique du plateau du Barrois est
Rebeuville (Vosges). Certes les terrasses livrent de complexe car situé dans une zone de contact entre
l'industrie lithique, mais ces rares trouvailles sont la gaize argonnaise, les assises calcaires à karst
important du Barrois et la dépression argileuse de
la Champagne. Malheureusement, aucune étude
n'a été faite pour l'ensemble de ce bassin excepté
pour le phénomène de capture même. L'Ornain,
bien que rivière peu développée (150 km), possède
deux bassins bien distincts. Le bassin supérieur
jusqu'à Bar-le-Duc est alimenté par de faibles
affluents aux crues importantes. Encaissé dans des
coteaux calcaires, il transporte des roches gélives
rapidement accumulées mais difficilement éva
cuées. Le bassin inférieur au contraire s'étale dans
une plaine à sables et dolomies du Crétacé infé
rieur qui s'élargit en une vaste dépression argi
leuse. Là il reçoit des affluents importants qui
déblaient la grève crayeuse facilement transportée
vers le fossé tectonique de la Marne. Avant la
capture, une forte accumulation détritique compos
ée d'éléments calcaires forme une nappe bien
développée jusqu'à Binarville. La compétence limi
tée de l'Aisne, due notamment à une surimposit
ion de son cours dans la gaize, a permis alors la Fig. 1. - Gisements du Paléolithique inférieur et moyen de capture de l'Ornain par soutirement, immédiateLorraine. ment après le dépôt de la moyenne terrasse. Un
drainage devenu très actif a provoqué le démantè- Fig. I. - Early and middle palaeolithic sites in Lorraine. 137
lement de cette nappe, accompagné d'un creuse ment d'introduire une notion de zonation climati
ment vertical important de la rivière. Les différents que. En effet, cette association est fréquente en
niveaux de terrasse, au nombre de trois sont peu Europe du Nord. Le mammouth y apparaît dès le
connus car peu prospectés et étudiés. Mais celui de début du Riss. E. antiquus et E. primigenius peu
+ 30 m est attribué comme pour l'ensemble du vent donc être associés dans le glaciation du Riss
réseau hydrographique lorrain, à la glaciation du comme à Achenheim et dans les terrasses ancien
Riss (Gardet, 1937-38; Vaskou, 1981). nes du Rhin (Vogt et Thévenin, 1976). De même
Rhinocéros tichorhinus, également caractéristique
du cortège de la faune froide wurmienne existe Séquence-type : ép. = 5,50 m (fig. 2)
avant la dernière glaciation. A. Erhingsdorf
De bas en haut : (R.D.A.) il a notamment été découvert dans la 1 - Sables verts albiens (ep =15 m) Albien inférieur (Cre- glaciation du Riss (Bonifay, 1980). tace inférieur).
2 - Sables verts remanies (ep. = 1,50 m à 0,20 m). Ils
creusent les sables sous-jacents de 4 m au maximum.
Faune et industrie.
3 - Lentilles hmono-argileuses(ep. 1,20 m à 0,20 m). Le Mobilier archéologique : veau inférieur est un gley (ep. = 1 ,20 m a 0,80 m), le
niveau supérieur de couleur noirâtre est compose essen Toutes les découvertes anciennes et en cours de tiellement de limons (ep =0,60 m). Faune fouilles ont toujours été faites dans la lentille des 4 - Lentilles sablo-argileuses (ep =0,60 m). Très localisées.
sables verts remaniés. Il y a quatre bifaces : deux 5 - Cailloutis (ep. = 2,50 à 1 ,20 m) Les éléments calcaires de
amygdaloides dont un tend vers le type cordi- calibre moyen (3-5 cm) sont repartis en trois niveaux. Il
se termine par des poches de cryoturbation. forme allongé (Bordes, 1955), une limande à talon 6 - Limon (ep = 2,50 m a 1 ,50 m) decarbonate de couleur et un biface lancéolé (Maubeuge, 1961). L'outillage brun-jaune rubéfie présentant à la base une coloration sur éclat est représenté par un racloir convergent brune qui pourrait être un paléosol. Il appartient à la
et un racloir double (Bordes, 1955). En cours de base par sa structure aux limons anciens de Bordes
fouilles, seul un petit racloir convergent et sept (Bordes, 1969).
éclats bruts de taille ont été découverts (Guillaume,
1970).
Flore : (analyse de B. Guillet, Centre de biologie Cet ensemble est en silex et chaille d'origine pédologique, Nancy) locale excepté un éclat en quartzite. Typologique-
Présente uniquement dans la lentille limono- ment, il s'intègre au Paléolithique inférieur du
Bassin Parisien et non au ancien de argileuse (niveau 3), elle indique un paysage fores
tier où le climat se détériore progressivement. Le Lorraine. Les bifaces sont proches de ceux de
bouleau puis le pin domine. Des éléments steppi- l'Atelier Commont mais le biface lancéolé appart
ques apparaissent dans le niveau supérieur. ient déjà à l'Acheuléen supérieur. Il s'agit donc
d'une transition Acheuléen moyen /supérieur selon
la définition classique du début de la glaciation du Faune : Riss.
Au cours des fouilles de 1969-1971, seuls les Toutes ces données nous permettent de mieux
niveaux 2 (sables verts remaniés) et le niveau 3 situer chronologiquement cette séquence quater
inférieur (gley) ont livré de la faune. Etudiée par naire. Sous un climat peu rigoureux, un cours
F. Delpech (Institut du Quaternaire de Bordeaux- d'eau ravine les sables verts et dépose des sables
Talence), elle est représentée par des espèces grossiers avec faune et industrie humaine arra
indiquant des conditions climatiques peu rigoureu chées aux berges où les chasseurs paléolithiques
ses : Equus caballus cf. m., cervidé et Bos primige- étaient établis en campement de plein-air. Puis
nius. sous couvert forestier, la sédimentation devient
plus sélective et le débit nul. Il se forme alors un Les découvertes anciennes faites au cours de
gley dans un bras mort de l'Ornain où bœuf et l'exploitation sont toutes localisées dans les lentil
cheval viennent s'envaser. Le climat se détériore les prises dans le niveau inférieur du cailloutis ou
alors progressivement. Le sol de plus en plus à la base du cailloutis sur les sables verts (Paque,
dénudé permet la reprise de l'érosion active. Des 1943). S'agit-il des niveaux complètement démant
alluvions calcaires sont accumulées sur toute la elés postérieurs? La présence d'£\ Antiquus,
largeur de la vallée remaniant les niveaux antéE. Primigenius, E. Throgontherii, et Rhinocéros
rieurs. Un climat froid s'installe; la sédimentation tichorhinus a longtemps soulevé le problème de la
s'arrête, des poches de cryoturbation affectent le faune « froide » wurmienne coexistant avec la
sol gelé et des limons éoliens recouvrent la ter« chaude » anté-wurmienne. Mais les diver
rasse. ses recherches et découvertes permettent 138
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VA55INCOURT (55 )
1970
1 m
Fig. 2. - Coupe du gisement acheuléen de Vassincourt (Meuse) : « Sables verts ».
Section of acheulean site at Vassincourt (Meuse) : « Sable verts ».
interstade du début du Riss, sans plus de précision Toute cette dynamique peut être placée dans un
cycle avant le dernier interglaciaire, car en Lor car les oscillations de ce Glaciaire ne sont pas bien
raine la glaciation du Riss est caractérisée par connues en Lorraine, seules deux phases sont en
général signalées. d'importantes nappes d'alluvions formant un ou
deux niveaux d'une moyenne terrasse de +20,
+ 40 m (Bonnefont, 1975). Il est d'ailleurs intéres 2. ARCHETTES (VOSGES): sant de noter que le niveau le plus haut est « REIN DE PÉCHOTTE » toujours le dernier dépôt avant les phénomènes de
capture. La structure des limons anciens, bien que
la séquence soit incomplète et la présence $E. an- Ce gisement est situé au tiers inférieur de la
tiquus, placent également ce site au Riss. Il ne peut moyenne terrasse de la Moselle, rive droite, dans
appartenir au Mindel ou à l'interglaciaire Min- le massif des Vosges, à 5 km en aval de la moraine
del-Riss en raison de découvertes d'ossements de frontale rissienne (carte topographique à 1 /25 000,
E. primigenius. L'Acheuléen moyen évolué et les Bruyères 5-6; x: 916,83; y: 356,93). Découvert
analyses palynologiques placent chronostratigra- récemment, en 1982, par la Direction des Anti
phiquement la base de la séquence dans un quités Préhistoriques de Lorraine, il n'a pas encore ,

,
139
fait l'objet d'analyses palynologiques et sédimento- deux mégaséquences à dérive négative. Les bancs
logiques, mais il mérite d'être signalé par l'impor supérieurs de chaque niveau sont ainsi particuli
èrement riches en gros galets et en bloc de granitoi- tance des paléosols qui le composent et la qualité
de l'outillage lithique (fig. 3). des, grès et conglomérats atteignant parfois 1 m3.
De récents travaux autoroutiers ont permis de Cette moyenne terrasse de 40 m de puissance
nouvelles coupes dans cette masse d'alluvions moyenne correspond dans le massif gréseux des
mettant en évidence sur 6 km plusieurs lentilles Vosges à des dépôts de sandre de vallée (Vaskou,
argilo-sableuses brunes dispersées à partir du tiers 1981). Attribuée au Riss par l'ensemble des au
inférieur de cette terrasse. Ainsi au « Rein de teurs (Flageollet, 1980; Vaskou, 1981; Caillier,
Péchotte » une lentille de 5 m d'épaisseur sur 1977), elle est généralement considérée comme
150 m coupe la terrasse à son premier tiers infédeux terrasses superposées. En effet, ce dépôt à
rieur. Elle n'est nulle par ailleurs aussi développée, énergie assez forte selon les lithofaciés (Vaskou,
piégée par une faille entre le grès vosgien et le 1981) montre par l'étude mégaséquentielle deux
granite à grain fin du horst d'Epinal. phases d'accumulation distinctes matérialisées par
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Fig. 3. - Coupe du gisement acheuléen d'Archettes (Vosges) : « Rein de Péchotte ».
Fig. 3. - Section of acheulean site at Archettes (Vosges) : « Rhein de Péchotte ». 140
Séquence-type : épaisseur :15 m (fig. 3). Muschelkalk au sortir des formations gréseuses du
Trias inférieur du Massif des Vosges. Là divers 1 - Grès vosgien (T IV).
étranglements dus à des bancs calcaires plus 2 - Alluvions granito-quartzitiques, ép : 10m
3 - Sable fin alluvial : 1 ,70 m. compacts l'ont obligée à déposer des masses
4 - 1er paléosol argilo-sableux, brun, à charbons de détritiques importantes composées d'alluvions
bois, ép. : 0,70 m. Industrie humaine. granito-quartzitique associées à des sables siliceux. 5 - Sable siliceux jaune, ép : 0,50 m. Cette moyenne terrasse en aval d'Epinal est 6 - 2e paléosol argileux-sableux à quelques graviers,
considérée comme un cône de raccordement entre couleur brun-noir, à nombreux charbons de bois,
un domaine fluvio-glaciaire et un domaine fluvia- ep : 0,50 m.
7 - Niveau graveleux à matrice limoneuse, ep : tile en vallée.
1,30 m. Le gisement du « Clair Bois » est plus précis8 - Alluvions granito-quartzitiques, ép. : 1 ,00 m.
9 - Lentille limoneuse, ep. : 0,40 m. ément situé dans un vallon sec subparallèle à la
10 - Alluvions ep : 30 m vallée de la Moselle, creusé dans les alluvions qui
fait partie d'un bassin versant de 3,74 km2, d'axe Cette séquence sans faune est recouverte de
SO-NE, situé dans un secteur où le substrat est 20 m d'alluvions sans lesquels se trouvent d'autres
presque entièrement masqué par des alluvions des niveaux argilo-sableux.
quatre niveaux de terrasses. Ce vallon se caractér
ise actuellement par un petit ruisseau temporaire
Mobilier archéologique de 500 m de long, entouré d'un champ de 6 doli-
nes et qui se termine en une perte diffuse dans les Pris dans le premier paléosol, l'outillage lithique
alluvions. Les effondrements anciens, de 5 à 20 m comprend quelques produits du débitage en quart-
de diamètre, ont un profil très adouci car comblés zite et un racloir à retouches bifaces de bonne
progressivement par des apports latéraux en une facture (fig. 3). La qualité de ces artefacts les place
sédimentation fine et les plus récents présentent dans l'Acheuléen du début du Riss comme
des parois abruptes de 1 m de hauteur sur 2 m de Vassincourt (Meuse) et les stations de surface du
diamètre. L'origine de la formation du site archéosecteur de Zincourt (Vosges) (Guillaume, 1976).
logique a été complexe à expliquer mais l'étude du Devant l'importance de leur développement, ces bassin-versant nous a permis de l'attribuer égaldeux paléosols doivent appartenir à un premier ement à un phénomène karstique fossile : une interstade de la glaciation du Riss. Des fouilles doline de 45 m de diamètre sur 2 m de hauteur plus approfondies permettront de le préciser, bien maximale avec 3 conduits, pertes ou effondreque ce gisement perché dans un talus d'autoroute ments. Cette difficulté vient du fait que le karst de de 40 m de hauteur pose de sérieux problèmes la plaine sous-vosgienne n'est pas bien connu et techniques. principalement celui des alluvions anciennes.
Cependant le Muschelkak marin et lagunaire est
toujours propice à des phénomènes karstiques.
Ainsi de nombreuses circulations d'eaux souter
raines actives actuellement existent à tous les 3. CHAVELOT (VOSGES) : niveaux de la vallée et des plateaux avoisinants, « CLAIR BOIS » s'infiltrent dans les assises calcaires ou dans les
alluvions.
Ce karst a été également actif pendant tout le La carrière du « Clair Bois » est située sur la Quaternaire. Un ensemble de dolines fossiles ont moyenne terrasse (+ 15-20 m par rapport au lit été ainsi repérées à la base même de cette actuel) du cours supérieur de la Moselle, rive moyenne terrasse, à la « Cobrelle » à Chavelot. A gauche, en aval d'Epinal. (carte topographique à remplissage d'argiles secondaires remaniées puis 1/25 000: Epinal 3-4; x = 903,5; y = 67,1). d'alluvions quartziques, il appartient à la dernière
Le site archéologique a été découvert en 1978 phase avant la mise en place de la terrasse. Ces
par MM. Roquand, Claude et Villeminot et fait alluvions de puissance maximale 18 m reposent
actuellement l'objet de fouilles par la Direction des sur un banc d'argiles grises du Muschelkalk
Antiquités Préhistoriques de Lorraine et par le couronnant les assises calcaires altérées du Musc
Groupe d'Etudes et de Recherches préhistoriques helkalk supérieur, situation plus que propice à
des Vosges. des phénomènes karstiques. Au « Clair Bois », le
creusement d'un vallon et le déblaiement des Il y a similitude géologique entre le gisement de
matériaux ont permis de réduire à 6 m l'épaisseur Chavelot et celui de Vassincourt. En effet, la
Moselle tout d'abord torrent encaissé dans le horst de ces mêmes alluvions, rendant possible une
d'Epinal s'étale brutalement dans les argiles du activité karstique. 141
Séquence type : épaisseur = 7 m (fig. 4) L'analyse anthracologique effectuée par
F. Schweingruber (Institut fédéral de recherches De bas en haut :
forestières de Zurich) dans les limons de remplis1 - Argiles grises du Muschelkalk supérieur.
2 - Alluvions granito-quartzitiques, ép 6 m. sage du premier conduit a n'a livré qu'une seule
3-3 conduits comblés successivement et imbriques les uns variété végétale : Pinus sp.
dans les autres Une analyse anthracologique faite par V. Blouet • a - h = 7 m, 1 = 4 m, profil en V .- remplissage de
dans le paleosol (niveau 4) montre aussi un fort limons et de matériaux arrachés à la terrasse.
• b - h = 2m, 1=15 m, profil en cuvettes : chenal pourcentage de Pinus (99 96), 2 Betula et un Quercus.
d'écoulement ? remplissage d'alluvions. Il s'agit probablement plus d'un incendie de forêt que • c - h = 3,50 m, 1 = 2,50 m, profil en auge : remplis d'une sélection humaine. sage argilo-sableux brunâtre avec passées sableuses.
Du point de vue palynologique, on peut avoir 4 - Paleosol brun à charbons de bois, ep = 0,20 m Industrie
humaine en place. quelques comparaisons régionales. Sur le cailloutis
5 - Strates de colluvionnement composées d'apports de cette moyenne terrasse, plus exactement au
raux : sables et cailloutis Industrie roulée ou en place « Rang du Xay » à Golbey dans le même secteur selon les niveaux, ep =0,80 m. que Chavelot s'est développé un paleosol à char6 - Niveau graveleux remanie par le gel; ep =0,30 m.
bons de bois de type alluvial établi sur une siltite Industrie légèrement remaniée
7 - Premier dépôt de limons piège dans des poches de sableuse provenant probablement d'un déborde
cryoturbation Industrie humaine. ment (Flageollet, 1980, et Vaskou, 1981). Déposé 8 - Deuxième dépôt de limons ; ep = 1 ,20 m. Ce sont des au cours d'une phase de décrue glaciaire sur le limons argilo-sableux issus du substrat marno-calcaire du niveau supérieur des alluvions, il présente comme Muschelkalk et des alluvions anciennes des hautes le paleosol du « Clair Bois » de rares pollens mais terrasses proches Ils présentent une microstructure
lamellaire et des fentes verticales, témoins d'un dépôt en appartenant probablement à un paysage ouvert où
phase froide (Flageollet, 1980) Ils sont attribues soit au domine le pin avec quelques essences telles le
Pleniglaciaire (Lanterne II ou III de G. Woilard) soit au Charme et le Noisetier (analyse de B. Guillet). Ce WurmII (Caillier, 1977). Ce sont des limons régionaux niveau est repris par des poches de cryoturbation qui recouvrent l'ensemble des formations quaternaires de
créant par endroits des structures de sols polygoLorraine.
naux. Puis il est tronqué et recouvert des limons Cette sequence est affectée de nombreux phénomènes de
décrits ci-dessus (niveaux 7 et 8). Pour les auteurs, gel : plication du cailloutis (conduit B), fente en coin (strates
de colluvionnement), niveau graveleux (niveau 6) remanié par ce paleosol s'est formé immédiatement après les
le gel, bombement des couches localisées au-dessus des alluvions du Riss final, sans discontinuité. Il serait conduits, tronquage de la terrasse et poches de cryoturbation donc d'âge éemien et les manifestations du gel (niveau 6). seraient du début du Wurm. Géomorphologique-
ment, les deux paléosols semblent contemporains. Flore et anthracologie : Celui de Chavelot serait alors le produit du less
L'analyse palynologique effectuée par ivage du paleosol de l'ensemble de la moyenne
M"eD. Leesch (Laboratoire de Palynologie de terrasse représenté par l'étude de celui de Golbey,
l'Ecole Polytechnique de Zurich) a malheureuse venu se piéger dans les dolines du vallon par
ment montré la rareté des pollens dans le paléo- ruissellement. D'autre part les profils polliniques
sol : 1 Pinus, 1 Picea, 2 Betula et 1 Corylus. Ce de la « Grande Pile » en Haute Saône à même
pendant la présence de deux algues d'eau douce, altitude que Chavelot montrent que le pin se
Batryacoccus, laisse supposer l'existence d'une petite trouve en fort pourcentage en début ou en fin de
mare.
CHAVELOT (88) 1962
Fig. 4. - Coupe schématique de la doline du « Clair Bois » à Chavelot (Vosges) : Paléolithique moyen.
Fig. 4. - Simplified section of the iolina at Chavelot (Vosges) : « Clair Bois »; middle Palaeolithic. 142
stade de réchauffement tout au long du Riss- et l'industrie de type moustérien confirment l'âge
Wurm (Woillard, 1980) ou du début du Wurm Riss-Wurm et début Wurm de cette séquence
quaternaire. On peut tenter ainsi une première ancien (Welten, 1981).
interprétation de la dynamique de ce dépôt. En
Faune : période glaciaire, au Riss, le réseau karstique
bloqué par le pergélisol ne draine plus les eaux Seuls les os brûlés se sont conservés dans ce superficielles qui déblaient alors des vallons sur la milieu acide. Ils sont malheureusement de très nappe alluviale dénudée. petites dimensions et indéterminables.
Au début de l'interglaciaire Riss-Wurm, l'amé
lioration des conditions climatiques permettent à Mobilier archéologique : (Guillaume, 1981)
nouveau le fonctionnement du karst en même
La matière première employée est essentiell temps que s'amorce le creusement de la Moselle.
ement le quartzite (90%) le quartz (8%), galets Dans le vallon du « Clair Bois », un premier
roulés provenant du massif des Vosges et de rares conduit important s'ouvre, colmaté ensuite par des
nodules de silex et de chaille d'origine locale (2 à lambeaux de sol à taïga. Un second conduit le
5%). Les caractéristiques techniques et typologi remplace à remplissage d'alluvions uniquement.
ques sont les mêmes que l'ensemble du Paléolithi Une poussée de froid provoque des plications du
que lorrain, de débitage non Levallois (Guillaume, niveau supérieur de ce dépôt. Puis le climat
1976). devenant de plus en plus tempéré au début du
Quatre niveaux ont pu être repérés : Riss-Wurm, un troisième conduit est ouvert mais
- L'atelier de taille du paléosol où éclats et colmaté par des sédiments fins. Les chasseurs
paléolithiques viennent y chercher et tailler la nucleus se remontent, présente cependant peu
d'outillage excepté quelques racloirs de type matière première alors que la doline comblée par
non-évolués et une ébauche de pièce bifaciale. un sol de forêt est encore humide. Puis des apports
Cet ensemble est trop pauvre pour être placé latéraux de sables grossiers nivellent le tout petit à
petit. Un petit atelier de taille est établi sur une dans un groupe précis mais il appartient à une
industrie sur éclats du Paléolithique moyen. lentille sableuse avant la mise en place d'un
Trois zones de travail ont pu être mises en dernier niveau également occupé. Au début de la
évidence sur l'ensemble de cet atelier. glaciation du Wurm, le climat se détériore lent
- Une des strates de colluvionnement (niveau 5) a ement provoquant le remaniement du dernier
livré un emplacement de débitage d'une seule niveau et le bombement des couches. Le pergélisol
personne avec peu de déchets de taille et un bloque à nouveau le réseau karstique et les eaux
seul racloir sur lame en quartz. superficielles déblaient à nouveau le vallon en
- Le niveau 6 en revanche, montre une bonne tronquant les niveaux supérieurs. Le froid s'ins
série d'artefacts typologiquement valable. L'in talle, des poches de cryoturbation couronnent
l'ensemble reprenant un niveau d'occupation établi dice de facettage est relativement important
pour le Paléolithique de notre région. L'outil sur un premier dépôt de limons. Puis, l'ensemble
lage sur éclats uniquement est représenté par est recouvert d'une série de limons colluvionnés,
des racloirs de types variés et évolués. Ils sont déposés en période froide, au Wurm II probable
ment. de petit calibre car débités pour la plupart sur
de petits nodules de silex ou de chaille. Cet
ensemble appartient typologiquement à un
Moustérien wurmien. 4. LUDRES (MEURTHE-ET-MOSELLE): - Le premier dépôt de limons n'a donné qu'une « BOIS DE CHAUVÉMONT » dizaine de pièces. Il y a cependant un racloir
déjeté double en chaille qui appartient au
Wurm. Il se rapproche en effet des racloirs Ce gisement est situé sur un replat du haut
moustériens tels celui de St. Just en Chaussée niveau rissien ( + 40 m par rapport au niveau
placé chronologiquement à la base du loess actuel de la Meurthe) du cour moyen de la
récent I (Bordes, 1954). Meurthe, rive gauche, en amont de Nancy.
Découvert par A. Janot en 1974, il a fait l'objet de Toutes ces données placent ce gisement dans
deux campagnes de fouilles par l'inventeur en une fourchette chronologique assez courte et
1974 et 1975 (Thévenin, 1975 et 1977). (Carte précise. Calé entre des alluvions de la fin du Riss
topographique 1/25 000: Nancy 5-6; x= 108,3; et des limons wurmiens, il appartient à une phase
y = 884,3). interstadiaire à climat peu rigoureux en raison de
la formation de doline karstique, sous couvert De même position topographique que les deux
forestier à pin dominant. L'analyse anthacologique sites précédents, il se trouve dans un secteur