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Les poignards en cuivre du Midi bas-languedocien - article ; n°10 ; vol.77, pg 397-415

De
20 pages
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1980 - Volume 77 - Numéro 10 - Pages 397-415
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Jean Gascó
Les poignards en cuivre du Midi bas-languedocien
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1980, tome 77, N. 10-12. pp. 397-415.
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Gascó Jean. Les poignards en cuivre du Midi bas-languedocien. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1980, tome
77, N. 10-12. pp. 397-415.
doi : 10.3406/bspf.1980.5228
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1980_hos_77_10_5228Bulletin At к SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1980 /ТОМЕ 77 /10-12
Les Poignards en cuivre
au Midi bas-languedocien
par Jean Gasco
Le Chalcolithique du Bas-Languedoc et de ses
I. — LES POIGNARDS DU MUSÉUM DE TOUmarges caussenardes est largement représenté par de
nombreux sites d'habitat (1) et de sépultures collecti LOUSE
ves. L'ancienneté des recherches dans le Midi de la
France a donné lieu à l'exhumation d'un abondant Cinq poignards sont conservés à Toulouse. Ré
mobilier métallique. Les travaux de synthèse tant sur cemment cités par J. Guilaine et J. Vaquer ces exemp
les groupes du Chalcolithique (J. Arnal, G. Bail- laires ont été analysés et portent les numéros 6956 à
loud, J. Audibert, X. Gutherz, J. Gasco) que sur les 6560 (4) ; leurs dessins n'ont jusqu'à présent jamais
monuments mégalithiques (J. Arnal) ou même les été publiés.
débats de métallurgie régionale (J. Guilaine et J. Ces poignards en cuivre, provenant d'une « grotte Vaquer) (2) réalisés ces dernières années ont passé du Gard, dans la vallée du Gardon » paraissent présous silence (ou n'ont pas figuré pour les derniers senter des formes originales au premier abord. Trois auteurs) cinq poignards en cuivre inédits. d'entre eux ont des languettes nettement différenAnalysés et étudiés par S. Junghans, E. Sangmeis- ciées de la lame ; les deux autres ont moins d'origi
ter et N. Schroeder (3), ces cinq exemplaires sont nalités par rapport à la série de poignards bas-
conservés au Muséum d'Histoire Naturelle de Tou languedociens. Nous les décrivons successivement (5).
louse. Leur provenance est peu précise bien que « de — № 5 - Longueur = 5,8 cm ; largeur maximale la vallée du Gardon, Gard ». Et leur présence à = 1,5 cm ; longueur de la languette = 2,6 cm. Cet Toulouse semble liée à la constitution des réserves exemplaire losangique présente à sa partie proximale du Muséum par Mr Cartailhac. Nous tenons ici à de nettes traces de martelage localisées sur le fil de remercier Mlle Sudre, conservateur, de nous avoir la pièce. Sa base, mousse, est usée ainsi que la partie permis d'étudier ce matériel. médiane du martelage. A l'opposé sa partie distale a
A l'occasion de la présentation de ces cinq poi subi plusieurs aiguisages tant sur la pointe triangul
gnards de cuivre, nous avons étudié pratiquement aire de l'objet que sur son tranchant voisin. On tous les poignards découverts jusqu'à ce jour dans le notera le travail inverse de l'affûtage à gauche sur la midi bas-languedocien et attribués au IIIe millénaire face supérieure, comme sur la face inférieure. Cette avant notre ère. Successivement, nous aborderons le observation laisse à penser que l'objet était utilisé
problème typologique de ces objets et celui de leur pour trancher.
appartenance culturelle et chronologique. — № 6 - Longueur =13,1 cm ; largeur maximale
= 2,3 cm ; longueur de la languette = 4,5 cm. Ce (1) GASCO J. (1976) — La communauté paysanne de Fontbouisse — poignard possède une languette en bâtonnet ; très Archives d'écologie Préhistorique, n° 1, 121 p., 43 fig., 1 tableau. Tou
louse. marquée, cette soie a été obtenue par le fort marte
lage de l'objet qui a provoqué des écrasements carac- (2) GUILAINE J. et VAQUER J. (1976) — Les débuts de la métallurgie
dans le midi de la France et en Italie du Nord — Nice — IXe Congrès
U.I.S.P.P. — colloque XXIII — Les débuts de la Métallurgie (prétirage, (4) Junghans S., etc., op. cit. pp. 46-79, 6 fig.). (5) Les numéros utilisés sont ceux retenus pour faciliter la lecture de
(3) Kupfer und Bronze in der fruhen Metallzeit Europa, Berlin, 3 vol. plusieurs graphiques. :
398
téristiques du métal, les bords étant rabattus par la Notre série est abondamment fournie d'objets at
pression de la frappe. La lame qui se termine en tribués au groupe du Fontbouisse et d'un nombre
ogive, présente également quelques traces d'écrase restreint de pièces réparties sur le territoire du
ment et sur sa zone distale (sur environ 3 cm de groupe de Véraza, dans sa phase récente de l'âge du
longueur seulement) son tranchant est aiguisé (fil cuivre. Les poignards attribués à la métallurgie cam-
gauche de la pièce. paniforme y sont également comptés. Ils côtoient
— № 7 - Longueur = 10,5 cm ; largeur maximale donc dans l'inventaire numéroté des poignards indi
= 1,8 cm ; longueur de la languette = 3,5 cm. Cet gènes, c'est-à-dire de tradition locale. Cette liste ne
exemplaire plus court que le précédent en a pratique prend pas en compte pour diverses raisons certains
ment toutes les caractéristiques. Notons le raccord objets récemment découverts, une lame (?) à la
entre soie et lame plus aigûe et vif, accentué par le grotte du Maquis (Vallon-Pont-d'Arc, Gard), un poi
martelage continu jusqu'à la base de la lame. Des gnard (peut-être en bronze) à la station de Font-Aran
traces du travail de la pièce, des << bavures » de (St-Côme-et-Maruejols, Gard) un autre au Salpêtre métal, ont été rabattues et créent de micro-relief sur de Coutach (Sauve, Gard) ; une pièce du dolmen du les bords de la soie. La pointe de la pièce est ogi Cayla du Fouzet (St-Martin-de-Londres, Hérault), vale, les traces d'aiguisage sont moins visibles, le fil une lame à la grotte du Pas-de-Joulié (Trêves, Gard), de la lame étant brisé par endroit. une autre à la grotte Tournié (Pardalhan, Hérault) — № 8 - Longueur = 6,2 cm ; largeur = (8) ; une autre au dolmen du bois Monsieur (Assi- 1,6 cm ; longueur de la languette = 1,6 cm. Ce petit gnan, Aude), et deux poignards du dolmen de Pé- poignard a une soie courte, légèrement plus large pieux (Pépieux, Aude) (9) et de la grotte de St- dans sa partie distale qu'à l'extrémité de la pièce. A Vérédème (Sanilhac, Gard). Un exemplaire du villa base de la lame on note de part et d'autre de lage de Fontbouisse (Villevieille, Gard) (10) n'a pas celle-ci des traces de martelage localisées sur moins non plus été intégré dans notre étude dimensionnelle d'un centimètre de développement qui dégage, avant
mais sera mentionné dans le courant du texte. Certaile rétrécissement de la soie, une partie de la lame
nes pièces ont été en outre figurées à titre de compartrès fine. Elle prend pour ainsi dire, les caractères
aison. Une étude archéométrique a été entreprise, d'une garde, la soie réalisant à son contact un angle
que nous présenterons successivement de la manière pratiquement droit (voir coupe longitudinale). L'ai
suivante : A : étude dimensionnelle, longueur et larguisage de la pièce est comme pour le № 5 unique
geur. — В : morphologie, caractères des lames, lanment visible sur les deux faces sur la partie gauche
guettes ou soies. — С : la préhension de l'objet. de la lame.
— № 9 - Longueur = 14,5 cm ; largeur maximale A. Étude dimensionnelle = 2,3 cm ; longueur de la languette = 4,5 cm. Ce
poignard à la pointe épaisse ogivale est fusiforme.
Plusieurs poignards représentés sous formes de La base de la pièce est martelée, créant une languette
fragments ou partiellement brisés limitent l'étendue épaisse mais peu différenciée du profil de la lame.
de notre échantillon mesurable (11). Mais il nous Ces poignards sont attribuables au Chalcolithique paraît représentatif de l'ensemble. Nous avons donc de la vallée du Gardon, (6) vraisemblablement au étudié 28 poignards bas-languedociens. Il apparaît en mobilier métallique du groupe de Fontbouisse avec
classant par ordre croissant les longueurs (de 4 к 32 lequel leurs compositions minérales présentent de
cm) que quatre d'entre eux sont petits, 13 moyens, 8 fortes analogies, comme l'on fait remarquer J. Gui-
grands, 3 exemplaires sont très grands. Moyenne laine et J. Vaquer (7).
(12,7 cm) et écart-type (5,6) définissent les limites
de nos groupements, les largeurs varient de 1,5 cm à II. LES POIGNARDS BAS-LANGUEDOCIENS 6 cm. 7 poignards sont étroits, 6 sont moyens, 13
sont larges et 2 très larges. La moyenne est de 3,2 cm ;
Nous avons dressé un inventaire des poignards du l'écart-type de 0,9.
Bas-Languedoc appartenant au IIP millénaire. Nous Sur les graphiques (fig. 1), nous avons signifié en y retrouvons donc des objets contemporains des pre outre l'appartenance culturelle des différents poimières manifestations métalliques vers 2 600-2 200 gnards. Les longueurs mises en ordre croissant sont B.C, associés aux pièces du Chalcolithique évolué.
Les objets attibués aux cultures des horizons « caus- (8) AMBERT P. (1973) — Le campaniforme de la Grotte Tournié (Par-
senards » (poignards de la grotte des Fées, Lunas, dailhan, Hérault). Bull. Soc. Préhist. Fr., t. 70, C.R.S. M. n° 1.
Hérault) sont donc inclus tout comme celui décou (9) AMBERT P. (1977) — Le poignard métallique au dolmen des Fados
(Pépieux, Aude). Bull. Soc. Préhist. Fr., t. 74, C.R.S. M. n° 4. vert à la grotte de Labeil (Lauroux, Hérault) dans
(10) ARNAL J., etc. (1975-1976) — Fontbouisse, Villevieille, Gard — une couche С VI sup d'un faciès ancien. Bull, du Musée d'Anthropologie Préhistorique de Monaco, fasc. 20, pp.
125-149, fig. 8, tab. 3. (6) Cette attribution pourrait en effet être critiquée, car l'on sait qu'à
l'occasion de divers travaux, des mélanges dans les vitrines du Museum (11) Comme le fragment de lame de Boucoiran (Gard). Gutherz X. — La
d'histoire Naturelle de Toulouse se sont produits cf. Les pendeloques et culture de Fontbouisse, recherches sur le Chalcolithique en Languedoc perles de Padern (Aude) qui sont sans doute aveyronnaises. Oriental, Association par la recherche Archéologique en
(7) op. cit. Montpellier, cahier n° 2. 399
pour chaque groupe culturel très proches pour cha ment longs et larges. C'est leur répartition qui expli
que exemplaire de poignard. On note les regroupe que en très grande partie celle du Total (T) de la
série. ments significatifs des séries Campaniformes et
Fontbouisse ; les poignards du groupe de Véraza ont Les exemplaires campaniformes sont courts et lar
des longueurs très variables, tout comme des pièces ges ou très larges (C). Deux pièces se distinguent du
attribuables à une métallurgie pré-campaniforme. reste de la série. Ce sont des « épées » selon leur
Cependant deux de ces objets sont dans les classes appellation habituelle (nos 25 et 32).
des très grands (nos 22 et 13). Découverts à la grotte
B. Morphologie des Fées (Lunas, Gard), ces deux grands poignards
étaient dans un contexte ancien ; nous soulignerons
l'analogie des formes de ces deux pièces avec les Les poignards étudiés peuvent être décrits selon
séries du groupe de Fontbouisse auxquelles elles leurs formes et en distinguant en particulier celles de
semblent s'assimiler à première vue. leurs lames et de leurs soies (extrémités proximales).
Par leurs largeurs, s'individualisent deux séries Cette méthode couramment employée régit la plupart
principales des poignards du groupe de Fontbouisse, des typologies présentées depuis plusieurs années.
les uns étroits, les autres larges (fig. 1). Les objets Le problème de l'attache de la pièce métallique à une
campaniformes sont également distribués en 2 grou « poignée » est fondamental dans la forme des ob
pes moyens et larges. jets. Il apparaît à l'aide du calcul d'un indice de
préhension et d'une approche morphologique détailDes schémas de ces histogrammes ont été conçus
lée que la longueur et la forme de la soie est fonction en dénombrant par seuil dimensionnel les poignards
de la taille de la lame. étudiés ; les tableaux croisés (Fig. 2) (1) montrent
que largeur et longueur ne sont pas directement pro La lame est la partie distale de l'objet présentant
portionnelles et qu'à un objet court ne correspond un ou deux tranchants, une pointe affinée ou mousse
pas une largeur « étroite » ou à un objet long une et généralement une épaisseur continue, quelquefois
largeur importante. On remarque : les poignards perturbée par des facettes ou une nervure centrale.
Fontbouisse (F) sont soit étroits, soit plus De la pointe à la garde, la lame est généralement
|FONT8OUISSE vERAZA [[]CAMPANIFORME 5cm
LONGUEURS 32
25 3
21 5
1 Ь
2 4
27 30
26 22
17 27
19 31
1 24
23 29
10 17
4 7
15 16
14 2
15 13
12 26
14 3
10 12
30 6
11 19
6 23
16 22
31 11
29 13
7 24
& 21
5 25
LARGEURS 32
Fig. I - Longueur et largeur des poignards en cuivre bas-languedociens. La numérotation utilisée est celle des planches. On a figuré l'appartenance
culturelle de chaque objet. 400
cr э ш
э
LARGEUR
F С 1
0 12 3 4 5
cm
A1
O2
ЛЗ
• 4
0 LONGUEUR 10 20 30 cm
cm
5 -
ш А21-
12
■3.3
0 LONGUEUR TOTALE 20 30cm >3
Fig. en typologie Fontbouisse longueur 2 - petit, Étude moyen proposée totale. dimensionnelle ; С et = attribué à très la figure grand des à la 3. poignards (pour métallurgie On a les souligné longueurs). en cuivre campaniforme. les ensembles bas-languedociens. 2 : Graphique On de pièces a démontré des 1 typologiquement longueurs : Seuils (1 à dimensionnels 5) et les des quantités proches. largeurs. : schémas d'exemplaires 3 Les : Graphique n"s T 1 = à total 4 des connus (symboles) de longueurs la selon série correspondent leurs des ; F languettes = répartitions groupe à de et la 401
bien conservée. C'est la partie utile de l'instrument et on vail reprend cette classification. Un aspect de l'h
omogénéité des séries d'objets de chacune d'entre y observe souvent des traces d'aiguisage répétées.
elles apparaît sur le graphique à deux entrées (lonLa partie proximale de l'objet est appelée soie ou gueur et largeur totales (fig. 2,2) où est indiqué en languette ou tenon d'emmanchement selon la forme. outre le type (de 1 à 4) de chacun des objets. Les Elle peut être une soie en bâtonnet ; les soies en
moyennes et écart-types de mesures sont indiquées). languette (plus large que longue) peuvent être cran On note que les objets attribués à la métallurgie tées, martelées, quelquefois les deux techniques
campaniforme sont groupés dans le Type 1 . Les aud'encrage sont associées. tres types qui rassemblent des poignards des cultures
Un tableau montre la combinaison des formes des indigènes régionales sont tout aussi nettement définis soies et des lames dans notre échantillon. Les lames sur le graphique dimensionnel (fig. 2,2). sont, soit triangulaires (1) soit s'inscrivent dans un
1 . Les poignards à lame triangulaire et soie dégé- rectangle (3) ; un type intermédiaire (2) est subtrian
gée, type 1. gulaire aux bords courbes et peut s'inscrire dans un
trapèze. Les soies sont triangulaires (1) aux bords Ces poignards sont attribués à la métallurgie cam
droits ou courbes (2) soit en bâtonnet paniforme. C'est-à-dire qu'ils peuvent être des ob
(4) pouvant s'approcher d'une forme plus carrée (3). jets régionaux parvenus de colportage ; mais égale
ment ils peuvent, comme la poterie, avoir été fabriDeux ensembles de formes avec ou sans garde
qués sur place selon un modèle et une tradition cammarquée existent ; l'un fait du poignard un objet au
paniforme. C'est par exemple le cas semble-t-il du profil continu, même si (SI, Ll) un fort angle sépare
poignard de la grotte Tournié (Pardailhan, Hérault) soie et lame. Le second est constitué de poignards
qui bien que provenant d'une « zone légèrement perqui ont une garde marquée, la largeur de la partie
turbée » paraît pouvoir être daté d'une phase bronze distale de la soie étant inférieure à celle de la
ancien de tradition campaniforme » (8). proximale de la lame.
Il existe deux sous-types (fig. 4) de ces objets. Les Un graphique (fig. 3) isole les formes élémentaires
uns de la grotte de Latrone (Ste-Anastasie, Gard) de la proches et crée ainsi quatre catégories de poignards.
grotte de l'Iouzière (St-Paul-et-Valmalle, Hérault) et Chacun des poignards étudiés peut être qualifié
du dolmen de St-Eugène (Pépieux, Aude) ont la soie d'une de ces catégories. L'illustration de notre
triangulaire quelquefois crantée, et la pointe large et
carrée (fig. 4, nos 2, 1, 27). Les. profils latéraux de la
lame plate sont rectilignes, mais avec une tendance au
rétrécissement médian. Des caractéristiques pratique
ment identiques sont attribuables au poignard ardéchois
de Soyons (fig. 4, с) et à l'exemplaire provençal du
n° quartier b). Ce de dernier la Balance objet à Avignon présente (Vaucluse) un crantage (fig. très 4,
marqué de la soie de section rectangulaire.
Ces exemplaires campaniformes « classiques »
sont sensiblement différents des deux autres poi
gnards de notre série 1 . L'un découvert au dolmen de
la Galaberte (St-Hyppolite-du-Fort, Gard) et
conservé au Musée de la Société Archéologique de
Montpellier, est un objet court, trapu, à la soie rec
tangulaire à base large et arrondie (fig. 4, n° 3) ; des
« ailerons » plus marqués permettraient d'assimiler
ce poignard à une flèche (lib). Le second provient
d'un dolmen de Minerve (fig. 4, n° 26) dans l'Hér
ault. Sa soie rectangulaire est crantée ; sa lame est
de forme légèrement ogivale, les « ailerons » réali
sant avec la soie un angle ouvert.
2. Les poignards à lame et soie symétrique, type 2.
Ils peuvent être considérés comme petits et étroits,
sauf l'exemplaire n° 11 (fig. 5) de la vallée du Gar
don, déjà décrit. Ce poignard Fontbouisse est mor
phologiquement proche des objets du type 4. Sa soie
Fig. 3 - Classement typologique des poignards en cuivre. Les numéros (1 lb) La S. A. M. est ici remerciée ainsi que Vaquer J. qui nous a permis renvoient aux types définis. d'utiliser ses dessins à plusieurs reprises. 402
27
с m
Fig. 4 - 2 : Baume Latrone (Ste-Anastasie, Gard) ; 1 : Grotte de l'Iouzière (St-Paul-et-Valmaile, Hérault) ; 27 : Dolmen de St-Eugène (Laure-
Minervois, Aude) ; 3 : Dolmen de la Galaberte (St-Hyppolite-du-Fort, Gard) ; 26 : Dolmen de Minerve (Aude) : a) Abri de Romanin (St-Rémy-
de-Provence, Bouches-du-Rhône), b) Quartier de la Balance (Avignon, Vaucluse), c) Tumulus de Soyons, (Ardèche). 403
с m
Fig. 5 - 12 : Grotte « 46 » St-Nicolas (St-Geniès-de-Comolas, Gard) ; 29 : Grotte des Escaliers (Armissan, Aude) ; 11 : Vallée du Gardon (Gard) ;
5 : idem ; 30 : grotte des Festes (Tuchan, Aude) ; 4 : Grotte de la Beaumette (Cournonterral, Hérault) ; F : Grotte de la Graillerie (Verrières,
Aveyron). 404
l'hypogée du Bounias (Fontvieille, Bouches-du- est martelée et sa section est voisine d'une soie en Rhône) (fig. 8, n° 25). On peut déceler des traces bâtonnet. L'absence de garde soulignée nous incite à d'aiguisage sur bon nombre d'exemplaires de cette le placer dans le groupe 2 . Le poignard découvert par série qui provoquent des facettages .latéraux de cerJ. Canet au village de Fontbouisse (12) s'intègre à ce taines lames souvent monofaces (fig. 7, n° 13 ; fig. groupe. Il mesure 69 mm et il porte des encoches au 8, nos 24, 25). On a isolé sur la fig. 8 plusieurs 2/3 de sa longueur. Un exemplaire à lame foliacée et objets de cette série qui présentent des soies trapénervure médiane (fig. 5, n° 12) provient de la grotte zoïdales se dégageant de la lame ; leurs bords qui St-Nicolas à St-Géniès-de-Comolas (Gard). Cet objet accusent dans leur tracé médian un rétrécissement, découvert en milieu fontbouisse s'apparente morpho sont crantés ou martelés (fig. 8, nos 19 et 25). Le logiquement de certains exemplaires caussenards du poignard de Nizas (Aude) qui est attribué généraleTumulus de Freyssinel en Lozère (fig. 11). Ses affi
ment à la métallurgie campaniforme, évoque en effet nités morphologiques (lame lancéolée monoface) morphologiquement, malgré sa soie peu dégagée, les avec les poignards du groupe chalcolithique « rodé-
objets de la série 1 (fig. 8, n° 19) mais sans en avoir zien » sont donc à noter. Les poignards n° 5 (vallée
les caractéristiques typologiques. du Gardon, Gard) et le n° 6 (grotte de la Beaumette,
La plus grande pièce de l'hypogée du Bounias Cournonterral) (13) sont attribués à la culture de
(13 bis) a une soie dégagée martelée. Elle a des Fontbouisse. Losangiques, l'un d'eux a des bords
bords marqués de ressauts. La lame très allongée est martelés (fig. 5, n° 5). Les poignards de la grotte des
à facettes. Cette « épée » ou grand « poignard » qui Escaliers (Armissan, Aude) (fig. 5, n° 29) et des
est très proche de celle du Vernet (Saverdun, Ariège) Festes (Tuchan, Aude) (fig. 5, n° 30), sont du
est à rattacher au cycle campaniforme ou épicampa- groupe de Véraza. On notera sur le premier, les
niforme (14). encoches qui soulignent une garde peu marquée.
L'ensemble de cette série, où lame et soie sont dans 4. Les poignards à lame allongée et tenon ď em
le prolongement, a certaines caractéristiques qui manchement dégagé, type 4.
mettent en évidence des méthodes pour matérialiser Ces poignards sont attribués au groupe de Fontla garde et, en fait, faciliter l'emprise d'une poignée. bouisse en Languedoc Oriental. Leurs lames, aux Qu'il s'agisse d'une forte accentuation de l'angle bords souvent parallèles se terminent en ogive ; leur fermé au contact soie-lame (fig. 5, nos 4, 5, 30) d'un soie nettement dégagée du reste de la pièce, est crênelage localisé de la soie (fig. 5, n° 29) d'un rectangulaire (fig. 9, n° 7) se terminant quelquefois martelage épaississant la base de l'objet (fig. 5, en pointe ; son épaisseur en fait un bâtonnet où les n° 11) voire de l'utilisation d'une nervure médiane traces de martelages latéraux sont très évidentes (n° continue (fig. 5, nos 11, 12), le but était identique : 7). Ce groupe rassemble des exemplaires assez indiconsolider la tenue de l'emmanchement. Le poignard vidualisés (taille) mais aux caractères communs (fig. de la grotte de la Graillerie (Aveyron) dans un 9). Le fragment de lame trouvé au village de Pari- contexte chalcolithique voisin présente également gnoles (La Livinière, Hérault) (14) pourrait être ratdes encoches latérales (fig. 5, n° f) soulignant la taché à ce type (fig. 9, n° 33). Mais cette pièce garde de l'objet, symétrique. provient du territoire du groupe de Véraza, dans sa
3. Les poignards à soie courte et lame allongée, phase néolithique récente nettement influencée par
type 3. les éléments de l'Age du Bronze. Il peut y avoir, ici,
une convergence de formes. Sont rassemblés dans cette série, des poignards
des groupes de Fontbouisse et de Véraza. Deux poi Dans cette série morphologique nous introduisons
gnards sont attribués à une métallurgie campani- l'exemplaire de la grotte St-Joseph (Ste-Anastasie,
forme ou épi-campaniforme. Les lames triangulaires n° Gard). 20) Le du poignard type 3 lui de est la grotte morphologiquement de la Clamouse proche. (fig. 8, généralement étirées et des soies courtes non déga
gées les caractérisent. Ce sont des plaques aux Nous soulignerons également l'analogie entre la
contours continus, sans découpe, portant tout au plus forme de la lame de cet objet et celle d'un poignard
quelques crans irréguliers sur leurs soies (languett découvert au dolmen de la Molentie (St-Étienne-de-
es). Ces dernières sont triangulaires ou trapézoïdal Gourgas, Hérault) (fig. 9, n°d) lui aussi assimilé au
es (fig. 6, 7, 8). type 3.
Certains exemplaires, les plus épais, ont des ner C. La préhension de Г objet vures longitudinales comme les poignards de la
Baume du Roc du Midi (Blandas, Gard) (fig. 7, n°
La variété des formes, tant des lames que des 15) ou du dolmen de la pierre des Couteaux (Bize-
soies, des poignards languedociens a été soulignée. Minervois, Aude) (fig. 8, n° 28) ou de l'épée de
(13b) CAZALIS DE FONDOUCE P. (1873) — Les Allées couvertes de la (12) ARNAL J., op. cit. Provence. Montpellier, Coulet et Paris, A. Delahaye, 32 p., 5 pi. (13) AUDIBERT et BOUDOU J. (1955) — La grotte de la Beaumette (14) J. GUILAINE (1967) — La civilisation du Vase Campaniforme dans les (Cournonterral, Hérault) — Congrès Préhistorique de France, Strasbourg- Pyrénées Françaises, Gabelle, Carcassonne, 240 p., 52 fig., 39 pi. Metz, pp. 91-95, fig. 1. 405
23 31 22
О cm 3 21
Fig. 6 - 21 : Village de Fontbouisse (Villevieille, Gard) ; 23 : Grotte du Roc du Midi (Blandas, Gard) ; 31 : Grotte de St-Pé-d'Ardet (Haute-
Garonne) ; 22 : Grotte des Fées (Lunas, Hérault).

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