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Les monnaies Gauloises du Musée Carnavalet - article ; n°2 ; vol.39, pg 181-194

De
15 pages
Gallia - Année 1981 - Volume 39 - Numéro 2 - Pages 181-194
14 pages
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Brigitte Fischer
Les monnaies Gauloises du Musée Carnavalet
In: Gallia. Tome 39 fascicule 2, 1981. pp. 181-194.
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Fischer Brigitte. Les monnaies Gauloises du Musée Carnavalet. In: Gallia. Tome 39 fascicule 2, 1981. pp. 181-194.
doi : 10.3406/galia.1981.1827
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galia_0016-4119_1981_num_39_2_1827MONNAIES GAULOISES DU MUSÉE CARNAVALET LES
par Brigitte FISCHER
Parmi les riches collections du Musée Carnavalet1 figurent vingt et une monnaies
gauloises : six sont en or, quinze en bronze frappé ou coulé. Les pièces de métal précieux
se répartissent ainsi : deux statères et un quart de statère des Parisii, un tiers de statère
appartenant à la série dite « homotypique des Parisii » et deux quarts de statère : l'un est
vénète, l'autre, caractérisé par une « branche d'aulne », qui barre le visage, a dû être émis
en Gaule Centrale, peut-être chez les Arverni. Nous ne connaissons malheureusement pas
l'origine de ces espèces, qui sont inédites. Les pièces de bronze identifiables ont été émises
par des peuples voisins des Parisii, à l'exception des potins « à la tête diabolique », qui sont
d'origine turone, mais ont connu une large diffusion2. Pour ces modestes espèces, deux
provenances sont connues : la monnaie portant le n° 259 au Musée, qui est attribuée aux
Bellovaci ou aux Suessiones, a été recueillie place Jussieu en 1931. Les pièces nos 262 et
263, deux potins « à la tête diabolique », proviennent de la Caserne de la Cité. Trois
monnaies au moins, au Musée Carnavalet, sont donc d'origine parisienne.
Par ailleurs, les espèces parisiaques en or ont été recueillies sur le territoire des Parisii
ou chez des peuples frontaliers3. Nous ne connaissons, pour notre part, qu'une trouvaille
récente faisant exception à cette constatation : un statère d'or de classe II, proche de
l'exemplaire BN 7782 et pesant 7,265 g, a été découvert à Hesdin-l'Abbé (Pas-de-Calais)
en 19794. Il n'est donc pas téméraire de penser que les trois monnaies d'or des Parisii et
1 Nous avons été encouragée dans ce travail par M. P. -M. Duval et le Dr J.-B. Colbert de Beaulieu, qui a bien
voulu nous aider de ses conseils. Cette étude n'aurait pas été possible sans l'aide aussi efficace que généreuse de
M. B. de Montgolfîer, Conservateur en chef du Musée Carnavalet et de M. P. Périn, Conservateur : à tous nous tenons
à exprimer notre vive gratitude. Les photographies, réalisées au Département archéologique du Musée, sont l'œuvre
de Françoise Rivière, à qui nous adressons nos sincères remerciements. M. P. -M. Duval a exécuté les reconstitutions
graphiques flg. 1 b, 2 b, 3 b et les dessins fig. 8 et 10, dont nous le remercions vivement.
2 J.-B. Colbert de Beaulieu, Les potins dits a à la tête diabolique », un monnayage indigène de la Gaule en voie
de romanisation, dans Revue belge de numismatique, 116, 1970, p. 97-123.
3 J.-B. Colbert de Les monnaies gauloises des Parisii, Histoire générale de Paris, Paris, 1970,
p. 63-64 ; désormais abrégé en CB, Parisii.
4 P. Leclercq, Un statère des Parisii trouvé dans le Boulonnais, dans Bulletin de la société française de numismat
ique, 34, octobre 1979, p. 574-575, fig. 1.
Gallia, 39, 1981. •
182 BRIGITTE FISCHER
Illustration non autorisée à la diffusion
la N° 1. Statère d'or des Parisii. Classe VI (coins D3/R4). Musée Carnavalet. 7,19 g.
Illustration non autorisée à la diffusion
1 b Reconstitution graphique du n° 1 à l'aide de 4 pièces de mêmes coins. (Dessin P.-M. Duval).
celle qui appartient à la série dite « homotypique » ont de fortes chances d'être d'origine
locale.
Monnaies d'or (sans numéro d'inventaire) (fig. 1 a).
1. Statère des Parisii (fig. 1 a), présentant au droit un visage humain, à droite, au
rendu assez désarticulé. L'œil est fait d'un annelet centré. La chevelure est constituée
de deux groupes de mèches qui se rejoignent en une boucle et sont séparées par quatre stries
parallèles. Deux croissants creux et, en bas, une mèche en esse partiellement creuse,
à l'arrière de laquelle on voit un point, séparent cet ensemble du reste du visage. Au-dessus
du front, le décor mal venu à la frappe n'est pas reconnaissable. En bas à gauche, une
grande esse dont la partie inférieure manque. Ces motifs sont des mèches ou des boucles
stylisées, mais l'étude des autres images du même coin permet de le restituer (fig. 1 b).
Le visage est cerné vers l'arrière par un cordon perlé qui suit le contour de la mâchoire
N.B. — Toutes les monnaies illustrant cet article sont agrandies au double. Les photographies 1 a, 2 a, 3 a, 4,
6, 7 sont de F. Rivière, Musée Carnavalet. MONNAIES GAULOISES 183
et s'arrête en bas sur une courbe qui représente schématiquement le cou. Devant le front,
se trouve un gros cercle plein suivi d'une longue mèche en esse partiellement creuse, qui
déroule son tracé harmonieux devant le nez. A l'avant de la bouche, représentée par un
demi-cercle pointé, on peut voir une esse perlée et, en avant, un gros annelet centré. En
dessous se trouve un motif composé de quatre courtes lignes, verticales et parallèles. Sous
la coupe du cou, un fragment de roue dont le pourtour est perlé et dont trois rayons sont
visibles.
Au revers, cheval à gauche, surmonté d'une sorte de grand filet dont les mailles sont
pointées. La crinière est faite d'une ligne perlée que l'on retrouve autour de la grosse volute
(ici écrasée) qui surmonte la croupe. Cette face porte une entaille profonde en son milieu ;
elle est parallèle au corps du cheval. Du front part une ligne sinueuse, un peu informe, non
identifiable. Sur la tête, une sorte de panache. Un lien ondulé part de l'extrémité de la
bouche, monte plus haut que le front et redescend jusqu'entre les antérieurs. Entre les
jambes avant, qui sont réunies au départ en un seul jambage, une étoile à sept branches
est visible, placée à l'extrémité du lien, qui est pointé. Le cheval est sexué. Sous le ventre,
une rosace. Au-dessous, un lien perlé sinueux.
Ce statère appartient à la classe VI déterminée par J.-B. Colbert de Beaulieu5, pour
laquelle quatre coins de droit et cinq de revers sont connus. Il pèse 7,19 g et a un module
de 22/24 mm. Il est issu du même coin de droit (VI D 3) et de revers (VI R 4) qu'une
monnaie conservée au British Museum6. Cette dernière pièce porte curieusement une
entaille identique à celle qui se trouve sur le statère du Musée Carnavalet, mais elle est
située juste au-dessus du corps de l'animal. Un autre statère figurant dans la collection
Vian, à Avignon, est également issu des mêmes coins de droit et de revers7, de même que
la monnaie BN 77798. Quatre pièces des mêmes coins permettent donc de faire une
reconstitution graphique de l'image presque entière (fig. 1 b). La pièce de la collection Vian
d'Avignon complète le droit au-dessus de la tête, alors que celle du British Museum permet,
pour le revers, de reconstituer l'arrière-train du cheval, dont le dessin est écrasé sur l'exemp
laire du Musée Carnavalet. La monnaie BN 7779 complète le lien perlé, sinueux, qui se
déroule sous la rosace.
2. Statère d'or des Parisii (fig. 2 a), orné au droit d'une tête humaine à droite. La
chevelure est constituée de mèches terminées par des spirales et réunies parfois par un petit
trait. Entre ces mèches et le visage, on distingue deux croissants et une longue esse en partie
creuse. Une autre esse creuse se déroule devant le visage, mais elle n'est pas visible en
totalité. Ces motifs sont des mèches ou des boucles stylisées. L'œil est punctiforme, le nez
très droit, les lèvres sont un demi-cercle bouleté relié par un trait vertical à la partie
inférieure du nez. La coupe du cou est suivie, en bas, de stries verticales, parallèles. Sous
le menton, on voit, écrasé, une sorte de fuseau hérissé, qui est connu dans ce monnayage.
Le revers présente un cheval stylisé, à gauche. Au-dessus de son dos se développe une
sorte de filet pointé. La crinière est figurée par une longue ligne perlée, qui se termine en
spirale au milieu du dos. Au-dessus de la croupe, une forte spirale, semblable à celle de la
monnaie précédente. Entre la jambe gauche et la queue, un trait sinueux. Un lien onduleux
part de la bouche de l'animal. Au-dessus du front est l'amorce du panache. Le cheval n'est 184 BRIGITTE FISCHER
Illustration non autorisée à la diffusion
2 a N° 2. Statère d'or des Parisii. Classe II (coins D1/R2). Musée Carnavalet. 7,21 g.
Illustration non autorisée à la diffusion
2 b Reconstitution graphique du n° 2 à l'aide de 5 pièces (droit) et 2 pièces (revers) de mêmes coins.
(Dessin de P.- M. Duval).
pas sexué. Cinq globules ornent le devant du poitrail ; sous les jambes avant, unies au
départ, on voit une rosace, constituée de sept globules, à gauche de laquelle est l'extrémité
d'un lien souple et vertical, dont le pendant existe sous l'arrière-train de l'animal.
Cette monnaie appartient à la classe II de J.-B. Colbert de Beaulieu9, pour laquelle quatre
coins de droit et quatre de revers sont connus. Elle pèse 7,21 g pour un module de 20 mm.
Elle est issue du même coin de droit que les quatre pièces suivantes : BN 7782, vente
Lockett 1955, vente Vinchon-Ciani 1955 et vente Vinchon 196310 et du même coin de revers
que BN 778211. Elle est donc, selon le classement établi par J.-B. Colbert de Beaulieu,
issue des coins II Dl et II R2. Ces espèces, cinq pour le droit et deux pour le revers, se
complètent, puisque l'exemplaire de la vente Vinchon 1963 fournit un petit motif en forme
de croissant, gravé devant le front et permet de terminer le tracé de la grande esse qui se
déroule devant le visage. Par ailleurs, elle donne une vue élargie des stries verticales, sous
5 CB, Parisii, p. 37-43.
6 Op. cit., p. 41, fig. 26, n° 1.
7 Op. cit. p. 41, fig. 26, n° 5.
8 Op. cit. p. 41, fig. 26, n° 8.
9 Op. cil. p. 7-14.
10 Op. cit. p. 9, fig. 9, nos 1, 2, 3 et 5.
11 E. Muret et A. Chabouillet, Catalogue des monnaies yauloises de la Bibliothèque nationale, Paris, 1889,
p. 179. MONNAIES GAULOISES 185
Illustration non autorisée à la diffusion Illustration non autorisée à la diffusion
3 a N° 3. Quart de statère d'or des Parisii. 3 b Reconstitution, graphique du n° 3 à l'aide de 2 pièces
Classe IV. Musée Carnavalet. 1,63 g. de mêmes coins. (Dessin de P.-M. Duval).
la coupe du cou. La pièce BN 7782 est la seule qui comporte les extrémités des quatre
mèches de la chevelure, à l'arrière de la tête. Pour le revers, elle autorise la reconstitution
totale du filet gravé au-dessus du cheval et apporte une meilleure connaissance du lien qui
se déroule devant sa tête (fig. 2 b).
3. Quart de statère d'or des Parisii (fig. 3 a). Le droit présente une tête d'homme
tournée à droite. La chevelure est faite de grosses mèches de trois éléments se terminant par
des spirales, qui dessinent une sorte de lyre au centre, contenant un élément ovale au
milieu. Une esse en partie creuse est derrière la mâchoire. L'épaisse ligne des sourcils est
prolongée à angle droit par la ligne du nez, très droite, terminée par un gros point ; un autre
gros point figure la lèvre supérieure.
Le revers est orné d'un cheval au galop, à gauche, surmonté d'une sorte de grand filet
quadrillé, non pointé, dont l'extrémité gauche se termine par une spirale. Un lien sinueux
part de la bouche de l'animal, une grande oreille domine le front. La crinière est faite d'une
succession de points, les articulations des jambes avant sont bouletées, sous le ventre, on
aperçoit une rosace perlée, incomplètement venue. Le cheval n'est pas sexué.
Cette pièce appartient à la classe IV déterminée par J.-B. Colbert de Beaulieu12. Elle
est de même coin de droit et de revers que BN 779113. Or aucune identité charactéroscopique
n'avait été relevée jusqu'à présent parmi les quarts de statère de cette classe14 : cette monnaie
présente donc un intérêt particulier car elle permet de compléter l'image du coin (fig. 3 b).
Pour le droit, l'exemplaire du Cabinet des Médailles est plus complet que cette pièce pour
le profil du visage, moins pour la chevelure ; pour le revers, celle du Musée Carnavalet
permet de mieux connaître l'oreille du cheval et l'extrémité gauche du filet. Ce quart de
statère pèse 1,63 g pour un module de 14 mm.
4. Tiers de statère en or (fig. 4), de la « série homotypique » attribuée aux Parisii, qui
comporte un statère unique et des divisions nombreuses15. Au droit, visage à droite. La
chevelure est constituée de trois grandes mèches en virgules, orientées de façon différente,
12 Op. cil., p. 17-20.
13 Op. cit., p. 18, fig. 14, n° 10.
14 Op. cit., p. 19.
15 Op. cit., p. 141-150. 186 BRIGITTE FISCHER
Illustration non autorisée à la diffusion
4 N° 4. Tiers de statère d'or de la « série homotypique » attribuée aux Parisii (coins D2/R2). Musée Carnavalet. 1,91 g.
qui sont surmontées de trois boucles semi-circulaires, tournées vers l'extérieur et ornées
intérieurement de petits traits parallèles. Des traits analogues se voient entre les mèches et
les boucles. Le profil est régulier et harmonieux, bien moins stylisé que la chevelure. La coupe
du cou est figurée par une ligne très mince et comporte une petite boucle à l'arrière. Grènetis
à gros grains au pourtour. La pièce présente une large entaille oblique, qui va de l'œil
à la nuque. L'image monétaire est complète.
Au revers, on voit un cheval à gauche ; l'animal présente une stylisation moyenne.
Au-dessus de son dos, une rosace perlée est accostée de deux ornements semblables à de
grosses virgules. L'ensemble est surmonté d'un motif quadrillé comportant neuf cases
carrées et pointées ; l'angle supérieur manque. Une grande esse à l'envers se développe
devant la tête de l'animal. Cette face est également entaillée, mais verticalement. Grè
netis à gros grains au pourtour, conservé pour une moitié environ.
Cette pièce est issue des mêmes coins de droit et de revers que les exemplaires BN 7803,
7804 et 780516, ainsi qu'une monnaie conservée au Musée de Péronne17. Elle pèse 1,91 g,
son module est de 16 mm. Les deux images qu'elle offre sont complètes, mais abîmées par
l'entaille centrale qui n'existe pas sur la pièce de Péronne (fig. 5). J.-B. Colbert de Beaulieu,
pour des raisons typologiques, métrologiques, technologiques et après examen des lieux de
découverte, se refuse à attribuer ce numéraire aux Parisii. Il pense qu'il s'agit du
monnayage d'une peuplade vraisemblablement riveraine de la Seine et située au nord-ouest
de Paris18.
4 bis ? A l'époque où J.-B. Colbert de Beaulieu a réalisé la magistrale étude de ce
monnayage, il n'a pas pu avoir connaissance de ces quatre monnaies. En revanche, il a
publié une pièce qui porte la mention « Musée Carnavalet »19, d'après la documentation
réunie par Gabrielle Fabre, qui avait commencé l'étude de ce numéraire20. Or, ce quart
de statère de classe V n'a pas été retrouvé au Musée. Deux hypothèses peuvent expliquer
16 Op. cit., p. 142, fig. 63, n08 2, 5 et 7.
17 S. Scheers, Les monnaies gauloises de la collection A. Danicourt à Péronne (France, Somme), Cercle d'études
numismatiques, Travaux, Bruxelles, 1975, p. 64, n° 198, pi. XIT, 198.
18 CB, Parisii, p. 150.
19 Op. cit., p. 30, fig. 21, n° 10.
20 Op. cit., p. 31, n. 87. MONNAIES GAULOISES 187
Illustration non autorisée à la diffusion
5 Tiers de statère d'or de la « série homotypique » 6 Quart de statère en or des Veneti.
attribuée aux Parisii (coins D2/R2). Collection Danicourt Musée Carnavalet. 1,91 g.
à Péronne. 1,82 g.
cette lacune : les réserves du Musée sont importantes et il est possible que la monnaie soit
redécouverte un jour en un endroit inattendu, ou bien il s'agit d'une erreur de fiche
commise par Gabrielle Fabre. Ce fait ne pourra être ni vérifié ni infirmé, l'auteur étant
décédé depuis de nombreuses années.
5. Quart de statère en or (fig. 6). Le droit est orné d'une tête d'homme, tournée à droite,
entourée de lignes perlées et sinueuses, deux partant du front et deux de l'occiput, en
divergeant. D'après d'autres monnaies armoricaines, ces liens se terminent chacun par une
petite « tête coupée », suivant l'appellation traditionnelle. On voit d'ailleurs, en bas à droite,
dans la boucle terminale du lien, un fragment de tête. Au milieu de la coiffure se dresse un
motif qui évoque un petit arbre stylisé (à cet emplacement, on trouve sur certaines pièces
de cette région un fleuron. Il s'agit vraisemblablement ici de ce thème décoratif, qui a été
doublé verticalement). En haut, à gauche, on peut voir une double ondulation précédée de
six gros points pratiquement alignés : s'agit-il d'une fantaisie graphique réalisée à partir
des liens perlés ? En l'absence d'éléments de comparaison, il paraît difficile de trancher.
Au revers, un cheval androcéphale, à droite, occupe le champ de la pièce. Il est sanglé
et porte au cou un collier perlé ; la crinière se termine par quelques perles qui suivent la
courbure du dos. Au-dessus de l'animal, on aperçoit une tige sinueuse tenue par un aurige,
dont le corps est à peine visible sur cette pièce, mais qui est complet sur d'autres exemplaires
du même type. Sous le cheval, on distingue un petit personnage ailé, couché. Devant le
poitrail, paraît pendre un objet indéterminable qui est soit isolé dans le champ, soit,
peut-être, dépendant d'un lien qui serait tenu par l'aurige, comme l'« étendard » représenté
sur de nombreuses monnaies armoricaines.
Cette monnaie est attribuable aux Veneti21. Elle pèse 1,91 g, pour un module de 12 mm.
Elle est issue des mêmes coins de droit et de revers que l'exemplaire BN 689422, attribué
au siècle dernier aux A ulerci Cenomani et centré de la même façon.
6. Quart de statère en or, présentant au droit une tête d'homme à droite (fig. 7). La
chevelure est constituée de mèches serrées, l'œil est gros, il a pris une forme ovalaire,
21 J.-B. Colbert de Beaulieu, Une énigme de la numismatique celtique armoricaine, dans Mémoires de la
société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 34, 1954, p. 5-38.
22 H. de La Tour, Atlas de monnaies gauloises, Paris, 1892, pi. XXIV. BRIGITTE FISCHER 188
Illustration non autorisée à la diffusion
7 Quart de statère en or « à la branche d'aulne ». Musée Carnavalet. 1,91 g.
à la suite de l'écrasement du relief. La base du nez et la bouche sont punctiformes, Sous
la coupe du cou, de fines stries verticales, parallèles et très courtes, limitées par un trait
horizontal inférieur. Le visage est traversé obliquement par une longue ligne, que l'on a
coutume d'appeler « branche d'aulne ».
Au revers, un cheval à gauche, au corps assez massif, est conduit par un aurige qui
tient un objet longiligne. A l'arrière de l'animal, on distingue la roue du char. La crinière
est faite d'un gros trait continu, le cheval n'est pas sexué. Sous le ventre, un triscèle.
Un exemplaire du même type est conservé au Schweizerisches Landesmuseum de
Zurich23, et notre pièce est proche des exemplaires BN 3663, qui comporte aussi le triscèle
sous le cheval, et BN 3664 (sur cette monnaie, toutefois, l'animal est à droite), mais on ne
connaît pas d'identité de coin à son sujet. Elle pèse 1,91 g et a un module de 11 mm.
La pochette de papier qui contenait cette pièce portait la mention manuscrite « Quart
de statère parisien. Type se rapprochant du statère des Bellovaques (Beauvais) ». Cette
identification est erronée : la monnaie n'a aucun lien avec le numéraire des Parisii ; il
s'agit vraisemblablement d'une frappe de Gaule Centrale, peut-être arverne.
L'étude de ces six monnaies d'or impose quelques réflexions sur leur métrologie et
fournit d'utiles indications chronologiques. Les trois pièces classées aux Parisii sont
vraisemblablement datables dans le premier tiers du — Ier siècle24 et les émissions
correspondent à l'ordre des classes déterminé par J.-B. Colbert de Beaulieu25. Le statère de
la classe VI se situant probablement à la fin de cette période, vers les années — 70 : une baisse
nette de l'aloi apparaît en effet avec la création de cette série.
Ces statéres ont des poids qui correspondent à ceux des exemplaires de la même classe
répertoriés par J.-B. Colbert de Beaulieu. Il n'en est pas de même pour le quart de statère
de classe IV, qui est exceptionnellement léger : le poids des divisions de ce type culmine en
effet à près de 1,80 g, la division la plus légère connue à ce jour pesait 1,67 g26. Or, le quart
de statère du Musée Carnavalet pèse seulement 1,63 g, ce qui est particulièrement bas. Une
telle division correspond à une unité de 6,60 g environ, alors que pour cette classe, parmi
les statéres dont nous connaissons le poids, le moins lourd, celui de la collection Smith-
Lesouëf, pèse 7,262 g27.
23 K. Castelin, Kellische Mùnzen. Katalog der Sammlung im Schweizerischen Landesmuseum Zurich, I, Zurich,
s.d. (1978 ?), p. 158, n° 414.
24 GB, Parisii, p. 106-108.
25 Op. cit., p. 48-52.
26 Vente Vinchon 20 au 22 mai 1959 ; CB, Parisii, p. 18 et fig. 14, n° 12.
27 CB, Parisii, p. 17. GAULOISES 189 MONNAIES
Le tiers de statère appartenant à la série dite « homotypique des Parisii » se situe,
au contraire, dans l'échelon de poids le plus courant : celui de 1,94 à 1,90 g28. L'émission
des espèces de ce type est datée par J.-B. Colbert de Beaulieu vers — 7029.
Quant aux deux autres quarts de statère, l'un à la branche d'aulne, émis dans un
atelier de Gaule Centrale, l'autre d'origine vénète, ils paraissent en or de haut aloi et leur
poids est élevé : 1,91 g, ce qui correspond à une unité de 7,60 g. Il ne s'agit pas là des
premières imitations du statère de Philippe II de Macédoine, puisqu'elles pesaient entre
8,60 et 8 g30, mais de celles de la deuxième série, datable vers la fin du — ne siècle ; ces
espèces sont, de toute façon, antérieures aux monnaies des Parisii.
Monnaies de bronze inventoriées.
7. N° 249 Musée. — Bronze frappé qui ne peut être identifié avec sûreté en raison de
son mauvais état de conservation. Le droit paraît proche de celui de l'exemplaire BN 760631,
attribué aux Meldi. Le revers est dans un état tellement dégradé qu'il ne permet aucun
rapprochement. Cette monnaie pèse 2,57 g, pour un module de 14 mm.
8. N° 250 Musée. — Deux fragments de monnaie de potin attribuée aux Catalauni,
de type BN 812432.
9. N° 253 Musée. — Bronze frappé, dont le droit est en très mauvais état. Le revers,
mieux conservé, présente un cheval androcéphale au galop à droite d'un rendu assez mou ;
sa crinière est perlée, un gros annelet centré se trouve sous le ventre de l'animal. En dessous,
on aperçoit un motif tripartite qui ressemble à un triscèle. On distingue un gros oiseau
au-dessus du cheval. Cette pièce est proche de BN 785033. Le droit était probablement
orné d'une tête humaine à gauche ; devant la face devait se trouver la légende VENEKTOC
en lettres grecques. Cette série figure dans le Catalogue des monnaies gauloises de la Biblio
thèque nationale, de Muret et Chabouillet, sous la rubrique Venextos34 et H. de La Tour35
l'attribue aux Silvanectes. Poids : 3,999 g, module : 16 mm.
10. N° 254 Musée. — Cette monnaie de bronze frappé, oxydée, est recouverte en
surface d'une pellicule dorée, très brillante, qui adhère aux reliefs les plus forts. Le droit,
en très mauvais état, ne peut être identifié. Au revers, on voit un oiseau semblable à ceux
qui ornent le monnayage attribué aux Senones, de type BN 7490 à 756536. La pièce pèse
1,86 g, pour un module de 15 mm.
28 Op. cit., p. 145.
29 Op. cit., p. 147.
30 S. Scheers, Les imitations en Gaule du statère de Philippe II de Macédoine, dans International Numismatic
Symposium, Budapest (Akademiai Kiadô, 1980, p. 41-53).
31 H. de La Tour, Atlas..., pi. XXX.
32 Op. cit., pi. XXXII.
33 Op. cit., pi. XXXI.
34 P. 181.
35 Atlas..., pi. XXXI.
36 H. de La Tour, Atlas..., pi. XXX.

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