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NEHER andré (1914-1988)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis NNEEHHEERR aannddrréé ((11991144--11998888)) Écrivain et théologien français, né à Obernai (Bas-Rhin). André Neher a été titulaire de la chaire d'études hébraïques à l'université de Strasbourg (1955-1974) et a enseigné aussi à l'université de Tel-Aviv. En 1973, il s'établit définitivement à Jérusalem. Penseur éminent, mais aussi homme engagé, il a été, à partir de 1965, président de la section française du Congrès juif mondial et des colloques annuels des intellectuels juifs de langue française. Son œuvre peut être considérée comme la reprise existentielle permanente et comme le commentaire approfondi en termes et en concepts contemporains des grands thèmes de la tradition juive. En témoignent les titres de ses premiers ouvrages : Transcendance et Immanence (avec Richard Neher), 1946 ; Amos, contribution à l'étude du prophétisme, 1950 ; Notes sur Qohélét (l'Écclésiaste), 1951 ; Moïse et la evocation juive (trad. en huit langues), 1956 ; Jérémie, 1960 (2 éd., 1980). Ces études ont leur explicitation dans deux ouvrages fondamentaux : Histoire biblique du peuple d'Israël (en collaboration avec sa femme, Renée Neher-Bernheim, 1962) et L'Essence du prophétisme (trad. en e equatre langues), 1955 ; 2 et 3 éd., 1972 et 1980. L'Histoire biblique du peuple d'Israël embrasse l'ensemble de l'époque biblique et la met en regard de la pensée juive contemporaine, à la fois historique et théologique.
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NEHER andré (1914-1988)

Écrivain et théologien français, né à Obernai (Bas-Rhin). André Neher a été titulaire de la chaire d'études hébraïques à l'université de Strasbourg (1955-1974) et a enseigné aussi à l'université de Tel-Aviv. En 1973, il s'établit définitivement à Jérusalem. Penseur éminent, mais aussi homme engagé, il a été, à partir de 1965, président de la section française du Congrès juif mondial et des colloques annuels des intellectuels juifs de langue française. Son œuvre peut être considérée comme la reprise existentielle permanente et comme le commentaire approfondi en termes et en concepts contemporains des grands thèmes de la tradition juive. En témoignent les titres de ses premiers ouvrages : Transcendance et Immanence (avec Richard Neher), 1946 ; Amos, contribution à l'étude du prophétisme, 1950 ; Notes sur Qohélét (l'Écclésiaste), 1951 ; Moïse et la vocation juive (trad. en huit langues), 1956 ; Jérémie, 1960 (2e éd., 1980).

Ces études ont leur explicitation dans deux ouvrages fondamentaux : Histoire biblique du peuple d'Israël (en collaboration avec sa femme, Renée Neher-Bernheim, 1962) et L'Essence du prophétisme (trad. en quatre langues), 1955 ; 2e et 3e éd., 1972 et 1980. L'Histoire biblique du peuple d'Israël embrasse l'ensemble de l'époque biblique et la met en regard de la pensée juive contemporaine, à la fois historique et théologique. Dans L'Essence du prophétisme, Neher met en perspective les prophétismes non bibliques et les prophétismes bibliques, celui d'Abraham, de Moïse, et des prophètes dits scripturaires. Dialogue du divin et de l'humain, la prophétie n'est « ni contemplation, ni prière, ni anticipation de l'avenir », elle est communication aux autres hommes, même si l'accueil de ceux-ci marque trop souvent le prophète du double signe du « scandale » (comme irruption gênante) et de la « servitude » comme déréliction. Dans la nouvelle introduction à la réédition (1972) de l'ouvrage, Neher note qu'il y a pour la compréhension de la prophétie deux tendances au sein de la pensée juive : l'une « aperçoit dans la prophétie une attitude anhistorique, largement humaine, conditionnée par l'éthique, mais subordonnée en dernière instance à l'arbitrage métaphysique de la divinité » ; c'est la tendance de Philon d'Alexandrie ou de Maimonide comme, au xixe siècle, James Darmesteter et Hermann Cohen l'interpréteront dans un sens social ; l'autre tendance, qui est celle de Neher lui-même en compagnie de Franz Rosenzweig, de Martin Buber, d'Abraham Heschel, voit dans la prophétie « un phénomène historique, lié au temps et à l'espace bibliques, connotant le développement de l'existence biblique dont les prophètes sont les historiographes ». Dans un autre ouvrage, L'Existence juive, solitude et affrontements (1962), Neher poursuit cette méditation fondamentalement existentielle. C'est elle qui inspire encore, côtoyant les récits d'Élie Wiesel, l'exégèse d'un thème méconnu, celui du silence, divin ou humain ; cette dernière étude a pour titre L'Exil de la parole : du silence biblique au silence d'Auschwitz (trad. en quatre langues), 1970. Le texte biblique et le commentaire midrashique sont « grouillants » du thème du silence ; il faut « avoir l'audace de l'isoler et de l'étudier pour lui-même », d'en définir « les formes, les structures, les dimensions » ; il faut aussi confronter le silence né du refus de dialoguer de la créature (Adam) au Créateur, de l'homme à l'homme (Caïn et Abel), et le silence de Dieu. Ce livre qui s'achève sur le thème du peut-être est l'une des méditations contemporaines les plus hardies sur la pensée juive en général et sur la portée humaine et métaphysique du génocide du peuple juif par les nazis en particulier. Il a valu à Neher le prix du Souvenir décerné par l'Association internationale des rescapés de Bergen-Belsen.

Neher est aussi l'auteur d'études approfondies et érudites sur la pensée juive du xvie siècle. Il est, en particulier, l'initiateur de recherches qui ont renouvelé la connaissance de l'œuvre du Maharal de Prague (le Haut Rabbi Loeb) et de son école. En témoignent de nombreux articles et deux livres essentiels : Le Puits de l'Exil, la théologie dialectique du Maharal de Prague (1966) et David Gans, disciple du Maharal de Prague, assistant de Tycho Brahe et de Jean Kepler (1974).

En Israël, où Neher écrit simultanément en français et en hébreu, il infléchit la pensée juive traditionnelle vers les problèmes majeurs de notre temps : Clefs pour le judaïsme, 1977 ; Et pourtant (en hébreu), 1977 ; il décrit le retour des juifs déjudaïsés à leurs racines : Ils ont refait leur âme, 1979 ; et la place de Jérusalem dans le devenir existentiel du peuple juif : Dans tes portes Jérusalem, 1972 ; Jérusalem, vécu juif et message, 1984.

Deux ouvrages résument les étapes de la vie et de la pensée de Neher : les Mélanges André Neher, 1975, et l'interview d'André Neher par Victor Malka, intitulée Le Dur Bonheur d'être juif, 1978.

Auteur: E.U.
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