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Les non-dits de la poche Falaise-Chambois - Le rôle de la 2° D B

De
124 pages

La 2° DB eut un rôle très controversé jusqu'à la libération de Paris ... Dépendant des Américains, elle subit les divergences entre Patton, Bradley et Montgomery ... Leclerc ne commandait qu'une unité d'avant garde !

Publié par :
Ajouté le : 27 juin 2013
Lecture(s) : 216
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Francis RO

UCHAUD

Les non-dits

de la Poche

Falaise-Chambois
Août

1944

Livret 6 : Le rôle de la 2° D B

1

0

Le rôle de la 2° DB

En préambule, il est important de soulig
ner l’importance
de ses effectifs et l'originalité de son organisation.
16.000 hommes environ, plus de 4.000 véhicules dont
242 chars, 650 canons et 2100 mitrailleuses …

équivalente à 2 divisions US …

11

Une organisation originale

La division a été partagée en trois groupements tactiques dont chacun
constitue une unité capable d'autonomie dans l'action, avec ses chars,
son infanterie portée, son artillerie, etc.
Le groupement est lui-même divisé en sous-groupements dans le même
esprit et selon le même principe.
Son chef, le patron, est reconnu et craint.
Fractionnement de la Division à la date du 15 août 1944 - 17 heures

Son rôle dans la Poche semble avoir suscité plus de critiques que
d'éloges …

en lisant le texte publié sur Wikipedia_
http://fr.wikipedia.org/wiki/Poche_de_Falaise

2 1

Faible enthousiasme de la division Leclerc ?

Un autre reproche fait aux Alliés, et ici particulièrement aux Français,
consiste dans le peu d'allant dont aurait fait preuve le général Leclerc
devant les demandes d'engagement de la 2° DB à Argentan.
Patton et Bradley se firent l'écho d'un acte de désobéissance
caractérisé du général Leclerc au général Haislip, afin de préserver sa
division.
En effet, dès le 15 août, les Français envisageaient de foncer sur Paris
pour libérer la capitale qui se préparait à l'insurrection. L'exemple de
celle de Varsovie et de sa répression meurtrière par les troupes nazies
sous l'œil passif des Russes est dans tous les esprits à ce moment
-là.
De leur côté, les défenseurs de Leclerc affirment que c'est la division
des forces du XVe corps qui a empêché la capture d'Argentan et la
fermeture rapide de la poche, et non pas la prétendue mollesse d'une
seule division.
Nous constatons une forme de mutisme sur son rôle dans la Poche,
encore aujourd'hui de la part des organismes officiels, notamment du
Mémorial de Montormel ...
Seule la prise d'Alençon jouit d'une commémoration digne d'intérêt.

31

Le Général LECLERC

Le caractère du général Leclerc était proche
de celui de Patton, la violence verbale en moins.
Les deux hommes s’entendaient bien.

Toujours en 1° ligne

Faisant fi des timides objurgations de son
état-major, Leclerc avait choisi d'installer son
quartier général aux extrêmes avant-postes,
dans un champ situé en avant du village de Fleuré, d'où il apercevait à
l'œil nu les clochers de la petite cité qu'on l'avait empêché de prendre.
(Remy)
Jamais l'on n'a vu Quartier Général placé délibérément de façon aussi
risquée ! Le Chef d'Etat-major et le Chef de son 3e Bureau le lui ont dit
avec ménagements précisant également combien le Quartier Général
était littéralement offert en cadeau au premier avion ennemi tant soit
peu agressif étant donné l'impossibilité absolue de tenter le moindre
camouflage sur cette immense plaine dénudée.
Tout ceci, bien entendu, a enchanté le Général Leclerc ravi de tenir les
avant-postes de sa personne et de placer ses Chefs de Bureau dans une
situation aussi aventurée.
Les sombres pronostics des hommes sages se justifièrent d'ailleurs
promptement. Revenu d
e sa surprise d'apercevoir presque à l'œil nu ce
«cirque» impudemment déployé, le Commandant allemand, dans les
heures qui suivirent, donna cet objectif à l'un de ses groupes d'Artillerie
et, pour assurer le coup, à l'une de ses escadrilles.
Un camion fut grillé, l'ensemble du Quartier Général fortement ébranlé
quelques hommes tués ou blessés. Le Général voulut bien admettre que le
travail d'Etat-major était rendu difficile en semblable occurrence et
consentit à replier l'ensemble dans les vergers touffus et discrets
situés aux abords sud de Fleuré.
(En suivant Leclerc - Paul de Langlade)

5 1

l'admireront mais ne lui pardonneront jamais.
Le groupement tactique Langlade avait été «prêté» par Leclerc, le 17
août, dans l'espoir d'accélérer l'agonie de la poche, de précipiter le
mouvement de la 2° D.B. sur Paris. Leclerc avait aussi proposé le
concours de toute l'artillerie divisionnaire commandée par le lieutenant-
colonel Crépin, proposition acceptée avec joie par le général Mac Lain.
Pour seule condition, Leclerc avait demandé que le G.T.L. lui fut restitué
immédiatement après la jonction. La clause ne sera pas respectée par le
général Gerow qui retiendra les blindés français deux jours de plus que
convenu, à seule fin d'ouvrir la voie à la division britannique qui, le 22
août, relèvera les Américains. (Florentin : Stalingrad)
Son objectif immédiat : Libérer Paris

Eisenhower lui-même, puis Patton lui avaient
promis que sa division entrerait à Paris à la tête
des troupes alliées.
Après le déclanchement de l’insurrection
parisienne, lorsque De Gaulle fait le siège
d’Eisenhower pour emporter la décision, Leclerc
est prêt à tout, même à faire preuve
d’insubordination à l’égard de son supérieur
américain, pour faire en sorte que des forces
françaises, les siennes, entrent les premières
dans la capitale. Le 22 août au soir, Leclerc
reçoit l’autorisation de marcher sur Paris. En moins de 4
8 heures, les
5.000 véhicules de la 2° DB se ruent sur la capitale. Le 24 au soir,
Leclerc en personne intime l’ordre à l’un de ses fidèles du Tchad, le
capitaine Dronne, de s’infiltrer dans Paris : 3 de ses chars allaient
camper sur la place de l’Hôtel de
Ville. (Jean Pierre Azema - 1938-1948
Les années de tourmente - De Munich à Prague)
Sa participation au défilé des champs Elysées est une preuve de plus
d'un caractère exceptionnel

91

divisions de cavalerie d'antan » (
“En suivant Leclerc d’Alger à
Berc
htesgaden”
- Paul de LANGLADE
.)
Le journal de marche du GTL traite succinctement des 8 premiers jours

Témoignage
d
e Jean Car :
Le lendemain, alerte car des unités
allemandes cherchent depuis Mortain à couper l
'
armée américaine. Le 3°
peloton de l'aspirant Nouveau, les spahis et les fantassins de la 6°
compagnie du 2°

Bataillon du R.M.T. vont à la rencontre. Ils délivrent des
fantassins prisonniers et font des Allemands prisonniers. Le 1° peloton
de chars de Montai est en réserve. Nous partons ensuite sur Antrain,
Fougères, Vitré, Château-Gontier, Sablé. Arrêt à Bouessay à 7 h 00.
Bivouac au nord-est de Sablé sur Sarthe. Passage au Mans sur pont de
bateaux, direction Savigné-l
'
Evêque, Courceboeufs, Les sablons, Bangeul,
Louvigny. L
'
escadron est en 2° échelon.
Pendant ce temps le quatrième escadron aux ordres du capitaine
Hargous se fait attaquer et perd, en attaquant Mézières-sous-Ballon
(depuis c'est Mézières-sur Ponthouin), quatre chars. Le 5°

char sera
détruit par l
'
aviation américaine. Tout le peloton du Lieutenant Zagroski
est détruit. Le sous-lieutenant D
'
Arcangues est tué sur le Navarre.
Nous marchons sur Bangeul où Collot du 1°

peloton, du 3° escadron qui
était de garde, est tué et dépouillé de ses vêtements. Un stock de
bombes d
'
avions saute dans la nuit. Le lieutenant des chars allemands qui
avait détruit les chars du 4°

escadron est abattu par la sentinelle : il a
tenté de s
'
évader.

2 3

JMO 2° DB (Archives Vincennes)
Journée qui verra l’installation du PC principal de la 2° DB à Alençon et
l’arrivée d’unités en surplomb de l’Orne près d’Ecouché et d’Argentan.

Journée de gloire qui verra la
2° DB prendre d’assaut la forêt d’Ecouves
et éliminer la 5° Panzer Division
JMO GTL : (Archives Vincennes)

31

En stand-by devant Argentan
14 août:

PC principal : Montmerrei
PC avancé : Fleuré
La brièveté des rapports illustre parfaitement cette période qui
commence où le Général Leclerc n’aura de cesse d’obtenir un accord pour
partir libérer Paris. … L’insécurité règne …

04

RMO

2° DB

Archives Vincennes

JMO 2° DB (Archives Vincennes)

RMO

2° DB

Archives Vincennes

Pour avoir une vue complète de la situation, il
faut ne pas oublier les renseignements
c
oncernant l’occupation d’Argentan, évoqués
précédemment.
La fermeture de la Poche
18 août

PC principal : Montmerrei
PC avancé : Fleuré

RMO

2° DB

Archives Vincennes

… très improbable mission d'exploitation au nord de Bailleul
!

JMO

2° DB

Archives Vincennes
Le bulletin de renseignements n° 8 illustre aussi une certaine forme
d’attentisme
:
-

mission de surveillance
-

appui de l’Artillerie.

48

JMO 2° DB GTL 12° RCA (Archives Vincennes)

Ce rapport confirme le bivouac sur la côte 226.

JMO 2° DB GTL 12° RCA 3° Esc (Archives Vincennes)

JMO 2° DB 13°baon Génie (Archives Vincennes)

07

7

5

Lettre du Général Leclerc au Général de Gaulle du 21 août.

Il suffit de lire cette lettre pour connaître le rôle de la 2° DB vu par son
chef.
Son Bilan :

"Notre attaque prenant de flanc et successivement plusieurs divisions
boches a amené d’excellents résultats … Nos voisins américains, surtout
ceux de gauche, étaient naturellement un peu en retard.

2 8

f tu

Vive réaction du Général Gerow
Le chef du V° Corps
US fut informé le
lendemain, le 22.
Sa réaction
violente.
Elle figure manuscrite en rouge sur une copie de cette lettre :
« Get the hell back your troops where they belonged »

Ramenez vos troupes immédiatement là où elles devraient être.
Leclerc mit le pli dans sa poche sans l’ouvrir et partit voir Bradley qui
était parti au Q G d’Eisenhover ... qui, à 19 h 30, lui donna l'ordre verbal
58


9

9

JMO 2° DB GTL 12° RCA (Archives Vincennes)

JMO 2° DB GTL 12° RCA 3° Esc (Archives Vincennes)

25 août : à Paris

103

JMO 2° DB GTL 12° RCA 3° Esc (Archives Vincennes)
Témoignage de Jean Car :
Le 25 août 1944, nous partons du Pont de
Sèvres pour la porte d
'
Orléans. Nous remontons Michel-Ange, Mozart,
rue de la Pompe, Avenue Victor Hugo. La foule, nombreuse jusque-là, se
raréfie. Nous faisons très attention car les combats de rue sont
meurtriers. Une mitrailleuse allemande tire d
'
un soupirail. Un titi
parisien est au coin du mur et il a mis son index dans chaque oreille. Je
fais tirer un obus explosif à 10 m et il ne reste rien. Tous mes obus sont
réglés sur Délai. C
'
est-à-dire, il rentre et explose ensuite. Nous
remontons jusqu
'
à l'Etoile sans incident. Le capitaine de Bort nous fait
prendre la rue de Presbourg pour attaquer le Majestic. Deux explosifs
dans la porte, et le commandant Massu du 2°

bataillon du 1°

RMT rentre
au Majestic. Tout ce beau monde (SS et compagnie) sort les mains en
l'air. Gare à celui qui va mettre les mains aux poches. Les prisonniers
doivent lever les mains en l
'
air et ouvertes et non derrière la nuque. Celui
qui ne le fait pas est abattu. A l
'
Etoile, des officiers français ont été
blessés par des Allemands à qui l
'
on n
'
avait pas fait mettre les mains en
l'air. Ils commencent à nous connaître. Je place ici une anecdote qui
concerne un Parisien photographe. Il veut prendre le char de face avenue
Kléber mais en même temps je fais tirer au canon. Je ne l
'
ai pas vu se
mettre devant le char qui est à l
'
arrêt pour le prendre en photo. Le
souffle à la sortie de l'obus du tube l
'
étourdit complètement .II n'est
pas blessé mais il est sonné. Les glaces des fenêtres, avec le souffle,

4 10

sont pulvérisées Je rejoins ensuite les Champs-Elysées et la rue de
Tilsitt qui est en face de la rue de Presbourg en traînant les chevaux de
frises et en ayant brisé les rails de chemin de fer plantés dans la rue.
J
'
ai dit à Henri de débrayer pour se lancer dessus pour ne pas casser la
boîte de vitesses. Tout s
'
est bien passé et nous prenons position
Champs-Elysées - Tilsitt, canon tourné vers la Concorde. La foule arrive
et nous ne pourrons pas boire d
'
eau. On nous offre du champagne. Je
suis de garde autour de L
'
Etoile et le regroupement se fera avenue
Raymond-Poincaré.

Témoignage de Jean Car :
Le lendemain, nous allons Place de la
Concorde. Nous mettons les chars en marche arrière au trottoir qui
borde la Concorde. Je me trouve à côté de la statue du Roi Albert 1°

(Roi
des Belges). Divers incidents émaillent la journée. Les Parisiens voient
des Allemands partout (sur la chambre des députés, dans les arbres sur
les bords de la Seine). II n
'
y a rien mais dans la radio on entend
"attention à la
5ème
colonne", Le tireur de Franche Comté (char de
l
'
adjudant Cler) compte les colonnes de l
'
hôtel Crillon et lui met un

501

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