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LU JIUYUAN [lou kieou-yuan] (1139-1193)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis LLUU JJIIUUYYUUAANN [[lloouu kkiieeoouu--yyuuaann]] ((11113399--11119933)) Penseur confucéen, plus connu sous le nom de Lu Xiangshan.

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Ajouté le : 27 mars 2014
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LU JIUYUAN [lou kieou-yuan] (1139-1193)

Penseur confucéen, plus connu sous le nom de Lu Xiangshan. Contemporain de Zhu Xi, Lu Jiuyuan est aussi le principal antagoniste de ce dernier, auquel il reproche son rationalisme dogmatique. L'orientation intellectualiste que prend la philosophie néo-confucianiste avec Cheng Yi lui répugne profondément. Lu préfère le frère aîné Cheng Hao et son approche idéaliste. Il rejette toute discussion compliquée sur la prééminence du Li (Raison universelle), du Xing (Nature innée) et du Taiji (Faîte suprême) par rapport à l'esprit ou au cœur humain (xin). Pour lui, la transcendance réside dans notre cœur et notre esprit (le mot chinois xin recouvre ces deux sens). Notre esprit est donc universel. Le temps et l'espace sont ses créations. Tout est dans le cœur et le cœur est dans tout. Il s'agit de saisir intuitivement cette vérité et non pas de se rapprocher d'elle par des discussions laborieuses ou des études poussées. Le cœur possède la connaissance innée du Ren (bienfaisance, amour) et du Yi (équité). Aucune distinction n'est possible entre le Principe universel et originel, immatériel, et le Principe dans la matière, telle que la préconisent Cheng Yi et Zhu Xi. L'esprit, qui renferme aussi bien le Xing que le Li, a toujours été semblable à lui-même. Rien ne sépare donc mon esprit et celui des anciens, les auteurs des classiques. Même les ouvrages de Confucius ne sont que des gloses de cette vérité absolue et universelle.

Lu Jiuyuan est ainsi le chef de l'école du cœur (Xinxue), qui s'oppose à l'école de la raison (Lixue), celle de Zhu Xi. Les deux hommes s'affrontent souvent en des discussions animées, bien que toujours courtoises. Pour affirmer sa foi dans la simplicité intuitive et pour critiquer Zhu Xi, Lu Jiuyuan écrit : « Le travail qui est aisé et simple finit par être durable et grand ; mais les activités trop engagées et compliquées finissent par être sans but et sans résultat. » Sa pensée qui, bien qu'il s'en défende, doit beaucoup au bouddhisme chan aura pour continuateur le grand Wang Yangming.

Auteur: KRISTOFER SCHIPPER
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