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LI AO [li ngao] (mort en 844 ?)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis LLII AAOO [[llii nnggaaoo]] ((mmoorrtt eenn 884444 ??)) Penseur confucéen de l'époque Tang.

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Ajouté le : 27 mars 2014
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LI AO [li ngao] (mort en 844 ?)

Penseur confucéen de l'époque Tang. Avec son maître et ami Han Yu (768-824), Li Ao est de ceux qui ont inspiré et préparé le grand mouvement du néo-confucianisme des Song. Dans son Essai sur le retour à la nature (Fuxingshu), Li Ao donne un aperçu concis de sa doctrine, qui fut déterminante pour le développement ultérieur de la pensée chinoise. Il s'efforce de prouver que les principes métaphysiques de vacuité, d'illumination et de nature transcendantale du bouddhisme et du taoïsme peuvent tous être trouvés dans les classiques confucéens, surtout dans le Livre des mutations (Yijing), le Daxue, le Zhongyong et le Mengzi. Prenant comme point de départ la bonté innée de la nature humaine prônée par Mengzi, il l'interprète comme une parcelle de Nature divine, lumineuse et cosmique, comparable à la « nature de Bouddha », ou à l'âme divine et bonne des manichéens. Cette Nature est obscurcie par les passions et les désirs, qu'il faut écarter par la pratique de l'ataraxie. Ces conceptions sont, elles aussi, proches du taoïsme et du bouddhisme.

L'originalité de Li Ao réside cependant dans le fait que, pour lui, une telle sérénité n'empêche pas l'homme d'occuper sa place au sein de la société ; l'auteur, en effet, considère que l'équanimité et la réalisation de l'absence de désir peuvent être obtenues par une connaissance fondée sur la logique des choses. Il cite à ce propos la phrase du Daxue selon laquelle « l'extension de la connaissance réside dans l'investigation des choses », parole qui deviendra par la suite le fondement du processus culturel du néo-confucianisme. Pour Li Ao, les textes classiques n'enseignent pas seulement une éthique sociale mais aussi une pensée religieuse ou même mystique. Au centre de cette pensée se trouve le concept de cheng (sincérité absolue), qui caractérise l'état dans lequel la nature du sage a été entièrement accomplie (étymologiquement, le terme signifie que les mots — c'est-à-dire les principes — se sont réalisés). Cette sincérité de la nature implique une harmonie absolue avec l'univers, point sur lequel, de nouveau, la pensée de Li Ao s'avère tributaire des idées taoïstes.

Auteur: KRISTOFER SCHIPPER